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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 15:59

250px-Wiesensalbei_1.jpgSauge vivante et  sauvage

découpée dans l'air immobile

berce et lotier

dansant dans la prairie

silène fragile

coquelicot vaporeux

les couleurs ondulent

dans tes yeux

la clairière n'est pas loin

sur la colline solitaire

s'amarrent les nuages cendrés

il faut s'en aller maintenant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Apparition

 

Taches de lumière

sur le sol humide

brise légère

à la flexion du ruisseau

la courbure des noisetiers

capte des tensions musicales

le vent furète

dans les bosquets

je regarde

s'en aller lentement

les minutes d'éternité

que le crépuscule

avait piégées dans ses mailles

flux flots vagues

les eaux originelles

coulent dans mon corps

un doux murmure

une cascade folle

tout s'enchevêtre

et  sonne fort... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 18:16

 

7q4lyg1.jpgLa troupe de théâtre Le Mim’osa de Nendaz fête cette année ses vingt ans d’existence. Un itinéraire chargé d’émotions et de moments forts pour cette troupe dont la cheville ouvrière, Yvan Fournier, professeur au CO de Nendaz, représente à lui tout seul la mémoire vivante du patrimoine culturel nendard sous de nombreux aspects.

Pour fêter dignement cet anniversaire le Mim’osa nous présente une pièce écrite et mise en scène par Bernard Sartoretti intitulée «Le Creux du Temps» qui rassemble plus de 25 acteurs, nous propose une cinquantaine de rôles dans un décor naturel fantastique à Irondé, près de Basse-Nendaz.

Les représentations ont lieu jusqu’au 14 août. Il reste des places pour le jeudi 9, vendredi 10, samedi 11, dimanche 12 et mardi 14; une supplémentaire est prévue le dimanche 12 août. Les représentations ont lieu à 21 heures à Basse-Nendaz.

L’histoire du théâtre àNendaz

Comme nous le rappelle Yvan Fournier, durant vingt ans Le Mim’osa a monté de nombreuses pièces d’auteurs de renom , anciens et modernes, dont «Ubu Roi» de Alfred Jarry, «Miche et Drate» de Gérald Chevrolet, «Les Précieuses Ridicules» de Molière, «Le jeune prince et la vérité» de Jean-Claude Charrière et bien d’autres. A l’occasion de cet anniversaire une Gazette a été éditée qui nous fait découvrir tout l’historique et les talents de Nendaz qui s’adonnent au théâtre depuis plus de cent ans. Yvan Fournier nous parle aussi des pièces de Nendards renommés comme Marcel Michelet ou Narcisse Praz mais également de Georges Michelet dans les années 40. Un journal riche de renseignements et tiré à 8000 exemplaires que chaque Nendaz doit avoir chez lui.

 

Légende: Yvan Fournier, cheville ouvrière de la troupe Le Mim’osa.

 

Une scène du Creux du Temps de Bernard Sartoretti.  photos christian délèze

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 20:00

 

images-copie-3.jpgOn connaît en Suisse les écrivains du voyage, qui ont parcouru la planète, l’ont ressentie, l’on habitée, l’on écrite, décrite, qui se sont vus transformés par le voyage,... Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli, Thierry Vernet le peintre, Ella Maillart, Annemarie Schwarzenbach et aujourd’hui Aude Seigne.....

 

 

Les éditions Zoé publient un ouvrage intitulé «De Monde en monde. Reportages, 1934-1942» un univers d’histoires, de constats, d’informations géographiques et historiques, données par Annemarie Schwarzenbach.

 

L’année 2012 est particulière puis qu’on y célèbre le 70e anniversaire de sa mort.

 

Plusieurs ouvrages la concernant paraîtront, chez Payot par exemple avec la biographie de Dominique Laure Miermont, «Annemarie Schwarzenbach ou le mal d’Europe», un premier roman inédit «Les Amis de Bernahard» chez Phébus, et chez Zoé ce livre de reportages.

 

Travail et vivacité

 

Dans «De Monde en monde. Reportages» Annemarie Schwarzenbach se montre une journaliste consciencieuse, rigoureuse, précise, tatillonne même, une grande travailleuse comme d’ailleurs dans son œuvre romanesque.

On y trouve un intérêt sans faille et sans frontières pour toute l’actualité et le monde qui l’entoure, comme par exemple pour l’ouvrier allemand confronté à la montée du nazisme, en 1937, pour la rue arabe en 1940 , pour la politique américaine et son emprise sur le monde, pour l’Histoire et les petites histoires, pour l’universel et le particulier.

Elle démontre un grand esprit de synthèse, de compréhension des êtres et des choses, une acuité d’observation, une grande capacité d’analyse aussi.

 

Annemarie Schwarzenbach( 1908-1942) a eu plusieurs cordes à son arc, travaillant comme écrivaine, photographe, journaliste, archéologue.

 

Comme le dit l’éditeur ses reportages la conduisirent sur les routes du monde, d’Istanbul à Persépolis, de l’Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrif à Tanger.

La lutte contre le nazisme l’a marquée elle, qui s’intéressait de près au devenir de l’Europe. Elle a su saisir son temps avec sensibilité et finesse, justesse et vivacité.

Elle su mêler à ses écrits des passages au ton poétique, abordant l’existence avec humanisme et une certaine forme d’empathie. Et comme le dit Arnold Kübler, journaliste, même si elle avait accès aux personnages les plus importants de son époque elle porta toujours une grande attention aux gens simples, aux exclus, aux laissés-pour-compte.

Des rencontres quotidiennes, des petites rencontres, des rencontres fortuites dans le chemin de fer, au coin de la rue, chez l’habitant, des rencontres qui disent l’atmosphère d’une époque, de lieux multiples et différents. A découvrir.

 

 

«De Monde en monde. Reportages» de Annemarie Schwarzenbach, chez Zoé

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 19:49

sans-titre-copie-1.png 

La publication de romans est toujours aussi fructueuse en France et en Suisse  romande.Les éditeurs reçoivent des milliers de manuscrits, parmi lesquels plus du 90% seront refusés. Et même parmi ceux qui seront retenus et publiés nombre d’entre eux ne trouveront pas ou peu de public.

 

En Suisse romande cela se chiffre en centaines d’exemplaires et entre 3000 et 5000 pour un best-seller. Pour la poésie chez nous le tirage moyen est de 300 exemplaires et de 700 pour les auteurs plus connus et importants comme des Sylviane Dupuis ou Flore Tappy qui sont poètes mais également enseignantes dans les universités.

 

Laure Pécher nous propose aux éditions Zoé de nous pencher sur les écueils des premiers romans, les pièges à éviter, les clichés qu’il faut absolument fuir, les illusions qu’il faut abandonner.

Les écrivains qui envoient leur manuscrit de premier roman peuvent avoir une écriture alerte, vive, inventive, émouvante, intelligente et pourtant ce manuscrit peut également terminer son parcours par un refus de l’éditeur, pourquoi?

Tout simplement comme nous le dit l’auteur parce que «tout n’est pas possible dans un roman, qui est une promesse faite au lecteur, un pacte.»

 

Un roman est avant tout une construction avec un développement dans le temps et dans l’espace, avec une chaîne de causalités morales, sociales, économiques, avec une ligne narrative qui permet aux personnes d’évoluer au fil des pages, bref une architecture qui doit se faire avec méticulosité, précision, réalisme, vraisemblance, qui mêle fiction et quotidienneté et qui doit apprendre à vivre avec une certaine liberté et certaines contraintes.

A l’intérieur de ces structures on trouve quantité d’erreurs et de digressions possibles, qu’il faut détecter et maîtriser, le tout sur un ton simple, direct , authentique.

 

Bien sûr il y a les héros de Balzac, Stendhal ou Flaubert, la profondeur mémoriale de Proust, celle plus formelle de Butor ou de Robbe-Grillet, l’auto-fiction de Quignard ou Echenoz... et au milieu de tout cela il faut choisir ou tenter l’innovation, l’inédit, l’introuvable.

 

Laure Pécher nous offre des pistes, des orientations, et nous parle des structures plus complexes, de la multiplicité des points de vue, de la gestion du temps et de l’espace, de la construction des thrillers et des polars, de l’art de la dialectique et de l’argumentation... un ensemble de paramètres très intéressants et parlants. L’auteure anime depuis de longues années des ateliers d’écriture sur le roman à Paris qui connaissent un succès certain.

 Laure Pécher---éditions Zoé

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 20:17

Dans le bruissement des frondaisons

je perçois comme ombre fuyante

le silence de la nuit

les mots perdus

les non-dits évanouis

les éloignements et les fugues

les absences et les peurs

 

il pleut sur le toit

de la vieille grange

 

le vent chante

 

le feu de bois respire lentement

 

dans les feuillages des noisetiers

les silhouettes et les étreintes

des amants du crépuscule

dessinent des ombres magiques

 

au centre3792861823_2278345e16.jpg de la clairière

la lune a déposé ses  offrandes

 

à genoux

au milieu des herbes tendres

je regarde la lueur des étoiles

les yeux en amande

du chat sauvage

 

un souffle une luciole

une feu follet a traversé l'obscurité

sur le haut des branches

les chauves-souris

ont conjuré le mauvais sort

nous  pouvons nous endormir

nous laisser glisser dans le lait caillé

de la clarté lunaire

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 19:06

L'eau blanche

glisse dans les herbes hautes

les sauterelles et les grillons

tranchent l'espace

de fines ailes transparentes

centaurées et trolles dorés

rythment la prairie

 qui se lit

comme un grand foulard ondoyant

je pose mes mains sur le pré

je sens battre le co7339249080_8489bff04f.jpgeur de l'après-midi

ma peau tiédit et vibre

de mille frissons

les sens sont pris d'un vertige lancinant

je deviens souffle léger

brise brumisante

eau de lune

source sautillante

mon corps est traversé

de galeries profondes

où vivent les images des êtres chers

je suis passé dans les racines des gentianes

ai rejoint les courants telluriques

les roches sédiementaires

tout près des noyaux brûlants de la terre

suis devenu lave mystérieuse

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 19:54

Au bas des éboulis

la dryade et ses pétales blancs

la fraîcheur de la mousse

près de la gouille de limon

les pétasites et les herbes d'eau

depuis le bisse de Saxon

jusqu'à la Maretse

le sentier se raidit

il faut sillonner dans la forêt sauvage

entre les branches coupantes des épicéas  morts

et la densité d5789433817_623c21a6fa.jpg'une sapinière hirsute

le chiens Luna et Caïnou repèrent pour nous

les passages noyés de lichen et d'humus

le souffle est court

sur le front

le long des bras

des perles de sueur

le coeur bat fort 

son rythme fait même bouger les fûts des épicéas

les écarte les éclaircit

 le corps  est imbibé de senteurs boisées

il faut monter toujours plus prêt

 du pierrier endormi dans la torpeur du zénith

les pensées voguent dans le regard

puis lentement

 comme des éclairs stridents

découpent le silence installé au centre de l'instant

une roche sédimentaire dans la mémoire  de l'espace blanc

dans la clairière

en-dessous des blocs erratiques 

des menhirs dressés vers le ciel de marbre

et la vasque végétale où viennent se baigner les cerfs et les chevreuils

et puis soudain à la lisière des mélèzes et des arolles parfumés

le pierrier endormi

d'argent et de lueurs divines

ascension méditation purification

monter et s'abandonner

monter et se donner

ouvrir ses mains et son âme

caresser les ailes des anges

effleurer les fragments de soleil

entre micas et lames granitiques

pierrier et montagne secrète,

mère porteuse de secrets et de magie

naissance de la lumière à même la roche

et le diamant

de ton regard posé vers la croix de bois

lambeaux de neige colorée

myrtillers et touffes de genièvre

là tout paraît plus simple

il suffit de devenir transparent comme l'eau

de se laisser glisser dans les failles

et les blessures du pierrier

de devenir étincelle minérale

au milieu du jour vivant

reptile immobile1xxc670.jpg

vipère silencieuse

en phase de digestion

lovée dans la tiédeur de la pierraille

sereine pour toujours

 

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:02

6ualy40.jpg 

 

Une figure légendaire , emblématique , anarchiste devant l’éternel, Narcisse Praz, nous invite à découvrir ses tableaux, une septantaine d’huiles sur toile et d’autres supports à la galerie du Bleusy à Haute-Nendaz.

 Etabli maintenant à Conthey, l’artiste peintre nous propose de découvrir de n ombreux paysages valaisans , notamment des lieux-dits de la région de Nendaz, Conthey, Sanestch, Derborence... et Valais central.

 Si Narcisse Praz a derrière lui essentiellement un parcours d’écrivain, de romancier, de pamphlétaire, d’ «harangueur des foules», de troublion, il possède également d’autres talents, notamment celui de peintre. Il affectionne de peindre sur le motif, au détour d’un sentier campagnard, dans les ombres et lumières d’une ruelle ou d’un vieux quartier de village, dans les méandres d’un bisse qui file doux à travers un décor forestier.... bref l’artiste aime sentir l’air vif, frais de nos montagnes et de nos paysages alpins. Ses tableaux sont construits dans des architectures solides où la couleur occupe une place prépondérante: on y découvre une pâte épaisse, une matière fournie qui fait relief et apporte une une présence certaine au tableau.

 Les paysages de Narcisse Praz ont poids et contour, ils respirent une fraîcheur et une spontanétié poétique agréables et vivifiantes pour le spectateur. Narcisse Praz est autodidacte, mais comment est-il arrivé à la peinture?

«Un caprice? Une envie? Un besoin? Va savoir! C’était il y a une trentaine d’années. De retour à Beuson après mes pérégrinations à travers Suisse italienne, alémanique, Genève et la France, j’assistai consterné à la modification progressive, tourisme oblige, des lieux et habitats témoins du passé de ma vallée de Nendaz. Je décidai donc de ne pas me satisfaire de témoignages photographiques et me risquai à la peinture. Autodidacte,

conscient de mes maladresses, je commençai par me cacher pour commettre mes premiers crimes contre l’un des arts chers à Léonard de Vinci. Vint le jour où les écoliers de Nendaz me débusquèrent et se mirent à faire œuvre critique bienvenue... Rien de tel pour me guérir de mon complexe d’autodidacte. Et puis voilà que les gens de la vallée se sont mis à aimer mes toiles, inconscients jusqu’à en acheter....»

 

Et quid de la thématique des paysages? «Chacun de mestableaux représentant un paysage est une déclaration d’amour (plus ou moins maladroite) du peintre à son sujet... Un jour, alors qu’un groupe d’écoliers m’entourait tandis que je peignais, l’un d’eux m’a apostrophé, à la façon de l’instituteur réprimandant son élève: «Mais, tu copies!». Eh oui, je pratique la peinture bêtement figurative. En toute humilité.»

 

Légende : une vue des vergers du village de Fey

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jean-marc theytaz
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 17:27

images-copie-2.jpgVillages retirés, solitaires et isolés, bosquets silencieux, forêts  bruissantes, Rhône sauvage ou lascif, vignes et coteaux lumineux, bâtisses silhouettées, très présentes...l'univers de Gérard de Palézieux, qui vient de s'éteindre à l'âge de 93ans en Valais, nous paraît plus vivant que jamais.

.

Le maître de l'intimité, de la complicité, de la proximité entre les gens et les choses, l'âme et les paysages, nous laisse une oeuvre d'une pureté et d'une puissance incroyables.

Toujours dans ses dessins, ses gravures,ses aquarelles, ses eaux fortes, il a  su s'effacer pour aller avec retenue, réserve, humilité à l'essentiel. Pour l'artiste qu'il était pas de place pour les détails encombrants ou superflus, ni pour les ornements ou les  fioritures, il exprimait  toujours le coeur des choses,  les structures, les architectures, les fondements du monde quji nous entoure.

 

Gérard de Palézieux a toujours su écouter les gens et les choses,   il était ami  de Chappaz, de Chavaz, de Jaccottet, de Bonnefoy... il a su dire avec poésie un monde sauvage qui tend à disparaître avec la modernité.

 Pour lui le Valais, et ses transparences lumineuses, lui rappelaient la Provence, la Toscane, et aussi parfois la clarté ou la rugoisité bretonnes. Etre discret, tout de patience, de lenteur et de disponibilité il a traduit dans ses gravures et ses aquarelles ces atmosphères qui nous relient à une sorte d'Infini, de Grandeur, d'Eternité comme dans une communion extatique. Un cheminement de méditation et de contempaltion, d'épuration et de solitude aussi, qui font que le quotidien peut devenir un instant de bonheur et de plénitude totale. Un dépouillement qui nous emmène vers une harmonie et un équilibre intérieur apaisant. 

 

Etabli depuis 1943 à Veyras, il a vécu en harmonie avec le pays qu'il avait élu dans son coeur; et pour lui le paysage est devenu presque une religion, comme chez le poète Jaccottet, un espace, une temporalité, une spiritualité.. Il nous fait pénétrer  dans une sorte d'immobilité qui rassure et nous emmène vers le bonheur. Silence... a000909911-001.jpg

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:47

 

«Une croisière sur le lac Nasser» voici le dernier ouvrage de Silvia Ricci Lempen, paru dernièrement aux éditions de l’Aire. Un voyage au milieu de paysages grandioses, des étendues d’eau immobiles, bordées de désert, ponctuées d’îlots... que traverse un groupe de touristes francophones. Un voyage géographique mais également une évolution psychologique des personnages.

Alors que le temps s’écoule lentement, pris entre le rythme de la croisière et les rencontres sur le bateau, un huis clos s’installe entre les personnages , «des liens réels et imaginaires se tissent, que les lecteurs reconstituent à travers l’alternance des monologues intérieurs de quatre personnages.»

Une aventure érotique fantasmée prend naissance entre Marie et Luis, Marlène, une vieille dame solitaire et Charles Etienne apprend à mieux se connaître, à se découvrir, à se comprendre, à se fuir, à se retrouver... des flux de conscience jaillissent, fulgurants, dévastateurs ou constructifs, qui mettent à jour les traits de caractère et les travers des protagonistes. La lumière et le soleil au zénith sont omniprésents en Egypte, ils chauffent les esprits, creusent, évident, transpercent l’âme et le cœur, sculptent les individus, les mettent en face d’eux-mêmes: un groupe de touristes comme il y en a finalement partout et que tout un chacun a déjà eu l’occasion de fréquenter, qui révèle les personnalités au fil des jours.

Un monde de psychologie et de paysages luminescents qui constitue un cadre romanesque éblouissant.

Silvia Ricci Lempen est enseignante universitaire et journaliste, elle se consacre maintenant presque exclusivement à l’écriture.

Elle a à son actif plusieurs Prix, dont le Prix Dentan avec «Un Homme tragique» en 1992, le Prix Schiller en 1996 avec «Le Sentier des éléphants» et le Prix Budry en 2000 avec «Avant». Une auteure prolixe, qui écrit avec sensibilité, finesse, délicatesse et qui sait nous livrer la substance humaine avec authenticité t simplicité.

 

 

 

Silvia Ricci Lempen, «Une Croisière sur le Lac Nasser», éditions de l’Aire

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