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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 20:16
  • Matin nouveau

 

  • 5407218387_a5442a36fc.jpg
  • Les clairières et les chemins
  • tapissés de givre
  • accueillent les brillances matinales
  • la brise apporte
  • les embruns du réveil
  • murmure du jour
  • sous la fragilité de tes paupières
  • moirures de l'eau
  • dans la gangue du ruisseau
  • le soleil et ses jets de lumière
  • tiédissent ma peau
  • je revis
  • au matin nouveau
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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 11:10

 

 

 

Raymond Farquet est le lauréat du Prix de la Loterie romande de l'AVE 2011.  Une cérémonie a été organisée récemment à Naters , suivie d'une conférence sur Rilke et ses relations avec le Valais .Le poète Rainer Maria Rilke a vécu plusieurs années en Valais: il en a «ressenti» les paysages au plus profond de lui-même, en a aimé les lumières, les contrastes du relief, les variations de couleurs, construisant des liens charnels avec le Vieux Pays. C’est cette histoire que nous a contée Curdin Ebneter, dernièrement à Naters, à l’occasion de l’assemblée générale de l’AVE, l’association valaisanne des écrivains.

A l’issue de la partie administrative, Curdin Ebneter, secrétaire de la Fondation Rilke et auteur d’une importante biographie consacrée à cet écrivain, a suscité beaucoup d’intérêt auprès du public venu nombreux pour écouter sa conférence intitulée «Présence de Rilke en Valais». On sait que le grand auteur de langue allemand a vécu en Valais entre 1921 à 1926 et qu’il est enterré à Rarogne, à 15 kilomètres en amont de Sierre.

Relevons que l’AVE reçoit en effet chaque année des invités conférenciers, amoureux des lettres, parmi lesquels sont venus en Valais Anne Perrier, Agota Kristof, Georges Borgeaud, Jeanne Hersch, José Giovanni, Yvette Zgraggen et bien d’autres.

Concours littéraires 2011

 

Le président de l’AVE, Jacques Tornay de Martigny, a rappelé le rôle essentiel de l’association des écrivains dans la promotion des lettres dans notre canton avec l’organisation annuelle de concours littéraires pour les jeunes. Plusieurs dizaines de jeunes entre 12 et 20 ans y participent dans diverses catégories. Cette année le jury des jeunes a attribué trois mentions à Delphine Mamie, Sonia Mendès et Candice Rey et un premier prix ex-aequo à Rachel Häubi et Sandra Bonvin.

Au cours de la même après-midi, l’Association Valaisanne des Ecrivains a remis le Prix 2011 des Ecrivains à Pierre-Marie Pouget et, pour le Haut-Valais, à Nicolas Eyer.

 

 

 

 

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Le Prix de la Loterie Romande a été attribué à Raymond Farquet pour «Le Voyage Amoureux» aux Editions de L’Aire. Raymond Farquet a une une belle œuvre littéraire derrière lui. Professeur à Genève il a parcouru les vallées latérales valaisannes à pied et en a tiré «Le Voyage Amoureux», une véritable découverte ethnographique et littéraire de notre canton, une rencontre de gens vrais et authentiques, qui constituent la substance du Valais profond. Raymond Farquet est un écrivain très sensible, qui sait exprimer la profondeur des êtres et des choses, qui dans ses rencontres au quotidien, dans les détails et les faits les plus simples nous fait aller à l'essentiel, avec pureté, netteté et  une grande vérité. Raymond Farquet vit depuis longtemps à Genève où il a enseigné de nombreuses années.

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 19:41

Fragile existence

 

Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes lustrées des alpages qui traversent les paysages silencieux de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique flutée du soleil blanc, les ailes transparentes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d’où se jettent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles géométriques, la berge déserte d’une écriture toujours recommencée, la vie s’accumule dans les parois d’une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d’une groseille matinale.

 

 

Procession à Chardonney

 

Sentier pascal , bordé de myosotis et de perce-neige, oraison primale dans l’incandescence des champs d’abricotiers, les cendres de nos pérégrinations s’envolent dans les paroles rares qui bordent nos silences, l’eau du ciel et ses résines d’améthyste guident nos regards, la brise murmure d’étranges prières, les processions ont abandonné des brassées de lys et de sapins vert foncé près des oratoires de Chardonney, recueillement et mains jointes, les gens du village célèbrent la Passion, la Résurrection à venir, celle des cœurs et de l’âme, au printemps naissant, dans la flamboyance des aubes fraîches. L’air est transparent, chargé d’ondes invisibles, ailes et mots bleutés qui rejoignent les arêtes effilées des Crêtes de Thyon, le jour est clair, nos corps et notre esprit le traversent comme une eau blanche, mêlée de pétales nacrés, la source glaciaire qui apaise la brûlure de nos souffrances

 

 

Nostalgie d’octobre

 

Au centre du jour

sur les vagues glaciaires et la montagne bleue

les soubresauts de la saison

les lanières du vent dans tes cheveux défaits

les errances des heures tièdes

les coups de boutoir du foehn endiablé

les promenades d’octobre sur les tapis

de feuilles jaunies

et le souvenir

dans les longues allés violacées de la nostalgie

 

 

• Heure tournante

• Vent du soir

• clairière allumée

• fuyantes libellules

• l’étang se marbre

• d’étoiles vibrantes

• le cadran de ses eaux

• dessine notre temps terrestre

• entrouvre des portes d’albâtre

• fige la nuit bleue

• au plus près de notre corps

• passage à gué

• la mort nous prend par la main

 

 

Alpe esseulée

 

• Le ruisseau et ses éclats de ciel brisé

• emportent nos mains jointes

• la forêt tremble de tous ses membres

• la tempête a fondu sur les hauts de la vallée

• fêlures du temps dans les craquements de mélèze

• les voix perdues sous les mousses

• chantent des airs oubliés

• enfance chevillée au corps et à l’âme

• dans les prairies de l’alpe esseulée

• courent les esprits de nos défunts

 

 

  • Confinement
  •  
  • L’ombre de ton corps
  • jetée sur l’herbe
  • les heures qui tournent
  • sur les hauteurs du peuplier
  • la pierre chaude
  • près de la berge
  • le cercle se referme
  • je suis pris
  • dans les interstices
  • de cette après-midi sauvage
  • une souris dans sa cage
  • de fer blanc

 

 

Orchère en pente douce

 

Le soleil blanc sur l’arête de granit

Les névés comme des épées luminescentes

Les chamois blottis dans les anfractuosités herbeuses

Et le vent

doux et léger

et le pierrier

muet et pesant

et les champs de rhododendrons

leurs calices de liqueurs rosées

et le bisse qui serpente

et suit les renflements de la vallée

et le pas

souple et vivant

battements magiques

 

 

  • Zénith
  •  
  • L’ombre du chocard
  • sur la table granitique
  • au sommet de l’arête
  • la tiédeur de la roche
  • qui emporte mes pensées
  • mon regard
  • vers la maison du ciel
  • les gentianes et l’eau forte
  • de leur bleu profond
  • les fissures de la paroi immobile
  • dans le soleil
  • le temps
  • s’est fait
  • grave et transparent
  • comme ton regard
  • sur le zénith de nos existences

 

 

Pré de février

 

Le corps du prunier

noir dans la vierge prairie

le givre matinal

 

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l’herbe fauve

comme un îlot silencieux

qui danse

entre hiver et printemps

un vol de moineaux

une poignée de cris frêles

au creux de mes mains

le ciel d’anémone

les pages de soie feutrée

dans tes yeux et sur ta peau

tout près de moi

je passe

un souffle sur les branches de mélèze

la clairière s’illumine

un premier matin du monde

 

 

  • Printze sauvage
  •  
  • La Printze écume
  • les tourbillons retiennent
  • la clarté du ciel dans leurs chevelures folles
  • les aulnes segmentent l’horizon
  • respiration sourde de la mousse
  • près du rocher humide
  • sur le visage de la rivière
  • des éclats de vitrail
  • mes doigts plongent
  • dans la lumière des frondaisons sauvages
  • une prière monte aux lèvres
  • celles des eaux primales
  • qui ont traversé la nuit

 

  • Les êtres disparus
  • Lumières  vertes et quadrillées
  • dans les fenêtres de la forêt
  • résines d'enfance
  • lait chaud au fond de la gorge
  • mémoire de chat errant
  • l'hiver approche
  • le vent court 
  • dans les allée silencieuses du cimetière
  • les êtres disparus se pressent
  • contre mon coeur
  • leur souffle m'ouvre les portes
  • d'une éternité
  • à jamais recommencée

 

  •       Foehn de novembre
  •  
  •          Aube safranée
  •          liqueur de bourgeons et de sapin
  •          le vent  cogne à nos portes
  •          une journée d'automne et de foehn sur le chalet
  •          les pensées se forment et se dénouent
  •          au gré des gestes affolés
  •          des branchages
  •          sorbiers braisés
  •          prairies dénudées
  •          une musique naît dans tes yeux
  •          les heures s'emplissent de mille voyages
  •          sous  la terre rousse 
  •          nos prochaines demeures
  •  

 

Endormissment

 

Les rues se prolongent

nues et désertes

les paroles  s'envolent

vertes et  sauvages

la ville s'endort

doucement

au bord du fleuve

calme

sans larmes

 

 

        

  • Encens de novembre

 

  • Le silence
  • muré de pierres sèches
  • habite l'espace vierge
  • géométries immobiles
  • dans la prairie vivante
  • ton souffle transparent
  • monte jusqu'au ciel 
  •  

 

  Apaisement

 

Les crêtes enneigées

le pierrier silencieux

les dentelures de tes mots

les fêlures du temps

le vent s'engoufre dans ma maison

apaisement de la nuit jusqu'à l'aube prochaine

 

 

 

 

Incarnation

 

  • Glissement des jours
  • respirations et tremblements
  • je te prends par la main
  • au-delà du pierrier
  • traverse la prairie rousse
  • regarde la pente raide
  • rejoins l'escarpement
  •  où paissent les chamois
  • et m'agenouille
  • face au ciel laiteux
  • prie une dernière fois
  • mon corps se défait
  • il devient lumière

 

 Voyage intérieur

 

  • Sur la balustre des monts
  • je dépose ma fatigue
  • verticalité du jour
  • clarté des eaux
  • le vent porte
  • ma douleur
  • au-delà des terres
  • le silence se couche
  • sur les landes désertes 
  • arrêt sur image 
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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 21:26

Araignées mobiles1459200100_121dc02e98.jpg

sur l'écorce du jour

trame et réseau de signes

à même les vagues du  lac

écriture du désert

les trajets de mes paroles parcourent

la vastitude de ton absence

l'horizon se noie sur la ligne d'océan

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 16:47

Sur les hauts de la forêt 755382653_0955737372.jpg

les mélèzes flamboyants

enflamment l'azur

les fougères transparentes

respirent lentement

près du ruisseau

les linaires ont colonisé le marais

la clairière évasée

construit des paroles silencieuses

et les fûts des épicéas

pour grimper vers le ciel

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:17
  • Ta paume ouverte
  •  au matin frais
  • le vent sans âge
  • sous le soleil blanc
  • et les mots qui s'incarnent
  • dans l'espace ouvert du ciel 2097355856_016364a9a2.jpg
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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 19:16
  • Les airelles au matin frais5581973740_86c9198efd.jpg
  • le jour ouvre ses ailes
  • les mésanges prennent leur envol
  • et sous le vent
  • le silence emplit l'espace
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:27

Pavage de galets en granit bleu

murailles de pierres sèches

le sentier court et longe le pré jaune

la corneille fouaille les labours

l'alouette et le traquet moteux

visitent les sous-bois

parterre de feuilles biscuitées

le vent râcle la lande automnale

avant de prendre le large

vers les espaces nus

d'un impossible hiver

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 19:47

194008904_2488fb7dca.jpgLa courbure du fleuve

les voyelles de tes yeux

la transparence de ton âme

tout se rejoint

dans les éclats de vie

que tu dessines

sur les vitraux de cette forêt sauvage

agrippée aux pentes du soleil naissant

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 17:10
  • 144666592_4831e7e408.jpgAu bord du fleuve vert
  • des saules et leurs feuilles argentées
  • Le vent court sur la berge
  • il fait encore clair au soir venant
  • Légendes et contes traversent le paysage
  • comme dans une veillée tout près du feu
  • Les chevaux abandonnent dans le sable
  • des hiéroglyphes éphémères
  • Des mésanges sont venues boire sur la rive
  • Le ciel braisé tombe dans l'eau fuyante
  • Silence flûté
  • Les mots s'étouffent entre écorce grise
  • et chair vive du bouleau blessé...
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