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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 20:17

Dans le bruissement des frondaisons

je perçois comme ombre fuyante

le silence de la nuit

les mots perdus

les non-dits évanouis

les éloignements et les fugues

les absences et les peurs

 

il pleut sur le toit

de la vieille grange

 

le vent chante

 

le feu de bois respire lentement

 

dans les feuillages des noisetiers

les silhouettes et les étreintes

des amants du crépuscule

dessinent des ombres magiques

 

au centre3792861823_2278345e16.jpg de la clairière

la lune a déposé ses  offrandes

 

à genoux

au milieu des herbes tendres

je regarde la lueur des étoiles

les yeux en amande

du chat sauvage

 

un souffle une luciole

une feu follet a traversé l'obscurité

sur le haut des branches

les chauves-souris

ont conjuré le mauvais sort

nous  pouvons nous endormir

nous laisser glisser dans le lait caillé

de la clarté lunaire

 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 19:06

L'eau blanche

glisse dans les herbes hautes

les sauterelles et les grillons

tranchent l'espace

de fines ailes transparentes

centaurées et trolles dorés

rythment la prairie

 qui se lit

comme un grand foulard ondoyant

je pose mes mains sur le pré

je sens battre le co7339249080_8489bff04f.jpgeur de l'après-midi

ma peau tiédit et vibre

de mille frissons

les sens sont pris d'un vertige lancinant

je deviens souffle léger

brise brumisante

eau de lune

source sautillante

mon corps est traversé

de galeries profondes

où vivent les images des êtres chers

je suis passé dans les racines des gentianes

ai rejoint les courants telluriques

les roches sédiementaires

tout près des noyaux brûlants de la terre

suis devenu lave mystérieuse

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 19:54

Au bas des éboulis

la dryade et ses pétales blancs

la fraîcheur de la mousse

près de la gouille de limon

les pétasites et les herbes d'eau

depuis le bisse de Saxon

jusqu'à la Maretse

le sentier se raidit

il faut sillonner dans la forêt sauvage

entre les branches coupantes des épicéas  morts

et la densité d5789433817_623c21a6fa.jpg'une sapinière hirsute

le chiens Luna et Caïnou repèrent pour nous

les passages noyés de lichen et d'humus

le souffle est court

sur le front

le long des bras

des perles de sueur

le coeur bat fort 

son rythme fait même bouger les fûts des épicéas

les écarte les éclaircit

 le corps  est imbibé de senteurs boisées

il faut monter toujours plus prêt

 du pierrier endormi dans la torpeur du zénith

les pensées voguent dans le regard

puis lentement

 comme des éclairs stridents

découpent le silence installé au centre de l'instant

une roche sédimentaire dans la mémoire  de l'espace blanc

dans la clairière

en-dessous des blocs erratiques 

des menhirs dressés vers le ciel de marbre

et la vasque végétale où viennent se baigner les cerfs et les chevreuils

et puis soudain à la lisière des mélèzes et des arolles parfumés

le pierrier endormi

d'argent et de lueurs divines

ascension méditation purification

monter et s'abandonner

monter et se donner

ouvrir ses mains et son âme

caresser les ailes des anges

effleurer les fragments de soleil

entre micas et lames granitiques

pierrier et montagne secrète,

mère porteuse de secrets et de magie

naissance de la lumière à même la roche

et le diamant

de ton regard posé vers la croix de bois

lambeaux de neige colorée

myrtillers et touffes de genièvre

là tout paraît plus simple

il suffit de devenir transparent comme l'eau

de se laisser glisser dans les failles

et les blessures du pierrier

de devenir étincelle minérale

au milieu du jour vivant

reptile immobile1xxc670.jpg

vipère silencieuse

en phase de digestion

lovée dans la tiédeur de la pierraille

sereine pour toujours

 

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:02

6ualy40.jpg 

 

Une figure légendaire , emblématique , anarchiste devant l’éternel, Narcisse Praz, nous invite à découvrir ses tableaux, une septantaine d’huiles sur toile et d’autres supports à la galerie du Bleusy à Haute-Nendaz.

 Etabli maintenant à Conthey, l’artiste peintre nous propose de découvrir de n ombreux paysages valaisans , notamment des lieux-dits de la région de Nendaz, Conthey, Sanestch, Derborence... et Valais central.

 Si Narcisse Praz a derrière lui essentiellement un parcours d’écrivain, de romancier, de pamphlétaire, d’ «harangueur des foules», de troublion, il possède également d’autres talents, notamment celui de peintre. Il affectionne de peindre sur le motif, au détour d’un sentier campagnard, dans les ombres et lumières d’une ruelle ou d’un vieux quartier de village, dans les méandres d’un bisse qui file doux à travers un décor forestier.... bref l’artiste aime sentir l’air vif, frais de nos montagnes et de nos paysages alpins. Ses tableaux sont construits dans des architectures solides où la couleur occupe une place prépondérante: on y découvre une pâte épaisse, une matière fournie qui fait relief et apporte une une présence certaine au tableau.

 Les paysages de Narcisse Praz ont poids et contour, ils respirent une fraîcheur et une spontanétié poétique agréables et vivifiantes pour le spectateur. Narcisse Praz est autodidacte, mais comment est-il arrivé à la peinture?

«Un caprice? Une envie? Un besoin? Va savoir! C’était il y a une trentaine d’années. De retour à Beuson après mes pérégrinations à travers Suisse italienne, alémanique, Genève et la France, j’assistai consterné à la modification progressive, tourisme oblige, des lieux et habitats témoins du passé de ma vallée de Nendaz. Je décidai donc de ne pas me satisfaire de témoignages photographiques et me risquai à la peinture. Autodidacte,

conscient de mes maladresses, je commençai par me cacher pour commettre mes premiers crimes contre l’un des arts chers à Léonard de Vinci. Vint le jour où les écoliers de Nendaz me débusquèrent et se mirent à faire œuvre critique bienvenue... Rien de tel pour me guérir de mon complexe d’autodidacte. Et puis voilà que les gens de la vallée se sont mis à aimer mes toiles, inconscients jusqu’à en acheter....»

 

Et quid de la thématique des paysages? «Chacun de mestableaux représentant un paysage est une déclaration d’amour (plus ou moins maladroite) du peintre à son sujet... Un jour, alors qu’un groupe d’écoliers m’entourait tandis que je peignais, l’un d’eux m’a apostrophé, à la façon de l’instituteur réprimandant son élève: «Mais, tu copies!». Eh oui, je pratique la peinture bêtement figurative. En toute humilité.»

 

Légende : une vue des vergers du village de Fey

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jean-marc theytaz
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 17:27

images-copie-2.jpgVillages retirés, solitaires et isolés, bosquets silencieux, forêts  bruissantes, Rhône sauvage ou lascif, vignes et coteaux lumineux, bâtisses silhouettées, très présentes...l'univers de Gérard de Palézieux, qui vient de s'éteindre à l'âge de 93ans en Valais, nous paraît plus vivant que jamais.

.

Le maître de l'intimité, de la complicité, de la proximité entre les gens et les choses, l'âme et les paysages, nous laisse une oeuvre d'une pureté et d'une puissance incroyables.

Toujours dans ses dessins, ses gravures,ses aquarelles, ses eaux fortes, il a  su s'effacer pour aller avec retenue, réserve, humilité à l'essentiel. Pour l'artiste qu'il était pas de place pour les détails encombrants ou superflus, ni pour les ornements ou les  fioritures, il exprimait  toujours le coeur des choses,  les structures, les architectures, les fondements du monde quji nous entoure.

 

Gérard de Palézieux a toujours su écouter les gens et les choses,   il était ami  de Chappaz, de Chavaz, de Jaccottet, de Bonnefoy... il a su dire avec poésie un monde sauvage qui tend à disparaître avec la modernité.

 Pour lui le Valais, et ses transparences lumineuses, lui rappelaient la Provence, la Toscane, et aussi parfois la clarté ou la rugoisité bretonnes. Etre discret, tout de patience, de lenteur et de disponibilité il a traduit dans ses gravures et ses aquarelles ces atmosphères qui nous relient à une sorte d'Infini, de Grandeur, d'Eternité comme dans une communion extatique. Un cheminement de méditation et de contempaltion, d'épuration et de solitude aussi, qui font que le quotidien peut devenir un instant de bonheur et de plénitude totale. Un dépouillement qui nous emmène vers une harmonie et un équilibre intérieur apaisant. 

 

Etabli depuis 1943 à Veyras, il a vécu en harmonie avec le pays qu'il avait élu dans son coeur; et pour lui le paysage est devenu presque une religion, comme chez le poète Jaccottet, un espace, une temporalité, une spiritualité.. Il nous fait pénétrer  dans une sorte d'immobilité qui rassure et nous emmène vers le bonheur. Silence... a000909911-001.jpg

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:47

 

«Une croisière sur le lac Nasser» voici le dernier ouvrage de Silvia Ricci Lempen, paru dernièrement aux éditions de l’Aire. Un voyage au milieu de paysages grandioses, des étendues d’eau immobiles, bordées de désert, ponctuées d’îlots... que traverse un groupe de touristes francophones. Un voyage géographique mais également une évolution psychologique des personnages.

Alors que le temps s’écoule lentement, pris entre le rythme de la croisière et les rencontres sur le bateau, un huis clos s’installe entre les personnages , «des liens réels et imaginaires se tissent, que les lecteurs reconstituent à travers l’alternance des monologues intérieurs de quatre personnages.»

Une aventure érotique fantasmée prend naissance entre Marie et Luis, Marlène, une vieille dame solitaire et Charles Etienne apprend à mieux se connaître, à se découvrir, à se comprendre, à se fuir, à se retrouver... des flux de conscience jaillissent, fulgurants, dévastateurs ou constructifs, qui mettent à jour les traits de caractère et les travers des protagonistes. La lumière et le soleil au zénith sont omniprésents en Egypte, ils chauffent les esprits, creusent, évident, transpercent l’âme et le cœur, sculptent les individus, les mettent en face d’eux-mêmes: un groupe de touristes comme il y en a finalement partout et que tout un chacun a déjà eu l’occasion de fréquenter, qui révèle les personnalités au fil des jours.

Un monde de psychologie et de paysages luminescents qui constitue un cadre romanesque éblouissant.

Silvia Ricci Lempen est enseignante universitaire et journaliste, elle se consacre maintenant presque exclusivement à l’écriture.

Elle a à son actif plusieurs Prix, dont le Prix Dentan avec «Un Homme tragique» en 1992, le Prix Schiller en 1996 avec «Le Sentier des éléphants» et le Prix Budry en 2000 avec «Avant». Une auteure prolixe, qui écrit avec sensibilité, finesse, délicatesse et qui sait nous livrer la substance humaine avec authenticité t simplicité.

 

 

 

Silvia Ricci Lempen, «Une Croisière sur le Lac Nasser», éditions de l’Aire

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:43

 

 

Thomas Bouvier aa publié ux éditions Zoé un pavé intitulé «Le Livre du visage aimé».

Un roman fourni, rythmé, avec une écriture concise, précise, ciselée

 

«au service d’un univers d’une richesse vertigineuse qui fait de ce livre une ode à l’existence».
 

Il s’agit d’un livre fort, qui mêle réel et imaginaire, dit et non-dit, vigueur et faiblesse, le tout dans un climat tendu, qui tient le lecteur en haleine comme dans une épopée.

On y découvre trois histoires d’amour, celle de Grand frère et de son fils adoptif, celle d’un vagabond qui met sa vie en péril pour sauver sa femme et celle d’un homme solitaire qui écrit de manière puissante et avec souffle à la femme aimée.

On trouve dans ce roman toute la typologie humaine, avec ses diversités, ses hétérogénéités et ses nuances.

Des doux et des gentils, qui s’ouvrent au monde, l’accueillent, lui prêtent attention et respect, louange et dévotion, et les méchants, les arrivistes, les corrompus, les menteurs qui dans leur course au profit écrasent tout sur leur passage.

Des humains comme il en existe partout et depuis toujours, ceux pour qui la fin justifie les moyens et ceux qui tentent de vivre dans un monde fait de partage, de dialogues, de rencontres, de symbioses avec son environnement, pour qui la foi en l’amour est chose importante. Thomas Bouvier est musicien et écrivain. Son premier roman «Demoiselle Ogata» a reçu le prix Rambert.

 

 

 

«Le Livre du visage aimé» de Thomas Bouvier aux éditions Zoé, genève, 523 pages

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:41

 

Les éditons Infolio Etudes littéraires «Le cippe» viennent de publier «Florides helvètes « de Charles-Albert Cingria sous la plume de Alain Corbellari et Pierre-Marie Joris.

Charles-Albert Cingria a toujours porté un grand intérêt au pays qui l’a vu naître, à sa diversité, à sa pluralité de cultures, à sa richesse intellectuelle et artistique, à ses habitants d’un naturel, d’une simplicité et d’une authenticité hors pair.

Cingria fait preuve d’une finesse d’esprit, d’une acuité de perception, d’un regard poétique de grande profondeur , il arbore également une «désarçonnante drôlerie» et un style jaillissant, fulgurant, rythmé.

«A la fois médiéval et ultra-moderne, Cingria est un homme libre par excellence, qui voyage à travers le temps et nous fait partager l’expérience d’un homme qui réinvente le monde».

 

AlainCorbellari et Pierre-Marie Joris sont tous les deux des passionnés de l’œuvre de Cingria et préparent d’ailleurs ensemble une nouvelle édition de ses œuvre complètes.

Alain Corbellari est professeur aux Universités de Lausanne et Neuchâtel; Pierre-Marie Joris es t lui maître conférences à l’Un iversité de Poitiers.

La collection «Le cippe» travaille à l’accès élargi au patrimoine littéraire francophone. Une confrontation de regards dans un souci interculturel, d’ouverture, de partage et aussi de dialogue entre pays et civilisations.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 21:38

 

Rainer Maria Rilke, Monique Saint-Hélier, deux êtres de souffrance, dedouleur, d’angoisse, pour qui la peur mais aussi la mort rédemptrice peuvent représenter un pôle positif:«J’ai tant à vous dire qu’un seul jour n’y suffira pas», Correspondance 1923-1926, vient de paraître aux éditions Zoé.

Un échange épistolaire entre un poète,Rilke, qui est peut-être l’un des plus grands de langue allemande et une romancière suisse romande de grande qualité; une rencontre entre deux artistes très sensibles, chez qui la souffrance physique a peut-être exacerbé la finesse et la délicatesse de leurs écritures.

Ce sera en juillet 1923 qu’ils feront connaissance, dans un bal où les deux se retrouveront , à l’écart des danseurs et apprendront à partager leurs impressions. Une première rencontre significative qui mettra en exergue leurs différences et comme le dit l’éditeur: «tout les sépare, sauf leur commune fragilité physique.» Deux mois plus tard Rilke prendra l’initiative d’une correspondance qui durera jusqu’à sa mort , en 1926.

«Au fil de leur échange épistolaire, chaque correspondant retrouve en l’autre l’écho de ses angoisses et de son mal de vivre.

Lui-même, malade, Rilke interprète la souffrance corporelle comme l’expression d’une élection; en donnant un sens à la dégradation physique de sa confidente, il contribuera fortement à l’éclosion du talent d’une romancière qui figurera parmi les personnalités littéraires en vue des années 1930». Il faut savoir que Monique Saint-Hélier a également une aura qui dépasse la Suisse romande ayant vécu à Paris dans les années 1920 et fait de s connaissances dans le milieu littéraire. Elle fut très reconnaissante à Rilke de l’avoir introduite dans un univers de création et de partage, d’émotion et d’écriture condensée. Rilke lui est un grand voyageur qui a sillonné l’Europe; il a écrit en allemand mais aussi en français,s es dernières œuvres ont été rédigées dans la langue de Molière en Valais. Ses textes sont d’un grand dépouillement, d’une concentration, d’une pureté, d’une lumière particulière. Dans ces échanges épistolaires on peut pénétrer cette écriture si dense, inquiète, essentielle

 

«Rilke-Monique Saint-Hélier: correspondance 1923-1926» Editions Zoé, Genève.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 21:22

Dans le creux des racines nues2585988579_0193ef93b7.jpg

se glissent

la flexion du temps

la fluidité de l'eau claire

la transparence

de ton regard

Je mange le ciel

et ses ardoises schistées

à pleines dents

Imagerie biblique

pauvreté rurale

le pays est rude

le climat aride

les habitants réservés

Dans les rythmes des madriers

l'architecture des raccards

la musique des toitures

s'égrène une prière

qui monte silencieuse

au-dessus

des fumées bleues

celles qui s'extraient

des cheminées

faites de pierre sèche

Une odeur de sapin brûlé

envahit les ruelles

du village

le temps s'en vient

les souvenirs se délitent

humus de lichens

et liqueur de genévrier

le vin du glacier frémit

les chansons

du petit matin

dansent au centre de la cave voûtée

la brise vagabonde

transporte par-delà

la colline déserte

nos gestes épouvantails

fin de soirée

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