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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 16:53

siviez_arolle_2.jpgFlammes de neige

dans les lisières de noisetiers

 

colline modelées par les vents

 

rafales stridentes sur la cime des épiceas 

 

la forêt se réveille

lourde de mille oratoires

les branches chargées d'incandescences

dansent dans  la lumière

chevreuils et lièvres blancs

ont abandonné leurs traces

dans les couloirs vierges

qui creusent le vallon

pays où la parole

n'est que scintillation

et légèreté

pays où ta présence

s'appelle vive transparence

et fougères d'eau pure

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:46

 

 

Paysages énigmatiques, constructions oniriques, portraits poétiques, les œuvres de Rose-Marie Favre étaient récemment visibles à l’Hôtel de Ville de Sierre. Une exposition toute de surprises et de couleurs qui met en scène des compositions vivantes et rythmées. L’artiste née de Sierre s’est formée elle-même avec le temps, une véritable autodidacte qui a su au cours des ans élaborer une technique sûre, mûrir ses projets, varier ses créations. Rose-Marie Favre a ,petite déjà, visité de nombreux musées et expositions, ses parents étant férus d’arts plastiques, son père réalisant d’ailleurs de nombreux croquis de montagnes et paysages valaisans.

Par l’intermédiaire de ses grands-parents elle a connu et fréquenté le peintre florentin Alfredo Cini installé à Sierre. Elle passera de nombreuses heures à observer le peintre Cini au travail, baignée des odeurs de vernis, d’huile et de térébenthine. Rose-Marie Favre deviendra une véritable passionnée, et elle se met bientôt elle-même à la peinture et au dessin, Cini la corrigeant, la conseillant, l’orientant dans ses choix et sa technique, lui prodiguant de précieux conseils.

L’artiste sierrois aurait aimé fréquenter les Beaux-Arts, dévorant les livres de peintres et d’Histoire de l’art. Ce n’est que plus tard, les années passant, qu’elle se remettra au travail , recommençant à dessiner et à peindre, éprouvant également le besoin de soumettre au regard d’autrui ses œuvres en les exposant en divers endroits de Suisse Romande; depuis 1997 elle exposera ainsi dans plusieurs galeries valaisannes.

Actuellement, la peinture de Rosemarie Favre évoque un monde particulier, singulier, privé de notion temporelle et de repères narratifs précis, qui s’accroche à une certaine forme d’onirisme, proche du rêve, avec des personnages parfois éthérés, des objets volants, des personnages angéliques...

«La technique de l’acrylique permet une grande liberté d’expression pour une telle démarche.»

 

 

Les couleurs sont chatoyantes, suggestives, les

atmosphères laissent transparaître des sensations et des émotions authentiques, un voyage hors du temps.

Exposition de Rose-Masrie Favre:tableaux visibles chez l'artiste à Sierre

 

 

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jean-marc theytaz
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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 17:48
  • siviez_nendaz.jpgAube monacale
  • il neige fort sur la campagne
  •  
  • coule blanche
  • les flocons
  • comme  des étoiles blanches
  • sur les lèvres du silence
  • les pommiers et les abricotiers
  • plient sous l'abondance
  • les moineaux ont regagné leurs nids
  • les chats dorment près de la cheminée
  • fenêtre entrouverte sur un au-delà tout proche
  • neige et attente
  • neige et phrase blanche
  • lumière éternelle
  • sur la plaine immense
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 19:03

 

ifl750.jpgJacques Tornay, président de l’AVE (Association valaisanne des écrivains) vient de publier son dernier livre «A l’Est dans le siècle» aux éditions de l’Hèbe.

 

Un recueil de nouvelles qui nous donnent à traverser le XXe siècle et l’Europe de l’Est, avec des histoires quelque peu décalées, en porte-à-faux, «véhiculant» un certain recul par rapport à une réalité souvent difficile à gérer.

 

 

 

Des textes très intéressants, souvent drôles, qui n’empêchent nullement d’aborder des

 questions de fond sur notre société.

 

 

 

«Le premier récit se situe à Bratislava en janvier 1900 et le dernier à Tallinn en décembre 1999. Entre les deux sont évoqués différents contextes nationaux dans lesquels vont et viennent des personnages le plus souvent fantaisistes....»

 

 

Interview.

 

La petite histoire existentielle de chaque individu, un bon moyen pour parler de problèmes politiques plus vastes, plus généraux et génériques?

 

 

J’avais envie de créer des situations et faire vivre des personnages fictifs dans cette partie de l’Europe que nous connaissons finalement assez peu. Au cours du 20e siècle les tragédies de leurs peuples ont été plus dévastatrices que chez leurs voisins de l’Ouest. Ce sont aussi des pays dont la complexité et le foisonnement culturels ne cessent d’étonner. Songeons que dans trois d’entre eux, la Roumanie, la République tchèque et la Hongrie, limitrophes, se retrouvent trois civilisations différentes: latine, slave, et finno-ougrienne.

 

 

La démocratie, les dictatures, les oligarchies, des questions qui taraudent l’homme de tout temps, comment vos personnages s’en sortent-ils par rapport à ces problématiques?

Actuellement une distanciation vis à vis du catastrophisme ambiant n’est-il pas de mise pour s’en sortir?

 

En quelque sorte, sauf qu’à trop s’écarter des enjeux de notre époque on risque de les perdre de vue et d’être le spectateur passif plutôt que l’acteur agissant dans les affaires qui nous concernent au premier chef.

 

Vous vous exprimez en littérature par la poésie, les nouvelles, le roman, quel genre vous convient le mieux ou préférez-vous?

 

J’ai tendance à privilégier la poésie parce qu’elle peut dire beaucoup en peu de mots, mais la poésie doit toujours être neuve, sinon ça ne vaut pas la peine de l’aborder. Elle s’offre à moi, elle me vient par une disposition intérieure que l’on appellera inspiration ou autrement, tandis que la prose je dois aller la chercher comme on va au charbon et ça m’est forcément plus difficile. Les deux genres, au final, se complètent.

 

 

Quelle place a encore la littérature dans le monde globalisé d’aujourd’hui?

 

Elle est au cœur de tout dans les domaines du langage et de l’imaginaire. Rien, ou presque, ne se fait sans elle. Il suffit de voir combien de films sont tirés d’œuvres littéraires, les grands textes classiques ou modernes joués au théâtre, les rencontres et manifestations autour du livre, etc. Elle en a encore pour un bon bout de temps.

 

 

 

Le quotidien, l’anecdotique, les détails, la dérision, l’humour, que l’on peut retrouver dans vos écrits, autant de moyens de «survivre» et d’avancer chaque jour?

 

 

Certains cultivent une forme de distance par rapport aux événements, ils réagissent aussi par la désinvolture, l’ironie, l’indifférence, ou continuent à rechercher les plaisirs de la vie en dépit des circonstances. Ils subissent le climat social qui leur est imposé tout en conservant en eux-mêmes un jardin secret qui les aide à se maintenir à flot. Chacun a sa manière de ne pas se conformer au moule ambiant.

 

Il y a de cela, en effet, et c’est aussi suivre son penchant sans se poser d’inutiles questions, faire ce que l’on estime devoir faire, être en plein accord avec soi, rester dans sa nature c’est-à-dire n’imiter personne, et s’en tenir à l’essentiel.

 

 

 

Votre dernier ouvrage nous fait entrer dans l’Histoire de plusieurs pays de l’Est de l’Europe. Comment vous est venue cette idée de situer vos personnages dans ce contexte d’espace-temps particulier?

 

 

La réalité première à laquelle je m’attache est celle des hommes et des femmes que je mets en scène. Les individus sont l’épine dorsale de chaque nouvelle. Chacun des personnages se situe au centre de l’action. Le contexte politique est presque toujours présent, mais en toile de fond, il constitue un décor esquissé, qu’il est impossible d’éluder surtout lorsqu’il est oppressant ou en passe de le devenir.

 

  Des projets concrets, des chantiers en route?

 

Ayant horreur du vide j’ai constamment quelque chose sur le feu, mais j’évite d’en parler avant que cette chose ne soit publiée. Superstition?

 

«A l’Est dans le siècle»

de Jacques Tornay

aux éditions de l’Hèbe

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:46

Je regarde

la neige

et ses étincelles

sur les alpages

les langues glaciaires

tout là- haut

dans les pentes abruptes

les foulards lumineux

accrochés aux branches des épicéas

l'après-midi s'étire

en lambeaux d'eaux claires

la vie est parfois légère

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jean-marc theytaz - dans littérature
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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:52
  • 4718212255_87afabcab2.jpgJour blanc
  • Les danses des abeilles
  • comme un manuscrit vivant
  • leurs ailes dans le vent
  • chantent
  • discrètement
  • respiration retenue
  • la transparence du temps
  • au bord de tes lèvres
  • je roule des cigarettes
  • de papier maïs
  • le soleil s'est mis
  • à l'heure du zénith

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:45
  • Forêt vibrante
  • fûts élancés dans le ciel mauve
  • humus teinté de lézardes et de marbrures
  • forêt vivante
  • qui descend jusqu'au fond de l'âme et des poumons
  • forêt de vents sauvages
  • de murmures vagabonds
  • forêt d'instants éparpillés
  • au fil du temps
  • tes sentiers nous conduisent
  • dans les grottes et les caves vivantes
  • où dorment les écritures d'argile millénaire
  • forêt d'encens
  • qui nous ouvrent les portes de l'autre monde
  • litières et habits de bois
  • forêt fragile qui nous enveloppe
  • pour notre dernier voyage
  • amante à jamais

 

 

  • 3390994377_634e53441b.jpg
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jean-marc theytaz - dans littérature
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:09

 

 

 

 

Pierre-Yves Gabioud c’est un style, une voix graphique, une personnalité qui a une place importante dans le paysage artistique valaisan. Le peintre-graveur expose actuellement ses tableaux à la Galerie de La Tine à Troistorrents et ceci jusqu’au 31 décembre; il nous présente des huiles, des dessins, des estampes.

 

L’artiste est originaire de Praz-de fort où il est né en février 1953. Après un apprentissage de décorateur Pierre-Yves Gabioudet se découvre une passion pour tout ce qui touche à l’expression artistique; il se lance alors dans plusieurs directions, danse, théâtre, histoire de l’art, peinture. Une expérience qui le marquera durant toute son aventure artistique. Il montrera également beaucoup d’énergie pour les voyages qui le mèneront aux quatre coins de la planète. Après cela il se retire en forêt , s’installe sur la terre familiale et se consacre à la peinture.

 

Comme le dit le galeriste Gérald Lange «artisan et artiste comme il aime à se définir, Pierre-Yves Gabioud est d’abord un contemplatif devenu passeur de nature. Par son travail acharné, sans effet ni ajout, il nous guide vers l’essence même des choses et nous fait toucher le vrai, le juste: «en revenir toujours à l’objet lui-même, à ce qu’il a de brut, de différent... » (F. Ponge, la rage de l’expression, 1941).»

 

Au plus près de la nature

 

Pierre-Yves Gabioud fait preuve dans ses travaux d’un grand dépouillement, d’une épure du geste, de la ligne qui est exemplaire; il travaille avec finesse, beaucoup de nuances et de variations les jeux d’ombres et de lumières, ces géométries des épicéas dans la lumière matinale ou le crépuscule qui créent en nous des émotions, des vertiges, des tourbillons intérieurs sans pareils. Le peintre sait retenir cette substance si légère, fragile et profonde qui compose les êtres et les choses; dans les tableaux de Gabioud l’on entend le silence de la nature, on sent sa vastitude, on devine sa diversité et sa pluralité, on y entend ses pulsions intérieures. Que ce soit la plaine du Rhône, le bois de Finges, les Catogne, les montagnes valaisannes, les rivières et les forêts de chez nous , les paysages de chez nous inspirent de manière permanente les créations de Pierre-Yves Gabioud: osmose de l’artiste et de son environnement, transparence et matérialité du monde, le tout avec sensibilité, paix, vérité et sérénité.

  

A l’occasion de cette exposition, vous pourrez découvrir le livre « Novévaires » de Remo Fasani (1922-2011) dans une traduction française de Christophe Carraud aux éditions Conférence Paris illustré de 37 monotypes de Pierre-Yves Gabioud.

  

La Galerie de La Tine à Troistorrents présente jusqu' au 31 décembre 2011

 

les créations de Pierre-Yves Gabioud: mardi à dimanche de 14 heures 30 à 18 heures 30.

  



 

 

 

 

 

«Regard sur le Val Ferret»

J. Darbellay / P.-Y. Gabioud, Ed. Porte-Plume, juin 2002

 

Prix Gaspoz 2005

Fondation H. et M. Gaspoz, Veyras, décembre 2005

 

Conférence N° 26

Ed. Conférence, printemps 2008

« La pipe qui prie et fume «

Maurice Chappaz / P.-Y. Gabioud.

«Novévaires» de Remo Fasani, traduction française de Christophe Carraud / P-Y Gabioud Ed. Conférence 2011 Paris

 

Pour plus d’informations

www.pygabioud.ch

 

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jean-marc theytaz
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 17:01
  • Sable lumineux
  • où marche ton ombre
  • terres ocres
  • où vibrent d'étranges écritures
  • écorces ajourées
  • fragments de métal
  • bouquets d'ajoncs
  • sorbiers et mûriers
  • élèvent mon regard jusqu'au soleil
  • souvenir à venir
  • lichen magique
  • les feuilles de musique m'emportent

4713789588_50abe00170.jpg

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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 16:55

 

 

 

Les personnages de l’artiste valaisanne Christine Aymon sont vivants, ils respirent presque et voyagent aussi;ils sont actuellement exposés à la Galerie de l’Hôtel de Ville d’Yverdon-les-Bains, et ceci jusqu’au 23 décembre.

Un projet qui a mûri durant trois ans et qui a pris forme et réalité cette année. Trois ans de travail et un «nouveau spectacle» en quelque sorte.

 

Trois installations originales et inédites nous sont présentées «l’Esprit du Bois», «la Cabane-à-retrouver-son-Enfance», «Le Temps du Regard» mais aussi la «Danse de l’Eau et des Nuages» et la «Forêt d’Accueil», avec plusieurs autres œuvres également.

 

Grandeur nature

 

Christine Aymon affectionne les sculptures grandeur nature qui peuvent être en bois polychrome ou brûlées et qui représentent des personnages, des animaux... L’artiste nous propose dans ses installations diverses grilles de lectures avec des jeux d’ombres et de lumières, des vidéos, du son, des éléments signifiants qui «tous à la frontière du langage plastique de l’art visuel et de la scénographie, contribuent à faire naître une ambiance dans laquelle s’immerger. Naturellement, je place les pièces du jeu sur l’échiquier, mais le dernier mot revient à celui qui pour son compte retrace l’histoire aux nuances de son vécu» nous dit Christine Aymon.

 

La créatrice accorde une grande importance à la relation entre le spectateur et l’œuvre, éliminant la distance, les parasites, les «rumeurs» qui peuvent s’installer parfois entre la création et celui qui entre en contact avec elle.

 

Ainsi Christine Aymon nous offre d’entrer dans sa Cabane, de la traverser, de la ressentir, de la découvrir en son intérieur, de vivre en adéquation avec les éléments qui la composent («on peut marcher dans le tapis de feuilles ou méditer au bord de l’eau)».

 

Priorité aux émotions, les concepts, les questionnements, les chaînes de causalité viendront par la suite, dans une seconde phase.

Les thèmes choisis par l’artiste relèvent du quotidien, des questions simples et primordiales, des problèmes d’identité, de rapport à l’environnement, des liens entre homme et nature, à soi-même, à l’altérité...

 

«Quand le faire dit»

 

L’exposition d’Yverdon-les-Bains s’intitule «Quand le faire dit»: pour Christine Aymon «l’art est le lieu privilégié où la totalité de l’être peut s’exercer. Tout est convoqué en ce point qu’est l’œuvre. Des idées il y en a plein mes calepins, mais les réaliser.... A travers le faire c’est l’être qui se réalise... entre être et faire, point de distance, c’est la même quête, celle de la vie».

Le geste et son importance, sa portée, son existence, se retrouvent dans les sculptures de Christine Aymon, on y sent les pulsions profondes et cette unité aussi entre l’idée, l’image mentale et le façonnage du bois, la mise en scène des personnages.

Les regards intenses, énigmatiques, qui semblent habités d’une lumière étrange parfois, les postures multiples des personnages, leurs mains qui semblent parler, les vibrations des bois polychromes, les rythmes qu’ils induisent, autant d’éléments qui interpellent le spectateur et le touchent. Les personnages de Christine Aymon créent une atmosphère particulière et magique, ils envoûtent, tantôt par leur matérialité, tantôt par leur force existentielle, ils savent communiquer et traduire des émotions.

 

 

 

 

 

Exposition des œuvres de Christine Aymon «Quand le faire dit», à la galerie de l’Hôtel de ville d’Yverdon-les-Bains, jusqu’au 23 décembre, de mardi à dimanche de 14 à 18 heures.

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jean-marc theytaz
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