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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 18:11

Les épilobes fléchis

sous le poids de la rosée

les collines qui s'ancrent

dans l'oblique de mon regard

les arc orangés

comme des blénis corses

ivres dans la pureté

de l'eau claire

le matin mûrit

avec le chuchotement

de la forêt qui s'éveille

émerveillement simple

torrent valaisan   photo mamin

torrent valaisan photo mamin

jean-marc theytaz
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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 17:52

Mêler l’intime, l’intimité à l’autre, à l’extérieur, au monde qui nous entoure avec toutes les sensibilités qui la composent dans une sorte de partage et de découverte de nouveaux horizons, le Ganioz Espace de Martigny a présenté cette année Intime-Extime: avec une performance de Nicole Murmann

L’artiste Christina Jonsson nous a offert une « réflexion sur l’intimité du corps, de l’être et de la pensée dans une dynamique d’extériorisation».

Au Ganioz Project Space (GPS), elle a mis en espace et en relation, pourquoi pas aussi en réseau une série de travaux d’artistes de genres multiples et différenciés qui viennent de Suisse et du Danmark.. Les techniques et les supports sont pluriels, passent par l’écriture, la vidéo, la photo qui analsysent nos modes de comportements, nos réflexes, nos approches notre traitement de l’intime. Tout cela est très personnel, traite de la sphère individuelle, du «jje» et du «moi» qui peuvent entrer en interaction et créer des vibrations et des ondes lumineuses qui rendent comptent de du langage émotionnel intime. .

La frontière habituellement admise entre public et privé s’en trouve complètement brouillée.

L’ «extimité» est une notion qui consiste à porter à la connaissance d’autrui ce qui est généralement considéré comme relevant de l’intime. Intime.Extime.» Mis en opposition, ces deux termes proposent de réfléchir à la manière dont le premier mérite d’être reconsidéré à la lumière du second.Il s’agit de créer aussi peut-être un questionnement sur l’identité, ds champs d’action entre soi et l’autre sans que cela soit soit invasif ou intrusif, mettant en danger l’une ou l’autre des entités. Comme nous le dit Catherine Touaibi «En partageant son intimité, l’individu acquiert non seulement une véritable autonomie et une vie authentique, mais il est investi d’une nouvelle perspective. Celle-ci lui permet de s’ouvrir à une société en constante évolution, constituée de personnes davantage libres et responsables.»

Avec les artistes: Atelier de Geste (Beau Rhee) (USA) | Gilles Aubry (CH) | Nathalie Uhlmann (CH) | Tarik Hayward (CH) | Stéphanie Giorgis (CH) | Nicole Murmann (CH) | Colette Hayoz (CH) | Luke Burton (ENG) | Hannah Anbert (DK) | Nanna Lysholt Hansen (DK) | Heidi Hove (DK) | Naja Maria Lundstrøm (DK)

Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Ravenne, Christina Jonsson (née en 1975 à Copenhague, vit et travaille à Leysin) exécute un master (MAPS) à l’ECAV qu’elle termine en 2012. Depuis, elle expose régulièrement en Suisse et à l’étranger.
Artiste mais également curatrice, elle est cofondatrice de l’espace d’arts Saint-Valentin à Lausanne qu’elle codirige depuis 2011. →

jean-marc theytaz
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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 17:42

 Faons apeurés à la place Fousquienne en août

 

Dans les sous-bois et les frises de la clairière

les traces des faons apeurés

elles s'effacent lentement

dans la brise naissante

les chiens de chasse traquent

les jeunes bêtes affolées

l'odeur de la mort prochaine plane

sous le soleil humide

la douleur saisit la gorge du marcheur esseulé

 

 

Printemps à tes poignets

 

Les pétales des cerisiers

noyés dans les névés esseulés

les rives du jour

comme bourgeons de sapin

le temps glisse lentement

dans les sillons des prairies irisées

Les farios argentés

dans les cascades d'eau claire

La saison fleurit à tes poignets transparents et fragiles

 

 

Mélèze à siviez nendaz

Le jour de lève

chardon et anémone soufrée

sur les rives rouges

de l'écorce du mélèze

śécoule

à voix basse

un temps de fragile communion

 

Poèmes d'été 2016 Nendaz jmt
jean-marc theytaz
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 16:59

L’écrivain valaisan Raymond Farquet est décédé mercredi dernier à Genève, à l’âge de 86 ans. Un auteur qui a marqué de sa plume la littérature valaisanne, de par son écoute des petites gens, des faibles, des marginaux, des immigrés, tous ceux qui ont besoin qu'on vienne près d'eux pour leur apporter un peu de chaleur humaine, des moments de partage et d'échange.

Un auteur d’importance, qui a une belle œuvre derrière lui, une douzaine d'ouvrages publiés aux éditions de l'Aire essentiellement, le dernier "Genève en fauteuil roulant" ayant été publié aux éditions d'autre part de Pascal Rebetez.

Il a brossé de nombreux portraits des Valaisans saisis dans leur quotidien, dans leur trame existentielle, leurs élans, leurs travers, leurs interrogations. Il a cherché à comprendre leur monde intérieur et les interactions qui les liaient à ce Vieux Pays si beau, mais si rugueux aussi parfois.

Professeur durant de nombreuses années à Genève, il a auparavant voyagé durant sa jeunesse, travaillant notamment avec les compagnons d’Emmaüs à Paris.

Il avait reçu le Prix de la Loterie romande en 2011 pour «Le voyage amoureux» paru aux Editions de l’Aire. Raymond Farquet a parcouru les vallées latérales valaisannes à pied et en a tiré «Le voyage amoureux», une véritable découverte ethnographique et littéraire de notre canton, une complicité, une rencontre avec des gens vrais et authentiques, qui constituent la substance du Valais, au carrefour du passé et de la modernité, un Valais qui s’ouvre au monde tout en se souvenant de ses traditions et de ses légendes.

Raymond Farquet était un écrivain très sensible, parfois grognon et asocial, mais qui savait très bien exprimer la profondeur des êtres et des choses, et qui dans ses rencontres au quotidien, dans les détails et les faits les plus simples nous fait aller à l’essentiel, avec pureté, netteté et une grande vérité.

Pour Michel Moret, des Editions de l’Aire, «Raymond Farquet était un écrivain universel, son rapport au verbe était celui d’un écorché par les circonstances de l’existence...»

Raymond Farquet n'est plus mais ses écrits sur le Valais font désormais partie de la mémoire collective et du patrimoine littéraire valaisan. jmt

photo augustin rebetez

Raymond Farquet, un écrivain sensible, à l'écoute des petits, nous a quittés
jean-marc theytaz
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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 15:57

Les œuvres de CC Olsommer, exposées en de multiples galeries depuis des décenneis, sont fréquemment rattachées au symbolisme, à l’imaginaire, au mysticisme: un style austère et dépouillé, fin et expressif dans a retenue. L’essentiel de son art repose dans cette quête infinie et cette recherche spirituelle.

Déshabiller l'âme et le corps humains de ses lourdeurs, de ses scories, de ses encombrements existentiels, l'artiste va à l'essentiel avec sa finesse de perception et sa délicatesse d'exécution.

Comme le dit Nane Olsommer «ses convictions personnelles ont guidé ses choix. L’âme humaine, la nature, le temps l’amour, la mort le monde intérieur sont ses thèmes favoris». Il travaille dans une forme de silence, de respiration lente, de magie et l’on retrouve dans ses œuvres des symboles significatifs comme des croix, des hiboux, des crânes... La vie, la mort la fluidité du temps, les êtres et les choses qui passent, qui sont transitoires, éphémères, passagères, même dans leur unicité, autant de de questionnements et d’interrogations qu’Olsommer a mis en avant dans sa peinture.

L’artiste qui a un grand sens de l’observation a utilisé diverses techniques dont le crayon, la plume, la sanguine,, le fusain, l’huile, le pastel, le brou de noix...

Neuchâtelois d’origine, Valaisan d’adoption, d’ascendance scandinave Charles Clos Olsommer a également voyagé à Venise, Rome, Florence... et exposé dans de nombreuses galeries européennes. Harmonie, équilibre, intutition, sensibilité, la profondeur du regard, la poésie mystique, autant de termes pour définir cette œuvre si large et si substantielle. Un travail effectué avec minutie, attention et conviction, dans une grande ferveur.

La spiritualité et la pureté de CC Olsommer
jean-marc theytaz
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 15:01

~Jean-Blaise Evequoz, peintre valaisan bien connu, a vu en 2014 un livre être publié sur ses réalisations artistiques, un ouvrage de la célèbre maison d’éditions d’art SKIRA à Milan . Photos, textes critiques, approches sensibles et plurielles de son œuvr , cette monographie représente une étape importante dans la synthèse de sa recherche artistique. Elle est toujours d'acutalité tant les tenants et les aboutissants de de sa quête relèvent d'éléments solides et fondateurs.

Rassemblant des dizaines de reproductions de tableaux et des textes de Stefano Sapinaro, critique d’art à Milan et coauteur de l’ouvrage, le livre est un envol de couleurs et de lumières, un véritable feu d’artifice, un univers à traverser et déguster.

Une monographie à laquelle ont participé Antonio d’Amico et Stefano Sapinaro pour les exégèses; Sedrik Nemeth pour les magnifiques images; Stefania Nizza, directrice de communication à Florence, pour la diffusion. Antonio D’Amico est critique d’art et professeur d’université: il est celui qui a fait la critique est a introduit Jean-Blaise Evequoz chez Skira. Stefano Saponaro est pour sa part historien d’art et s’est occupé de la présentation biographique.

Un livre de grande tenue, cartonné, avec une qualité de papier remarquable tout comme les photographies.

Deux textes profonds «La danse de la couleur pendant les heures de la vie» d’Antonio d’Amico et «Le chant joyeux de l’univers» de Stefano Saponaro viennent souligner la démarche artistique essentielle du peintre valaisan dans son travail et ses œuvres.

Mais donnons la parole au peintre:«Vivre avec/ intensité/ le temps/ qui coule/ descendre/ voluptueusement/ son fleuve/ sur un radeau/ en bambou/ plonger/ dans l’eau/ trouble et froide/ de l’inconscient/ pour entendre/ le chant de l’univers».

Interview parue dans le NFen 2014. Quel itinéraire avez-vous suivi pour aboutir à la publication de cet ouvrage concernant votre peinture auprès des éditions Skira?

Tout a commencéavec Stefa-nia Nizza qui m’a organisé un grand événement artistique à Florence. Ce qui a fait dire à Richard Robyr, ancien chef de la culture valaisanne, que j’étais l’artiste valaisan le plus connu en Italie... Stefania a voulu continuer l’expérience et a contacté Antonio et Stefano pour écrire des textes sur ma peinture , rapidement ils ont opté pour la publication d’un catalogue et m’ont proposé de me présenter à Skira....Jamais je n’imaginais une réponse positive d’une maison d’édition si importante... Le résultat est là et pour Stefania ce n’est qu’un début... Un grand événement va suivre à Milan après mon exposition dans une célèbre galerie au Koweit.

Comment avez-vous su, un jour, que vous seriez peintre?

Cela a-t-il été une révélation? J’ai eu une révélation à 18 ans , cela peut paraître stupide mais un peintre amateur me prête son matériel, je commence à peindre tout est devenu blanc, j’ai entendu le chant des anges et le lendemain je cassais ma tire-lire pour acheter chevalet et pinceau...j’ai su que j’étais peintre.

Votre œuvre est dominée par la couleur, un univers de lumière et d’émerveillement. Quel sens lui attribuez-vous?

Je n’aime pas donner du sens, je suis dans la sensation ce qui est très différent. La philosophie a un sens, ma peinture de l’émotion.... J’ai durement travaillé la technique pour m’en libérer et laisser jaillir l’inspiration librement sur mes toiles... je ne peins pas ce que je veux mais ce que je suis...

Votre thématique est variée, chevaux, paysages, personnages, natures mortes, mais reviennent toujours la force et l’intensité du souffle intérieur, le pouvoir de l’énergie créatrice? A quelle source vous nourrissez-vous?

Le sujet en peinture est une excuse. C’est dans l’émotion de l’instant que je trouve mes sujets pour laisser jaillir ce que je ne sais pas dire autrement, comme le ferait une musique. Ensuite à chacun de ressentir en lui-même ses propres émotions. Mes toiles sont les miroirs de celui qui les regarde...

Parfois votre peinture est tellement épurée, dépouillée qu’elle confine à l’abstraction. Où vous situez-vous entre figuration et abstraction, entre le dit et le non-dit, le suggéré et le raconté?

Pour moi toute peinture est une abstraction, la Venus de Botticcelli n’existe pas en réel. Mais peindre n’est pas copier le réel c’est lui donner une interprétation intime et universelle pour toucher le fond des cœurs. Si je parle de mon goût alors je me limite à ceux qui ont le même goût mais si je parle des profondeurs derrière le masque alors tout être humain sur la planète peut se plonger dans le mystère de la vie qu’expriment mes toiles.

La critique vous rattache au fauvisme, à l’expressionnisme, êtes-vous d’accord avec ces qualificatifs?

Que c’est apaisant de limiter et simplifier. Je ne viens pas de nulle part et pour moi quand on me relie aux classiques ou fauvistes ou expressionnistes, j’entends plus le besoin du spectateur de se réconforter face à un langage nouveau et perturbant, alors pourquoi pas? Pour moi l’important est de continuer à oser être sans concession...£ Jean-Blaise Evequoz, Editions Skira,, Milan.

Jean-Blaise Evequoz: une monographie du peintre encore d'actualité chez Skira
jean-marc theytaz
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 16:31

La Fondation Arnaud a monté l'année dernière une exposition mettant en évidence la vie artistique intense qui régnait dans le village de Lens avec la présence de Ramuz, Auberjonois, muret, Stravinsky.

Un bouillonnement de culture, relativement court dans le temps, mais qui a débouché sur des résultats concrets et sur une expo qui a connu le succès avec plusieurs volets présentés.

Un village, quatre artistes, une aventure: la Fondation Arnaud a fait fort en 2015 avec « Le Diable, la plume et le pinceau. Auberjonois, Muret, Ramuz, Stravinsky ». Il s’agit d’une exposition singulière qui met en exergue ces quatre artistes qui ont séjourné à Lens. Une trilogie pour cette manifestation automnale avec une publication, une exposition et un spectacle grandiose:

«L’Histoire du Soldat» de Ramuz et Stravinsky»

L’exposition a présenté les œuvres majeures de René Auberjonois et d’Albert Muret avec un regard original de Charles-Ferdinand Ramuz. «Nous avons mis en évidence un ancrage avec les gens de Lens» relève M.Daniel Salzmann, président de la Fondation Pierre Arnaud. «Le fil rouge est Ramuz qui est passionné de peinture et qui disait lui-même «mes maîtres sont les peintres et non pas les écrivains». Il entretenait une passion pour Cézanne et a écrit des lignes admirables alors qu’il n’a pas fait de même pour Muret.» souligne M. Christophe Flubacher. L’exposition s’articulait autour d’un spectacle de danse avec orchestre ,création mise en scène par la Valaisanne Julie Beauvais et d’un livre: «Association « Les Amis de Muret ».

Un ensemble cohérent et parlant qui analyse aussi un rapport au tempse t au lieu comme le dit Noël Cordonnier, rédacteur du livre. Les deux peintres ont une approche et une vision artistique totalement opposée , un réalisme plus concret et sensoriel chez Muret alors que Auberjonois fait preuve d’un onirisme et d’une imagination débordantes avec des couleurs plus terreuses. Comme l’explique, Christophe Flubacher, directeur scientifique du Centre d’art, «le visiteur pourra découvrir «65 tableaux des deux peintres, parmi eux la célèbre «Ludivine» de Muret, portrait de la servante d’Albert Muret et «amoureuse de Ramuz»

Ces tableaux proviennent de collections privés mais aussi des musées et de la Fondation Pierre Arnaud.» Mais constatation étonnante Ramuz «fait preuve d’une étonnante cécité à l’encontre de la peinture d’Albert Muret alors qu’avec Auberjonois il parle de l’Art, de manière plus conceptuelle.» «L’Histoire du soldat» avec Julien Beauvais A l’époque où ils rédigeaient le livret de l’Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky ont brièvement séjourné à Lens chez Albert Muret à la fin mai 1918, deux jours«L’Histoire du soldat» raconte comment, sur le chemin du retour chez lui, un soldat en permission rencontre le Diable, qui le convainc d’échanger son violon contre un livre qui prédit l’avenir. Pour la création de l’Histoire du soldat à Lens, la Fondation Pierre Arnaud a fait appel à Julie Beauvais, qui en assure la mise en scène: «Il s’agit d’un spectacle mais également d’une installation d’art contemporain et j’ai monté un spectacle transdisiciplinaire» L’écriture de Ramuz est musicale et rythmée.

L’équipe technique joue un rôle important et les artistes , les musiciens sont d’un très haut niveau. Julie Beauvais a choisi de moderniser la forme et d’inviter le spectateur à déambuler dans un espace réinventé pour l’occasion. Après «Albert Muret, Dilettante magnifique» (2010), «Le Diable, la plume et le pinceau» constitue le deuxième volume d’importance publié par l’Association «Les Amis de Muret» (Lens). Il rend compte de la présence d’artistes d’importance dans le village de Lens au début du XXe siècle: les peintres Albert Muret et René Auberjonois, l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz et le musicien Igor Stravinsky. L’ouvrage se propose de commenter les hasards et circonstances des rencontres et les collaborations croisées de ces artistes, et d’éclairer un moment particulièrement crucial de l’art international et suisse dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Noël Cordonier, directeur éditorial, a fait appel à une palette de spécialistes, afin de présenter, sous une forme accessible et dans un livre richement illustré, des recherches inédites sur les liens que ces artistes ont entretenu les uns avec les autres. ***

www.fondationpierrearnaud.ch

Ramuz, Stravinsky, Auberjonois, Muret ont été célébrés à la Fodnation Arnaud
jean-marc theytaz
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 16:23

Il y a quelques années Janine Massard publiait un ouvrage intéressant sur les petites gens, leur vie de labeur, leurs désirs, leurs souhaits, leurs déceptions, leurs espérances.

Aujourd'hui avec l'évolution et la révolution numérique, avec le néolibéralisme et le libéralisme "sauvage" qui assaillent nos sociétés occidentales les problèmes n'ont guère changé, au contraire ils se sont complexifiés, démultipliés pour en arriver à des conditions de précarité professionnelle pour nombre de personnes. En voyant ce qu'avait écrit Janine Massard on sent bien que notre monde va plus mal encore et risque d'exploser contre un mur qui se dresse de plus en plus haut devant lui dans un proche avenir.

Les éditions d’En Bas ont republié il y a déjà un certain temps «La petite monnaie des jours» de Janine Massard, un livre précieux et riche de mille observations et réflexions sur notre quoditien existentiel. Cet ouvrage avait obtenu le Prix Schiller en 1986 et avait connu un grand succès à l’époque. La demande constante a engendré une réédition.

La nouvelle publication de ce récit est suivi d’un mémoire d’Eugène Kaupert, «Exécution de Jacob Lausselet à Rolle le 9 septembre 1846» un court récit que prolongent quelques réflexions sur la peine de mort.

Un parcours particulier et hors du commun

Janine Massard est née à Rolle en 1939. Polyvalente, s’intégrant et s’adaptant facilement aux différentes situations que nous réserve notre parcours de vie, elle sera tout à tour éducatrice, vendeuse, téléphoniste, secrétaire, maîtresse d’école. Un cursus semé de surprises, d’embûches, mais également d’heureuses rencontres qui l’ont conduite à se consacrer essentiellement à l’écriture depuis de nombreuses années. Elle a écrit dans plusieurs genres, romans, nouvelles, récits; elle a publié en 2010 «Childéric et Cathy sont dans un bateau» et son récit «Terre noire d’usine» a été republiée chez Bernard Campiche. «La petite monnaie des jours» aborde les thèmes du travail, de la dureté de la vie pour les petites gens, la thématique de l’injustice sociale, de la solitude des laissés-pour-compte...

«Janine voit clair, frappe juste: les pauvres, les dominés bénissent la servitude tant qu’un Spartacus ne les éveille point. HA, madame Massard n’a pas la bosse du respect et ne pratique pas souvent le culte des idoles! Elle ne s’abuse pas sur sa classe d’origine: elle n’en fait pas une cohorte d’archanges à cul rose. Sa situation privilégiée lui interdit le mensonge. Sa vision n’est point brouillée par la démagogie et sa clairvoyance la défend du délire populiste...» nous dit l’écrivain Gaston Cherpillod dans sa préface, un Cherpillod toujours vif, vindicatif et franc dans ses propos.

Un ouvrage qui nous fait découvrir l’ambiance, d’une époque, ses traditions, ses atmosphères parfois lourdes, ses espérances ...

«La petite monnaie des jours» de Janine Massard aux éditions d’En Bas., «Milieu des années cinquante en Suisse : les classes laborieuses commencent à voir se concrétiser le progrès. Le confort, la voiture ne sont plus des irréalités pour nantis. L’électro-ménager s’introduit dans les familles et transforme le rôle de la femme : de productrice, elle devienne consommatrice.»

jean-marc theytaz
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:31

~Jacques Landron, un peintre de la simplicité et d’une certaine forme d’austérité, a exposé à la galerie Grande-Fontaine ce printemps à Sion. Parisien d’origine, l’artiste a suivi l’Ecole Supérieure d’Art Moderne de Paris et est également un spécialiste de l’art Hispano-mauresque. Sa peinture que l’on peut qualifier de figurative est «sobre, robuste et vivante». Elle ne cède rien à la facilité mais va vers l’essentiel, avec des touches poétiques, de la douceur, de la tendresse pour le monde des êtres et des objets. «Des nus sensuels et abandonnés aux touches larges valorisant les volumes.» Des natures mortes avec des compositions équilibrées, qui dégagent paix, ordre, subtilité.

Avec des déclinaisons de teintes retenues, sombres, discrètes, qui disent aussi cet esprit tourné vers la respiration profonde de la vie intérieure et de ses méandres. L’artiste est établi à Uzès et partage sa vie entre sa peinture et l’essor de l’association à but écologique qu’il a fondée, «Participe futur».

Parallèlement Jacques Landron est également engagé dans des activités architecturales et il intervient dans divers pays arabes comme spécialiste d’art islamique, tout en poursuivant son œuvre de peintre. Chez lui la lumière caresse les objets, les englobe et les habille de velours, pénétrant les paysages comme un souffle et une énergie volatile venue d’ailleurs avec ses angles de pénétration et d’intégration dans les volumes de la peinture. Comme le dit Catherine Boidevaix, «L’émotion, l’impression calme, du temps qui s’arrête ou plutôt d’un temps suspendu qui se dégage de ses toiles, nous emmène vers le plaisir...». jmt

Jacques Landron a exposé à la Grande-Fotnaine à Sion
jean-marc theytaz
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 16:43

La Maison de la Commune de Savièse accueille maintenant une salle forte et symbolique dédiée au peintre Albert Chavaz qui fait toujours référence lorsque l’on parle de l’Ecole de Savièse avec Ritz, Dallèves, Bieler et bien d’autres.

De plus la peinture de Chavaz est chevillée au patrimoine pictural du Valais, elle représente un repère, une sorte de mémoire et d’inconscient collectif qui rassemble nombre de jalons identitaires. Il fait partie d’une forme de patrimoine collectif qui contient les racines d’un pays qui est passé en quelques générations de la ruralité à la modernité.

La tradition est traitée chez Chavaz avec authentitcité, pureté, simplicité et profondeur. Il s'est impliqué dans sa peinture de manière totale, comme emporté par un élan artistique qui l'a fait peindre sa vie durant. Une vocation, une adhésion au monde, une fenêtre ouverte sur l'espérance, notamment dans ses vitraux et ses compositions qui touchent parfois à l'abstraction.

Un artiste qui a su dire le Valais comme un poète...

Biographie-express

Albert Chavaz naît le 6 décembre 1907 à Genève. 1915 Il passe sept ans au Collège Saint Joseph à Thonon, où il a, dit-il, «pris le goût de la liberté : quand je sortirai d’ici, je serai libre». 1922 Vers l’âge de 15 ans, il dit avoir eu sa première vision de peintre, face à «un mur blanc, un toit rouge et le ciel, j’ai vu en «peintre» et je cours toujours après cette première vision». 1927 Durant cinq ans, de 1927 à 1932, il fréquente assidûment l’Ecole des beaux-arts de Genève. Ses principaux maîtres sont Fernand Bovy, Philippe Hainard, Serge Panke, James Vibert, François-Joseph Vernay.

Il reçoit la bourse Lissignol-Chevalier. Il se lie d’amitié avec Albert Decarli, Emile Chambon, Paul Monnier et Pierre-Barthélémy Pitteloud... 1929 Il exécute avec Emilio Beretta les peintures murales de la maison Efrem Beretta à Locarno : «Les œuvres de la miséricorde».

1931 Chavaz reçoit le prix Harvey pour son portrait de Jeanne Delabays. 1931 A partir de cette date, il participe à tous les Salons de la section genevoise de la SPSAS. 1932 Le Groupe romand de la Société de Saint-Luc est créé Chavaz en fait partie.

1933 Une bourse de la Confédération lui donne la possibilité d’étudier à Paris «Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse.»

1934 Le prix Harvey pour le portrait lui est à nouveau accordé. La même année, engagé par Edmond Bille, il participe durant six mois à la décoration de l’église de Fully en compagnie de P. Monnier et de J. Gautschi. Il ne se doute pas, à ce moment-là, que le Valais le retiendra sa vie durant.

1935 Le décorateur Louis Moret l’invite à exposer pour la première fois dans sa galerie privée . 1939 Lors d’une promenade à Savièse, il fait la connaissance de Julie Luyet. En 1940, il l’épouse et s’installe désormais à Granois, village de la commune de Savièse. Six enfants naîtront de cette union. Même si les besoins sont modestes, les temps sont difficiles. Son épouse et ses amis l’encouragent et le soutiennent. »

A chaque naissance, disait-il, une commande se présente, comme par miracle. Nous vivons de presque rien, mais nous sommes heureux.

« 1941 Un ami, directeur de banque à Sion, lui octroie en signe d’amitié et d’admiration un prêt sans garantie, relativement important pour l’époque. Au bénéfice de cette sécurité, Chavaz continue à peindre librement, avec acharnement, et entre dans sa période la plus faste.

Son talent, son sens de la vie et de la nature, lui permettent de dégager l’essentiel des singularités paysannes, sans se laisser aller au genre du folklore et du pittoresque. Il fuit les modes, recherche la vérité et n’est l’homme d’aucun système. Dès 1940 et presque jusqu’à la fin de sa vie, Chavaz réalise, dans toute la Suisse, de nombreuses peintures murales, vitraux, mosaïques et céramiques, dans les églises, les chapelles, les banques, les écoles, les institutions et chez les particuliers. Il illustre également plusieurs livres et élabore quelques affiches. Il se familiarise avec toutes les techniques et maîtrise de mieux en mieux son art. 1985 Le Conseil de la Culture du Canton du Valais lui remet le prix de consécration. 1987 La Commune de Savièse lui offre généreusement le titre de bourgeois d’honneur, ce qui lui procure une immense joie. Une grande exposition est organisée à la Maison de Commune pour fêter son 80ème anniversaire. 1990 Le 17 janvier, Chavaz décède à l’hôpital de Sion. Quelques jours avant sa mort, une amie vient lui rendre visite avec un bloc et un crayon. Malgré la maladie et les troubles de la vision, il dessine pour la dernière fois et fait d’elle un portrait fort et émouvant.

Albert Chavaz repose au coté de son épouse Julie à St-Germain, Savièse.

Albert Chavaz, une présence permanente à Savièse
jean-marc theytaz
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