Vendredi 27 janvier 2012
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«Vu d’ici ça paraît loin», un titre révélateur pour une exposition de Anne-Chantal Pitteloud à la galerie Grande-Fontaine à Sion
jusqu’au 11 février. Elle nous offre une vue sur son travail réalisé à Paris lors d’une récente résidence d’artiste en 2011.
Un itinéraire varié
Anne-Chantal Pitteloud travaille à la Ferme-Asile depuis plusieurs années, elle y bénéficie d’un atelier-permanent. Elle a réalisé un
en 2005 un «tour de France» chez plusieurs céramistes de renommée pour parfaire sa formation.
Son itinéraire est particulier et anachronique, commençant sa formation comme dessinatrice en bâtiment dans les années 90; sa passion pour la chose artistique l’amènera à l’école cantonale d’art
du Valais jusqu’en 99, puis à l’école supérieure des arts décoratifs de Strassbourg. Elle obtiendra ensuite un master en art visuel en 2003.
On le voit un parcours de qualité avec plusieurs expositions personnelles notamment à la Ferme-Asile à Sion, à la Galerie 7 à Martigny, à la galerie Meystre à Zürich, à l’Open Studio à Paris...
elle a été également lauréate pour une résidence d’artiste à Paris en 2011.
Dessins et vidéos
L’expo de la Grande-Fontaine nous donne un aperçu de ses créations parisiennes: «
Délaissant volontairement la céramique pour développer un travail de
dessin, mon point de départ fut le geste, l’expérimentation libre et spontanée. Avec des taches d’encre gorgées d’eau qui sèchent durant la nuit et se révèlent en quelque sorte sans
moi.
En m’imposant un rythme de séchage je reproduis les cycles et des hasards de l’argile. De ces quantités de tâches sont apparus
des micros -mondes, des agrandissements de matière, des souvenirs d’images de tessons de céramique à travers une binoculaire, des nodules, et des cellules.
Avec ces formes qui m’accompagnent depuis plusieurs années, j’ai réalisé une autre série: les géographies , qui racontent des
territoires inconnus, répertoriés et cartographiés. Je me plais à imaginer et à créer des lieux, en y ajoutant des mots, des signes et des chiffres prélevés dans des journaux.
Les formes organiques qui font partie de mon vocabulaire forment une série de dessins, «organographies», qui devient un univers de planches anatomiques et d’herbiers. J’invente une histoire en
empruntant aux illustrations didactiques un peu de son vocabulaire formel. Présentés aux côtés de pièces en céramique, ils tentent d’approfondir par un autre chemin, des textures et formes plus
complexes. Dessins, installations et vidéo forment un univers d’une étrange familiarité qui voyage dans le temps.»
Avec son travail Anne-Chantal Pitteloud s’investit dans une recherche personnelle mais aussi dans une quête qui peut se construire
ensemble avec les autres. Les dessins, les créations de Anne-Chantal Pitteloud ont une force, une authenticité, une pureté qui sont celles de la matière mise en contact intime avec l’humain, avec
le geste de l’artiste qui sait découvrir, déchiffrer, transmettre la vie, la magnifier, l’exalter aussi, par moments, même si cela demeure dans un dépouillement révélateur, celui des mappemondes
et des cartes géographiques revisitées, par exemple.
Mélange des genres, dessins, installations, vidéo pour dire l’univers et ses ramifications, ses géographies, ses intériorités et ses évidences, ses langages et ses mémoires.
Expo Anne-Chantal Pitteloud, Galerie Grande-Fontaine, Sion, jusqu’au 11 février.
Légende: Des univers inédits avec Anne-Chantal Pitteloud. ldd