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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 20:34

Souvenir de cendres

 

 

Des embruns de mélèze et d'absinthe

au creux de tes poignets

des vertiges venus de la clairière

 

le vent s'est souvenu de notre amour

 

Il s'enroule à nos corps fragiles

nous emporte au-delà du présent  

dans les territoires fluides

de nos rêves éveillésfuri_zermatt.jpg          

  (photo jmt- forêt en-dessus de Zermatt)

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 18:58

Le vent du nord

souffle sur les étangs gelés

 

la solitude des cygnes et des colverts

rejoint mon errance vagabonde

prise dans les griffes aiguisées du froid

 

sur le lac les patineurs dessinent

d'irrégulières arabesques

miroir fragile de nos envols intérieurs

 

les frênes et les bouleaux sur la rive

sont immobiles

rigides d'un givre transparent

 

les festons de neige courent

sur les gouttières des toitures

 

les poutraisons des granges sifflent

d'une voix fine et fluette

 

dans le port les mâtures

vibrent sans discontinuer

3970288484_0d367228fd.jpg

et puis

 

les cris des enfants

comme des pétales blancs

viennent recouvrir le silence

d'une douceur moelleuse

 

je m'endors au vent mauvais

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 14:16

 

 

Ecoute silencieuse

 

Neige incandescente

lumière et transparence

s'abstraire du monde

pour mieux écouter

les âmes de nos proches

glisser sous le vent

s'éveiller à la musique du levant

 

 

Absence

 

L'absence de  son être-là

de son âme généreuse

de sa matérialité

du volume de son corps

de ses déplacements dans l'espace

de sa gestuelle

de sa corporalité dans la maison

ma mère

au plus près de la vie de la mort

dans le sillon des jours 

 

 

 

Atmosphère crépusculaire

 

La forêt dans sa robe  corsetée

de mèches végétales

descend lentement

vers les eaux nocturnes

 

faunes et silènes

me racontent leurs pays

 

l'air embaumé traverse

les constructions d'épicéas

 

des courants tièdes

circulent et soufflent

sur les braises du souvenir

 

le lynx rôde6164330615_53093b6025.jpg

 

le chevreuil

en silence

a disparu dans les profondeurs

de l'obscurité

 

 

 

Lumières de lianes

 

Fleurs de liane

en haut de la canopée

des musiques de lumières

s'allument

dans le zénith

point de convection du temps

 

je vois des profondeurs chromatiques

dans la rétine de ton oeil

il fait bon être

endormi sous tes paupières

comme nénuphar sur l'eau verte 

 

 

 

 

 

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 14:31

2787561896_be510ba84b.jpgLes orangers sur les hauts des collines tièdes

 

les vallées fluviales et leurs champs d'oliviers

 

les moulins à vent esseulés 

leurs chants monodiques sur le haut-plateau

 

la musique des paysages grecs

 enchante mon silence

 

 

 

 

 

 

Souvenir

 

Des embruns de mélèze et d'absinthe

au creux de tes poignets

des vertiges venus de la clairière

le vent s'est souvenu de notre amour

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 14:21

Le soleil mauve

sur la toile des mélèzes

leurs branchages aériens

 

je regarde

les traits de ton visage

sur le parchemin du souvenir

 

ton absence fragile

dans l'eau claire

de la source

 

l'écriture du soir

dans les lichens fluorescents

près du bloc de granit

 

la musique coule

tendre et sauvage

entre hespérides  fougères

et  mousses humides58456646_2d611850e8.jpg

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 16:54

photos_21_03_07_080-1.jpgLe jour blafard

ses portiques de marbre blanc

ses allées et ses sentiers en jachère

ses habitants pèlerins

ses villages abandonnés

ses ruisseaux débordants

ses embrasures aérées

ses corniches de vents mêlés

ses arolles aux racines dénudées

ses emportements et ses fulgurances

ses prés d'herbe foulée

ses ébats d'amants oubliés

 

le jour recommencé

qui s'ouvre chaque matin

en silence

sortant de la nuit fauve

le jour comme un rêve éveillé

au centre du cosmos

 

 

(photo jmt--camargue)

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 15:05

 

Daniel de Roulet, auteur romand à l’audience internationale vient de publier «Fusions» aux éditions Buchet-Chastel. L’auteur qui vit à Genève a déjà écrit plusieurs romans dont «L’homme qui tombe» «Kamikaze Mozart»... dans la même maison d’édition. Il raconte l’épopée atomique autour du destin de deux familles, l’une en Europe, l’autre auJapon; il a travaillé lui-même comme ingénieur dans une centrale nucléaire. Le livre «Tu n’as rien vu à Fukushima» écrit lors de la catastrophe dans la centrale japonaise s’est vendu à 14 000 exemplaires, a été traduit en Allemagne, aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie.

Dans «Fusions», Big E et 3 N, deux grandes entreprises mondiales spécialisées dans le traitechaque année apporte son lot de produits pas nets, ment des déchets nucléaires, vont fusionner. M. Tita Zins, actionnaire principal et banquier, est à la tête de cette gigantesque opération qui va entraîner des licenciements inéluctables et créer des mouvements de protestation. Le problème des déchets est planétaire et est avant tout une affaire financière énorme.

 

La bataille entre Big E et 3 N a lieu à Londres entre deux femmes de fort caractère. L’affrontement va durer une journée et ce même 2 juin 1988 le président Reagan rentre de Moscou pour annoncer à la reine d’Angleterre et au monde entier la fin de la guerre froide, la fusion des empires, «Gorbatchev a cédé». «Des laboratoires de Princeton au goulag sibérien, en passant par l’apartheid sud-africain et la Chine de Mao, «Fusions» est le roman du XXe siècle-siècle pervers mais attachant, qui croyait éternelle l’épopée du nucléaire...»

 

Interview.

Fukushima, le début de la fin d’une époque: comment la politique peut-elle gérer un tel bouleversement, selon l’écrivain que vous êtes?

 

Le romancier choisit de raconter le monde à travers ses personnages. Et ces personnages inventés réagissent différemment au monde qui les entoure, aux situations, aux paysages auxquels ils sont confrontés. C’est même ça l’intérêt d’un roman, cette différence dans les comportements. Mais il y a aujourd’hui des bouleversements auxquels personne n’échappe. Fukushima, comme l’écroulement des tours jumelles, fait partie de ces situations-là qui ne laissent personne indifférent, pas même les personnages de romans. Dans Fusions, mes personnages sont confrontés à la fin de la guerre froide, à la fusion des empires. Les uns se réjouissent, les autres ne s’en remettent pas. Le romancier n’a pas à donner de conseils aux politiciens sur la marche du monde. Mais il peut transmettre le point de vue des grands scientifiques du vingtième siècle qui, tous, d’Einstein à Sakharov, mettent en garde contre la folie, la démesure, que représente le nucléaire aussi bien militaire que civil.

 

Les jeux de pouvoir et d’argent, de réseaux internationaux, de ramifications financières, voir mafieuses, passionnent l’ingénieur et l’auteur que vous êtes?

 

Il y a dans la réalité des personnages tellement hauts en couleur qu’ils concurrencent l’invention du romancier. Prenez Mme Thatcher ou Mandela. Dans Fusions, apparaît un banquier que j’appelle Tita Zins et dont la brillante carrière, y compris quand il s’intéresse aux medias, peut évoquer une figure connue de la finance helvétique. J’aime l’époque dans laquelle je vis, le roman me permet de mieux la comprendre.

La littérature peut-elle apporter une cartographie, un état des lieux, de la mondialisation actuelle qui chamboule les marchés financiers, les repères moraux, les jalons sociaux?

Le romancier ne peut être chargé de dénoncer la mondialisation. Je préfère parler de « mondialité » qui est le bon côté de la mondialisation, celui qui fait que chaque héros romanesque peut participer au destin de toute l’humanité. C’est un nouvel état des lieux que la littérature se doit de saisir. La mondialité découvre une nouvelle finitude du monde, mes personnages n’ont pas d’autre planète que la Terre que nous habitons, mes lecteurs et moi. S’il fallait parler des racines de mes héroïnes, je dirais qu’elles s’appellent mondialité. Même leurs amours tragiques ou ironiques n’ont pas d’autre horizon.

 

Cherchez-vous à délivrer un message dans vos livres?

 

Non, pas un message, une attitude. La seule responsabilité de l’auteur ce n’est pas son engagement politique, c’est son style. Et le style, celui qui s’oppose au pathos des publicitaires de l’ordre établi, c’est une question de morale.

On me demande souvent de commenter mon travail du point de vue politique parce que je prends position pour défendre le prix unique du livre, par exemple. Mais mon écriture n’est pas plus engagée qu’une autre. Au contraire, elle est pour moi effort constant pour me dégager des clichés poisseux de la pensée toute faite. Ce militantisme du style pour se déprendre du monde tel qu’il ne convient pas, je l’appelle dégagement engagé.

 

 

Daniel-de-Roulet4-FREE.JPGDaniel de Roulet, «Fusions» aux éditions Buchet-Chastel.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 21:17

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Dans les mains

des paniers d'osier

des fruits bien mûrs

le sentier qui monte jusqu'à la butte

le soleil gorgé de lumière

 

un rêve

 

au centre de l'hiver

quand les lèvres se gercent

que les membres sont engourdis

 et la neige comme un grand ciel blanc

parsemé d'étoiles

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:17

 

images-copie-1.jpg 

 

Jean-Marc Lovay, écrivain valaisan qui publie aux éditions Zoé depuis de nombreuses années, qui suit un itinéraire littéraire franc, solide, très original, vient de publier un nouvel ouvrage intitulé «Chute d’un bourdon».

 

Univers originaux et intraduisibles

Les livres de Jean-Marc Lovay sont impossibles à décrire, à résumer, à en sortir le fil narratif tant ils sont baroques, complexes, parfois touffus pour l’esprit rationnel et logique d’un lecteur moyen. Comme le dit l’éditeur «dans les romans de Lovay , on est emporté par la langue et on suspend toute recherche d’un sens immédiat pour laisser affleurer le plaisir de lire des phrases dont le puissant mouvement vous entraîne irrésistiblement vers un sens ultime même si celui-ci se dérobe au fur et à mesure de la lecture...»

Déroutes consatantes

On le voit les textes de Lovay n’ont rien d’une littérature facile et accessible; ils déroutent, désorientent, décontenancent, traversent des contrées brûlées, des pays inimaginables qui se trouvent en dehors du quotidien lisible que tout un chacun vit et habite normalement.

Le lecteur doit se laisser emporter par les houles de la phrase, se laisser embraser par les élans et les énergies poétiques.

La langue de Lovay construit des univers indédits dans lesquels les repères usuels explosent et où il faut donner la main aussi à l’irrationnel et l’incompréhensible. «Au cœur de ce que je croyais encore être moi-même et qui n’était déjà plus le centre d’un monde plus réel que le plus vraisemblable de tous les mondes invraisemblables, je regardais le bourdon vibrateur s’envoler en emportant ce qui était peut-être encore l’esprit d’urgence de Pie-Ronde, et j’avais soudain envie de redevenir l’enfantin et joyeux pleureur que je n’avais peut-être jamais été réellement moi-même en un temps dont je n’avais aucun souvenir et je croyais pourtant à ce moment me souvenir avec certitude...»

Les phrases de Lovay coulent dans un flux ininterrompu noyant les chaînes causales auxquelles nous sommes habitués et cassant les syllogismes qui nous ancrent dans notre réalité. Ecriture de vertiges et de frissons, de voyages intérieurs et de grands départs vers l’inattendu et l’insondable.

 

«Chute d’un bourdon» de Jean-Marc Lovay aux éditions Zoé, Genève

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 14:06

Blessures dans le ciel

ouvertures vers des voyages de lumière

la poudreuse et ses combes fouettées de brise

captent des brins de silence

la marche dans la forêt solitaire

devient offrande et louange

je m'efface

 goutte d'eau

qui perle  de la branche du sorbier

miroir de paroles en devenir

prises dans les strates du manteau neigeux

je me glisse

ombre fébrile4499686357_61bcda8de9.jpg

dans les veines de l'après-midi muette

silhouette fragileet chancelante

sur le seuil de l'Eternité

 

Souffles divins

papier vergé

lagopèdes blancs

la dune déroule

ses flexions

j'y couche

mes insomnies

 

Neige bleutée

sur le grain de ta peau

j'inscris

mes respirations

les houles

de mon âme

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