Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 21:25

Abri de noisetiers

de feuilles vertes

et de branches mortes

 

monastère au milieu de la forêt

 

prière légère

en lévitation

au-dessus de la couronne

des bouleaux

 

les paroles se perdent

dans les bris de ciel

entre les nervures forestières

 

ma gorge est nouée

ma respiration peine

 

il faut déglutir le jour atone

avant de s'étrangler

se laisser glisser dans la source vive

qui murmure sous la mousse8008484201_cd91826b03.jpg

 

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:31

farquet_les_jours-1-.gif 

Un nouveau livre vient de sortir aux éditions de l’Aire sous la plume de Raymond Farquet:«Les Jours s’en vont , je demeure»: un vers d’Apollinaire pour un kaléidoscope, un ensemble de textes qui ont jalonné des moments importants ou plus séculiers de l’existence de l’auteur, des «confessions disparates»: «c’est un ensemble désarticulé, le reste fossile d’une vie, avec ses copeaux de souvenirs, ses réflexions qui se heurtent, se contredisent comme dans l’existence...»

Une suite de petits récits qui nous conduisent sur les chemins du quotidien, qui nous donnent à découvrir et voir des états d’âme, des paysages intérieurs, des territoires connus et inconnus, des vies rêvées, des instants de bonheur, de doute, d’angoisse, des élans et des désirs, des pensées cueillies sur le bord du sentier...

Raymond Farquet nous parle des «restes d’un être humain ordinaire» qui se retrouvent et se répètent dans le temps comme un peintre dans l’espace. qui peut parler durant des jours, des années d’un même paysage comme la Montagne Sainte-Victoire pour Cézanne, les Nymphéas de Monnet, l’Homme qui marche de Giacometti, les sérigraphies d’Andy Warhol... des bouts d’histoires et de destins qui s’enchaînent et se prolongent, se contredisent et se complètent.

Raymond Farquet nous parle du quotidien, de philosophie, d’urbanisme, de livres, d’enseignementmais également d’écrivains valaisans comme Zermatten ou Chappaz...

L’écrivain hésensard a selon Farquet été le premier à écrire des romans alpestres, mêlant modernité et rusticité, avec derrière ses écrits un zeste de Gonzague de Reynold et un peu de Ramuz derrière ses drames. Mais il y met des bémols: «la musique de Maurice Zermatten est embrumée. Celle de Chappaz tout en soubresauts avec de fraîches cascades. Ce dernier est un saule qui trempe sa plume dans l’eau des torrents. Il faudrait percevoir Maurice Zermatten comme un romancier en pantoufle alors que la poésie émotionnelle de Chappaz s’approche des sources avec des souliers à clous. ....Zermatten écrit comme un professeur enseigne, comme un notable.... Zermatten conserve une belle surface valaisanne parce que ses romans sont de plein-pied avec les massifs qui nous entourent Zermatten...» mais Farquet tourve ses écrits un peu neutres.

Farquet nous parle sussi des liens étroits avec la nature, de cette symbiose et de ses vibrations qui l’ont toujours tenu éveillé: «J’étais souvent un Olivier Messiaen forestier. Il suffisait que j’introduise mes pas dans les bois pour écouter, sur les épicéas, l’appel ds mésanges bleues. Je recopiais les oiseaux avec mots...».

Un souffle cosmique, une intimité, une complicité avec les paysages valaisans, un amour fou d’un pays... une connivence qui l’emmenera par moment vers les grandes profondeurs, et les élévations aériennes. Raymond Farquet nous parle aussi de sa bibliothèque, du vin, de Sion, de Genève, un ensemble de lieux, de personnages, de substances divines... qui nous mettent en relation avec nous-mêmes et avec notre pays de montagnes, de lacs, de forêts, de plaines.

 

Raymond Farquet, «Les Jours s’en vont, je demeure» aux éditions de l’Aire.

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 19:58

lac.jpg                                                                                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Poudrerie de soie                                                                        

 

                                                                                                                                                                      et  de lin

6823967791_c6d318deac.jpgles sapins se sont serrés

les uns contre les autres

 

les mélèzes de feutre et de vent

chantent  dans le soleil

 

la neige en vagues et lames légères

se brise sur le dos de la colline

 

le paysage d'hermine sauvage

devient patience et fine espérance

 

je tourne les pages du temps

dans les herbes de givre

qui se sont formées
sur le carreau fragile

de la fenêtre

doux murmure du feu

dans les failles de

notre attente folle

 

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 16:11

 

 

paubb0.jpgUn livre et une exposition, l’événement culturel était double à Sonvillaz à Saint-Léonard avec la sortie d’un livre signé Henri Maître pour les textes et Daniel Bollin pour les illustrations; parallèlement au vernissage de cet ouvrage les visiteurs peuvent découvrir les dernières œuvres de l’artiste fulliérain Daniel Bollin.

 

Sensibilité et musique

 

Un voyage dans les couleurs, les nuances, les vibrations que les paysages nous offrent autour de nous, une musique intérieure qui naît de la sensibilité des deux artistes: «Paysages d’écriture» nous propose un voyage dans la nature et en nous-mêmes, les poèmes célèbrent et chantent les paysages, des textes «impressionnistes» qui nous parlent de subtils frissons de la campagne, de l’air, de la lumière, «qui trouvent leur reflet d’émotion dans une déclinaison de monotypes paysagers aux tonalités surprenantes. ...»

Des textes nuancés, rythmés, balancés de Henri Maître, qui nous ouvrent des horizons de découvertes, des atmosphères, des itinéraires, des chemins de traverse aussi parfois.

Henri Maître, enseignant durant de nombreuses années a également été responsable de la chronique artistique du Nouvelliste dans les années 70: il est aussi l’auteur d’une dizaine d’ouvrages à dominante historique et culturelle et pratique parallèlement la poésie, comme dans ce dernier ouvrage «Paysages d’écriture».

Daniel Bollin a derrière lui quarante ans de peinture et est resté proche de la valeur sûre de son inspiration, le paysage. «

Familier ou lointain, riche de ses frémissements sous-jacents ou criant de ses contrastes, le paysage chez Daniel Bollin n’est jamais lisible au premier plan. Il se définit dans sa texture, dans son intimité que le peintre fait révéler à travers toutes les techniques...» Ainsi ses «monotypes»se trouvent à la rencontre de l’huile et de la gravure, un univers tout de nuances, de fraîcheur et de maturité à la fois.

  

 

Un livre à humer

 

Comme le souligne Jacques Tornay dans sa préface «Paysages d’écriture» est traversé de souffles profonds, regorge de rivières, de forêts, de plaines, montagnes et toute forme de configuration géologique, habités par un esprit particulier, venu du cosmos.

On lit les vers de Henri Maître comme on suit un chemin , écoute une parole: la marche signifie ici «

une recherche , une quête déterminante comme celle des gens de la Bible qui s’en allaient parfois très loin de chez eux dans l’espoir de trouver une source d’eau vive.»

Le vers libre de Henri Maître nous fait avancer dans l’espace, le temps, goûter les caractéristiques des plantes, des minéraux... amène la parole à creuser en nous-mêmes pour nous mettre en symbiose avec notre environnement, ce vers -là nous porte et nous révèle d’une certaine façon.

Des poèmes comme des jalons, des cairns aussi .dans des déserts parfois angoissants qui habitent nos existences.

 

Peintre paysager

 

Peintre et graveur Daniel Bollin a un atelier à Branson près de Fully. Depuis 1971 il s’adonne à son art et a réalisé de nombreuses expositions soit indidividuelles soit collectives. Daniel Bollin vit au rythme de la nature, ressent ses pulsions, un artisan instinctif qui peut travailler soit avec une certaine célérité, soit avec plus de lenteur mais toujours dans une démarche de finesse et une bienfacture qui se retrouvent. partout dans ses œuvres.

 

 

 

 

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 21:34

Dans les flammes du fleuve

les chagrins des inconnus

et des solitaires

les prières de nos matins brumeux

les secrets des algues vertes

leurs chevelures sauvages

la fluidité de ta parole

le vent reposé

les pleurs essuyés

et cette marche

lente et régulière

vers un lendemain de feu6357470719_be7edc282e.jpg

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 16:35

 

 

 

 

_MG_0056--2-.jpgDes griffures, des blessures, des lacérations laissées sur un fond uni ou chamarré, des bribes de mémoire, des souvenirs ou des interventions, des empreintes, les peintures réalisées par le peintre haut-valaisan Walter Willisch sont actuellement de l’ordre de l’abstrait, et nous pouvons les découvrir au Château de Venthône jusqu’au 9 décembre.

 

«Ma voie s’est trouvée tracée dès que je fis confiance à l’irrationnel en moi...

 

» nous dit le peintre.

Si sa première période avec des tonalités sombres à dominante bleu nuit, nous donnait à découvrir un univers à la fois intime et plus lointain, celui de ses grands-parents, paysans de montagne, Walter Willisch a opéré dans les années 80 un tournant décisif qui l’a amené à explorer ses espaces intérieurs, ses interrogations spirituelles aussi, ses appétits de méditation.

Comme nous le dit Françoise de Preux, critique d’art et responsable des expositions au Château de Venthône,

«...dès lors il a composé des œuvres abstraites, fascinants champs de couleurs, fonds brumeux où sont incrustés des signes peints ou gravés, juxtapositions de lignes ou de bandes colorées, propices au vagabondage de l’imagination, invitation à la méditation...

»

  

 

Variations et fantaisie

Les tableaux de Willisch malgré cette évolution vers l’abstrait sont demeurés fidèles au bleu que l’on retrouve fréquemment chez lui , des superpositions , associations de variations et de couleurs nuancées, des répétitions qui nous offrent un langage varié, confinant autant au surréalisme qu’à une certaine forme d’imagination infinie. «

Intensité du coloris, maîtrise de la composition, puissance de l’évocation, telle est la moisson que nous offrent les œuvres de maturité de Walter Willisch

» comme le souligne l’historien d’art Steffan Biffiger.

Les tableaux de Willisch nous proposent des plages de lumière océanique, aquatique, des fonds marins où l’on peut se perdre, découvrir des signes gravés sur des racines imaginaires, enchevêtrements et entrelacements de lignes qui possèdent d’étranges vertus incantatoires.

Le cosmique se mêle à l’intime, à l’intérieur de notre être dans une fusion incandescente.

 

 

Le château de Venthône accueille l’exposition de Walter Willisch du 17 novembre au 9 décembre 2012; vernissage le vendredi 16

.

Légende:Walter Willisch affectionne les bleus. ldd

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 17:36

images-copie-4.jpg 

Cette année l’on célèbre les 100 ans de la naissance de Corinna Bille: une écrivaine romande qui a une dimension internationale et qui a épousé un autre grand écrivain, valaisan lui, Maurice Chappaz.

 

 

Née le 29 août 1912 à Lausanne et décédée le 24 octobre 1979 à Sierre elle est la sœur de René-Pierre Bille, photographe et cinéaste animalier et la fille d’Edmond Bille et de Catherine Tapparel.

Gilberte Favre, écrivaine et journaliste également, a publié un ouvrage aux éditions de l’Aire bleue qui nous raconte un peu sa vie, celle de sa famille avec moult détails et renseignements, une mine d’or pour qui est avide de découvrir les méandres d’un itinéraire hors du commun et riche en événements.

 

 

Un itinéraire

hors du commun

Le père de Corinna, Edmond Bille, est venu en Valais où il a fait construire une grande demeure à Sierre, un château en fait, Le Paradou. Les Bille font partie des grandes familles neuchateloises, et avait une situation financière aisée même si elle connaîtra plus tard des difficultés après le krach boursier qui affecta également les actions Nestlé qu’elle possédait.

 

Les membres de la famille Bille avaient une fibre artistique et créatrice, Corinna en hérita et développa ses dons. Elle épousa en premières noces un acteur,Vital Geymond, avec qui elle ne resta que peu de temps (elle fit d’ailleurs annuler son mariage qui n’avait pas été consommé).

Corinna Bille fréquenta ou rencontra divers grands écrivains dont Jean-Jouve, Romain Rolland, Panaït Istrati... et sa vocation, l’appel de l’écriture intervinrent après qu’elle ait lu «Mannhatan Transfer» de Dos Passos.

Corinna Bille entretint également des liens d’amitié avec Georges Borgeaud, l’auteur du «Soleil sous Aubiac» et tomba amoureuse de Maurice Chappaz qu’elle épousa.

 

Leur vie en Valais se fit dans une communion totale avec la nature, avec les éléments, avec ce pays «biblique» qui leur convint parfaitement et qui les inspira dans nombre de leurs ouvrages: pays de lumières extrêmes et d’ombres profondes, au relief agité, aux habitants authentiques et réservés parfois, pays en profonde mutation dans les années 70. Corinna Bille avait une imagination fertile et était d’un naturel rêveur, elle était sensible aux forces telluriques et aux énergies cachées: on lui doit «Théoda», «Le Sabot de Vénus», «Bal double»... ; avec «La demoiselle sauvage» (1974, elle obtient bourse Goncourt de la nouvelle 1975) et son talent est reconnu à l’étranger. Des ouvrages traversés de tensions et de poésie, de bonheur mais aussi de tristesse parfois. Gilbert Favre nous conte nombre d’anecdotes et de faits historiques très intéressants en enrichissants pour mieux connaître le parcours de Corinna Bille, une écrivaine majeure de la francophonie.

 

  «Corinna Bille-le vrai conte de sa vie» par Gilberte Favre aux éditions de l’Aire bleue.

 

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 17:38

6pg3we0.jpgIsabelle Tabin-Darbellay ne se présente plus: à chaque exposition qu’elle propose elle connaît une grand affluence de visiteurs et un franc succès comme le souligne la galeriste Suzanne Bolli. Actuellement elle a accroché ses réalisations à la galerie Grande-Fontaine à Sion, une cinquatnaine de tableaux et quelques tapisseries.

Ses œuvres plaisent, elles accrochent l’œil, avec une grande gamme de tons chauds et nuancés, une sensibilité certaine dans le rendu des paysages, une approche personnelle et variée d’un univers chaleureux.

 

Isabelle Tabin-Darbellay est née à Sion.

Elle a suivi une formation dans l’atelier d’Albert Chavaz durant plusieurs années et depuis 1973 et elle réside et travaille à Savièse.

Son parcours compte de nombreuses expositions tant en Valais, qu’à l’extérieur du canton ou en Italie, notamment en Toscane et à Venise où elle se rend fréquemment.

 

 Isabelle Tabin-Darbellay pratique les techniques à l’huile, l’aquarelle et est également très intéressée par l’art sacré: elle conçoit aussi des tapisseries finalisées par les ateliers d’Aubusson.

La peintre nous offre un monde attaché au figuratif avec des paysages, des natures mortes, des chats...: le Valais est souvent présent dans ses tableaux, un Valais qui connaît encore une certaine pureté, authenticité, une virginité, une «sauvagerie» aussi avec des montagnes massives et prégnantes, des forêts aux puits d’ombres et de lumières, des côteaux domestiqués, avec des tablards de vignes et leurs géométries, leurs agencements, leurs compositions qui touchent presque à l’art abstrait. Isabelle Tabin-Darbellay a une sensibilité qui sait rendre avec délicatesse des nuances d’atmosphères, de valeurs tonales, de sentiments que peuvent dégager des portraits ou même des paysages.

La lumière de Toscane, du Valais, des rouges vermillon, des mauves myrtillés, des jaunes dorés... tout concourt à des réussites picturales qui dégagent une grande harmonie et sérénité.

 

Exposition à la galerie Grande-Fontaine à Sion jusqu'à la fin novembre.

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 16:35

6dqofd0.jpgPhotos, dessins, peintures, la première exposition de Mireille Membrez Delgado a lieu en ce moment à la galerie de la Treille à Sion.

 

 

Un mélange des genres, une polyvalence dans le propos aussi, l’artiste nous invite avec «Temps-errance» au voyage, qu’il soit géographique, temporel, subjectif. Mireille Membrez a d’abord suivi une formation dans le domaine de la photo avant de pratiquer le dessin, encre de chine et peinture.

Le cadrage, la composition graphique, la précision et l’acuité de l’œil, de la mise en page, elle connaît et cela se voit dans ses photos.

 

 Si les photos nous parlent plutôt de pays lointains les dessins nous emmènent dans un monde intérieur intéressant fait de personnages étranges , des visages qui apparaissent avec des expressions profondes, on entend le silence et «la demande parole», le trait est fin le contraste noir-blanc éloquent avec aussi des intrusions de rouge violent parfois.

 

On sent chez cette artiste une énergie intérieure et une présence qui se manifestent par un langage sûr et appuyé bien que pas toujours abouti encore, mais cela est en chemin.6vj7c81.jpg       

 

Galerie de la Treille Sion

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 17:44

 

 

71s4u00.jpg

 

Raphaël Délétroz publie actuellement son deuxième ouvrage intitulé «Vivre ou Hymne à la vie»: un recueil particulier par les temps qui courent puisqu’il est écrit en alexandrins, une prouesse technique qui permet d’aller à l’essentiel de sa pensée en respectant rythme de la langue et de l’idée que l’on désire exprimer. L’auteur est professeur au collège et pratique l’écriture depuis plus de vingt ans. Il a déjà publié un livre poèmes dédiés à la féminité il y a quelques années et il remet actuellement l’ouvrage sur le métier avec «Vivre et Hymne à la vie». Interview.

 

Votre première publication déjà en alexandrins, a-t-elle trouvé un accueil favorable, cette forme d’écriture n’étant pas vraiment dans l’air du temps et ne correspondant pas à l’écriture syncopée, sautillante, elliptique des SMS que nos jeunes connaissent actuellement?

 

L’accueil fut à la hauteur de mes attentes, mais comme ce premier recueil à compte d’auteur n’a pas bénéficié d’une bonne distribution, il en a passablement souffert. Certains poèmes de cet ouvrage, plus hermétiques, ont probablement rebuté un lecteur qui vise indéniablement la facilité langagière des SMS, mais ce nouvel opus est résolument tourné vers une plus grande lisibilité, de même qu’il est accessible dans toutes les librairies en ligne.

 

La poésie en alexandrin a-t-elle sa raison d’être? est-elle un langage codifié réservé plutôt aux initiés ?

 

L’alexandrin est codifié, mais il ne nécessite aucune clé particulière pour un lecteur lambda. D’autre part, Vivre est une histoire qui se lit agréablement sans forcer une utilisation régulière du dictionnaire. Le poème est frais, les vers coulants et la lecture aisée. Tout le monde se reconnaîtra dans ces vers et les solutions qu’il offre demeurent simples, ainsi que la vie l’est.

 

La vie, la mort, des thèmes éternels, des espérances et des angoisses permanentes ?

 

Le thème de la vie peut générer certaines angoisses. Ce poème se veut un Hymne et offre une lecture très orientée vers le bonheur et la joie de vivre, même si chaque vie par définition trouve son dénouement dans un souffle ultime. Chaque angoisse appelle une espérance et permet d’avancer.

 

Pourquoi avoir fait suivre l’Hymne à la vie «d’impromptus», (Dédicaces à Marc Bonnant,_Albert Praz, vos parents)?...

 

Tous ces poèmes sont des instants capturés au fil de ma vie, un peu comme le diaporama du poète. Même si les adresses sont particulières, l’élan tend vers un but commun. En regard à Marc Bonnant, quand vous rencontrez une intelligence supérieure, qu’elle suscite amitié ou aversion, elle ne laisse pas indifférent. Pour Albert, il y a des maîtres qui exaltent les élèves, face à tant d’aisance intellectuelle, vous devenez plus sereins. Les parents sont nos guides permanents, notre refuge, c’est une présence qui épaule plus qu’elle accompagne, mais elle est prégnante.

£

«Hymne à la vie» de Raphaël Délétroz, éditions BOD

 

 

 

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article