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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 15:26

 

 

PH_AR_2010_Fragile.jpgUn voyage dans les formes, les architectures, les géométries, l’ombre et la lumière, la vie intérieure... c’est ce que propose le peintre Michel Stucky au château de Venthône. Avec ses tableaux l’on se déplace dans des structures, des constructions qui nous ouvrent des portes, des fenêtres, des espaces de clarté ou d’obscurité qui offrent des rythmes et des musiques intérieures inédites.

 Déjà à l’école des Beaux-Arts de Sion, le peintre s’est intéressé au domaine de l’architecture et il a poursuivi sur sa voie, avec imagination et passion, avec cette énergie qui fait naître des mondes nouveaux. Comme le dit Françoise de Preux, son travail s’enrichit au contact du réel qui lui ouvre de nouvelles orientations, lui fait découvrir les subtils jeux d’ombres et de lumières dans les édifices, les bâtiments, les chambres, les couloirs, les enfilades, les descentes d’escaliers... qui constituent des canevas de l’œuvre exposée à Sierre.

«J’ai besoin de cette nourriture qui enrichit ma peinture dans le lien avec le concret...»

Un cheminement complet

 

Après avoir pris des croquis sur le vif, il les affine, met en place la composition et ensuite les «

laisse reposer». Il peut travailler jusqu’à 50 tableaux simultanément, un véritable chantier: «Je n’ai pas l’impression de décider. Je me laisse porter. Mon but est que la peinture se fasse.» Jeu de variations et de nuances, glacis légers, superpositions de couches, gamme de valeurs qui se déclinent en profondeurs envoûtantes, l’on se promène dans ces escaliers, portes, fenêtres, découvrant des atmosphères de silence, de questionnement, de retour sur soi, comme dans un miroir que nous tendrait le tableau. Ces espaces vides, qui jouent avec notre sensibilité et notre acuité visuelle, créent en nous des résonances, une répartition et organisation de lumière. «Je travaille par couches successives à la recherche d’un équilibre, de plus de force dans la couleur. Avec des glacis légers qui font le lien... Ces différents passages enrichissent les nuances, donnent de la transparence aux ombres, créent la profondeur, visent à établir l’harmonie et l’unité...»

Michel Stucky au château de Venthône, jusqu’au 16 septembre.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 12:07

 

Dans la brise légère

la paume du matin1391870957_94229f3397.jpg

le fleuve lent

qui défait les contours de la nuit

l'allée de peupliers silencieuse

la neige sur la cime des épiceas

le regard qui se tend

sur le trottoir gris

il faut recommencer

le pèlerinage des jours blancs

 

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 14:42

La saison s'effile

la lande est déserte

les corneilles  raient

l'air immobile

de leurs cris rauques

nouaison des vents

dans les plaines étales

sur la jetée

entre les champs de blé dorés

les chemins de poussière

qui se perdent au loin

j'avance lentement

mon regard

entre deux étagements de verdure

et de clairières ouvertes

avec le silence

en mon dedans3742300237_c0e9ce34b1.jpg

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 18:57

Le vent du soir

emporte  ma peine

je me vois souche  millénaire

sève lente dans la croissance des épicéas

des ormes et  des érables662190091_6658753cff.jpg

écume blanche
dans le lit pierreux

du torrent

galerie profonde

dans le nid de fourmis
près du mélèze

fil de soie tendu sur l'abîme

araignée solitaire

au milieu du désert rocailleux

ascendance thermique

sur la forêt du zénith

corde de guitare

entre montagne et océan

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 14:47

 

 

La Galerie de la Tine à Troistorrents nous propose jusqu’au 8 septembre d’entrer dans l’univers magique et diversifié, envoûtant et majestueux de la montagne, avec une exposition sur le peintre belge Kozuk.

Un artiste hors du commun qui a consacré sa carrière à dire les éléments naturels, leur force, leur souffle, leur puissance, leurs dimensions hors du commun.

Des formats grandioses de plus de 4 mètres pour dire et raconter un monde particulier, minéral, glaciaire, dans lequel la verticalité occupe une place essentielle, cette élévation qui conduit l’humain au-dessus de sa quotidienneté et de sa platitude nivelante.

L’artiste liégeois nous permet de découvrir la montagne dans toute sa grandeur, sa noblesse, sa splendeur, de toucher des yeux et du cœur la neige scintillante, les rochers menaçants, les nuages vagabonds, de sentir l’air vif et tranchant fouette le visage du spectateur-visiteur qui tout à coup devient marcheur, randonneur, montagnard et se retrouve dans la face, sur le glacier, ou en équilibre sur une arête vertigineuse.

Le peintre liégeois a une connaissance de cet univers et il sait nous rendre les vibrations et les ondes magiques que l’on peut y découvrir. Des étendues de neige bleutée, des horizons ouatés qui se perdent au loin, avec des notes de vapeurs et de brumes captivantes, des ocres et des bruns frappés d’argent et de plomb avec les cumulus ou les orages à venir, des crépuscules braisés qui se consument sur les hauts des monts...autant de musiques intérieures qui peuvent naître à la vue des huiles de Michel Kozuck.

810496adebdc52104e653f79a3b5f2b5.jpg Comme le dit l’artiste:

«La peinture et la musique m’accompagnent et m’obsèdent depuis près de 30 ans. La montagne est le paysage de ce parcours, ma recherche passe par ses sentiers, parois, sommets, glaciers. L’œil scrute la lumière qui traverse ses ciels, pour presque toucher au bout du doigt la matière de l’air… De longues heures d’approche, travail de bénédictin.

De la présentation de mon travail, j’ai gardé peu de traces, pas de reportage, de press-book, il appartenait et cela me suffisait pour repartir. Sans-papiers, autodidacte endetté de tous les enseignements pris en coulisses de peur de monter sur la scène et d’être arrêté, je me suis astreint depuis peu à répondre de mon identité..»

 

 

 

Exposition Michel Kozuck à la galerie de la Tine à Troistorrents, jusqu’au 8 septembre. Du mardi au dimanche de 14 h 30 à 18 h 30.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:53

L’art est une démarche sérieuse qui demande beaucoup d’engagement, d’énergie, de don de soi aussi, il devient une ascèse parfois, un emportement, une fulgurance peut-être.... Vincent Fournier qui expose actuellement à la galerie Minuscule de Vercorin nous conduit en tout cas sur des chemins particuliers qui exigent investissement de soi et réflexion. L’artiste mêle avec bonheur l’art et la foi, leur offrant un espace de rencontre, de mûrissement et d’expression à la fois.Ses œuvres souvent abstraites et symboliques sont très dépouillées, rigoureuses, épurées- Des formes géométriques qui suggèrent des forces et des énergies qui se déplacent dans l’univers, en soi, dans l’espace et dans notre cœur, des rythmes et des mélodies intérieures.Il s’agit d’aller à l’essentiel, au cœur des choses et des êtres, pour apprendre à mieux les connaître mais également à partager. La patience, l’attente, la persévérance et la prière sont également au rendez-vous.

Comme le dit l’artiste: «L’expérience artistique est une aventure à renouveler chaque jour. Si l’artiste persévère dans sa quête, il comprend, après un long et patient apprentissage, ce qu’il doit entreprendre. L’inspiration l’accompagne dans le travail. Elle provient, en ce qui me concerne, de la vie intérieure et de la prière. Mes travaux, qu’ils soient figuratifs, symboliques ou abstraits puisent leur source dans la vie avec le Christ. Ils ont à mes yeux même valeur et même importance.

Ainsi un petit dessin très pauvre à la mine de plomb vient du cœur et va vers les cœurs autant qu’un sous-verre, qu’une icône, qu’un monument ou une installation.» Définir l’espace et le temps où l’on évolue, y trouver une place, entrer en contact avec l’Infini et les Forces qui nous dépassent, laisser grandir en soi cette convergence vers un point Omega comme le disait le Père Teilhard de Chardin, la démarche artistique exige beaucoup de silence et de disponibilité pour laisser entrer en soi cette lumière magique.

 Les œuvres de Vincent Fournier respirent ce geste des mains ouvertes au quotidien et à l’éternité simultanément.

 

Exposition Vincent Fournier à la galerie Minuscule à Vercorin jusqu’au 26 août.

 

 

7fz9p30.jpgRythmes intérieurs et sobriété dans les œuvres de Vincent Fournier. ldd

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 15:59

250px-Wiesensalbei_1.jpgSauge vivante et  sauvage

découpée dans l'air immobile

berce et lotier

dansant dans la prairie

silène fragile

coquelicot vaporeux

les couleurs ondulent

dans tes yeux

la clairière n'est pas loin

sur la colline solitaire

s'amarrent les nuages cendrés

il faut s'en aller maintenant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Apparition

 

Taches de lumière

sur le sol humide

brise légère

à la flexion du ruisseau

la courbure des noisetiers

capte des tensions musicales

le vent furète

dans les bosquets

je regarde

s'en aller lentement

les minutes d'éternité

que le crépuscule

avait piégées dans ses mailles

flux flots vagues

les eaux originelles

coulent dans mon corps

un doux murmure

une cascade folle

tout s'enchevêtre

et  sonne fort... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 18:16

 

7q4lyg1.jpgLa troupe de théâtre Le Mim’osa de Nendaz fête cette année ses vingt ans d’existence. Un itinéraire chargé d’émotions et de moments forts pour cette troupe dont la cheville ouvrière, Yvan Fournier, professeur au CO de Nendaz, représente à lui tout seul la mémoire vivante du patrimoine culturel nendard sous de nombreux aspects.

Pour fêter dignement cet anniversaire le Mim’osa nous présente une pièce écrite et mise en scène par Bernard Sartoretti intitulée «Le Creux du Temps» qui rassemble plus de 25 acteurs, nous propose une cinquantaine de rôles dans un décor naturel fantastique à Irondé, près de Basse-Nendaz.

Les représentations ont lieu jusqu’au 14 août. Il reste des places pour le jeudi 9, vendredi 10, samedi 11, dimanche 12 et mardi 14; une supplémentaire est prévue le dimanche 12 août. Les représentations ont lieu à 21 heures à Basse-Nendaz.

L’histoire du théâtre àNendaz

Comme nous le rappelle Yvan Fournier, durant vingt ans Le Mim’osa a monté de nombreuses pièces d’auteurs de renom , anciens et modernes, dont «Ubu Roi» de Alfred Jarry, «Miche et Drate» de Gérald Chevrolet, «Les Précieuses Ridicules» de Molière, «Le jeune prince et la vérité» de Jean-Claude Charrière et bien d’autres. A l’occasion de cet anniversaire une Gazette a été éditée qui nous fait découvrir tout l’historique et les talents de Nendaz qui s’adonnent au théâtre depuis plus de cent ans. Yvan Fournier nous parle aussi des pièces de Nendards renommés comme Marcel Michelet ou Narcisse Praz mais également de Georges Michelet dans les années 40. Un journal riche de renseignements et tiré à 8000 exemplaires que chaque Nendaz doit avoir chez lui.

 

Légende: Yvan Fournier, cheville ouvrière de la troupe Le Mim’osa.

 

Une scène du Creux du Temps de Bernard Sartoretti.  photos christian délèze

 

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 20:00

 

images-copie-3.jpgOn connaît en Suisse les écrivains du voyage, qui ont parcouru la planète, l’ont ressentie, l’on habitée, l’on écrite, décrite, qui se sont vus transformés par le voyage,... Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli, Thierry Vernet le peintre, Ella Maillart, Annemarie Schwarzenbach et aujourd’hui Aude Seigne.....

 

 

Les éditions Zoé publient un ouvrage intitulé «De Monde en monde. Reportages, 1934-1942» un univers d’histoires, de constats, d’informations géographiques et historiques, données par Annemarie Schwarzenbach.

 

L’année 2012 est particulière puis qu’on y célèbre le 70e anniversaire de sa mort.

 

Plusieurs ouvrages la concernant paraîtront, chez Payot par exemple avec la biographie de Dominique Laure Miermont, «Annemarie Schwarzenbach ou le mal d’Europe», un premier roman inédit «Les Amis de Bernahard» chez Phébus, et chez Zoé ce livre de reportages.

 

Travail et vivacité

 

Dans «De Monde en monde. Reportages» Annemarie Schwarzenbach se montre une journaliste consciencieuse, rigoureuse, précise, tatillonne même, une grande travailleuse comme d’ailleurs dans son œuvre romanesque.

On y trouve un intérêt sans faille et sans frontières pour toute l’actualité et le monde qui l’entoure, comme par exemple pour l’ouvrier allemand confronté à la montée du nazisme, en 1937, pour la rue arabe en 1940 , pour la politique américaine et son emprise sur le monde, pour l’Histoire et les petites histoires, pour l’universel et le particulier.

Elle démontre un grand esprit de synthèse, de compréhension des êtres et des choses, une acuité d’observation, une grande capacité d’analyse aussi.

 

Annemarie Schwarzenbach( 1908-1942) a eu plusieurs cordes à son arc, travaillant comme écrivaine, photographe, journaliste, archéologue.

 

Comme le dit l’éditeur ses reportages la conduisirent sur les routes du monde, d’Istanbul à Persépolis, de l’Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrif à Tanger.

La lutte contre le nazisme l’a marquée elle, qui s’intéressait de près au devenir de l’Europe. Elle a su saisir son temps avec sensibilité et finesse, justesse et vivacité.

Elle su mêler à ses écrits des passages au ton poétique, abordant l’existence avec humanisme et une certaine forme d’empathie. Et comme le dit Arnold Kübler, journaliste, même si elle avait accès aux personnages les plus importants de son époque elle porta toujours une grande attention aux gens simples, aux exclus, aux laissés-pour-compte.

Des rencontres quotidiennes, des petites rencontres, des rencontres fortuites dans le chemin de fer, au coin de la rue, chez l’habitant, des rencontres qui disent l’atmosphère d’une époque, de lieux multiples et différents. A découvrir.

 

 

«De Monde en monde. Reportages» de Annemarie Schwarzenbach, chez Zoé

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 19:49

sans-titre-copie-1.png 

La publication de romans est toujours aussi fructueuse en France et en Suisse  romande.Les éditeurs reçoivent des milliers de manuscrits, parmi lesquels plus du 90% seront refusés. Et même parmi ceux qui seront retenus et publiés nombre d’entre eux ne trouveront pas ou peu de public.

 

En Suisse romande cela se chiffre en centaines d’exemplaires et entre 3000 et 5000 pour un best-seller. Pour la poésie chez nous le tirage moyen est de 300 exemplaires et de 700 pour les auteurs plus connus et importants comme des Sylviane Dupuis ou Flore Tappy qui sont poètes mais également enseignantes dans les universités.

 

Laure Pécher nous propose aux éditions Zoé de nous pencher sur les écueils des premiers romans, les pièges à éviter, les clichés qu’il faut absolument fuir, les illusions qu’il faut abandonner.

Les écrivains qui envoient leur manuscrit de premier roman peuvent avoir une écriture alerte, vive, inventive, émouvante, intelligente et pourtant ce manuscrit peut également terminer son parcours par un refus de l’éditeur, pourquoi?

Tout simplement comme nous le dit l’auteur parce que «tout n’est pas possible dans un roman, qui est une promesse faite au lecteur, un pacte.»

 

Un roman est avant tout une construction avec un développement dans le temps et dans l’espace, avec une chaîne de causalités morales, sociales, économiques, avec une ligne narrative qui permet aux personnes d’évoluer au fil des pages, bref une architecture qui doit se faire avec méticulosité, précision, réalisme, vraisemblance, qui mêle fiction et quotidienneté et qui doit apprendre à vivre avec une certaine liberté et certaines contraintes.

A l’intérieur de ces structures on trouve quantité d’erreurs et de digressions possibles, qu’il faut détecter et maîtriser, le tout sur un ton simple, direct , authentique.

 

Bien sûr il y a les héros de Balzac, Stendhal ou Flaubert, la profondeur mémoriale de Proust, celle plus formelle de Butor ou de Robbe-Grillet, l’auto-fiction de Quignard ou Echenoz... et au milieu de tout cela il faut choisir ou tenter l’innovation, l’inédit, l’introuvable.

 

Laure Pécher nous offre des pistes, des orientations, et nous parle des structures plus complexes, de la multiplicité des points de vue, de la gestion du temps et de l’espace, de la construction des thrillers et des polars, de l’art de la dialectique et de l’argumentation... un ensemble de paramètres très intéressants et parlants. L’auteure anime depuis de longues années des ateliers d’écriture sur le roman à Paris qui connaissent un succès certain.

 Laure Pécher---éditions Zoé

 

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