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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 16:42

 

On connaît en Suisse les écrivains du voyage, qui ont parcouru la planète, l’ont ressentie, l’ont habitée, l’ont écrite, décrite, qui se sont vu transformés par le voyage,... Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli, Thierry Vernet le peintre, Ella Maillart, Annemarie Schwarzenbach et aujourd’hui Aude Seigne...

 

Les éditions Zoé publient un ouvrage intitulé «De Monde en monde. Reportages, 1934-1942» un univers d’histoires, de constats, d’informations géographiques et historiques, données par Annemarie Schwarzenbach. L’année 2012 était particulière puisqu’on y célébrait le 70e anniversaire de sa mort. Plusieurs ouvrages la concernant ont paru, chez Payot par exemple avec la biographie de Dominique Laure Miermont, «Annemarie Schwarzenbach ou le mal d’Europe», un premier roman inédit «Les Amis de Bernhard» chez Phébus, et chez Zoé ce livre de reportages.

 

Travail et vivacité

 

Dans «De Monde en monde. Reportages», Annemarie Schwarzenbach se montre une journaliste consciencieuse, tatillonne même, une grande travailleuse comme d’ailleurs dans son œuvre romanesque. On y trouve un intérêt sans faille et sans frontières pour toute l’actualité et le monde qui l’entoure, pour l’ouvrier allemand confronté à la montée du nazisme, en 1937, pour la rue arabe en 1940, pour la politique américaine et son emprise sur le monde, pour l’Histoire et les petites histoires, pour l’universel et le particulier. Elle démontre un grand esprit de synthèse, de compréhension des êtres et des choses, une acuité d’observation, une grande capacité d’analyse aussi. Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) a eu plusieurs cordes à son arc, travaillant comme écrivaine, photographe, journaliste, archéologue. Ses reportages la conduisirent sur les routes du monde, d’Istanbul à Persépolis, de l’Europe centrale à New York, de Lisbonne à Brazzaville, de Madrid à Tanger. La lutte contre le nazisme l’a marquée, elle qui s’intéressait de près au devenir de l’Europe. Elle a su saisir son temps avec sensibilité et finesse. Elle su mêler à ses écrits des passages au ton poétique, abordant l’existence avec humanisme et une certaine forme d’empathie. Et comme le dit Arnold Kübler, journaliste, même si elle avait accès aux personnages les plus importants de son époque elle porta toujours une grande attention aux gens simples, aux exclus, aux laissés-pour-compte. Des rencontres fortuites dans le chemin de fer, au coin de la rue, chez l’habitant, des rencontres qui disent l’atmosphère d’une époque, de lieux multiplesetdifférents.

«

 

De Monde en monde. Reportages» d’Annemarie Schwarzenbach, éditions Zoé, 2012, Fr 34.00

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 16:19

 

 

 

 

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20 ans de peinture, un cap significatif pour Jérôme Rudin, peintre vaudois établi à Chamoson, très connu aussi pour ses liens avec la jet-set qui a fait rayonner son image loin à la ronde en Suisse et en France: à cette occasion Vercorin l’a invité dans sa Maison Bougeoisiale pour une grande exposition qui durera jusqu’au mois d’avril 2013; un événement marquant dans la carrière de cet artiste hors du commun, qui fréquente beaucoup de monde dont en particulier de nombreux mécènes:

 

 

 «les collectionneurs font partie de mon univers de peintre; ils m’aident à progresser, à avancer, à innover, à me fortifier. Les mécènes permettent aussi de gérer mon travail, car s’impliquer douze heures par jour, n’est pas chose évidente. Il y a la peinture, qui vous prend un maximum d’énergie, cette liberté qui permet de réfléchir, de peindre et puis il y a l’engagement de l’homme, total, complet qui offre la possibilité de toujours aller plus loin.»



 

 

 

Des thèmes significatifs

 

Pour marquer d’une pierre blanche cet anniversaire Jérôme Rudin nous propose après plusieurs événements phares qui ont jalonné 2012, une grande exposition dans la Maison Bourgeoisiale de Vercorin avec comme thématique significative «Les vases chinois», une constante depuis le début de sa carrière il y a vingt ans, et «Les chalets», un sujet qu’il nous avait offert en février de cette année et qui a connu un grand succès.

Près de quatre-vingt tableaux, de différents formats et de techniques mixtes, des œuvres caractéristiques de son évolution artistique au fil des ans, qui nous donnent à découvrir nombre de paliers important de son cursus en peinture. «

 

Dans cette exposition je veux rendre hommage à Vercorin, un lieu authentique et vrai, qui m’a accueilli les bras ouverts. Dans la série des «chalets» le succès a été immédiat, je viens d’ailleurs de vendre l’un de ces tableaux à une collectionneuse qui l’a placé chez elle entre un Van Gogh et un Vermeer. Amusant, non... Ce thème s’est imposé à moi, je ne l’ai pas choisi...

»

A Vercorin l’on peut trouver des œuvres de grand et moyen format, des natures mortes, vases, verres, pots, avec des couleurs fortes et violentes, des fleurs noires, rouges sur des fonds stridents; Jérôme Rudin nous propose aussi des tableaux abstraits, avec des superpositions de couleurs aux contrastes forts, des explosions de luminosités, des surgissements de géométries variées avec des zones flamboyantes ou plus obscures, des compositions savamment équilibrées, des étagements de plans, d’espaces vivants, de stries qui forment comme une musique dans le monde intérieur du spectateur.

 

 

Recherche de l’authenticité et voyages

 

«Je suis comme un peintre qui vit à l’ancienne, œuvrant avec les collectionneurs et les mécènes. L’année prochaine je travaillerai fréquemment au Maroc où j’aurai un atelier; les aller-retour entre le Valais et le Maghreb seront fréquents.Dans deux ans par ailleurs je prévois une grande exposition dans la capitale française, des projets qui me motivent fortement.EnValais l’ambiance est bonne, mais le travail d’artiste me fait aussi traverser des moments de solitude qu’il faut apprendre à vivre de manière sereine et à gérer. Je cherche des choses authentiques et ma présence ici à Vercorin s’inscrit dans cette direction vers la simplicité et la sincérité. Toute une démarche qui m’apporte une force intérieure et un désir de peindre toujours présent...»

nous dit Jérôme Rudin.

Les vingt ans de peinture de l’artiste ont été marqués par plusieurs événements phares dont des expositions et des events, à Vercorin, Montreux, Fribourg et dans divers autres endroits de Suisse. L’exposition actuelle à la Maison Bourgeoisiale se tiendra jusqu’au printemps 2013 et Jérôme a déjà un calendrier rempli jusqu’a fin 2014.

 

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jean-marc theytaz
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 15:50

 

 

642gem0.jpgBastien Fournier, écrivain valaisan professeur à Saint-Maurice, nous livre à chaque rentrée littéraire, depuis plusieurs années, un nouveau livre.

 

Après des pièces de théâtre et des romans notamment publiés à l’Hèbe, l’écrivain nous offre maintenant un roman «Pholoé» aux éditions de l’Aire.

 

Un texte d’une petite centaine de pages, dense, à l’écriture concise et nerveuse, aux phrases courtes, sans artifices ni fioritures, qui va à l’essentiel, un sujet, un verbe, un complément....

 

Une construction formelle qui nous fait à nouveau penser à celle du Nouveau Roman, de Robbe-Grillet ou Michel Butor, avec cette attention portée aux objets, aux situations décrites avec méticulosité, aux gestes, aux descriptions conduites avec finesse et une grande économie de moyens. Les personnages, les événements, les décors se superposent, dans un monde qui peut parfois nous paraître froid, insensible, distant. La psychologie y est absente, tout semble évoluer sur un rythme qu’imprime la phrase toujours courte et succinte.

Phloé, une adolescente habitée par des idées d’affranchissement et d’envol, d’embrasements et de consumation aussi, vit seul avec son père qui a perdu sa femme. Elle se disperse en rencontres amoureuses diverses, découvre les emportements de l’amour charnel aussi, ses sens lui apportent émoi et troubles et elle pense que tout ça la fera se découvrir à elle-même .

Mais des doutes et des inquiétudes s’installent et comme le dit l’éditeur «

sa quête initiatique est empêchée par la peur, parsemée de questions, ravagée par une angoisse tout existentielle.

»

Sur le chemin des feux de joie,par exemple la rencontre avec Hannes va lui faire goûter à des brûlures et des jaillissements lumineux. Pholoé est exigeante, elle a soif d’absolu et, malgré la peur au fond d’elle il y a un espoir , une espérance de vie meilleure et authentique... «

Pholoé est un hymne à la vie, un appel à la joie, un cri de désir qui peut être entendu.»

Le roman de Bastien Fournier est court (90 pages) mais très entraînant et envoûtant par la musique de son écriture; ses pulsions nous donnent à découvrir un univers parfois aseptisé mais qui laisse apparaître une architecture signifiante quand même, comme habitée, peut-être est-ce l’imagination du lecteur...

 

«Pholoé» de Bastien fournier aux éditions de l’Aire.

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 20:48

Corinna Bille a aimé le Valais par-dessus tout; à la folie, comme dans un rêve éveillé, une histoire de faunes, de silènes et de fées qu’elle aurait écrite._

Elle a vécu en symbiose avec lui, avec ses remugles telluriques, avec ses respirations les plus intimes, avec ses flux de lumières, ses silences, ses ébranlements, ses fulgurances, ses gouffres aussi. Comme elle le disait elle-même, la souffrance et le bonheur sont insupportables; Corinna avait besoin de la nature pour vivre au quotidien, de même que de l’écriture pour se trouver une harmonie, un équilibre, un espace de liberté et d’identité.

Fragile et belle comme une libellule sur un étang de Finges, son corps ressentait les moindres vibrations et tremblements d’une forêt de pins, les nouaisons et les vagues d’une écorce de mélèze, les surgissements d’une montagne massive et légère à la fois, qui l’invitaient à devenir encore plus cette enfant qui s’émerveillait de tout, jouait avec le vent, courait dans les allées de peupliers, foulait l’herbre fraîche du printemps valaisan.

Corinna Bille vivait avec cette passion qui lui permettait de rencontrer les âmes errantes des êtres en-allés, le cœur palpitant de la terre et de l’argile dont nous sommes faits, la pureté et la transparence des sources vives, l’infini des glaciers et des neiges rosée par le sable du Sahara. Avec son mari Maurice Chappaz ils ont su chacun à leur façon faire du Valais un être de chair et de sang, traversé de mille tempêtes et mille embrasements, qui côtoie l’éternité: une poésie haletante, qui augmente l’étendue des jours et les rend encore plus odorants, plus colorés, plus salivants.

Sa poésie est toute de saveurs et d’embruns, de lumières forestières, aquatiques, de fluidités avec les sources alpestres, les cris flutés des mésanges, des fauvettes ou les vols silencieux de la buse et de l’aigle royal.

Avec elle espace et temps s’abolissent pour retourner aux sources primitives du premier matin du monde, être de boue et de limon, ces flux souterrains qui transcendent l’accidentel et l’instant pour retrouver une éternité faite de ruisellements lumineux.

Corinna Bille c’est également un monde onirique, de rêve et d’imagination, un univers qui laisse ouverts tous les chemins de l’invention et de la créativité. Sentes peuplées d’êtres magiques, de paroles à naître, de mondes en devenir, où les chevelures des étoiles et des comètes rejoignent les parfums des océans lointain.

 La transparence des yeux de Corinna, la voûte pure et lissée de son front, ses cheveux de vent et de soleil, tout nous conduit dans le berceau de sa poésie et de son écriture; un bouquet de musiques inoubliables, des rythmes qui simpriment dans l’âme et dans le cœur, des voyages intérieurs, dans le silence blanc des êtres touchés par une forme de grâce.
Jean-Marc Theytaz

 

tiré de "Hommages à Corinna Bille" des éditions Le CIPPE-INFOLIO-Etudes littéraires, sous la direction de Patrick Amstutz-poète et professeur

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jean-marc theytaz - dans littérature
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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 20:29

 

 

 

 

 

«J’ai une passion pour la littérature et le théâtre depuis mon plus jeune âge. Avec Apothéloz, au Théâtre Faux Nez qui était un véritable centre culturel en Suisse romande, nous faisions de la mise en scène. Mais alors que lui «jouait» plutôt individuel j’étais plus attaché au collectif ce qui n’allait pas sans frottements... Plus tard j’ai écrit des pièces de théâtre et connu des grands noms de la poésie comme Gustave Roud ou Philippe Jaccottet avec qui j’ai pu parler littérature. Aujourd’hui les éditions de l’Age d’homme ont décidé d’éditer mes poèmes en collection Livre de Poche Suisse, un honneur et une reconnaissance pour moi. Le livre s’intitule «Football soleil debout» suivi de «Graffiti», un ensemble de quatrains écrits durant ces dernières années...»

nous confie le footballeur et poète sédunois.

  

 

L’univers du football

 

L’ouvrage de Jacques Guhl qui vient de sortir avait été préfacé par Georges Haldas un grand de la littérature romande qui a lui aussi écrit sur le football. Il dit notamment de lui qu’il ne fut pas seulement un grand footballeur, un entraîneur, mais un véritable «inspirateur» auprès de la jeunesse

 

«lui qui non seulement initiait les jeunes à la pratique du football, à ses finesses, mais encore, à travers cette activité, tentait de les faire accéder à ce dontil avait une vive conscience: l’état d’homme.»

Une expression humanisante qui se retrouve dans les poèmes de Guhl qui parlent de la naïveté et de la fraîcheur de l’enfance, de l’esprit de liberté propre au football,

 

«un grand joueur est celui qui spontanément, par son génie, sert la formation dans laquelle il est engagé

» et puis il y a aussi ce respect et cette recherche de l’autre sans laquelle la liberté et le football n’existeraient pas.

  

 

Sensibilité et finesse

 

La poésie de l’auteur sédunois dit le quotidien à travers le sport, le football en particulier, les joies, les peines, les souffrances, les élans, les petites morts, les explosions de joie....qui traversent l’existence de chacun. Jacques Guhl sait nous faire découvrir et savourer le football comme un art, celui de l’architecte et de la jouerie, de l’acteur et de la pièce à jouer, toujours à recréer, à faire plus belle encore.

«Pour ce qui est des quatrains de «Graffiti» j’affectionne cette forme poétique, elle permet de dire beaucoup de choses de manière concentrée, condensée et musicale, une façon d’aller à l’essentiel, de saisir le monde dans sa substance et ses vibrations les plus infimes... ces textes sont récents et me permettent de toujours avancer, me perfectionner.»

nous dit l’auteur et footballeur sédunois.

Jacques Guhl a également écrit récemment un roman qu’il va publier tiré du film «Ce fleuve qui nous charrie» dont il écrivit le scénario et que Raymond Vouillamoz réalisa.

Pour mémoire, dans ce film Jacques Guhl, barbu, tenait la vedette avec Jean-Luc Bideau. Et comme nous le rappelle Lion Baudoin de Wolff , Jacques Guhl est toujours actif, avec par exemple une nouvelle conception de la formation et la création de nouveaux exercices: le jardin d’enfant, le ballon à l’élastique, le carré magique... en même temps il déplore le chemin pris par le football professionnel en Suisse basé essentiellement sur l’argent et le résultat au détriment de la formation et de la continuité...

Jacques Guhl a fêté cette année ses nonante ans, il est toujours aussi passionné, par le sport, la littérature, la vie, l’humain... et il le prouve.

 

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«Football Soleil debout-suivi de Graffiti» de Jacques Guhl, aux éditions de l’Age d’Homme ,en collection Poche Suisse.

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:49

 

 

Albert Lathion, un pionnier de la défense du patois et du patrimoine à Nendaz est décédé l’année dernière: un livre signé de sa plume vient de paraître, qui met en relief les moments charnière des grandes mutations qui ont marqué la vie en Nendaz depuis une centaine d’années.

Un ouvrage en français cette fois alors que Albert Lathion a écrit, mis en scène et joué dans plusieurs pièces théâtrales en patois de Nendaz.

Notons que nous trouvons aussi une cinquantaine de pages en patois – accompagnées de la traduction française.

L’ouvrage regroupe plusieurs chapitres et thématiques qui ont trait à l’existence au quotidien dans nos vallées latérales qui ont vu leur vie complètement changée en quelques générations.

Nous avons rencontré Yvan Fournier qui est l’une des chevilles ouvrières dans la publication de cet ouvrage qui rend hommage à une personnalité du patrimoine nendard.

 

Comment est née l’idée de ce livre dans l’esprit de Albert Lathion d’après vous qui l’avez intimement connu?

 

Boulanger, Albert Lathion avait gardé de sa profession et le rythme et l’ardeur au travail. Aussi, à sa retraite, dès qu’il fut installé dans sa nouvelle demeure, tous les matins, avant l’aurore, vers 3 heures, il se levait, allumait son nouvel ordinateur et se consacrait d’abord à la recherche du patois, puis à l’écriture de ses souvenirs. Il a ainsi collaboré pendant plusieurs années à l’ «Ami du Patois», la revue des patoisants de Suisse romande. Ses recherches l’ont amené à collecter des photographies, des films, des histoires réelles et fictives à propos du vallon de la Printse.

 

Quelles sont les articulations thématiques qui rythment l’ouvrage?

 

Ce fut là notre plus grand souci. Albert travaillait au gré de ses recherches et ses souvenirs étaient très décousus. Aussi il a fallu donné une sorte de charpente à l’ouvrage et nous avons pris l’option de suivre la chronologie du cours de sa vie tout simplement.

Nous trouvons donc dans un premier chapitre les miettes de l’histoire de sa famille, celles semées sur le chemin de sa vie – du berceau à l’âge adulte -, puis, dans l’ordre, des miettes sportives, touristiques, meunières et des miettes de patois.

Ces deux derniers chapitres étaient très importants pour Albert Lathion qui a participé à la remise en eau du moulin du Tsâblo à Haute-Nendaz et qui, de plus, a écrit trois pièces de théâtre en patois.

 

 

Avez-vous retravaillé les textes ?

 

Pour respecter au mieux la mémoire d’Albert, nous n’avons pas retravaillé ses textes, si ce n’est une correction technique.

Albert Lathion a laissé plus de 400 pages brutes, aussi, notre principale difficulté a été d’établir un choix et c’est là– peut-être – que notre rôle a été «arbitraire». Nous avons opté pour la publication des textes pouvant servir à l’histoire locale.

 

Pourquoi un mélange de patois et de français dans cet ouvrage?

 

On ne pouvait pas publier un livre d’Albert Lathion, mainteneur du patois, sans y insérer du patois. Plus de 60 pages y sont consacrées, sous deux formes. Nous trouvons d’abord une histoire de la société des patoisants nendards, la Cöbla du Patouè, dans laquelle Albert a été actif de 1986 à 2011. Dans une deuxième phase, vous trouverez des textes patois avec leur traduction en français. Je tiens à relever ici le travail important de Maurice Michelet, authentique patoisant, qui a effectué le suivi éditorial de ce chapitre.

 

Ce livre s’adresse-t-il spécialement aux habitants de Nendaz ou vise-t-il un public plus large?

 

Ce livre est en quelque sorte la suite de «Nendaz hier et aujourd’hui» que Cyrille Michelet avait publié en 1977. Il va dans le même sens, il ne force pas sur le folklore, mais sur le témoignage. Il est donc destiné à tous les amoureux du vallon de la Printse, mais il dépasse les frontières locales pour tous ceux qui veulent comprendre la grande mutation du XXe siècle, le passage d’une économie agro-pastorale à l’économie touristique que l’on connaît.

 

 

 

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«Nendaz, miettes de patrimoine, bouchées de bonheur» Albert Lathion. Editions Association de la sauvegarde du Patrimoine.

Vous pouvez commander le livre chez Marie-Paule Loye, Chemin Vieux 110, 1997 Haute-Nendaz / marie.loye@bluewin.ch .

 
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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:26

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La période de l’enfance et de l’adolescence sont des moments magiques, peut-être les plus marquants et les plus forts de notre existence, en tout cas pour certains d’entre nous.

Candide Rossier, professeur retraité né à Saillon et qui a sui vi ses écoles à Martigny et à Sion a enseigné durant plus de trente-deux ans dans la capitale. Féru, passionné de lecture et d’écriture, il a publié en 2002 un premier ouvrage aux éditions de l’Aire «Au pays de l’enfance», un livre qui nous fait découvrir les mille et un enchantements du plus jeune âge , avec ses joies, ses emportements, ses élans et ses tristesses. On y retrouve les us et coutumes de l’époque en Valais, une civilisation plus rurale et paysanne à cette époque qu’actuellement, avec sa simplicité , son authenticité mais aussi parfois ses manques et ses côtés plus austères.

Cette année il nous offre un nouvel ouvrage intitulé «Au temps de l’adolescence» qui est paru récemment aux éditions de l’Aire également, dirigées par Michel Moret, qui publie de nombreux auteurs romands et également des Valaisans.

L’adolescence c’est le moment de l’éveil des sens, de la venue sur le seuil d’un nouveau monde, avec les transformations physiques, sentimentales, intellectuelles, affectives que cela comporte. Candide Rossier nous fait découvrir cette période d’engagement et de doute, avec sensibilité, finesse et poésie. Deux mondes s’affrontent, celui de la jeunesse folle, pleine de ses découvertes et de ses envies, et celui des adultes, plus rigide, formaté, dépouillé qui va à l’essentiel d’une existence plus terre à terre et rivée à la quotidienneté.

 

Candide Rossier nous fait découvrir ces instants d’interrogations, de questionnement, et ces rêves fous qui habitent chaque adolescent. Une jeunesse qui se passe dans les années quarante-cinquante, dans une société ou la différence entre classes sociales est bien marquée: fils de pays Candide Rossier aurait pu reprendre le domaine familial mais il a préféré la lecture et les études, avec l’Ecole Normale il deviendra enseignant et dévorera quantité de livres et d’auteurs. L’adolescence, une période inoubliable, qui remonte le temps comme dans les ouvrages de Proust et de ses profondeurs mémorielles.

 

«Au temps de l’adolescence» de Candide Rossier, éditions de l’Aire

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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:19

5suatm0.jpgOriginaire d’Anniviers Hélène Zufferey habite depuis de nombreuses années en Suisse alémanique. Elle a son actif plusieurs ouvrages, notamment aux éditions Monographic où elle vient de publier son dernier recueil de nouvelles, «Le festin des veuves». Un hymne à la vie, aux troubles de l’amour et des sentiments profonds même si parfois le destin s’acharne sur vous, la maladie, les séparations , les départs. Une écriture concise, avec des accents poétiques, qui dit le quotidien, les choses simples et qui peuvent concerner chacun d’entre nous. A déguster...

 

Interview.

Vous écrivez régulièrement des nouvelles dans vos livres antérieurs. Pourquoi pas le genre romanesque?

 

J’ai utilisé différentes formes littéraires mais j’aime la technique de la nouvelle. C’est concis, c’ewt direct, ça peut-être un roman réduit à l’essentiel. Pas de détour chaque détail doit apporter une information nécessaire à la compréhension du personnage. C’est dire beaucoup en peu de mots, ce qui est difficile, un défi même. J’aime que l’on sente une menace qui plane, une ambiguité, de la tension dans l’air, qui mènent vers une révélation ou simplement un questionnement. La nouvelle se termine souvent une chute, chute inattendue, déconcertante parfois, qui laisse ouvert et demande au lecteur d’imaginer la suite. C’est un partage avec lui.

 

Le destin humain, les émois de l’amour, la souffrance de la séparation... comment choisissez-vous votre thématique?

 

La résilience, mon «leitmotiv»; parcours de femmes que la vie n’a pas épargnées, femmes qui ne stagnent pas dans le malheur mais qui rebondissent. Des résilientes. J’en vois beaucoup autour de moi et ces femmes enrichies de pertes me touchent par leur courage, par leur besoin d’avancer et de s’ouvrir aux autres et au monde. Femmes qui nous apprennent à mieux vivre et à nous dépasser. leur horizon s’élargit hors du contexte familial.

L’entraide, le partage, l’humour dans la difficulté, la prise de risques sur des sentiers non-battus sont aussi des thèmes abordés et qui me touchent. La nature est aussi pour moi une source. Ces nouvelles sont parsemées de touches anniviardes, de paysages extravagants et sauvages.

 

L’écriture pour vous? une passion, une vocation, une respiration, un divertissement, une ascèse...?

 

J’aime les mots, la littérature, c’est une passion qui me demande aucun équipement (pas de gros souliers!), qui requiert de la réflexion sur des problèmes humains et un travail de la forme qui m’intéresse. En cherchant la forme juste, en la corrigeant, on se corrige soi-même. C’est une petite voix de l’âme, une musique intérieure que j’essaie de transmettre. C’est revivre et immortaliser des moments de bonheur.

L’écriture est pour moi une discipline, une façon de ne pas m’embourgeoiser et de vivre d’autres vies que la mienne. Ca me permet de dire des choses qui me tiennent à cœur, de mêler le réel à l’imaginaire, d’aller vers l’autre et de découvrir de nouveaux chemins. J’ose espérer que l’écriture m’aide à devenir plus humaine.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:10

 

«A l’Ombre de la Splendeur» un nouvel ouvrage de poésie et qui est le premier livre de Mohan Bianco, jeune homme établi à Conthey.

Un livre, un ouvrage qui sent bon l’artisanat avec une reliure cousue fil, des motifs qui nous rappellent les éditions du début du 20e ou même du 19e. Il a été publié aux éditions du Possum Marchand, nouvelle maison d’éditions établie à Bex et qui sort là ses premiers opus.

Comme le dit l’éditeur «A l’Ombre de la Splendeur» s’articule en cinq parties avec un premier volet en forme de «charpente». Puis suivent des chapitres qui nous parlent de l’amour avec des voyages érotiques et sensuels, des dédales par toute une gamme de sentiments, des rencontres fortuites, des promenades au hasard des ruelles, des sentiers d’après-midi, de celles qui se cultivent dans la nonchalance des rêves et de la passion. Le jeune homme s’emporte, s’enflamme se consume aussi, renaît de ses cendres. Parfois, évidemment, derrière la folie d’aimer l’amour, le vin , les femmes, apparaissent la douleur, la blessure intérieure, la fracture du cœur et de l’âme, celles qui laissent sourdre la crainte et le doute, celles qui font pleurer. Au MoyenAge les troubadours mouraient parfois de trop aimer leur femme inatteignable, idéalisée avec Bernard de Ventadour ou Jaufré Rudel, dans l’Antiquité déjà avec Ovide et l’Art d’aimer on était «pris» «assiégé» par l’amour, puis avec les romantiques, les modernes Aragon ou Eluard, toujours les mêmes tourments, les mêmes élans, les mêmes langueurs, le thème est éternel, il n’a pas changé: avec Mohan Bianco l’histoire continue, vers de nouveaux rivages: « Mais aujourd’hui, tout/Semble simple comme/La joie d’un enfant/Et pur comme le/Flocon fleurant/Le nez de l’amante./

 

 

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A l’Ombre de la Splendeur» de Mohan Bianco aux éditions du Possum Marchand.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:38

 

 

Antonie Burger ne se présente plus. Son univers est traversé de figures étranges, tourmentées et torturées, envoûtantes ou menaçantes: l’artiste de Sierre, originaire de Hollande et établi depuis plus de 35 ans en Valais expose actuellement à la Galerie Grande-Fontaine à Sion.

On y retrouve tout son style abouti , avec des couleurs et des variations de rouge assez violentes, percutantes, qui vous «rentrent dedans» tant elles sont imprimées d’énergies et de lignes parlantes.

Des œuvres toujours très expressives, qui laissent apparaître avec puissance la force intérieure qui habite l’artiste, qui le travaille, le «burine», le fait vivre des moments intenses qu’il nous redonne ensuite dans ses tableaux.

Sa touche est précise, le trait sûr et tremblant à la fois qui nous donne à parcourir des visages ou des corps comme pris dans des séismes, des convulsions, des compressions et dépressions lumineuses et inquiétantes aussi. Mais on peut également découvrir des scènes plus calmes, avec des personnages qui se font des confidences, qui se parlent à voix basse, qui se disent des secrets, des mots d’amour ....

Les visages sont de simples silhouettes, les corps s’étendent dans l’espace ou se recroquevillent sur eux-mêmes comme dans une position fœtale, des danseurs ou des passeurs. Les positionnements et la mise en scène des personnages interpellent le spectateur, des poses qui semblent travailler dans le non-temps, comme prises dans une sorte d’éternité qui fige tout.

Des êtres en-allés, des doubles, des fantômes ou des anges, des vagabonds de l’âme, des êtres broyés par le destin, des voyageurs heureux, les interrogations se multiplient...

Antonie Burger suit son chemin fidèlement, depuis des décennies, avec la même conviction et un langage très élaboré qui fait siens les méandres de l’être humain et de ses questionnements, de ses errances.

Une grande intensité et du mystère

Antonie Burger est né en 1942 en Hollande mais la lumière du Valais l’a envoûté de façon radicale et depuis plus de trente cinq ans il a élu domicile dans la région sierroise. Pour lui peindre est un acte vital, une respiration essentielle, et ses tableaux reflètent une intensité profonde: ses personnages sont énigmatiques et l’artiste de nous fournit pas de clefs d’interprétation, à chacun de s’y retrouver. Comme dit l’une de ses proches

«Plus les années passent, plus il arrive à l’essentiel. Ses créations deviennent toujours plus abstraites et colorées. Un peu comme ces chercheurs d’éponges qui plongent toujours plus loin, toujours plus profondément pour ramener leurs trouvailles à la surface».

Matisse et ses couleurs vives, son trait magique, Rembrandt et son clair-obscur, autant d’artistes qui l’ont marqué et cela se retrouve peu ou prou dans ses créations.

 

 

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Antonie Burger expose à la galerie Grande-Fontaine, à Sion, jusqu’à la fin décembre.

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jean-marc theytaz
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