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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:02

 

 

Matité ou brillance de la surface lissée, aspect résineux de l’émail, vibration de la lumière sur le bois qui s’enflamme dans votre regard, les bas-reliefs de Jean-Paul Blais exposés actuellement à la Galerie Grande-Fontaine à Sion sont d’une grande rigueur et beauté. Ils parlent et envoûtent, émettent les signaux d’une pensée ou de poèmes à naître.

L’artiste a commencé sa carrière par la peinture au fusain, la sculpture sur fer avant de retourner à une expression picturale sur papier à la cuve avec de nombreuses couches de peintures gravées. Le cheminement vers le bois est venu, est né avec le besoin de trouver une épaisseur. Il faut savoir que la surface des panneaux à l’instar des icônes est courbée: le bois est multiple, pluriel, divers, dans ses compressions et dépressions il crée des pentes, des sentiers et des itinéraires tactiles qui conduisent notre regard et affinent notre sensibilité.

Pensée en gestation

Le bas-relief avec ses écritures abstraites est variation de nuances sur le noir ou le plus clair, l’ivoire. Le noir qui, lui, peut-être sombre, lumineux, actif, passif, terreux ou volatile...

Comme le dit Richard Aeschlimann

«plutôt que d’utilisier l’art figuratif du dessin, Jean Paul Blais travaille sur les concepts de relief en ronde-bosse. Sa recherche incessante s’applique à toucher ce que Rothko appelle la trilogie de la perfection mécanique, de la perfection spirituelle et de la beauté pour les sens au sein d’une forme unique.»

Les œuvres de Blais sont d’une pureté impressionnante, avec des lignes formelles qui touchent à la perfection, il sait choisir le moment adéquat, la courbe juste, l’accord musical parfait entre l’intérieur et l’extérieur.

Formes géométriques qui s’assemblent, s’imbriquent et se complètent, ensembles et sous-ensembles, lumières qui se renvoient ds éclats et des fragments d’énergies, plages de solitude, on se croirait en face d’un alphabet conceptuel et minimaliste qui côtoie les essences idéales d’un langage à concevoir et transmettre. Un langage en gestation, une pensée qui ondoie au fil des vents intérieurs.

 

Exposition de Jean Paul Blais à la galerie Grande-Fontaine à Sion jusqu’au 1er juin.Sur rendez-vous 078 691 08 17 et de mercredi à samedi.

 

LégeBLAIS.jpgnde:Pureté et simplicité dans les baqs-reliefs de jean Paul Blais

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jean-marc theytaz
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 20:11

2176297321_53f42f6a0b.jpgPaysages syncopés

forêts discontinues

les crêtes ondulent

le silence se fait immobile

lits d'humus

litières humides

où dort mon corps froid

le genévrier s'enroule

dans la verticalité de la clairière

la coronelle et le lézard ont regagné

les pierres chaudesde la muraille

incandescence

au coeur du jour  solitaire

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jean-marc theytaz - dans littérature
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 20:09

 

 

 

 

Poésie rythmée, concrète, dynamique, accrochée au quotidien et aux éléments, poésie de l’être en relation avec le monde, avec lui-même avec ses semblables, les éditions Empreintes viennent de publier en collection Poche deux livres en un de Vahé Godel: «Quelque chose quelqu’un» et «Que dire de ce corps?» avec une préface d’André Wyss.

Un ouvrage de grande valeur qui nous donne à vivre avec des textes forts et vibrants, dans une langue simple mais très énergique et puissante dans ses accents, ses rythmes , ses souffles...

Comme le dit André Wyss

«il y a de l’épique dans cette poésie avec des accents à la Saint-John-Perse, il y a de l’exaltation et une intensité permanente qui font de sa lecture une belle expérience lyrique....»

On y sent une profondeur et une authenticité parlantes, évidentes, qui font corps avec l’humain, ses multiples configurations, ses formes, ses reliefs, ses respriations.

«S’il y a portant quelque chose qui risque d’échapper toujours au lecteur francophone de Vahé Godel, c’est la dimension arménienne de sa poésie. «l’autre versant» , à la fois source, racine, modèle, expérience précoce, et acquisition de la maturité , restes d’une Arménie idéale et maternelle, et en même temps effets d’une Arménie très différente, culturellement en partie déracinée, pourtant fascinante, voire idyllique et qui parle une langue à la séduction profonde...»

 

.

Et le rythme, la musique de la langue de Vahé Godel sont singulières, personnelle, avec ses assonances, ses allitérations, ses synonymies, ses silences, ses accélérations, ses contrepoints aussi.... tout un monde qui vit de mille pulsions et tremblements intérieurs.

Intérieur-extérieur

Poésie de la terre mais aussi de l’esprit, des racines, de la mère et du père, de l’intérieur et de l’extérieur, du vent et des bourrasques de neige, du soleil et de l’obscurité: on retrouve aussi des épigraphes à Jacques Réda, à André Frénaud, des poètes de la terre et du ciel. «

Après la mort du feu/le lent retrait des eaux/ à tâtons il nous faudra descendre/jour et nuit remuer ramas et abattis/corps sans visage insondable demeure/ il nous faudra le secours des oiseaux/ l’œil du silex l’alliance des fruits/pour retrouver le centre/de gravité.»

Vahé Godel est né à Genève en 1931, fils d’un linguiste suisse et d’une mère arménienne. Vahé Godel est un passeur des traditions poétiques de l’Occident et de l’Orient, il a su créer une poésie toute de fraîcheur et de vivacité, de musique et de voyage.

 

 

«Quelque chose quelqu’un»- «Que dire de ce corps?» de Vahé Godel aux éditions Empreintes.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 18:46

5175911132_a54dc0770d.jpgSur la  ligne de crête

des forêts solitaires

des embruns sauvages

 les portes s'ouvrent au petit main

la mousse est humide

le vent frais

l'écriture des monts

nette et solide

il faut se mettre en marche

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jean-marc theytaz - dans littérature
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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 17:51

13122zm2.jpg 

 

 

«De la Beauté sur le Chemin» c’est le titre du premier récit écrit par un Valaisan d’Ayent,Jacques Aloïse Morard, qui vient de paraître aux éditions Baudelaire.

Jacques Jacques Aloïs Morard est artiste dans l’âme, il pratique la photo, l’écriture, peut être aussi bien comédien-danseur que metteur en scène ou cameraman.

Entre ses voyages il assure la direction de la compagnie Tactus. On le voit un homme à plusieurs facettes qui allie inventivité, fantaisie et rigueur aussi quand il le faut.

«De la Beauté sur le Chemin» nous parle de deux marcheurs , des voyageurs à pied qui vont entamer un périple des alpes suisses jusqu’à la mer, durant trente jours,

«de la montagne préservée à la plaine du Pô écrasée de soleil, des collines du Montferrato aux vignobles d’Asti, jusqu’à un lit de rivière qui se jette à Albissola dans la Méditerranée.»

La marche une façon de découvrir un pays, de le sentir, de le vivre de l’intérieur et de l’extérieur, en échanges constants, de partager avec ses habitants des moments sincères, authentiques, traversés d’émotions et de joie profonde. Et puis aussi des touches philosophiques avec la rencontre du d’un «monde subtil» qui nous relie aux énergies, aux éléments et à la spiritualité.

 

««De la Beauté sur le Chemin» soulève la question de notre relation au monde vivant, de notre place dans la nature et du sens que l’on donne à notre chemin, tout en nourrissant un esprit d’école buissonnière.» nous dit l’auteur.

Interview.

  

 

Quel est le fil conducteur, narratif de votre premier récit publié?

 

Le journal d’étape, chronologique, suit les deux marcheurs au fil des jours. En résonance à ce qui se passe sur le chemin, une deuxième trame, en pointillé, est constituée d’incises sur le monde subtil, le monde énergétique. Ces encarts offrent un autre voyage, plus initiatique.

 

La marche, une manière d’être plus présent à soi, au monde, aux gens.

 

Marcher est notre nature de bipède. Notre mesure. En marchant, on s’inscrit dans un acte de rébellion contre l’efficacité, le stress, la performance. Le marcheur a le temps de saluer quelqu’un, a le loisir d’interrompre son chemin pour se prélasser dans une rivière. La marche nous renvoie à nous-mêmes et à l’instant présent. Le marcheur est vulnérable et je trouve que cette vulnérabilité est vitale, elle nous remet à notre place au sein de la nature. L’homme tente toujours de dompter son environnement or ce domptage nous a aussi coupé avec notre part instinctive, sensible à la vie et aux autres règnes.

 

Et l’écriture, quelle est sa place dans ce livre?

 

Ecrire ce récit et mon approche du monde subtil est né d’une envie de partager la joie de cette aventure et la beauté qui est présente, accessible, juste derrière notre porte.

 

Ecrivez-vous régulièrement, est-ce pour vous une nécessité?

 

Enfant, je partageais ma chambre avec mon grand frère. Le soir, après le « bonne nuit » de nos parents, la lumière éteinte, je lui racontais des histoires que j’inventais.

Ecrire, peindre, photographier, être en scène, filmer… chez moi, tout nait d’un même mouvement, d’une nécessité de créer, d’exprimer, d’échanger des émotions, d’être en lien.

 

Quelle expression artistique affectionnez-vous le plus: théâtre, littérature...?

 

Je ne peux pas dire que j’affectionne plus une forme d’art qu’une autre. Elles sont toujours présentes, en parallèle.

L’écriture, le théâtre et la photographie ont été présents depuis l’adolescence. J’ai tout d’abord choisi le théâtre comme formation professionnelle ce qui m’a amené à la danse puis à la mise en scène où j’ai incorporé aux spectacles des projections vidéo qui elles m’ont amené au film. Aujourd’hui je suis impliqué dans le film documentaire et j’ai le sentiment de réunir beaucoup de facettes de mon expression. L’écriture reste toujours présente, plus solitaire.

 

«De la Beauté sur le Chemin»

par Jacques Aloïs Morard

aux éditions Baudelaire

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 17:17

 

 

65mn1c0.jpgNicole Pacozzi et le marbre c’est une histoire d’amour qui dure depuis de longues années, le trajet de l’ «esprit et de la matière» qui se rencontrent et se questionnent, pour aboutir à des œuvres qui s’approchent de l’équilibre et de la perfection. Ses œuvres récentes sont actuellement visibles au Château de Venthône, jusqu’au 26 mai.

L’artiste qui est née à Fribourg travaille la sculpture sur marbre depuis 1989, année où elle a obtenu son diplôme en arts visuels. Elle expose régulièrement en Suisse et a travaillé comme professeur à l’Ecole cantonale des beaux-arts notamment. Elle est membre de Visarte Valais et a son atelier à Sierre.

Une démarche exigeante

«La sculpture sur marbre, même si elle est laborieuse et quelquefois douloureuse, reste au cours de mes 25 ans de pratique un moment privilégié de ma vie...»

 

déclare Nicole Pacozzi. Entre elle et la matière il existe une interaction mais aussi des chemins fusionnels qui peuvent la conduire dans un état de sérénité et de calme intérieur très présent.

«La relation harmonieuse que je vis avec ce matériau noble et pur, dont j’extrais les formes épurées et douces, me donne le sentiment unique et éphémère d’être à l’endroit juste, au moment juste, dans l’acte juste. La pierre m’offre alors de fugaces instants de perfection qui nourrissent ma vie et apaisent mon âme.»

Parallèlement aux sculptures l’artiste nous offre des peintures abstraites, réalisées avec des pigments, des poussières qui évoquent les pierres brutes et veinées des carrières originelles.

Voyages et bouddhisme

Le voyage est aussi une des passions de Nicole Pacozzi; elle a parcouru le Mexique, l’Inde, le Tibet et s’est intéressée au bouddhisme et à la pensée taoïste qui inspirent d’ailleurs son œuvre avec des titres comme «Palme maya», «Asteca new», «Yin», «Tao»...Une sorte d’approche philosophique d’une conception du monde basée sur la recherche de l’équilibre, de la cohérence, de la perfection.

La sculptrice utilise dans cette exposition de Venthône la pierre blanche de Carrare, du palissandre ocre et rosé ainsi que du «bardiglio grigio»: ces pierres appartiennent à la famille de Carrare.

Un travail abouti pour une artiste qui a une grande maturité, une technique et une force de création remarquable.

Comme nous le dit Françoise de Preux depuis deux ou trois ans, Nicole Pacozzi s’intéresse aux fossiles, quittant le monde de l’esprit pour regarder la nature « qui crée des formes magnifiques». La trouvaille d’un petit fossile l’amène à créer des sculptures irrégulières, à laisser apparaître des parties brutes dans la pierre, à montrer sa structure interne et la marque du ciseau du sculpteur (Spirinea, Ostrifea, Spirifea). C’est la vie qui émerge et se libère de sa gangue

 

 

Château de Venthône, exposition de Nicole Pacozzi jusqu’au 26 mai, sculptures et peintures.

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jean-marc theytaz
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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 17:18

Promenade à la Maretse à Nendaz

 

 

Au bas des éboulis

la dryade et ses pétales blancs

la fraîcheur de la mousse

près de la gouille de limon

les pétasites et les herbes d'eau

 

depuis le bisse de Saxon

jusqu'à la Maretse

le sentier se raidit

il faut sillonner dans la forêt sauvage

entre les branches coupantes des épicéas morts

et la densité d'une sapinière hirsute

les chiens Luna et Caïnou repèrent pour nous

les passages noyés de lichen et d'humus

 

le souffle est court

sur le front

le long des bras

des perles de sueur

le coeur bat  fort

son rythme fait même bouger les fûts des épicéas

les écarte les é8m4jtg1.jpgclaircit

le corps est imbibé de senteurs boisées

 

il faut monter toujours plus prêt

du pierrier endormi dans la torpeur du zénith

 

les pensées voguent dans le regard

puis lentement

comme des éclairs stridents

découpent le silence installé au centre de l'instant

une roche sédimentaire dans la mémoire de l'espace blanc

dans la clairière

en-dessous des blocs erratiques

des menhirs dressés vers le ciel de marbre

et la vasque végétale où viennent se baigner les cerfs et les chevreuils

 

et puis soudain à la lisière des mélèzes et des arolles parfumés

le pierrier endormi

d'argent et de lueurs divines

 

ascension méditation purification

monter et s'abandonner

monter et se donner

ouvrir ses mains et son âme

caresser les ailes des anges

effleurer les fragments de soleil

entre micas et lames granitiques

pierrier et montagne secrète,

mère porteuse de secrets et de magie

naissance de la lumière à même la roche

 

et le diamant

de ton regard posé vers la croix de bois

lambeaux de neige colorée

myrtillers et touffes de genièvre

 

là tout paraît plus simple

il suffit de devenir transparent comme l'eau

de se laisser glisser dans les failles

et les blessures du pierrier

de devenir étincelle minérale

au milieu du jour vivant

reptile immobile

vipère silencieuse

en phase de digestion

lovée dans la tiédeur de la pierraille

sereine pour toujours.

 

******************************************************************************************

 

La prairie magique

 

L'eau blanche

glisse dans les herbes hautes

les sauterelles et les grillons

tranchent l'espace

de fines ailes transparentes

centaurées et trolles dorés

rythment la prairie

qui se lit

comme un grand foulard ondoyant

 

je pose mes mains sur le pré

je sens battre le coeur de l'après-midi

ma peau tiédit et vibre

de mille frissons

les sens sont pris d'un vertige lancinant

je deviens souffle léger

brise brumisante

eau de lune

source sautillante

 

mon corps est traversé

de galeries profondes

où vivent les images des êtres chers

 

je suis passé dans les racines des gentianes

ai rejoint les courants telluriques

les roches sédiementaires

tout près des noyaux brûlants de la terre

suis devenu lave mystérieuse

 

*******************************************************************

Mitan

Le vent sur la dune

le soleil dans tes yeux

l'eau du fleuve

qui s'écoule

la rotation des heures

il fait clair

au mitan du jour

*****************************************************

 

Village de montagne

 

 

Dans le creux des racines nues

se glissent

la flexion du temps

la fluidité de l'eau claire

la transparence

de ton regard

 

Je mange le ciel

et ses ardoises schistées

à pleines dents

 

Imagerie biblique

pauvreté rurale

le pays est rude

le climat aride

les habitants réservés

 

Dans les rythmes des madriers

l'architecture des raccards

la musique des toitures

s'égrène une prière

qui monte silencieuse

au-dessus

des fumées bleues

celles qui s'extraient

des cheminées

faites de pierre sèche

 

Une odeur de sapin brûlé

envahit les ruelles

du village

 

le temps s'en vient

les souvenirs se délitent

humus de lichens

et liqueur de genévrier

le vin du glacier frémit

les chansons

du petit matin

dansent au centre de la cave voûtée

la brise vagabonde

transporte par-delà

la colline déserte

nos gestes épouvantails

 

fin de soirée

 

***************************************************

 

 

Lumière forestière

 

La libellule fragile

son vol léger

sur l'étang endormi

 

les bourgeons de sapin

leur parfum sauvage

dans les embruns forestiers

 

les écorces des mélèzes

leurs blessures béantes

dans la verticalité du zénith

leur sang braisé

sur la nostalgie des jours

 

et la brise

fuyante et vagabonde

comme une eau du souvenir

dans une gorge asséchée

par l'absence

 

**********************************************

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 17:42

 

 

  

 

   

 

 

 

 

authenticité de l’être

La liberté d’être et la grâce d’aimer,

le désir de la transparence

intérieure et la force de l’amour,

«De si jolis yeux» de JeanWiniger

est sorti dernièrement aux

Editions de l’Aire.

JeanWiniger est acteur, né dans

une famille paysanne de la Broye

fribourgeoise. Très tôt il développa

une passion sans failles pour le

théâtre qui deviendra son métier.

Fribourg et Paris furent ses

ports d’attache, il y mena une

carrière brillante, jouant des

centaines de rôles avec toujours

lamêmeénergie, lamêmeforce,

la même authenticité.

Une vie de scène et d’homme

de planches relayée par un récit

autobiographique intitulé «D’où

viens-tu,mongrand?». Il fut notamment

le lauréat du Prix

Blancpain.

Dans «De si jolis yeux», l’auteur

nous donne à découvrir une

nonagénaire qui a traversé la vie

comme un univers de découvertes,

de rencontres, d’amitiés,

d’amours, de désillusions aussi

et qui se confie au narrateur âgé

lui de 67 ans.

Un échange de propos sincères

et touchants sur les sentiments

humains, leurs méandres,

leurs emportements, leurs

explosions, leurs voyages intérieurs.

Un livre qui revient sur

une existence et ses points d’ancrage,

ses moments forts, ses

instants charnières avec usures,

ses déceptions et ses bonheurs

intenses. «Une atmosphère de

douceur» qui ébranle les coeurs

et leur apporte des sources d’eau

vive. L’amour toujours présent,

et puis l’absence, le souvenir,

l’oubli, les remémorations, la

nostalgie parfois mais toujours

la foi en la vie. L’ouvrage est articulé

ainsi en26 chapitres où instants

privilégiés apportent un

rythme et un visage musical à

la prose agréable et vive, simple

de cet ouvrage de JeanWiniger.

 

 

 

 

«De si jolis yeux»

de Jean Winiger

aux Editions de l’Aire.

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 17:24

 

 

Le mouvement des plaques tectoniques et ses effets sur la matière intéressent beaucoup le sculpteur Patrick Althaus qui expose actuellement ses œuvres au Musée de Saxon: il en a fait un de ses thèmes pour les sculptures et parallèlement il nous offre des dessins au fusain ainsi qu’un film qui retrace les diverses étapes qui le conduisent d’un bloc de pierre brute informe au stade de l’œuvre achevée.

Brisures, fissures, cassures, scansion de la roche qui entre résonance dans des rythmes inédits, plissements, vallées déchirées, stries coupantes, les sculptures de PatrickAlthaus laissent apparaître cette tension et cette force qui peuvent se trouver dans la roche et qui tout à coup se libèrent et prennent forme. Patrick Althaus le dit lui-même: «

Seul face au bloc informe, je le tourne et le retourne, le soupèse du regard, jaugeant les volumes que la nature a fait naître en lui et j’attaque: chant clair du ciseau sur l’arête évidée, et la forme apparaît, grossière dans un premier temps, qui petit à petit se débarrasse du surplus qui l’encombre pour s’accomplir dans l’espace...».

 

Mille vibrations

 

Les sculptures de PatrickAlthaus vibrent de mille énergies, cachées et profondes, nouaisons et labyrinthes de flux multiples, elles font apparaître des musiques fortes et puissantes qui jouent comme des cordes de guitare ou celles d’un piano géant... On pourrait aussi y voir des pôles énergétiques, le yin et le yang, des symétries et des parallélismes qui créent des appels, des sinuosités, des échos: de la pierre sortent alors des paroles essentielles, porteuses de sens et de sensibilité visuelle, sonore, tactile. On sent dans ces œuvres la relation passionnelle que Patrick Althaus entretient avec la matière, les pulsations qu’il met à jour, l’alphabet plastique qu’il en retire. On y retrouve aussi comme des végétaux fossilisés, des traces d’âges en-allés, d’époques disparues.

 

 

Plusieurs expositions

 

 

Patrick Althaus est d’origine bernoise et est né à Vevey. Il vit sur les hauts de Saxon depuis une quinzaine d’années; il a suivi une formation artistique à l’Ecole des Beaux-Arts de Sion et à Lausanne ainsi que dans divers ateliers de sculpture à Berne et Martigny. Il a à son actif plusieurs expositions à Morges, Bienne, Cannes en 2004.

 

Musée de Saxon, sculptures et dessins de Patrick Althaus, jusqu’à la fin juin.

Légende: Diffractions et blessures, la roches peut se briser et créer de nouveaux univers. ldd85lata0.jpg

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jean-marc theytaz
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 17:22

 

Les éditions d’Autre partnous proposent le premier roman de Bettina Stepczynski intitulé «Sybille, un enfant de Silésie», Sybille ou le regard d’un enfant sur l’histoire d’une minorité allemande en Haute-Silésie, contrainte, par les accords de Potsdam, à l’exil dans sa propre nation. Du côté des vaincus, un destin familial écrit avec sensibilité, générosité, tendresse, humanisme par une descendante de Sprachlosen.

La vie simple et rude d’une famille exilée, dans une Allemagne du Nord où il faut affronter les saisons d’un pays et d’une époque difficiles, avec des hivers rigoureux sous leur chape de silence blanc et glacé, les travaux des champs l’été, le temps qui parfois vous rend lourd, pesant, inatteignable à vous-mêmes

 

Pauvreté et solitude

 

La déportation, les trains qui partent vers l’ailleurs par lesquels commence le roman, voilà une situation dramatique et conflictuelle, sombre et déstructurante, qui annihile tout sur son passage, les habitudes, les repères, les jalons quotidiens, une situation qui s’en prend aux fondements les plus profonds de l’être.

Misère affective et matérielle se conjuguent dans une sorte de tourbillon destructeur, une mise en abîme des assises de l’être, des décrochements et des glissades émotionnelles, la déportation charrie avec elle quantité de sentiments qui peuvent être dévastateurs mais qui peuvent aussi parfois générer de nouvelles orientations, envies, élans insoupçonnés, avec l’espérance du retour du père , par exemple.

L’un des problèmes aigus qui vous sautent à la figure et qui est bien décrit dans le roman est cette xénophobie latente qui crée des rejets chez les gens, des haines sourdes et décapantes, même dans sa famille et puis avec la déportation cet arrachement à vous-même.

Les gestes quotidiens deviennent plus compliqués, chargés de difficultés, comme lestés par une atmosphère délétère, dès les premières pages, dans ce train de l’enfer... Et puis il y a les problèmes relationnels, par rapport à son environnement direct, par rapport à ses proches, par rapport aux rencontres que l’on peut faire au quotidien. La famille attend désespérément le retour du père soldat, prisonnier, il reviendra mais que se passera-t-il?

L’écriture elle, est souple et bien rythmée, avec des phrases courtes qui apportent une respiration marquée au texte. Un art déjà abouti.

Bio express

Bettina Stepczynski, née en 1974, a suivi des études de lettres avant de travailler dans le domaine du marketing. Elle est la mère de trois enfants, ce qui occupe bien ses journées, et vit maintenant à Carouge. Elle pratique l’écriture depuis longtemps et a déjà été distinguée à plusieurs reprises lors de concours littéraires. Il s’agit ici de son premier roman. «Sybille» est inspiré par l’enfance et la jeunesse de sa tante Sibylle, qui à 8 ans a subi la déportation, le mépris, les humiliations de l’exil, de la misère et de la pauvreté et de la pauvreté.

 

«Sybille une enfant de Silésie» par Bettina Stepczynski aux éditions d’Autre part

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