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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 20:29

 

 

 

 

 

«J’ai une passion pour la littérature et le théâtre depuis mon plus jeune âge. Avec Apothéloz, au Théâtre Faux Nez qui était un véritable centre culturel en Suisse romande, nous faisions de la mise en scène. Mais alors que lui «jouait» plutôt individuel j’étais plus attaché au collectif ce qui n’allait pas sans frottements... Plus tard j’ai écrit des pièces de théâtre et connu des grands noms de la poésie comme Gustave Roud ou Philippe Jaccottet avec qui j’ai pu parler littérature. Aujourd’hui les éditions de l’Age d’homme ont décidé d’éditer mes poèmes en collection Livre de Poche Suisse, un honneur et une reconnaissance pour moi. Le livre s’intitule «Football soleil debout» suivi de «Graffiti», un ensemble de quatrains écrits durant ces dernières années...»

nous confie le footballeur et poète sédunois.

  

 

L’univers du football

 

L’ouvrage de Jacques Guhl qui vient de sortir avait été préfacé par Georges Haldas un grand de la littérature romande qui a lui aussi écrit sur le football. Il dit notamment de lui qu’il ne fut pas seulement un grand footballeur, un entraîneur, mais un véritable «inspirateur» auprès de la jeunesse

 

«lui qui non seulement initiait les jeunes à la pratique du football, à ses finesses, mais encore, à travers cette activité, tentait de les faire accéder à ce dontil avait une vive conscience: l’état d’homme.»

Une expression humanisante qui se retrouve dans les poèmes de Guhl qui parlent de la naïveté et de la fraîcheur de l’enfance, de l’esprit de liberté propre au football,

 

«un grand joueur est celui qui spontanément, par son génie, sert la formation dans laquelle il est engagé

» et puis il y a aussi ce respect et cette recherche de l’autre sans laquelle la liberté et le football n’existeraient pas.

  

 

Sensibilité et finesse

 

La poésie de l’auteur sédunois dit le quotidien à travers le sport, le football en particulier, les joies, les peines, les souffrances, les élans, les petites morts, les explosions de joie....qui traversent l’existence de chacun. Jacques Guhl sait nous faire découvrir et savourer le football comme un art, celui de l’architecte et de la jouerie, de l’acteur et de la pièce à jouer, toujours à recréer, à faire plus belle encore.

«Pour ce qui est des quatrains de «Graffiti» j’affectionne cette forme poétique, elle permet de dire beaucoup de choses de manière concentrée, condensée et musicale, une façon d’aller à l’essentiel, de saisir le monde dans sa substance et ses vibrations les plus infimes... ces textes sont récents et me permettent de toujours avancer, me perfectionner.»

nous dit l’auteur et footballeur sédunois.

Jacques Guhl a également écrit récemment un roman qu’il va publier tiré du film «Ce fleuve qui nous charrie» dont il écrivit le scénario et que Raymond Vouillamoz réalisa.

Pour mémoire, dans ce film Jacques Guhl, barbu, tenait la vedette avec Jean-Luc Bideau. Et comme nous le rappelle Lion Baudoin de Wolff , Jacques Guhl est toujours actif, avec par exemple une nouvelle conception de la formation et la création de nouveaux exercices: le jardin d’enfant, le ballon à l’élastique, le carré magique... en même temps il déplore le chemin pris par le football professionnel en Suisse basé essentiellement sur l’argent et le résultat au détriment de la formation et de la continuité...

Jacques Guhl a fêté cette année ses nonante ans, il est toujours aussi passionné, par le sport, la littérature, la vie, l’humain... et il le prouve.

 

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«Football Soleil debout-suivi de Graffiti» de Jacques Guhl, aux éditions de l’Age d’Homme ,en collection Poche Suisse.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 14:49

 

 

Albert Lathion, un pionnier de la défense du patois et du patrimoine à Nendaz est décédé l’année dernière: un livre signé de sa plume vient de paraître, qui met en relief les moments charnière des grandes mutations qui ont marqué la vie en Nendaz depuis une centaine d’années.

Un ouvrage en français cette fois alors que Albert Lathion a écrit, mis en scène et joué dans plusieurs pièces théâtrales en patois de Nendaz.

Notons que nous trouvons aussi une cinquantaine de pages en patois – accompagnées de la traduction française.

L’ouvrage regroupe plusieurs chapitres et thématiques qui ont trait à l’existence au quotidien dans nos vallées latérales qui ont vu leur vie complètement changée en quelques générations.

Nous avons rencontré Yvan Fournier qui est l’une des chevilles ouvrières dans la publication de cet ouvrage qui rend hommage à une personnalité du patrimoine nendard.

 

Comment est née l’idée de ce livre dans l’esprit de Albert Lathion d’après vous qui l’avez intimement connu?

 

Boulanger, Albert Lathion avait gardé de sa profession et le rythme et l’ardeur au travail. Aussi, à sa retraite, dès qu’il fut installé dans sa nouvelle demeure, tous les matins, avant l’aurore, vers 3 heures, il se levait, allumait son nouvel ordinateur et se consacrait d’abord à la recherche du patois, puis à l’écriture de ses souvenirs. Il a ainsi collaboré pendant plusieurs années à l’ «Ami du Patois», la revue des patoisants de Suisse romande. Ses recherches l’ont amené à collecter des photographies, des films, des histoires réelles et fictives à propos du vallon de la Printse.

 

Quelles sont les articulations thématiques qui rythment l’ouvrage?

 

Ce fut là notre plus grand souci. Albert travaillait au gré de ses recherches et ses souvenirs étaient très décousus. Aussi il a fallu donné une sorte de charpente à l’ouvrage et nous avons pris l’option de suivre la chronologie du cours de sa vie tout simplement.

Nous trouvons donc dans un premier chapitre les miettes de l’histoire de sa famille, celles semées sur le chemin de sa vie – du berceau à l’âge adulte -, puis, dans l’ordre, des miettes sportives, touristiques, meunières et des miettes de patois.

Ces deux derniers chapitres étaient très importants pour Albert Lathion qui a participé à la remise en eau du moulin du Tsâblo à Haute-Nendaz et qui, de plus, a écrit trois pièces de théâtre en patois.

 

 

Avez-vous retravaillé les textes ?

 

Pour respecter au mieux la mémoire d’Albert, nous n’avons pas retravaillé ses textes, si ce n’est une correction technique.

Albert Lathion a laissé plus de 400 pages brutes, aussi, notre principale difficulté a été d’établir un choix et c’est là– peut-être – que notre rôle a été «arbitraire». Nous avons opté pour la publication des textes pouvant servir à l’histoire locale.

 

Pourquoi un mélange de patois et de français dans cet ouvrage?

 

On ne pouvait pas publier un livre d’Albert Lathion, mainteneur du patois, sans y insérer du patois. Plus de 60 pages y sont consacrées, sous deux formes. Nous trouvons d’abord une histoire de la société des patoisants nendards, la Cöbla du Patouè, dans laquelle Albert a été actif de 1986 à 2011. Dans une deuxième phase, vous trouverez des textes patois avec leur traduction en français. Je tiens à relever ici le travail important de Maurice Michelet, authentique patoisant, qui a effectué le suivi éditorial de ce chapitre.

 

Ce livre s’adresse-t-il spécialement aux habitants de Nendaz ou vise-t-il un public plus large?

 

Ce livre est en quelque sorte la suite de «Nendaz hier et aujourd’hui» que Cyrille Michelet avait publié en 1977. Il va dans le même sens, il ne force pas sur le folklore, mais sur le témoignage. Il est donc destiné à tous les amoureux du vallon de la Printse, mais il dépasse les frontières locales pour tous ceux qui veulent comprendre la grande mutation du XXe siècle, le passage d’une économie agro-pastorale à l’économie touristique que l’on connaît.

 

 

 

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«Nendaz, miettes de patrimoine, bouchées de bonheur» Albert Lathion. Editions Association de la sauvegarde du Patrimoine.

Vous pouvez commander le livre chez Marie-Paule Loye, Chemin Vieux 110, 1997 Haute-Nendaz / marie.loye@bluewin.ch .

 
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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:26

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La période de l’enfance et de l’adolescence sont des moments magiques, peut-être les plus marquants et les plus forts de notre existence, en tout cas pour certains d’entre nous.

Candide Rossier, professeur retraité né à Saillon et qui a sui vi ses écoles à Martigny et à Sion a enseigné durant plus de trente-deux ans dans la capitale. Féru, passionné de lecture et d’écriture, il a publié en 2002 un premier ouvrage aux éditions de l’Aire «Au pays de l’enfance», un livre qui nous fait découvrir les mille et un enchantements du plus jeune âge , avec ses joies, ses emportements, ses élans et ses tristesses. On y retrouve les us et coutumes de l’époque en Valais, une civilisation plus rurale et paysanne à cette époque qu’actuellement, avec sa simplicité , son authenticité mais aussi parfois ses manques et ses côtés plus austères.

Cette année il nous offre un nouvel ouvrage intitulé «Au temps de l’adolescence» qui est paru récemment aux éditions de l’Aire également, dirigées par Michel Moret, qui publie de nombreux auteurs romands et également des Valaisans.

L’adolescence c’est le moment de l’éveil des sens, de la venue sur le seuil d’un nouveau monde, avec les transformations physiques, sentimentales, intellectuelles, affectives que cela comporte. Candide Rossier nous fait découvrir cette période d’engagement et de doute, avec sensibilité, finesse et poésie. Deux mondes s’affrontent, celui de la jeunesse folle, pleine de ses découvertes et de ses envies, et celui des adultes, plus rigide, formaté, dépouillé qui va à l’essentiel d’une existence plus terre à terre et rivée à la quotidienneté.

 

Candide Rossier nous fait découvrir ces instants d’interrogations, de questionnement, et ces rêves fous qui habitent chaque adolescent. Une jeunesse qui se passe dans les années quarante-cinquante, dans une société ou la différence entre classes sociales est bien marquée: fils de pays Candide Rossier aurait pu reprendre le domaine familial mais il a préféré la lecture et les études, avec l’Ecole Normale il deviendra enseignant et dévorera quantité de livres et d’auteurs. L’adolescence, une période inoubliable, qui remonte le temps comme dans les ouvrages de Proust et de ses profondeurs mémorielles.

 

«Au temps de l’adolescence» de Candide Rossier, éditions de l’Aire

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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 14:19

5suatm0.jpgOriginaire d’Anniviers Hélène Zufferey habite depuis de nombreuses années en Suisse alémanique. Elle a son actif plusieurs ouvrages, notamment aux éditions Monographic où elle vient de publier son dernier recueil de nouvelles, «Le festin des veuves». Un hymne à la vie, aux troubles de l’amour et des sentiments profonds même si parfois le destin s’acharne sur vous, la maladie, les séparations , les départs. Une écriture concise, avec des accents poétiques, qui dit le quotidien, les choses simples et qui peuvent concerner chacun d’entre nous. A déguster...

 

Interview.

Vous écrivez régulièrement des nouvelles dans vos livres antérieurs. Pourquoi pas le genre romanesque?

 

J’ai utilisé différentes formes littéraires mais j’aime la technique de la nouvelle. C’est concis, c’ewt direct, ça peut-être un roman réduit à l’essentiel. Pas de détour chaque détail doit apporter une information nécessaire à la compréhension du personnage. C’est dire beaucoup en peu de mots, ce qui est difficile, un défi même. J’aime que l’on sente une menace qui plane, une ambiguité, de la tension dans l’air, qui mènent vers une révélation ou simplement un questionnement. La nouvelle se termine souvent une chute, chute inattendue, déconcertante parfois, qui laisse ouvert et demande au lecteur d’imaginer la suite. C’est un partage avec lui.

 

Le destin humain, les émois de l’amour, la souffrance de la séparation... comment choisissez-vous votre thématique?

 

La résilience, mon «leitmotiv»; parcours de femmes que la vie n’a pas épargnées, femmes qui ne stagnent pas dans le malheur mais qui rebondissent. Des résilientes. J’en vois beaucoup autour de moi et ces femmes enrichies de pertes me touchent par leur courage, par leur besoin d’avancer et de s’ouvrir aux autres et au monde. Femmes qui nous apprennent à mieux vivre et à nous dépasser. leur horizon s’élargit hors du contexte familial.

L’entraide, le partage, l’humour dans la difficulté, la prise de risques sur des sentiers non-battus sont aussi des thèmes abordés et qui me touchent. La nature est aussi pour moi une source. Ces nouvelles sont parsemées de touches anniviardes, de paysages extravagants et sauvages.

 

L’écriture pour vous? une passion, une vocation, une respiration, un divertissement, une ascèse...?

 

J’aime les mots, la littérature, c’est une passion qui me demande aucun équipement (pas de gros souliers!), qui requiert de la réflexion sur des problèmes humains et un travail de la forme qui m’intéresse. En cherchant la forme juste, en la corrigeant, on se corrige soi-même. C’est une petite voix de l’âme, une musique intérieure que j’essaie de transmettre. C’est revivre et immortaliser des moments de bonheur.

L’écriture est pour moi une discipline, une façon de ne pas m’embourgeoiser et de vivre d’autres vies que la mienne. Ca me permet de dire des choses qui me tiennent à cœur, de mêler le réel à l’imaginaire, d’aller vers l’autre et de découvrir de nouveaux chemins. J’ose espérer que l’écriture m’aide à devenir plus humaine.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 17:10

 

«A l’Ombre de la Splendeur» un nouvel ouvrage de poésie et qui est le premier livre de Mohan Bianco, jeune homme établi à Conthey.

Un livre, un ouvrage qui sent bon l’artisanat avec une reliure cousue fil, des motifs qui nous rappellent les éditions du début du 20e ou même du 19e. Il a été publié aux éditions du Possum Marchand, nouvelle maison d’éditions établie à Bex et qui sort là ses premiers opus.

Comme le dit l’éditeur «A l’Ombre de la Splendeur» s’articule en cinq parties avec un premier volet en forme de «charpente». Puis suivent des chapitres qui nous parlent de l’amour avec des voyages érotiques et sensuels, des dédales par toute une gamme de sentiments, des rencontres fortuites, des promenades au hasard des ruelles, des sentiers d’après-midi, de celles qui se cultivent dans la nonchalance des rêves et de la passion. Le jeune homme s’emporte, s’enflamme se consume aussi, renaît de ses cendres. Parfois, évidemment, derrière la folie d’aimer l’amour, le vin , les femmes, apparaissent la douleur, la blessure intérieure, la fracture du cœur et de l’âme, celles qui laissent sourdre la crainte et le doute, celles qui font pleurer. Au MoyenAge les troubadours mouraient parfois de trop aimer leur femme inatteignable, idéalisée avec Bernard de Ventadour ou Jaufré Rudel, dans l’Antiquité déjà avec Ovide et l’Art d’aimer on était «pris» «assiégé» par l’amour, puis avec les romantiques, les modernes Aragon ou Eluard, toujours les mêmes tourments, les mêmes élans, les mêmes langueurs, le thème est éternel, il n’a pas changé: avec Mohan Bianco l’histoire continue, vers de nouveaux rivages: « Mais aujourd’hui, tout/Semble simple comme/La joie d’un enfant/Et pur comme le/Flocon fleurant/Le nez de l’amante./

 

 

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A l’Ombre de la Splendeur» de Mohan Bianco aux éditions du Possum Marchand.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:38

 

 

Antonie Burger ne se présente plus. Son univers est traversé de figures étranges, tourmentées et torturées, envoûtantes ou menaçantes: l’artiste de Sierre, originaire de Hollande et établi depuis plus de 35 ans en Valais expose actuellement à la Galerie Grande-Fontaine à Sion.

On y retrouve tout son style abouti , avec des couleurs et des variations de rouge assez violentes, percutantes, qui vous «rentrent dedans» tant elles sont imprimées d’énergies et de lignes parlantes.

Des œuvres toujours très expressives, qui laissent apparaître avec puissance la force intérieure qui habite l’artiste, qui le travaille, le «burine», le fait vivre des moments intenses qu’il nous redonne ensuite dans ses tableaux.

Sa touche est précise, le trait sûr et tremblant à la fois qui nous donne à parcourir des visages ou des corps comme pris dans des séismes, des convulsions, des compressions et dépressions lumineuses et inquiétantes aussi. Mais on peut également découvrir des scènes plus calmes, avec des personnages qui se font des confidences, qui se parlent à voix basse, qui se disent des secrets, des mots d’amour ....

Les visages sont de simples silhouettes, les corps s’étendent dans l’espace ou se recroquevillent sur eux-mêmes comme dans une position fœtale, des danseurs ou des passeurs. Les positionnements et la mise en scène des personnages interpellent le spectateur, des poses qui semblent travailler dans le non-temps, comme prises dans une sorte d’éternité qui fige tout.

Des êtres en-allés, des doubles, des fantômes ou des anges, des vagabonds de l’âme, des êtres broyés par le destin, des voyageurs heureux, les interrogations se multiplient...

Antonie Burger suit son chemin fidèlement, depuis des décennies, avec la même conviction et un langage très élaboré qui fait siens les méandres de l’être humain et de ses questionnements, de ses errances.

Une grande intensité et du mystère

Antonie Burger est né en 1942 en Hollande mais la lumière du Valais l’a envoûté de façon radicale et depuis plus de trente cinq ans il a élu domicile dans la région sierroise. Pour lui peindre est un acte vital, une respiration essentielle, et ses tableaux reflètent une intensité profonde: ses personnages sont énigmatiques et l’artiste de nous fournit pas de clefs d’interprétation, à chacun de s’y retrouver. Comme dit l’une de ses proches

«Plus les années passent, plus il arrive à l’essentiel. Ses créations deviennent toujours plus abstraites et colorées. Un peu comme ces chercheurs d’éponges qui plongent toujours plus loin, toujours plus profondément pour ramener leurs trouvailles à la surface».

Matisse et ses couleurs vives, son trait magique, Rembrandt et son clair-obscur, autant d’artistes qui l’ont marqué et cela se retrouve peu ou prou dans ses créations.

 

 

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Antonie Burger expose à la galerie Grande-Fontaine, à Sion, jusqu’à la fin décembre.

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jean-marc theytaz
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 21:25

Abri de noisetiers

de feuilles vertes

et de branches mortes

 

monastère au milieu de la forêt

 

prière légère

en lévitation

au-dessus de la couronne

des bouleaux

 

les paroles se perdent

dans les bris de ciel

entre les nervures forestières

 

ma gorge est nouée

ma respiration peine

 

il faut déglutir le jour atone

avant de s'étrangler

se laisser glisser dans la source vive

qui murmure sous la mousse8008484201_cd91826b03.jpg

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 15:31

farquet_les_jours-1-.gif 

Un nouveau livre vient de sortir aux éditions de l’Aire sous la plume de Raymond Farquet:«Les Jours s’en vont , je demeure»: un vers d’Apollinaire pour un kaléidoscope, un ensemble de textes qui ont jalonné des moments importants ou plus séculiers de l’existence de l’auteur, des «confessions disparates»: «c’est un ensemble désarticulé, le reste fossile d’une vie, avec ses copeaux de souvenirs, ses réflexions qui se heurtent, se contredisent comme dans l’existence...»

Une suite de petits récits qui nous conduisent sur les chemins du quotidien, qui nous donnent à découvrir et voir des états d’âme, des paysages intérieurs, des territoires connus et inconnus, des vies rêvées, des instants de bonheur, de doute, d’angoisse, des élans et des désirs, des pensées cueillies sur le bord du sentier...

Raymond Farquet nous parle des «restes d’un être humain ordinaire» qui se retrouvent et se répètent dans le temps comme un peintre dans l’espace. qui peut parler durant des jours, des années d’un même paysage comme la Montagne Sainte-Victoire pour Cézanne, les Nymphéas de Monnet, l’Homme qui marche de Giacometti, les sérigraphies d’Andy Warhol... des bouts d’histoires et de destins qui s’enchaînent et se prolongent, se contredisent et se complètent.

Raymond Farquet nous parle du quotidien, de philosophie, d’urbanisme, de livres, d’enseignementmais également d’écrivains valaisans comme Zermatten ou Chappaz...

L’écrivain hésensard a selon Farquet été le premier à écrire des romans alpestres, mêlant modernité et rusticité, avec derrière ses écrits un zeste de Gonzague de Reynold et un peu de Ramuz derrière ses drames. Mais il y met des bémols: «la musique de Maurice Zermatten est embrumée. Celle de Chappaz tout en soubresauts avec de fraîches cascades. Ce dernier est un saule qui trempe sa plume dans l’eau des torrents. Il faudrait percevoir Maurice Zermatten comme un romancier en pantoufle alors que la poésie émotionnelle de Chappaz s’approche des sources avec des souliers à clous. ....Zermatten écrit comme un professeur enseigne, comme un notable.... Zermatten conserve une belle surface valaisanne parce que ses romans sont de plein-pied avec les massifs qui nous entourent Zermatten...» mais Farquet tourve ses écrits un peu neutres.

Farquet nous parle sussi des liens étroits avec la nature, de cette symbiose et de ses vibrations qui l’ont toujours tenu éveillé: «J’étais souvent un Olivier Messiaen forestier. Il suffisait que j’introduise mes pas dans les bois pour écouter, sur les épicéas, l’appel ds mésanges bleues. Je recopiais les oiseaux avec mots...».

Un souffle cosmique, une intimité, une complicité avec les paysages valaisans, un amour fou d’un pays... une connivence qui l’emmenera par moment vers les grandes profondeurs, et les élévations aériennes. Raymond Farquet nous parle aussi de sa bibliothèque, du vin, de Sion, de Genève, un ensemble de lieux, de personnages, de substances divines... qui nous mettent en relation avec nous-mêmes et avec notre pays de montagnes, de lacs, de forêts, de plaines.

 

Raymond Farquet, «Les Jours s’en vont, je demeure» aux éditions de l’Aire.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 19:58

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Poudrerie de soie                                                                        

 

                                                                                                                                                                      et  de lin

6823967791_c6d318deac.jpgles sapins se sont serrés

les uns contre les autres

 

les mélèzes de feutre et de vent

chantent  dans le soleil

 

la neige en vagues et lames légères

se brise sur le dos de la colline

 

le paysage d'hermine sauvage

devient patience et fine espérance

 

je tourne les pages du temps

dans les herbes de givre

qui se sont formées
sur le carreau fragile

de la fenêtre

doux murmure du feu

dans les failles de

notre attente folle

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 16:11

 

 

paubb0.jpgUn livre et une exposition, l’événement culturel était double à Sonvillaz à Saint-Léonard avec la sortie d’un livre signé Henri Maître pour les textes et Daniel Bollin pour les illustrations; parallèlement au vernissage de cet ouvrage les visiteurs peuvent découvrir les dernières œuvres de l’artiste fulliérain Daniel Bollin.

 

Sensibilité et musique

 

Un voyage dans les couleurs, les nuances, les vibrations que les paysages nous offrent autour de nous, une musique intérieure qui naît de la sensibilité des deux artistes: «Paysages d’écriture» nous propose un voyage dans la nature et en nous-mêmes, les poèmes célèbrent et chantent les paysages, des textes «impressionnistes» qui nous parlent de subtils frissons de la campagne, de l’air, de la lumière, «qui trouvent leur reflet d’émotion dans une déclinaison de monotypes paysagers aux tonalités surprenantes. ...»

Des textes nuancés, rythmés, balancés de Henri Maître, qui nous ouvrent des horizons de découvertes, des atmosphères, des itinéraires, des chemins de traverse aussi parfois.

Henri Maître, enseignant durant de nombreuses années a également été responsable de la chronique artistique du Nouvelliste dans les années 70: il est aussi l’auteur d’une dizaine d’ouvrages à dominante historique et culturelle et pratique parallèlement la poésie, comme dans ce dernier ouvrage «Paysages d’écriture».

Daniel Bollin a derrière lui quarante ans de peinture et est resté proche de la valeur sûre de son inspiration, le paysage. «

Familier ou lointain, riche de ses frémissements sous-jacents ou criant de ses contrastes, le paysage chez Daniel Bollin n’est jamais lisible au premier plan. Il se définit dans sa texture, dans son intimité que le peintre fait révéler à travers toutes les techniques...» Ainsi ses «monotypes»se trouvent à la rencontre de l’huile et de la gravure, un univers tout de nuances, de fraîcheur et de maturité à la fois.

  

 

Un livre à humer

 

Comme le souligne Jacques Tornay dans sa préface «Paysages d’écriture» est traversé de souffles profonds, regorge de rivières, de forêts, de plaines, montagnes et toute forme de configuration géologique, habités par un esprit particulier, venu du cosmos.

On lit les vers de Henri Maître comme on suit un chemin , écoute une parole: la marche signifie ici «

une recherche , une quête déterminante comme celle des gens de la Bible qui s’en allaient parfois très loin de chez eux dans l’espoir de trouver une source d’eau vive.»

Le vers libre de Henri Maître nous fait avancer dans l’espace, le temps, goûter les caractéristiques des plantes, des minéraux... amène la parole à creuser en nous-mêmes pour nous mettre en symbiose avec notre environnement, ce vers -là nous porte et nous révèle d’une certaine façon.

Des poèmes comme des jalons, des cairns aussi .dans des déserts parfois angoissants qui habitent nos existences.

 

Peintre paysager

 

Peintre et graveur Daniel Bollin a un atelier à Branson près de Fully. Depuis 1971 il s’adonne à son art et a réalisé de nombreuses expositions soit indidividuelles soit collectives. Daniel Bollin vit au rythme de la nature, ressent ses pulsions, un artisan instinctif qui peut travailler soit avec une certaine célérité, soit avec plus de lenteur mais toujours dans une démarche de finesse et une bienfacture qui se retrouvent. partout dans ses œuvres.

 

 

 

 

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