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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 10:23

Le souffle du vent
un ciel de gentianes et pervenches
la douceur de ton visage
tes mains dans une boulange de lumière
le printemps renaît
gentiment
dans ces bourgeons d'amandiers
de noisetiers 
les duvets de chatons gris
ramènent mon enfance

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 11:15

Le vent léger
sur le fronton de l'aube
les tables de marbre blanc
sur lesquelles prend naissance le jour
les ailes grises et orangées du rouge-gorge
sur le lilas dénudé
oraison méditation contemplation
laisser entrer le silence en soi
la traversée du quotidien
devient lenteur et patience
comme le travail du graveur
le burin dans les mains
 qui sur la plaque de cuivre
retient les structures dur réel et de l'invisible

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:44
Professeur au collège des Creusets à Sion Raphaël Délétroz a publié un recueil en alexandrins très aboutis, dont la finesse, la justesse de ton et la qualité poétique sont à relever. Maîtrise et invention, deux mots aussi pour qualifier ce premier livre qui pourrait bien en appeler d’autres d’aussi bonne facture, et dont la sensibilité n’est pas le moindre des atouts.
Raphaël Delétroz, comment procédez-vous pour l’écriture?

 Je n’ai jamais cherché à écrire, c’est venu, simplement, un jour, en l’occurrence avec le premier poème de l’ouvrage, puis avec le temps et les conseils d’un ami cher, je me suis dirigé vers la simplicité de la poésie et de l’alexandrin. Cela fait une vingtaine d’années que j’écris , depuis l’âge de quatorze ans. Je n’ai aucune discipline : je peux ne rien écrire pendant trois ans et tout d’un coup l’inspiration me fera coucher une centaine de vers en 5 heures sans y retoucher un seul mot.
De quelles manière le livre est-il articulé ?

Le point central est la femme, ou plutôt la féminité . C’est un rêve d’un enfant de 5 ans qui au travers d’un regard a vu des choses splendides. J’ai voulu les retranscrire en prenant appui sur d’autres regards. Le livre va dans le sens d’un éloge non gratuit mais plus profond, car bien souvent, me semble-t-il, la femme se méconnaît elle-même. J’ai toujours été attiré par l’autre, mais ce qui m’a plu chez la femme, c’est que je n’en serai jamais une, mais qu’on a chacun de nous une part d’elle en nous. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, puisque chaque poème relève d’une inspiration ou d’une rencontre. Je parlerai plutôt de but, dans le sens où la dernière partie de l’ouvrage « Vivre la Femme » a toujours été ancrée en moi et c’est ce but là que je cherchais à atteindre.
Qu’est-ce que la féminité pour vous?

Je vois la féminité comme une sorte d’aimant par lequel l’homme est indéniablement attiré, une sorte de force invisible et relativement puissante. Mais cette force est à double tranchant: il faudrait plus d’une vie pour accéder à sa pleine compréhension et en jouir de tous les bienfaits, et un acte anodin pour la détester. J’ai choisi la première facette, même si j’ai à peine effleuré le sujet pour le moment.
Chantez-vous la femme à la façon des troubadours Bertrand De Born, Bernard de Ventadour, Guillaume de Poitiers.., comme un amour lointain, souvent inaccessible? Comme un idéal peut-être inatteignable?

Absolument pas. J’ai toujours chanté un aspect de la femme que je voyais dans une femme, donc à mes yeux une réalité bien vivante. Mais le regard de l’homme est subjectif et il ne voit que ce qu’il veut bien voir, même si parfois il lui semble voir au-delà de la réalité visible. Mais rassurez-vous, je ne pense pas que la femme soit inatteignable, elle demande juste à être découverte.
 Vous faites allusion à Du Bellay, que représente-t-il pour vous?

 Du Bellay a juste été le point de départ de mon œuvre, puisque c’est le premier vrai poème que j’ai écrit. On dira que c’était une intrigue qu’un garçon de 14 ans a essayé de déjouer avec toute sa candeur maladroite. Pourquoi avoir choisi la rime et non des vers libres? Est-ce le besoin d’un certain cadre plus rigide, plus formaliste , un goût pour une construction contrôlée, maîtrisée, dominée? Boileau disait : « La rime est une esclave et ne doit qu’obéir. » Je ne sais pas si j’ai réussi à la maîtriser, mais l’avantage de la noblesse et de la pureté de l’alexandrin est que si on réussit à graver un seul vers dans toute la rocaille de mots qui existent, et avec toutes les possibilités que cela comporte, le rythme lui seul de ce mètre éloignera tous ses attributs négatifs comme domination, rigidité, etc. On dira que je cherche toujours ce vers !
Avez-vous envoyé votre manuscrit dans des maisons d’édition romandes ou françaises?

 Ce livre est à compte d’auteur puisque c’est avant tout l’aboutissement d’un rêve. Pour la Romandie, non, mais il devrait très prochainement aboutir dans les mains d’un éditeur français.
La diffusion de la poésie sur le marché du livre s’avère souvent difficile? Pensez-vous que l’internet puisse aider à la publication et diffusion poétique?

 Très certainement, d’ailleurs on y trouve de très nombreux extraits. En revanche, je ne pense pas qu’internet remplacera un jour l’intimité qu’un lecteur puisse avoir avec son livre, quand il humecte ses doigts la première fois pour dévorer ses pages.
Avez-vous des projets concrets et des ouvrages déjà en chantier?

Des projets, oui, même si le chantier a débuté. Très probablement, le prochain ouvrage sera à la fois en prose et en prose poétique, encore un vieux rêve d’enfant, cette fois-ci plus sur le soi au travers de la découverte de l’autre. Mais je me réserve la possibilité de le précéder encore d’un autre ouvrage en alexandrins.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:27
Falaises délitées, absinthe écrasée entre les doigts, pinède brûlante dans le zénith, lumières de Grèce et du Valais, les laves torrentielles de la mémoire envahissent ces après-midi esseulées, les temps se mélangent, le présent mêle ses eaux, peuplé de mille anges très légers et fragiles.
Entre les mains, ds paysages magiques, roche orangée, bleu pâle de la mer, toisons forestières, montée du magma, la terre s'allume, je suis le sentier sur la crête laminée par le soleil fou.
 Au-dedans des bras le violet des veines gonflées par la chaleur, les grillons qui cisaillent les airs chauds, et puis ce souffle intérieur qui gonfle la poitrine, une avalanche de mots et de pensées, de sentiments et d'abandons, d'étreintes et de rejets, des pivoines, des magnolias, des tagètes, peut-être celles d'un jardin imaginaire, la fièvre au corps je cours la campagne, ivre de parfums sourds, qui flottent dans les prairies louvoyantes.
Je rouvre les yeux, il fait clair dans le silence de ton visage lumineux.
Assoupissement.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 17:58

Les grappes de givre sur la branche du poirier
/ Des libellules d'hiver dans la soie du silence blanc
/ Ton regard derrière les rideaux de neige
/ Entre mes mains
/ Un peu de lin
/ Une écriture fine
/ A l'heure ouverte
/ Des doigts agiles
/ Qui tissent des habits de solitude/

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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 18:50

L'étang argenté, ses roseaux égarés et solitaires pris dans le givre de février,
la corneille sur la branche noire et nue,
je marche lentement,
dans les sentiers désertés proches de la réserve de Pouta Fontana près de Granges,
le ciel est bas,
des fagots de branches lumineuses retiennent les assauts d'un soleil qui s'est fait rare, 
un canal vert émeraude souligne la géométrie et le mouvement des broussailes dans la brise.
Chapelet de prières dans les branches qui s'égouttent,
 traces de colverts qui semblent s'être perdus,
 l'instant se découpe en fragments minces et fragiles,
il faut s'arrêter de respirer.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 20:48
«Le noir de ciel» est le premier ouvrage de Mary-Laure Zoos: enseignante dans le canton de Vaud, née en 1955, cet ouvrage paraît aux éditions Empreintes qui représentent un gage de qualité, d’authenticité et d’engagement littéraire. La poésie de Mary-Laure Zoos qui a déjà publié des textes dans différentes revues romandes fait penser à un réseau de correspondances qui mettrait en relation la matérialité horizontale de la terre, sa pesanteur, sa concrétude, sa texture organique, avec une certaine forme de verticalité et de recherche aérienne, un mouvement tendu vers la spiritualité et la métaphysique.
 Le quotidien est lourd, la terre boueuse, songieuse, parfois mortifère, engloutissant les pas des hommes qui cherchent une lumière dans le ciel noir, livré à l’informel et au chaos: «au coeur de la nuit on coule à pic, agrippant le fond du temps, et presque pas de mots...»
 Pourtant une espérance, une étincelle.
Intérieur et extérieur se confondent, le paysage peut devenir cette page en papier vergé sur lequel s’inscrivent les respirations sourdes du poète qui cherche, inlassablement, toujours en quête d’une parole vivante, qui porte le monde, l’inscrit dans le temps, le sauve d’un basculement dans l’abîme.
Jaccottet, Roud, Bonnefoy, des pèlerins et des pêcheurs d’étoiles, ont été évoqués ( Pierre Lépori) pour parler de la poésie de Mary-Laure Zoos, une constellation d’auteurs qui établissent des ponts entre le concret et le spirituel, l’obscurité et la lumière blanche des pétales de cerisiers. Une ouverture vers par les hauteurs. La poésie forte mais parfois sombre et lourde de Mary-Laure Zoos a obtenu le Prix Ramuz de Poésie 2007. «Le Noir du ciel»., Prix Ramuz de poésie 2007, éditions Empreintes.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 20:55
Un questionnement sur le nazisme et sa propagation Janine Massard nous offre là un ouvrage «L’Héritage allemand» tout de force, de densité et d’intensité.
 Le livre d’une écrivaine pour qui l’humain est au centre de ses recherches et de son travail quotidien, de son engagement et de ses passions.
Nombreux prix.
Janine Massard est née à Rolle où elle agrandi.
Elle exrcera divers métiers avant d’attaquer des études de lettres à Lausanne, qu’elle interrompra pour s’adonner totalement à l’écriture.
Les romans et les récits composent l’essentiel de son oeuvre, des récits concernant son vécu avec toute cette charge d’émotion et de poids existentiel que cela peut comporter.
Les petites gens sont fréquemment au centre de ses préoccuaptions, avec leurs joies, leurs angoisses, leur questionnement, leur descente aux enfers, leurs réactions face à un quotidien souvent difficile à traverser ou à surmonter. Janine Massard reçoit en 1986 le Prix Schiller pour «La petite monnaie des jours» alors que «Trois mariages » lui vaut les Prix des écrivains vaudois en 1993. Elle sera encore lautérate du Prix de la Bibliothèque pour tous avec «Ce qui reste de Katharina» et d’autres prix dont le Edouard Rod en 2002 pour «Comme si je n’avais pas traversé l’été»
 Janine Massard a de nombreuses occupations qui la lient au réseau social qui l’entoure, elle exerce notamment la fonction de présidente de l’Association Films Plan-Fixes depuis 2003. Elle réside actuellement à Pully. Au-delà des apparences.
Dans son dernier ouvrage elle aborde avec sensibilité et franchise, sincérité et puissance le problème du nazisme, de ses origines, de ses composantes déconcertantes, de ses manières de se propager et de transmettre peut-être de génération en génération. Des questions lourdes de sens et de responsabilité, à une période où des mouvements d’extrême-droite refont surface ça et là, comme en Allemagne en France, avec la profanation de cimetières juifs, l’émergence d’un humour anti-sémite latent comme les dernières provocations de Dieudonné. La péridode de crise et de délitement ds valeurs que nous vivons favorise cette apparitions d’individus hors normes, qui se raccrochent à des appuis vacillants ou complètement aléatoires générés par les extrémistes et les fascistes de tout bord. «Et si , par des voies occultes, les crimes nazis retombaient sur la descendance? C’est la question que finit par se poser Heide, dont le frère a fait la guerre sous l’uniforme SS, en constatant q’une étrange multiplication de malheures les atteint, lui comme elle, dans la chair de leur chair. Alors, hasar, ou syndrome du châtiment?» «L’Héritage allemand» Janine Massard, éditions Bernard Campiche
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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 20:30
Le long du fleuve de résine et de miel un chapelet de saules,des biolles grisées, les traces dans la neige de chevaux qui ont trotté jusqu'à épuisement, la plume de la pie qui s'est posée sur la branche, la bise qui a mouluré le bord du taillis, les doigts nus des bosquets joints pour la prière.
Il fait doux, plus loin vers Bramoisle soleil de l'après-midi dégèle les frises de glace du canal, il fait tard dans le coeur de nos errances solitaires
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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 20:23
Maintenant, partout...
Laurence Bender ,artiste installée à Martigny, expose depuis de nombreuses années en Valais et aussi à l'extérieur du canton.
 Son art est abouti, dépouillé, dense, mêlant austérité et pureté, suggestion et évocation, vivacité et intériorité.
Elle nous parle d’écritures posées sur la toile, de traces, de rythmes, de musiques qui viennent de ce chemin de Vie qu’elle met en forme et en peinture.
Retenue et économie de moyens pour dire le temps qui passe, l’empreinte de l’existentiel lorsqu’il rencontre l’essentiel, le trait nu sur la surface de la toile si vaste, et puis ces espaces rendus à leur puissance intérieure, tendus comme un arcs sur un monde de lumières et d’ombres mariées
. Les bruns, les ocres, les blancs cassés, les nuances , les variations pour dire la présence et l’asbsence:«Une construction de plein, de vide, horizontal, vertical...une globalité.
Un milieu enre rien et tout. D’un geste, un trait d’un instant unique naît. Partout...Maintenant.»
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jean-marc theytaz - dans littérature
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