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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 21:39
On connaît Eric Felley journaliste, politicien indépendant, écrivain, musicien, mais l’on connaît peut-être moins le peintre.
 Pour la première fois les œuvres d’Eric Felley ont étté exposées «officiellement» et ceci à la Galerie 7 de Jean-Michel Gard à Martigny: une belle occasion de découvrir un artiste imaginatif, créatif, exigeant mais également éclectique.
Une vingtaine de tableaux nous offrent un parcours pictural parsemé de fraîcheur et de couleurs vives, gaies, touchantes, avec des titres non dénués d’humour (La loi de la jungle, Le pendulaire...) qui apportent un second degré de lecture, avec l’esprit caustique, satirique, pince-sans-rire de Eric Felley.
«L’amour de la peinture» présente des œuvres des quinze dernières années avec des influences diverses qui vont de Matisse, Bram van Velde en passant par Wilfredo Lam ou Paul Klee.
 Un parcours «hétéroclite, unique» mais qui s’est fait avec une touche personnelle déjà reconnaissable, une maîtrise technique évidente et une sorte de joie de vivre et de distanciation toujours bienvenue par rapport au quotidien.
 Un univers parfois pointilliste, parfois plus géométrique ou graphique, mais toujours traversé de force et de présence. L’artiste saxonnin n’a en tout cas pas fini de nous étonner et surprendre agréablement.
En compagnie de Eric Felley le visiteur de la Galerie 7 peut également découvrir les textures de branches, feuilles et trames de Rock Raymond Ligué, qui s’est formé à l’Institut national des arts d’Abidjan et à l’école d’Art de Lausanne. L’artiste qui affectionne les monochromes avec parfois quelques nuances colorées travaille beaucoup sur l’épaisseur de la matière avec ses ondulations et ses reliefs, un univers en soi, avec des reflets, des brillances, des échos que renvoient le tableau. Membre de Visarte Vausd Rock Raymond Ligué a gagné le prix Anker en 1993; il travaille actuellement à Lausanne.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 21:36
Françoise Allet, une peintre de la couleur vécue comme énergie de vie et présence au monde, a exposé ses œuvres au château de Venthône en septembre 09: un ensemble de poèmes qui disent le quotidien et l’être humain mais dans une sorte d’abstraction émotive.
Françoise Allet est une grande voyageuse qui ouvre son regard en permanence sur l’univers et les personnes qui l’entourent; elle sait saisir les vibrations, les battements de cœur de la nature ou d’une mégalopole en proie aux mille et une pulsations, les senteurs d’un marché ou les grande solitudes des montagnes tibétaines.
La peintre de Sierre a ainsi parcouru les Indes, le Tibet, les pays nordiques et bien d’autres régions avant de s’établir à Savièse.
 Françoise Allet travaille la couleur avec dévotion, ferveur, dans une concentration qui confinent à la méditation et à la contemplation, celles qui permettent de nous approcher d’instants d’éternité si rares dans notre monde.
Comme le dit Françoise de Preux qui a présenté l’artiste lors du vernissage: «La couleur est, en effet, l'origine et la finalité de son travail. C'est par elle – et non par le dessin – qu'il débute. Et c'est par elle que se réalise sa peinture dont l'harmonie résulte des tensions. Les couleurs primaires jaune, rouge, bleu, sont souvent le point de départ.
Elles appellent parfois les complémentaires.
Ou bien se développent en variations dans la tonalité, en majeur avec des gradations d'intensité, en mineur comme ce jaune qui s'ombre d'une touche de bleu et de vert.»
Les lumières et les couleurs visitées par Françoise Allet peuvent être solaires, nocturnes, lunaires, voisinant et respirant en des transparences magiques, celles qui ouvrent les chemins du voyage intérieur, stellaire et onirique.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 22:03

08042d7j-1-.JPGL’écrivain Georges Haldas a  fêté en 2007 ses 90 ans.  Nous l'avions rencontré à l'époque. Né à Genève de père grec et de mère suisse il a publié plus d’une soixantaine d’ouvrages: poésie, essayiste, traducteur il a été le récipiendaire de nombreux prix dont le Prix Schiller en 1971 et 1977, le Prix Taormina en 1970. La philosophie, la religion, la poésie trois thèmes essentielss de son travail depuis plus de septante ans. Georges Haldas vit actuellement au Mont-sur-Lausanne avec sa compagne Catherine de Perrot, qui aide l’écrivain dans son travail, Georges Haldas ayant eu des problèmes de rétine et perdu la vue il y a quelques mois.
---------------------------------------------------------------------------------------- Interview.

 M. Haldas, l’«état de poésie» que l’on vous a connu tout au long de votre carrière littéraire et de votre questionnement philosophique est-il toujours aussi vivant, présent dans votre quotidien?

J’ai consacré ma vie au fait d’écrire et pour moi ce qui compte c’est de témoigner du mystère de la vie, de la beauté des hommes. Ecrire est ainsi un moyen et non une fin, je ne fais pas oeuvre mais témoigne de la Vie telle que la vivent des milliers de gens. Il y a chez moi avant tout un souci de vérité, de fidélité à la vérité de ce que l’on sent. Je ne suis pas écrivain, je suis un homme qui écrit; les écrivains véritables s’appellent Tolstoï, Virgile, Homère.... dont les livres sont des lieux de rendez-vous avec les gens pendant des décennies des siècles. Pour mes ouvrages personne ne peut dire maintenant ce qu’il en adviendra.

- Vous êtes toujours à l’écoute du monde qui vous entoure, malgré son brouhaha et son vacarme assourdissants. Quel rôle la poésie et l’écriture peuvent-elle encore jouer dans univers explosé qui ne prête attention qu’à l’immédiat, à l’apparat, au transitoire?

La primauté actuelle est donnée à l’économique, au social. La hantise et la folie de l’argent ont pris le dessus et ainsi le quotidien atténue les questions fondamentales, métaphysiques, philosophiques; actuellement l’hypertechnologie et la finance cheminent ensemble. L’époque est représentée avant tout par le souci de la puissance qui est une menace terrible au service de l’utilitaire. Les Etats-Unis par exemple réunissent les puissances financière, technologique, militaire et sont ainsi devenus une puissance extraordinaire au service du meurtre, de la domination d’autrui, de l’écrasement et de l’aliénation de l’individu. Jésus-Christ lors de ses 40 jours dans le désert a su dire non à l’inféodation à Satan, il a choisi la pauvreté, l’anti-meurtre, le respect d’autrui , il est devenu un modèle indispensable pour les croyants et les non-croyants.

Septante ans d’écriture, un itinéraire qui vous a permis de poser les questions primordiales sur la présence au monde, sur la construction de son identité d’homme, sur l’essence et l’existence: au fond quelle préoccupation vous fait encore aujourd’hui écrire au quotidien?

- L’expérience de l’écriture est liée au vécu et à la réflexion; il existe une continuité du travail et il s’agit d’un processus de longue haleine avec une maturation constante. Aujourd’hui je poursuis ma réflexion. Dans ma vie il y a eu trois foyers de préoccupations principales :1) l’Antiquité grecque, avec Homère, Socrate, les Pré-socratiques qui m’ont permis de créer les éléments fondamentaux propres à l’Etat de poésie, 2) mes positions contre le fascisme, l’hitlérisme, le communisme, même si au début les visées du communisme pour une société plus juste, équitable, pour la paix planétaire, la suppression des guerres m’ont attiré. 3) Le modèle Christique enfin qui m’a complètement passionné et habité. La religion, le Christ ont occupé une place fondamentale ans mon écriture et continuent à y être présents.-

Les petites gens ont toujours beaucoup compté pour vous; quels sont ces liens qui vous attachent si fort à eux?

Chez les petites gens l’ordinaire devient extraordinaire, et le mystère de la vie apparaît dans toute sa grandeur et sa majesté. On peut certes s’émerveiller devant l’Acropole, mais pour ma part un vieux vélo au fond d’une cour, avec des herbes rares, une lessive à l’étendage et les rumeurs e la vile peuvent apporter tout autant d’émotion et dégager une grande poésie. Ainsi j’ai autant de souvenirs concernant des petites gens que j’ai rencontrés au Boulevard des Philosophes à Genève que de l’entretien d’une heure que j’ai eu par exemple avec le président Mitterand...

 Que pensez-vous de la littérature romande d’aujourd’hui, une littérature à qui l’on a souvent reproché d’être trop introspective, retournée sur l’intériorité, sur soi-même?

Ce repli sur soi pourrait s’expliquer comme le disait Ramuz par le fait que la Suisse n’a pas vécu de d’évènement historique redoutable, n’a pas traversé de grandes guerres ou de secousses révolutionnaire, est restée en marge des grandes épreuves, d’où cette intériorité que l’on retrouve souvent dans cette littérature romande. Quant à moi je ne fréquente pratiquement pas les milieux littéraires tout en ayant ce pendant des liens avec certains écrivains comme Maurice Chappaz par exemple que j’ai bien connu et avec qui j’ai eu des rencontres.

Quelle place existe-t-il encore pour la littérature dans notre société et pensez-vous qu’il y a encore un engagement politique possible dans le travail de l’écrivain?

L’écrivain est tenu de soccuper de politique lorsque les valeurs humaines sont touchées. Aujourd’hui la politique a perdu du terrain et s’efface devant les priorités économiques du rendement et de la rentabilité. Il existe en certains endroits une sorte de mafia légalisée et la politique s’occupe désormais de gestion, de PIB, de salaire... d’où le retrait de l’engagement politique de l’écrivain qui s’occupe souvent maintenant de fiction et de création formelle.

Quelle place la mort occupe-t-elle dans votre vie?

 La Mort et la Vie sont connexes. La Mort donne sens à la Vie. Le Royaume des Cieux, une graine d’éternité qui échappent à l’espace-temps sont en nous et cela est essentiel. La mémoire dans cet état de fait est importante: elle transcende le temps rend présent en nous ce qui est au-dehors passé, et nous permet de rejoindre le Créateur du monde, et le principe de Résurrection.

Pouvez-vous me donner quatre dates significatives dans votre vie, avec quelques mots d’explication pour chacune d’entre elles....-



 1920-1935: L’enfance , les conversations paternelles portant sur les grandes questions philosophiques avec mon père à Céphalonie, le langage simple, la vie élémentaire confrontée aussi à la souffrance avec ma mère. Ma famille m’a beaucoup apporté et forgé en moi des convictions essentielles.-
 1940-1960: La confrontation avec les grandes idéologies, fascisme, hitlérisme, communisme et mes prises de position et réflexions contre toute forme de dictature
 1945: Amitié avec Jean d’Amrouche, au moment de la guerre d’Algérie, un journaliste qui recevait dans ses émissions Mauriac, Gide , Claudel... qui a vécu notamment les accords de vichy.
1960_2008: ma complicité avec Vladimir Dimitrievic, des éditions l’Age d’Homme, qui ma fait totalement confiance, et pour qui j’ai quitté les éditions Denoël à Paris chez qui j’avais publié plusieurs ouvrages.--------------------------

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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:34
Le loriot sur la branche nue du cerisier, le geai bavard qui traverse l’espace, les prés en fauche, le cœur battant du val dans la brume, il vente des paroles simples, dépouillées, des fragments d’éternité.
Tout près du chemin, le taillis d’herbes brûlées, l’églantier qui a résisté à l’orage du soir d’avant, les pousses de sorbier qui étendent leur territoire, et les cadavres de grillons abandonnés par la chaleur.
Regards tremblants, le paysage devient une grande boulange de mie blanche et de croûtes dorées par des soleils imaginaires...

Le rouge de l'aubépine rejoint mon sang vitreux, le vert de la fougère apaise ma respiration, je traverse le sentier comme le jour simple, par la porte du chalet l'haleine des étreintes invisibles.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:13

Asters, linaires blancs , leur laine flottant dans la brise du matin, sur le revers des herbes des couteaux aux lames luisantes, regards d’acanthe rivés sur le levant, les flancs d’obscurité de la montagne sortent de leur lit, entre deux becquets une tige de vive incandescence.


La nuit fut longue, noyant les masses4801042_2811780123.jpg calcaires dans une substance informe et enveloppante.
Le silence s’était niché sous les roches, dans les sentiers désertés, dans l’écorce des derniers arolles.


 Le brisier s’était lui aussi éteint, les lichens avaient étouffé leur luminesence.


Dans les trous de marmotte une présence encore évanouie, entre deux graviers une araignée esseulée.


Les rêves étaient encore lourds, lestés d’anciennes vies mouillées et sablonneuses, le sommeil léger, presque aérien quand il venait.

Voyage au centre de la nuit noire, naissance au matin plus clair, le mouvement entraine âme et corps dans son orbite profonde.

 

Se laisser glisser, se laisser couler, sans réfléchir, comme l’eau buissonnante du torrent blanc.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 23:23
Le tarin des aulnes /
son plumage duveté /
sa trace fragile dans le ciel crayeux /
La lumière légère de l'automne sur tes paupières /
L'eau calme du Rhône /
Le bec rouge des choquards près du refuge /
Les images affluent /
Le temps décroît dans la procession des heures tièdesd'octobre /
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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 23:19

feuilles.jpgLa saison des forêts de mélèzes orangés est arrivée; les sorbiers et les merisiers virent au jaune cuivré et au rouge bordeau, les myrtilliers se couvrent de pourpre, les bruyères voisinent avec les lichens des pierriers. 
L’automne, saison de tous les emportements, de tous les embrasements, ouvre les cœurs à la mélancolie et aux excès sentimentaux.
La nature qui a tout donné, blés murs, récoltes de fruits lourds et vendanges généreuses, s’exalte dans un ultime débordement de couleurs, d’épanchements et d’«incendies» volcaniques; intériorité soudaine qui gagne aussi le cœur et l’âme des humains, dans une sorte de flamboiement vif, passager, intense. 
L’automne appelle les souvenirs au bord des lèvres, saison des cendres, des brumes et des vapeurs qui traînent sur la lande et dans les alpages nus. 
Les chasseurs ont parcouru la montagne en long et en large durant deux semaines, le gibier cette année s’est fait plus rare, ayant souffert d’un hiver rigoureux.
En plaine les pressoirs tournent à plein, le millésime sera excellent à ce que l’on nous annonce.
 L’automne avance pas à pas, apportant sa musique lancinante et obsédante, comme dans un carrousel de lumières qui regardent vers l’éternité.
Recueillement.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 21:25
La rue est grise, les passants mornes et tristes créent un flux de torsions et de divagations éparses, je suis pris par le mouvement, comme un copeau de bois dans les franges d'un torrent continu, happé par la verticalité des immeubles qui m'entourent, écrasé par la masse de béton et de verre qui regardent à la fois vers le ciel et vers les entrailles souterraines de la ville.
Piéton en errance, marcheur en fuyance, la pérégrination se poursuit, les yeux cueillent des lumières hétéroclites, la bise râcle les trottoirs, le verbe s'étouffe dans la caverne d'un jour blême, au fond d'une gorge saturée de souvenirs tronqués.
La ville respire, ample et menue, la ville s'enfle de mille rumeurs noueuses, je m'avance, pris de remuants vertiges, comme secoué par ces labyrinthes étriqués qui attachent mes respirations à l'écorce de mes vagabondages.
 Marche, souffle, expire, souque, le navire urbain fend la nuit de sa coque inaltérable ,,,, ou presque.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 15:31

Les colchiques mauves au fond de tes yeux
la lumière du glacier dans les bruyères sauvages
l'envol du héron cendré au bord de l'étang
l'automne nous attend
patiemment

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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 21:23

L'aurore aux mains blanches

le fleuve silencieux
ta présence discrète
le soleil sur la pierre tiède
je reprends confiance
lentement
dans les mèches de la brise tendre

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jean-marc theytaz - dans littérature
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