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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 21:18
La pluie, lentement, sur les silhouettes nues des pruniers et des noisetiers qui bordent le chemin, le soir qui trébuche avec ses facines d'obscurité posées à même le sol et au fond des ruelles, le silence blanc des promeneurs du soir, l'errance des vagabonds et des curieux qui arpentent les terres vierges de l'ennui, le fleuve au loin comme un long serpent à la peau battelée, les berges mouillées où nichent les rêves d'antan, le pas cadencé de l'aventurier du quotidien qui traverse la plaine large et déserte, j'avance, à contre-jour, à contre-nuit, des mains invisibles autour de mon cou, il faut faire vite, elle me poursuit, me guette, m'invite, me prend même par la main la grande solitude des arrière-saisons, celle qui fait anti-chambre d'un espace infini, tout près des mers glaciaires, à revers des forêts d'améthyste qui dansent dans la nuit. Pour l'éternité.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 21:15
Des calligrammes, de nombreux dessins d’académie, des lithographies, des illustrations tirées de son carnet de croquis, des gravures, des sculptures au fil, la tour Lombarde à Conthey nous offre un festival de formes d’expressions artistiques avec les œuvres de Bernard Bavaud, un créateur aux talents polymorphes, au doigté exceptionnel, à la sensibilité exacerbée.
Un artiste complet et aux facettes multiples, qui se confronte à de multiples techniques, toujours avec cette maîtrise et cette maturité qui lui viennent certainement de sa formation de graphiste.
Bernard Bavaud a créé plus de 500 logos dont la célèbre griffe «Davidof»; il a également réalisé les gravures de pièces de monnaie ou alors les superbes portraits en bronze «saisissants de ressemblance et de simplicité» de Stravinsky ou Miles Davis, de Jean Piaget le pédagogue ou Jo Siffert le célèbre pilote de formule 1.
Une approche plurielle des formes d’expression artistique qui lui ont conféré maintenant un rayonnement national.
Bernard Bavaud totalise trente ans d’activités artistiques avec de multiples expositions.
Chez lui la précision du trait, la finesse de l’exécution, la pureté de la composition impressionnent par l’équilibre qu’ils dégagent avec, même dans ses dessins académiques, une touche d’originalité et de créativité toujours présente.
Les lignes et les formes mêlent tendresse et expressivité, puissance et retenue, une savante harmonie de sa passion pour les arts plastiques. Bernard Bavaud, tour Lombarde, Conthey.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 21:41
Pierre Favre, ses visages angéliques où se marient poésie et mystère, ses paysages traversés d’ondes magiques, ses êtres étranges qui habitent dans des univers oniriques, qui parlent un langage de lignes et de tensions flottantes, tout un monde artistique à découvrir à la galerie Grande-Fontaine à Sion.
«La peinture est un acte d’amour...Elle touche le coeur!...Redonne un élan à chaque homme pour qu’il retrouve une plus grande perception de sa vie, de sa propre aventure humaine!...» nous dit Pierre Favre qui a construit et élaboré un vocabulaire artistique très personnel : il nous invite au voyage intérieur ou à une certaine forme de symbolisme à la Füssli ou Klinger.
L’artiste crée, respire, génère des êtres et des lieux dans lesquels les humains sont fréquemment des adolescents, des faunes ou des sirènes, diront certains, qui semblent se mouvoir comme des oiseaux ou des anges dans des intermondes, des espaces transitoires, qui ne nous appartiennent pas vraiment.
L’artiste nous y emmène, nous met en relation avec une construction esthétique et symbolique, où la beauté des lignes, leur pureté, leur fluidité, nous baigne d’une lumière intérieure très vivante et transparente…; «Quand on ose se perdre dans une peinture on retrouve la liberté de penser, d’aimer. On retrouve du courage pour affirmer sa faim de vivre» raconte Pierre Favre.
 Parcours international
 L’artiste Pierre Favre, après l’école des Beaux-arts de Sion (ECBA), et l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris, a exposé dans plusieurs pays, notamment en Suisse, France, Hollande. Après avoir vécu plusieurs années en France, il s’est maintenant installé aux Marécottes.
Particularité. Pierre Favre travaille également pour de scénographies de théâtre comme chez Interface à Sion, «La Légende Dorée» ou la création d’affiches comme celle de «Sabbat». L’exposition de la Grande-Fontaine comprend des séries de 10 peintures acryliques de format 130/100cm, nous offrant des «personnages».
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 21:43

Les peupliers frémissants s'élargissent,
 lecture vibrante de mon corps qui avance à petits pas,
sentiers d'humus et de branchages humides.
Le casse-noix et l'hirondelle,
dans l'embrasure du ciel,
les nuages labiles qui filent des tabliers de lin,
les respirations sont lentes et ténues,
l'horizon ferme ses grimoires dans l'espace nacré,
je regarde s'envoler dans la verticalité des monts
les bleus vitraux de ton absence,
et recueille dans mes mains ta chevelure d'ange.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 22:27

La truite fario,
son ventre d'argent sur le fil du jour,
dans les méandres sablonneux de la rivière,
le glissement de l'eau, ses failles de silence, ses fuites limonneuses,
ses entailles dans le corps vitreux de la source devenue douce lumière,
les galets rouillés par le charriage torrentiel,
le gravier sonore lorsque s'ouvrent les écluses du ciel,
 l'arc en ciel caché sous la pierraille gris perle, bleu souris,
les herbes fluides qui suivent le courant,
les bouquets de limailles transpercées de soleil blanc,
les grottes magiques sous les fraîches cascades,
 les «licornes» qui nous envoûtent,
 les truitelles et leurs vifs éclairs à la surface de l'eau,
 manège fluorescent, à la lisière d'une réalité qui nous dépasse et nous emporte,
dans les replis d'une respiration immortelle. juin 09

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 16:36
«Je te tiendrai la main» le dernier livre de Isabelle Guisan aux éditions de l'Aire nous offre une regard aiguisé sur l’univers des maisons de retraites: «une polyphonie un peu particulière autour du vieillissement» avec ses rumeurs, ses murmures, ses cris, ses chuchotements, se angoisses, ses espérances aussi. Un neuvième ouvrage pour cette écrivaine voyageuses, chroniqueuse attentive à la poésie du quotidien, qui s’intéressant aux autres se penche également sur son propre vieillissement, qui va de pair avec celui d’une société toute entière en train de s’effriter dans certains de ses fondements de solidarité et de responabilité. Le monde des EMS est un univers à part, un monde clos, confiné, reclus parfois, fermé sur-lui-même en quelque sorte dans lequel, toute personne en y arrivant vit un chavirement complet, une transformation abrupte des habitudes, avec une perte des repères des jalons, des schémas mentaux au rythme desquels il vivait. Ce sont souvent la maladie, la solitude, la détresse exstentielle qui amènent les personne âgées dans ces établissements: au départ la situation est déjà déstabilisante, et l’entrée dans un home n’est de loin pas quelque chose d’anodin. Dans le livre de Isabelle Guisan «Sophie débarque du monde du théâ’tre dans celui des maisons de retraite. Elle est saisi d’emblée par l’écho des voix contrastées qui résonnent à Bellevue, le vaste établissement médico-social qui l’engage pour stimuler le dialogue. Confidence, cris et rumeurs s’y rencontrent, s’y entrechoquent parfois...» Le livre de Isabelle Guisan recouvre des faits précis, clairs, concrets, qui ont trait à une réalité matérielle, psychologique, sociale; il tient de « l’observation documentaire et du récit littéraire.» L’ouvrage avance au rythme lent, monocorde, patient des résidences pour personnes âgées, qui alterne avec le monologue de l’héroïne. Il y a le rituel des repas qui scandent la journée, comme les soins, les animations qui ouvrent un peu les horizons des résidents. La parole, le toucher, le contact par le regard et les mains, la parole douce et attentionnée prennent une importance particulière, alors qu’avec l’âge les traits de caractère s’exacerbent parfois,devenant presque insupportables pour certains. Le dialogue, les confidences, le vécu permettent de sublimer une souffrance latente, qui vit en pointillé dans cet âge de la vie si particulier.
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 20:48

clavoz_sion2.jpgMurs de vigne accrochés au ciel, géométries signées de vents et pierres chaudes, sur le bisse des liserons et des valérianes, le pas métronome du promeur de l’après-midi.
Le regard suit la vallée du Rhône, plonge dans la poussière qui flotte au niveau des collines de Tourbillon ou du Chateau de la Soie, se laisse porter par les airs tièdes de mai ou de septembre, des lumières filtrantes et rasantes qui découpent le relief.
Les gens défilent, les propos volatiles se perdent dans les danses des choucas, tourbillons de rayons mielleux emplissant le berceau qui encorbelle le fleuve.
Le temps s’émiette, poignée de micas lancés à même l’insondable, dans la violence des moments faibles, du quotidien, ceux qui se révèlent indispensables à la survie .

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 18:43

0027609d-1-.JPGLueurs vibrillonnantes sur la peau fragile du fleuve, âmes vacillantes et cendrées en procession, les chevaux martèlent le sable des berges, la soleil meurt dans les sillons de l'eau verte et lustrée.
Instants taillés dans l'ivoire de tes yeux, la brise se fait tendre, comme en un moment ultime et qui ne reviendra guère... La route et son noir d'asphalte courent le long du fleuve, le peuple des cyclistes, promeneurs et aures rollers fend l'air
tiède du soir printanier, embaumé de parfums de primevères,de mauves ou de lilas, le corps et l'âme pris dans un rythme métronome, cadencé de pensées volatiles, de sentiments légers, portés par une brise à peine perceptible.
Pèlerins modernes qui retrouvent dans l'ouverture de l'espace, entre drideaux d'arbres et prairies fuyantes, une envie de courir, de 'senvoler, de se fondre dans l'infinité de respirations libres et profondes.
 Le fleuve s'en va, il emporte avec lui, nos rêves d'apesanteur et de vastitude mélodieuse.

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 20:21
Blaise Hofmann, un nom relativement nouveau dans la littérature romande mais qui depuis deux ou trois ans y a déjà pris une place importante: avec Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli, on pourrait sous certains angles le classer dans la catégorie des écrivains-voyageurs mais ses premiers écrits qui ont touché le grand public avaient trait à son expérience de berger sur un alpage de Suisse romande durant plusieurs mois.
 Toute une aventure existentielle, spirituelle, de découverte de l’écriture aussi, qui a su sensibiliser les critiques romands et le grand public qui lui a réservé un accueil chaleureux.
Blaise Hofmann a d’ailleurs reçu le Prix Nicolas Bouvier 2008 à Saint-Malo pour «Estive», carnet de route en haute vallée alpine.
Il est également l’auteur d’un récit de voyage en Asie et en Afrique «Billet aller simple» et d’un roman «L’assoiffée». Aujourd’hui les éditions de l’Aire publie un nouvel ouvrage de Blaise Hofmann intitulé «Notre mer» avec une préface de Serge Michel.
Goût de l’aventure.
Ce livre relate les pérégrinations de l’auteur qui en 2008, durant six mois, a cheminé autour de la Mediterranée: de cette aventure il en a retiré des «impressions» photographiques et littéraires, au rythme hebdomadaire dans le quotidien 24 Heures et sur un blog.
Ainsi le lecteur peut partir à la découverte de Barcelone, Marseille, Athènes, Zagreb, Tirana... apprendre à connaître des peuples différents, avec des sensibilités multiples, des us et coutumes plurielles. Ainsi de l’Espagne aux Balkans, en passant par l’Algérie ou le Liban, Blaise Hofmann a visité les milieux les plus éloignés les uns des autres, cotoyé les gens les plus hétéroclites et originaux.
Comme nous le dit Serge Michel le livre peut parfois donner le tournis: «les villes, les gens, les hôtels, les frontières et les idées se bousculent dans un «vite vu bien vu» qui donne parfois envie de se poser en imaginant les llivres qu’il y a en germe dans ces notes cybernétiques.
L’auteur lui-même en reste perplexe et se dit aujourd’hui guéri des voyages avant la prochaine rechute....». Et pourtant dans ce panorama de 200 pages de textes et de photos on peut retrouver une réalité bien vivante de ces régions avec la misère et la décrépitude du Sud et ses «espoirs» de s’en sortir, la «suffisance» des touristes, la position ambigue de la Turquie qui aimerait adhérer à l’Union européenne et qui fait partie dune civilisation musulmane, la multitude de problèmes et de préoccupations qui différencient les populations qui vivent autour de la Méditerranée...
Les photos pourraient être celles d’un reporter en quête de «quotidien» et de vécu, avec la rencontre des gens simples, de tous les jours, au coin d’une rue ou dans un bistrot. Des scènes «évidentes», spontanées, vraies qui racontent le monde d’autour de la Méditerranée.
Les textes eux peuvent être descriptifs et poétiques à la fois, avec des détails , des nuances et une grande sensibilité; quelques fois ils correspondent presque à des textes parlés, avec un style elliptique, rapide, presque télégraphique. Bref, un voyage coloré et animé, riche d’enseignements et de partages.... «Notre mer» par Blaise Hofmann, aux éditions de l’Aire.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 23:04

Il neige sur le printemps,
des muguets, des jonquilles, des narcisses,
des brassées de bruyères mauves d'un automne à venir,
il souffle sur la lande,
des ondées de mains blanches et fines
qui volent comme pétales transparents.
Des voix légères emplissent l'espace des vertes prairies,
sur les eaux lustrées de ce lac à mi-coteau des ridules captent les lumières fuyantes du zénith,
les marcheurs suivent les méandres du bisse,
 plongent dans les arcades formées par les noisetiers et les vernes ,
 l'humus étouffe nos pas,
le soleil filtre à traverrs les branches sur lesquelles naissent les feuilles printanières,
pas à pas redécouvrir le monde nouveau,
celui des constructions mentales,
 au-delà des immobilités et des solitudes hivernales,
 envelopper dans le regard les forêts sauvages
qui nous regardent, juste en dessous des alpages,
où il fait bon s'enivrer de senteurs de mélèzes,
de génévriers, d'épicéas,
 plonger les mains dans les lambeaux de lichens qui courent sur les écorces,
et puis écouter les prières,
le silence intérieur qui rejoint les vitraux d'un ciel fragmenté,
et se laisser glisser ,
 lentement, dans les eaux tièdes de l'après-midi solaire.

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