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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 23:19

feuilles.jpgLa saison des forêts de mélèzes orangés est arrivée; les sorbiers et les merisiers virent au jaune cuivré et au rouge bordeau, les myrtilliers se couvrent de pourpre, les bruyères voisinent avec les lichens des pierriers. 
L’automne, saison de tous les emportements, de tous les embrasements, ouvre les cœurs à la mélancolie et aux excès sentimentaux.
La nature qui a tout donné, blés murs, récoltes de fruits lourds et vendanges généreuses, s’exalte dans un ultime débordement de couleurs, d’épanchements et d’«incendies» volcaniques; intériorité soudaine qui gagne aussi le cœur et l’âme des humains, dans une sorte de flamboiement vif, passager, intense. 
L’automne appelle les souvenirs au bord des lèvres, saison des cendres, des brumes et des vapeurs qui traînent sur la lande et dans les alpages nus. 
Les chasseurs ont parcouru la montagne en long et en large durant deux semaines, le gibier cette année s’est fait plus rare, ayant souffert d’un hiver rigoureux.
En plaine les pressoirs tournent à plein, le millésime sera excellent à ce que l’on nous annonce.
 L’automne avance pas à pas, apportant sa musique lancinante et obsédante, comme dans un carrousel de lumières qui regardent vers l’éternité.
Recueillement.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 21:25
La rue est grise, les passants mornes et tristes créent un flux de torsions et de divagations éparses, je suis pris par le mouvement, comme un copeau de bois dans les franges d'un torrent continu, happé par la verticalité des immeubles qui m'entourent, écrasé par la masse de béton et de verre qui regardent à la fois vers le ciel et vers les entrailles souterraines de la ville.
Piéton en errance, marcheur en fuyance, la pérégrination se poursuit, les yeux cueillent des lumières hétéroclites, la bise râcle les trottoirs, le verbe s'étouffe dans la caverne d'un jour blême, au fond d'une gorge saturée de souvenirs tronqués.
La ville respire, ample et menue, la ville s'enfle de mille rumeurs noueuses, je m'avance, pris de remuants vertiges, comme secoué par ces labyrinthes étriqués qui attachent mes respirations à l'écorce de mes vagabondages.
 Marche, souffle, expire, souque, le navire urbain fend la nuit de sa coque inaltérable ,,,, ou presque.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 15:31

Les colchiques mauves au fond de tes yeux
la lumière du glacier dans les bruyères sauvages
l'envol du héron cendré au bord de l'étang
l'automne nous attend
patiemment

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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 21:23

L'aurore aux mains blanches

le fleuve silencieux
ta présence discrète
le soleil sur la pierre tiède
je reprends confiance
lentement
dans les mèches de la brise tendre

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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 22:16
Le «Chant des cépages romands» de Maurice Chappaz, un agréable et poétique livret qui est paru récemment aux éditions MiniZoé à Genève: un texte frappé par la profondeur et la sensibilité du poète valaisan qui nous offre une approche très forte, matérielle et spirituelle aussi du vin, de la vigne, de ses travaux.
Le Valais, certaines de régions de Romandie aussi, sont modelées par la main de l’homme qui a façonné des terrasses, créé sur les coteaux abrupts des parchets aux géométries aériennes impressionnantes, qui a sculpté le paysage de ses mains en réalisant des vignes aux cépages multiples et diversifiés.
 Chappaz connait cet univers de manière substantielle et essentielle, de par ses racines, de par son expérience propre, de par son art. Il a écrit ici un Chant qui «est d’abord un hommage à la matérialité de la vigne»...
«Bien des notaires qui ne prêtent pas attention à leurs épouses, goûtent, tâtent, regardent respirent, mirent une carafe de vin dans un rayon de soleil comme s’il s’agit d’une personne, de leur vraie femme, de leur enfant. Ils ont des gestes câlins pour prendre leur verre, une bouche futée, des mots d’amoureux...
Tirer sa nourriture d’un champ et se taire, voilà sans doute la moins vaine des occupations humaines», nous dit l’auteur.
Dans cet ouvrage, Chappaz nous parle de la vigne, du vin, des nectars qui enivrent l’âme et le cœur, mais également du savoir-faire séculaire des vignerons «marieurs de plants», des vendangeurs à la main et au geste habiles, des tonneliers qui savent choisir les meilleurs bois pour les «douves sacrées».
Comme le dit Isabelle Rüf dans sa préface, le «Chant des cépages» parle aux yeux, vibrant de pêchers roses, de ceps noirs, d’herbes vertes sur les pentes grises, de vin roux.... c’est forcément aussi un hymne au goût: l’amertume, le miel, la mâle astringence du gamay, le «bouquet de marguerites écrasées», «la verte sève veloutée de l’hermitage», le «long, long parfum de réséda du riesling».
Et quel bonheur de l’allitération pour mieux chanter.»
Il ya les cépages, la terre, les plantes mais aussi le granit, la mollasse, le silex, les glaciers, là-haut tout près du ciel, et puis le climat avec la roche ensoleillée et des sucs souterrains.
Les secrets de l’amigne, de l’arvine, des pinots gris, la malvoisie, le païen... nous emportent en des voyages intérieurs magiques que nous ne saurions oublier sous aucun prétexte.
L’ouvrage est agrémenté et rythmé par de magnifiques illustrations de Palézieux, dont la sobriété, le dépouillement, la justesse de tons et de valeurs impressionnent toujours. «Chant des cépages romands», Maurice Chappaz, MiniZoé, Genève.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 20:44

L'onde pure du matin blanc

 La rivière et ses miettes de lumière
 Etincelles qui scintillent dans mon regard immobile
 Comme cierges de Pâques au jour de la crucifixion
 Le temps et ses fragmentations
 Perdus dans les tissages ventés des bouleaux
 Il est un murmure
 Une douce mélodie
La mésange est passée
 Le temps s'est arrêté

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jean-marc theytaz - dans littérature
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 21:22

Le vent souple et fluide dans les corrifors de la vallée,

les respirations haletantes de la biche qui a couru et déferlé le long de la clairière,
 le soleil et ses limailles dans l'oeil du hibou,
paroles de paille et d'argent sur le fond du ruisseau,
le jour se prolonge jusque dans la couronne des épicéas,
les branches de mélèzes livrent leur miel,
il fait doux dans le halo
 de ta présence invisible, indicible, murmurée...

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jean-marc theytaz - dans littérature
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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 21:21
Le fleuve glisse, quelques moucherons sur la surface étale, tachetée de malachite et de grès.
 Leurs danses tournoyantes enfantent l’air d’aquarelles liquides:
Près de la rive, quelques personnes, recueillies et silencieuses, un poids sur le coeur; dans les mains de l’une d’entre elles une urne fragile et délicate.
Et puis des cendres qui s’en iront avec les eaux du Rhône jusqu’à la mer, entre sources, monts, plaines et lagunes, des cendres mêlées de lumière et d’ombres bondissantes, les symboles d’une vie en allée il y a quelques jours, ravagée par la maladie.
 Un voyage ultime, qui relie la montagne à l’océan, la neige immaculée à l’écume blanche, l’homme aux éléments. comme dans une communion finale et définitive.
L’argent des cendres volatiles, les embrasements de l’eau fuyante, une écriture qui jamais ne s’éteindra.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 19:09

229034795_6a3904d7e6.jpg«La montée n’est pas trop longue, ni fatigante, une heure et demi depuis les mayens de Conthey, depuis Incron plus spécificiquement, en pente appuyée ,avant de gagner les alpages de Flore et d’Aïro qui se découvrent dans toute leur splendeur et leur virignité à 1980 mètres d’altitude...» nous dit Françoise Douheret ....tenancière de la buvette d’Aïroz.
«Ce lieu constitue un objectif de promenade en soi qui vous fait parcourir quelque huit kilomètres en tout, aller et retour. Mais l’Aïroz représente également une étape sur l’itinéraire qui conduit à Le Lodze, à Derborence, à 1h30 des chottes et de la buvette d’Aïroz. »
Un parcours agréable, sans obstacles, à la portée de tout un chacun. «Nous sommes venus ici en 2004 et nous restons cinq mois d’affilée à nous occuper de la buvette et du gîte.

Ici à Aïroz la convivialité est le maître mot: ambiance détendue dans un coin de chottes très chaleureux, boisé avec des lames de pin qui apportent une touche montagnarde très typique.
Une cheminée ouverte diffuse une odeur de fumée de mélèze ou d’épicéa très caractéristiques; les accents de visiteurs peuvent rappeler les grandes villes ou le Midi de la France, la Suisse allemande ou la Hollande, l’alpage devient international...
 «La buvette et le gîte disposent d’une vingtaine de lits et sont ouverts du 15 mai à la fin octobre. Nous recevons beaucoup de promeneurs mais également des sorties d’entreprises, des personnes qui organisent leur anniversaire sur l’alpe ou comme prochainement, cette année, le premier août de la commune de Conthey avec le traditionnel feu et le discours officiel de la conseillère communale contheysanne Véronique Dayer.» nous dit Françoise Douheret. Multitude d’itinéraires
«Ce qui est intéressant ici réside dans la multiplicité des itinéraires de marche proposés dans les alpages: on peut rayonner sur Flore, Pointet, le Larzet, Le Lodze, Derborence.... avec chaque fois des sentiers faciles, accessibles à tous, et avec en prime un panorama magnifique sur le massif du mont Blanc, la Rosablanche, le Weisshorn.... on peut même apercevoir la vallée de Conches au fond à gauche, une vue magnifique et imprenable. Il y en a pour tous les goûts avec aussi le tour du Mont-Gond, par exemple, une marche de quatre- cinq heures qui passe par la Croix de la Tcha et l’étang des Trente Pas.» souligne Jean-Daniel.
Ce dernier a réalisé lui-même tous les travaux de restauration de l’Aïro, de l’artisanat authentique, avec un cachet montagnard très apprécié. Le couple apporte ainsi depuis quatre ans une animation bienvenue dans les alpages de Conthey avec aussi une carte de restauration typique qui réjouit tous les randonneurs amoureux des alpages.

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jean-marc theytaz - dans nature
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 22:01
Déroulement du temps, passage rythmé des saisons, métamorphoses et changements minéraux, végétaux, atmosphériques de la nature, dans l’imagination, dans le vocabulaire...
 Sarha In-Albon nous a offert au château de Venthône une exposition fraîche et vivace qui nous fait découvrir sa puissance créative.
Première invitée à Venthône en 2009, Sarah In-Albon y a exposé ses peintures récentes: une floraison de couleurs. «Ce qui est le plus flagrant, ce qui saute aux yeux et provoque l'émotion, c'est l'audace de la couleur. Sarah In-Albon ose aujourd'hui le rouge, le bleu, le jaune, l'orange, le vert, le violet.
Elle joue avec leurs nuances et leur degré de saturation» nous dit Françoise de Preux.
«Le peintre travaille avec des pigments volatils et très peu de liant.
Ce qui donne une intensité rayonnante à la couleur, matière à l'aspect poudré ou satiné ou mat, ou encore brillant qui reflète la lumière.
Cette matière-couleur génère un espace formel qui peut être paisible, tranquille mais aussi tendu, agité. » poursuit l’historienne d’art. Langage personnel.
Sarah In-Albon puise dans la nature forces, énergies, vibrations, qu’elle accueille en elle, qu’elle emmagasine en quelque sorte , qu’elle fait siennes, qu’elle place dans la lumière et les ombres de sa sensibilité.
 Puis elle laisse cet humus se décanter dans son intérieur, tamisé par la linéarité temporelle, par le continuum émotionnel, par la respiration de ses pérégrinations existentielles: les sensations originelles peuvent alors se transformer en un langage inaugural, innovateur, original et essentiel.
 Les éléments y sont présents, terre de sienne, bleu horizon, les feuilles gaufrées de l’automne, le blanc silencieux et profond de la neige, compositions spontanées mais qui recouvrent une structure interne et finale très solide.
 L’artiste met en forme son vocabulaire, signifiants et signifiés peuvent se mêler, générer des embrasements nouveaux: l’œuvre prend forme, les stries, les griffures, les linéaments, jaillissent, envoilement du temps et de l’espace, formes et couleurs font éclater la mort, pour quelques instants, les saisons deviennent musique symphonique après avoir été dépouillement et regard essentiel: communion entre cosmos et rêves vivants, entre le proche et lointain, dans un acquiescement complet avec le déroulement temporel. Immersion.
 Sarah In-Albon a fait ses études à Annecy où elle a acquis une formation en audiovisuel. Elle vit et travaille actuellement à Sierre où depuis sept ans elle s’est complètement immergée dans sa passion la peinture. A son actif plusieurs expositions dont des collectives à la Galerie de la Treille à Sion en 2005, aux Caves de Courten à Sierre en 2006; et la Galerie de la Grande Fontaine à Sion a présenté en 2007 sa première exposition individuelle.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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