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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 22:10
La neige croûtée, prise par le gel nocturne, avec ses cupules, ses écorchures, ses ongles déchirés, la forêt traversée d'une brise de vallée, celle qui descend de Chervex, juste avant l'arrivée du soleil qui se glisse entre mélèzes et sapins verts, le bruit des skis, des bâtons plantés.

Sous une racine, blottie et cachée au moindre murmure de nos voix, une perdrix des neiges, sauvage, innocente, anxieuse; plus loin le sentier qui déroule ses lacets sur la petite moraine, et puis la forêt qui s'éclairicit et laisse place à l'alpage, mais la neige est très dure, les peaux glissent sur le dévers, il faut monter à la force des bras, le souffle devient plus court, haletant, manquant.

Couper la pente en diagonale pour rejoindre le vallon des Troutzes, en parallèle de la montée au Métailler, se hisser jusqu'au bisse de Chervex.
Sur la gauche des skieurs, des raquetteurs qui arrivent du télésiège de Combatzeline, rejoindre maintenant la trace qui monte lentement vers les dolines et les combes qui s'arrondissent en fond de vallée.

Avancer régulièrement, tranquillement, sereinement, le regard vagabond dans le scintillement des flancs incandescents, et toujours les pensées qui brassent l'esprit, les envies, les élans, les souvenirs, les espérances.... qui changent de couleurs avec le paysage, les images mentales , qui, après s'être immobilisées, s'aèrent, se rétrécissent, se dilatent, s'évaporent , s'envolent... et le ciel incandescent, profond, infini, immense, éternel... qui m'attire, m'entraîne et m'absorbe. mars 09
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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 20:31

La tiédeur des taillis printaniers, les bourgeons des saules et les amandiers qui s'impatientent, le lézard dans les veines et les failles de la roche schisteuse, je tends mes mains dans l'air, libre et ouvert, comme la brise qui lèche la vallée, sans mémoire, ni mort, à l'horizon des ondulations océanes.
La coronelle va bientôt retrouver le chaud brisier, un goût d'absinthe enivre déjà nos pérégrinations intérieures.
Les fumées des facines emplissent le coteau, l'ivresse est totale.
La plaine respire profondément, enfourne nos regards bleus.
A  l'horizon la silhouette de l'infini.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:33

La nuit mauve, tenture magique sur la vallée escarpée, la forêt d'épicéas et leurs voilures agitées dans la brise, le murmure continu de la rivière au fond de la gorge calcaire, l'absence de clarté lunaire, l'encre de tes songes, dans l'air juste un souffle, celui de pétales d'abricotiers et de pêchers qui de leur lopin de vigne embaument toutes ces parcelles d'obscurité.....
La campagne semble retenrir sa respiration, au dedans de sa poitrine les poussières cendrées des morts qui habitent la terre profonde, leur terreau existentiel qui emplit terre et ciel, souvenirs passés et à venir, et puis cette douleur dans la main, qui ne permet plus d'essuyer le visage, de se frotter les yeux, qui retient la lumière au-dedans de nos errances, comme une sève étouffée qui ne permettra pas au bourgeon de voir le soleil d'ivoire du pays blanc.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:53
La prédication, un sujet pour le moins original et spécifique mais qui peut toucher tout un chacun, d’abord pour mieux comprendre ce que l’on veut nous dire, dans une homélie, dans un discours, dans une cérémonie officielle, pour mieux le sentir, pour mieux le «palper» dans les méandres de notre conscient et de notre inconscient: pour cela le 3e volume de la collection «Perspectives pastorales» vient de sortir aux Editions Saint-Augustin à Saint-Maurice, intitulé «Un langage qui sonne juste» signé François-Xavier Amherdt.
/ Le langage de la prédication, un sujet qui pourrait paraître au premier abord rébarbatif mais qui en fait contient quantité d’éléments concrets passionnants.
Comme le dit l’abbé François-Xavier Amherdt: «Que vous prêchiez vous-même, ou que vous soyez auditeur de prédications lors de célébrations à l’église (messes dominicales, baptêmes, mariages, funérailles…), qu’est-ce qui fait qu’une parole vous touche? Qu’elle rende accessibles pour vous les textes bibliques? Qu’elle nourrisse votre vie spirituelle et vous pousse à l’action dans le monde, au nom de votre foi?»
Voilà tout un éventail de questions auxquelles cet ouvrage pourra apporter des réponses. En effet la poésie et l’homélie ont des points communs: un ensemble de vibrations que le langage peut livrer, une musique intérieure qu’il peut faire passer, un univers ultrasensible, émotionnel qu’il peut révéler…
«A bien des égards, la poésie ressemble à l’homélie en Eglise. La poétesse allemande Hilde Domin a élaboré une réflexion théorique passionnante sur la langue du poème, dont les fruits s’avèrent extrêmement bénéfiques pour l’homilétique (l’art de la prédication). Selon elle en effet, le langage apparaît comme le lieu de perception en profondeur de la réalité. La langue poétique a une puissance de révélation analogue à celle des Ecritures, ce que les 17 thèses finales de l’ouvrage s’efforcent d’expliciter.»/
Un guide.
Ce livre est un instrument pratique et utile pour tous les prédicateurs (prêtres, diacres et laïcs) «en recherche d’un langage qui rejoigne leurs auditeurs, et apporte pour tous une contribution au dialogue entre la littérature, la théologie et la proposition de la foi».
 Par ailleurs des critères théoriques, des exemples concrets y sont développés, de quoi se forger une vraie approche théorique et concrète. «PRÉDICATION: un langage qui sonne juste», Franziska Loretan-Saladin et François-Xavier Amherdt (coll. «Perspectives pastorales», n. 3), Editions Saint-Augustin, Saint-Maurice
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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:41

Le vent sec sur l'arête
/ le vent froid qui saisit les membres
/ la neige qui poudroie en haut de la corniche fouettée par le soleil orangé
/ l'écorce de l'arolle qui retient la lumière rosée du soir
/ la terre labourée par les sabots du chevreuil
/ la forêt traversée de présences immobiles
/ la peur, la crainte, discrètes derrière les branchages
/ et puis le crépuscule qui prend possession des sous-bois
/ la nuit
/la faim
/peut-être la mort
/ l'hiver trop long
/ l'hiver trop froid....

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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 22:34
Une histoire banale, une histoire quotidienne, une histoire touchante, celle d’un pasteur qui meurt subitement d’un infarctus et laisse derrière lui une veuve de cinquante-trois ans, une fille de vingt-quatre et... une maîtresse de trente-huit ans.
Tout un petit monde qui soudainement se trouve confronté à la mort prématurée, inattendue, dévastatrice, qui fait basculer les habitudes, les apparences, qui vient chahuter le rythme de vie de chacun, qui met au grand jour ce que tous les paroissiens savaient déjà, bref une mort qui intervient comme un orage, bruyant, mouvementé, charriant dans ses courants forces et énergies négatives, de celles qui peuvent parfois se transformer en eaux purifiantes...
 Anne Rivier, l’auteure, est originaire de Bienne elle a passé quatre ans en Iran, travaillant dans un projet de développement notamment structuré et managé par son mari. En Suisse elle vit dans plusieurs villes de Romandie et nous raconte dans son ouvrage avec finesse, sensibilité et beaucoup de nuances un pan de vie d’une petite communauté de chez nous.
Ton ironique et acerbe.
Là, dans cet ouvrage enlevé, sur une centaine de pages au Regretté, au mal Eteint, au trop Silencieux, à Monsieur l’Increvable, l’Inextinguible... nombre de paroissiens en prennent pour leur grade, la maîtresse comprise, la femme du pasteur soumise à mille et une obligations, déformations, habitudes destructrices....
 Et l’Amour, floué, trompé, écrasé, l’amour solaire, mais aussi l’amour des clandestins, des pauvres, des réfugiés, des chômeurs, l’amour donné à certains, enlevé aux autres, l’amour unique, mais aussi l’amour des femmes, au pluriel. Suffisance naïve.
Et puis on y parle aussi du «ronron existentiel» des paysans, des villageois, de leur suffisance et de leur confiance en eux-mêmes qui atteint parfois la naïveté et la candeur, des existences «réussies» qui n’en sont pas, des mensonges, des masques, des apparences, des hypocrisies en flux continu....
Bref un ouvrage décapant, qui en dit beaucoup sur ce que peut être une petite communauté, avec ses personnages ambigus, ses prophètes d’un soir, ses personnages inspirés, ses pièges permanents.
Un récit rythmé, qui tient en haleine le lecteur avec un suspense bien mesuré et coloré.
 Anne Rivier n’en est pas là à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs livres, dont des nouvelles sur des faits quotidiens, anodins parfois, mais qui offrent toujours un pesant de vie et de «relationnel». 
Anne Rivier «Ecrivain d’Amour» aux Editions de l’Aire.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 10:23

Le souffle du vent
un ciel de gentianes et pervenches
la douceur de ton visage
tes mains dans une boulange de lumière
le printemps renaît
gentiment
dans ces bourgeons d'amandiers
de noisetiers 
les duvets de chatons gris
ramènent mon enfance

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 11:15

Le vent léger
sur le fronton de l'aube
les tables de marbre blanc
sur lesquelles prend naissance le jour
les ailes grises et orangées du rouge-gorge
sur le lilas dénudé
oraison méditation contemplation
laisser entrer le silence en soi
la traversée du quotidien
devient lenteur et patience
comme le travail du graveur
le burin dans les mains
 qui sur la plaque de cuivre
retient les structures dur réel et de l'invisible

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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:44
Professeur au collège des Creusets à Sion Raphaël Délétroz a publié un recueil en alexandrins très aboutis, dont la finesse, la justesse de ton et la qualité poétique sont à relever. Maîtrise et invention, deux mots aussi pour qualifier ce premier livre qui pourrait bien en appeler d’autres d’aussi bonne facture, et dont la sensibilité n’est pas le moindre des atouts.
Raphaël Delétroz, comment procédez-vous pour l’écriture?

 Je n’ai jamais cherché à écrire, c’est venu, simplement, un jour, en l’occurrence avec le premier poème de l’ouvrage, puis avec le temps et les conseils d’un ami cher, je me suis dirigé vers la simplicité de la poésie et de l’alexandrin. Cela fait une vingtaine d’années que j’écris , depuis l’âge de quatorze ans. Je n’ai aucune discipline : je peux ne rien écrire pendant trois ans et tout d’un coup l’inspiration me fera coucher une centaine de vers en 5 heures sans y retoucher un seul mot.
De quelles manière le livre est-il articulé ?

Le point central est la femme, ou plutôt la féminité . C’est un rêve d’un enfant de 5 ans qui au travers d’un regard a vu des choses splendides. J’ai voulu les retranscrire en prenant appui sur d’autres regards. Le livre va dans le sens d’un éloge non gratuit mais plus profond, car bien souvent, me semble-t-il, la femme se méconnaît elle-même. J’ai toujours été attiré par l’autre, mais ce qui m’a plu chez la femme, c’est que je n’en serai jamais une, mais qu’on a chacun de nous une part d’elle en nous. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, puisque chaque poème relève d’une inspiration ou d’une rencontre. Je parlerai plutôt de but, dans le sens où la dernière partie de l’ouvrage « Vivre la Femme » a toujours été ancrée en moi et c’est ce but là que je cherchais à atteindre.
Qu’est-ce que la féminité pour vous?

Je vois la féminité comme une sorte d’aimant par lequel l’homme est indéniablement attiré, une sorte de force invisible et relativement puissante. Mais cette force est à double tranchant: il faudrait plus d’une vie pour accéder à sa pleine compréhension et en jouir de tous les bienfaits, et un acte anodin pour la détester. J’ai choisi la première facette, même si j’ai à peine effleuré le sujet pour le moment.
Chantez-vous la femme à la façon des troubadours Bertrand De Born, Bernard de Ventadour, Guillaume de Poitiers.., comme un amour lointain, souvent inaccessible? Comme un idéal peut-être inatteignable?

Absolument pas. J’ai toujours chanté un aspect de la femme que je voyais dans une femme, donc à mes yeux une réalité bien vivante. Mais le regard de l’homme est subjectif et il ne voit que ce qu’il veut bien voir, même si parfois il lui semble voir au-delà de la réalité visible. Mais rassurez-vous, je ne pense pas que la femme soit inatteignable, elle demande juste à être découverte.
 Vous faites allusion à Du Bellay, que représente-t-il pour vous?

 Du Bellay a juste été le point de départ de mon œuvre, puisque c’est le premier vrai poème que j’ai écrit. On dira que c’était une intrigue qu’un garçon de 14 ans a essayé de déjouer avec toute sa candeur maladroite. Pourquoi avoir choisi la rime et non des vers libres? Est-ce le besoin d’un certain cadre plus rigide, plus formaliste , un goût pour une construction contrôlée, maîtrisée, dominée? Boileau disait : « La rime est une esclave et ne doit qu’obéir. » Je ne sais pas si j’ai réussi à la maîtriser, mais l’avantage de la noblesse et de la pureté de l’alexandrin est que si on réussit à graver un seul vers dans toute la rocaille de mots qui existent, et avec toutes les possibilités que cela comporte, le rythme lui seul de ce mètre éloignera tous ses attributs négatifs comme domination, rigidité, etc. On dira que je cherche toujours ce vers !
Avez-vous envoyé votre manuscrit dans des maisons d’édition romandes ou françaises?

 Ce livre est à compte d’auteur puisque c’est avant tout l’aboutissement d’un rêve. Pour la Romandie, non, mais il devrait très prochainement aboutir dans les mains d’un éditeur français.
La diffusion de la poésie sur le marché du livre s’avère souvent difficile? Pensez-vous que l’internet puisse aider à la publication et diffusion poétique?

 Très certainement, d’ailleurs on y trouve de très nombreux extraits. En revanche, je ne pense pas qu’internet remplacera un jour l’intimité qu’un lecteur puisse avoir avec son livre, quand il humecte ses doigts la première fois pour dévorer ses pages.
Avez-vous des projets concrets et des ouvrages déjà en chantier?

Des projets, oui, même si le chantier a débuté. Très probablement, le prochain ouvrage sera à la fois en prose et en prose poétique, encore un vieux rêve d’enfant, cette fois-ci plus sur le soi au travers de la découverte de l’autre. Mais je me réserve la possibilité de le précéder encore d’un autre ouvrage en alexandrins.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:27
Falaises délitées, absinthe écrasée entre les doigts, pinède brûlante dans le zénith, lumières de Grèce et du Valais, les laves torrentielles de la mémoire envahissent ces après-midi esseulées, les temps se mélangent, le présent mêle ses eaux, peuplé de mille anges très légers et fragiles.
Entre les mains, ds paysages magiques, roche orangée, bleu pâle de la mer, toisons forestières, montée du magma, la terre s'allume, je suis le sentier sur la crête laminée par le soleil fou.
 Au-dedans des bras le violet des veines gonflées par la chaleur, les grillons qui cisaillent les airs chauds, et puis ce souffle intérieur qui gonfle la poitrine, une avalanche de mots et de pensées, de sentiments et d'abandons, d'étreintes et de rejets, des pivoines, des magnolias, des tagètes, peut-être celles d'un jardin imaginaire, la fièvre au corps je cours la campagne, ivre de parfums sourds, qui flottent dans les prairies louvoyantes.
Je rouvre les yeux, il fait clair dans le silence de ton visage lumineux.
Assoupissement.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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