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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 20:48

clavoz_sion2.jpgMurs de vigne accrochés au ciel, géométries signées de vents et pierres chaudes, sur le bisse des liserons et des valérianes, le pas métronome du promeur de l’après-midi.
Le regard suit la vallée du Rhône, plonge dans la poussière qui flotte au niveau des collines de Tourbillon ou du Chateau de la Soie, se laisse porter par les airs tièdes de mai ou de septembre, des lumières filtrantes et rasantes qui découpent le relief.
Les gens défilent, les propos volatiles se perdent dans les danses des choucas, tourbillons de rayons mielleux emplissant le berceau qui encorbelle le fleuve.
Le temps s’émiette, poignée de micas lancés à même l’insondable, dans la violence des moments faibles, du quotidien, ceux qui se révèlent indispensables à la survie .

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 18:43

0027609d-1-.JPGLueurs vibrillonnantes sur la peau fragile du fleuve, âmes vacillantes et cendrées en procession, les chevaux martèlent le sable des berges, la soleil meurt dans les sillons de l'eau verte et lustrée.
Instants taillés dans l'ivoire de tes yeux, la brise se fait tendre, comme en un moment ultime et qui ne reviendra guère... La route et son noir d'asphalte courent le long du fleuve, le peuple des cyclistes, promeneurs et aures rollers fend l'air
tiède du soir printanier, embaumé de parfums de primevères,de mauves ou de lilas, le corps et l'âme pris dans un rythme métronome, cadencé de pensées volatiles, de sentiments légers, portés par une brise à peine perceptible.
Pèlerins modernes qui retrouvent dans l'ouverture de l'espace, entre drideaux d'arbres et prairies fuyantes, une envie de courir, de 'senvoler, de se fondre dans l'infinité de respirations libres et profondes.
 Le fleuve s'en va, il emporte avec lui, nos rêves d'apesanteur et de vastitude mélodieuse.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 20:21
Blaise Hofmann, un nom relativement nouveau dans la littérature romande mais qui depuis deux ou trois ans y a déjà pris une place importante: avec Nicolas Bouvier, Lorenzo Pestelli, on pourrait sous certains angles le classer dans la catégorie des écrivains-voyageurs mais ses premiers écrits qui ont touché le grand public avaient trait à son expérience de berger sur un alpage de Suisse romande durant plusieurs mois.
 Toute une aventure existentielle, spirituelle, de découverte de l’écriture aussi, qui a su sensibiliser les critiques romands et le grand public qui lui a réservé un accueil chaleureux.
Blaise Hofmann a d’ailleurs reçu le Prix Nicolas Bouvier 2008 à Saint-Malo pour «Estive», carnet de route en haute vallée alpine.
Il est également l’auteur d’un récit de voyage en Asie et en Afrique «Billet aller simple» et d’un roman «L’assoiffée». Aujourd’hui les éditions de l’Aire publie un nouvel ouvrage de Blaise Hofmann intitulé «Notre mer» avec une préface de Serge Michel.
Goût de l’aventure.
Ce livre relate les pérégrinations de l’auteur qui en 2008, durant six mois, a cheminé autour de la Mediterranée: de cette aventure il en a retiré des «impressions» photographiques et littéraires, au rythme hebdomadaire dans le quotidien 24 Heures et sur un blog.
Ainsi le lecteur peut partir à la découverte de Barcelone, Marseille, Athènes, Zagreb, Tirana... apprendre à connaître des peuples différents, avec des sensibilités multiples, des us et coutumes plurielles. Ainsi de l’Espagne aux Balkans, en passant par l’Algérie ou le Liban, Blaise Hofmann a visité les milieux les plus éloignés les uns des autres, cotoyé les gens les plus hétéroclites et originaux.
Comme nous le dit Serge Michel le livre peut parfois donner le tournis: «les villes, les gens, les hôtels, les frontières et les idées se bousculent dans un «vite vu bien vu» qui donne parfois envie de se poser en imaginant les llivres qu’il y a en germe dans ces notes cybernétiques.
L’auteur lui-même en reste perplexe et se dit aujourd’hui guéri des voyages avant la prochaine rechute....». Et pourtant dans ce panorama de 200 pages de textes et de photos on peut retrouver une réalité bien vivante de ces régions avec la misère et la décrépitude du Sud et ses «espoirs» de s’en sortir, la «suffisance» des touristes, la position ambigue de la Turquie qui aimerait adhérer à l’Union européenne et qui fait partie dune civilisation musulmane, la multitude de problèmes et de préoccupations qui différencient les populations qui vivent autour de la Méditerranée...
Les photos pourraient être celles d’un reporter en quête de «quotidien» et de vécu, avec la rencontre des gens simples, de tous les jours, au coin d’une rue ou dans un bistrot. Des scènes «évidentes», spontanées, vraies qui racontent le monde d’autour de la Méditerranée.
Les textes eux peuvent être descriptifs et poétiques à la fois, avec des détails , des nuances et une grande sensibilité; quelques fois ils correspondent presque à des textes parlés, avec un style elliptique, rapide, presque télégraphique. Bref, un voyage coloré et animé, riche d’enseignements et de partages.... «Notre mer» par Blaise Hofmann, aux éditions de l’Aire.
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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 23:04

Il neige sur le printemps,
des muguets, des jonquilles, des narcisses,
des brassées de bruyères mauves d'un automne à venir,
il souffle sur la lande,
des ondées de mains blanches et fines
qui volent comme pétales transparents.
Des voix légères emplissent l'espace des vertes prairies,
sur les eaux lustrées de ce lac à mi-coteau des ridules captent les lumières fuyantes du zénith,
les marcheurs suivent les méandres du bisse,
 plongent dans les arcades formées par les noisetiers et les vernes ,
 l'humus étouffe nos pas,
le soleil filtre à traverrs les branches sur lesquelles naissent les feuilles printanières,
pas à pas redécouvrir le monde nouveau,
celui des constructions mentales,
 au-delà des immobilités et des solitudes hivernales,
 envelopper dans le regard les forêts sauvages
qui nous regardent, juste en dessous des alpages,
où il fait bon s'enivrer de senteurs de mélèzes,
de génévriers, d'épicéas,
 plonger les mains dans les lambeaux de lichens qui courent sur les écorces,
et puis écouter les prières,
le silence intérieur qui rejoint les vitraux d'un ciel fragmenté,
et se laisser glisser ,
 lentement, dans les eaux tièdes de l'après-midi solaire.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 22:10

Chemin de pierres et de racines érodées,

 le sentier monte lentement, paisiblement à travers les bois de chênes, de hêtres, de bouleaux...
A l’arrivée, la chapelle, ancrée dans le rocher, et le silence, dense comme une présence divine.
Entrée.
 Les mains jointes, la grille ouvragée en losanges devant l’autel, derrière, les reflets d’un crucifix d’or martelé, la semi-obscurité qui laisse planer des images estompées d’ex-voto , les bancs de bois dur, et cette humidité et fraîcheur qui transpirent des roches entourant la chapelle de Longeborgne.
Puits de souffrances et de prières, de forces et d’énergies volatiles, enveloppe matérielle d’histoires vécues et traversées l’échine courbe, le lieu envahit l’être intérieur, le soulève,le délite, le libère, riche de ces mille forces, respirations spirituelles qui ont habité cet écrin de pierre et de forêt.
Se laisser baigner par ce non-temps, ne même pas prier, exister en communion....

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jean-marc theytaz - dans littérature
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 15:34
Craquèlement lumineux dans la montagne, sur l'arête neigeuse mûrissent les vents du désert, les chamois grimpent péniblement sur la vire granitique, les lagopèdes sont blottis sous les branches de l'arolle, une aquarelle fluide où coulent les eaux vertes de l'éternité... Sur les champs de lavande qui courent dans le ciel, des ondoiements de foulards bleus, des prières qui portent nos regards au-delà de nous-mêmes, des charrois de lumière, des envols de gerfauts... et puis ta voix comme un souffle jusqu'à l'horizon blanc...
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 23:26
Marcel Nicolin , après avoir habité à, Corcelles-su-Chavornay, à Orbe, dans le Jura, en France, a travaillé durant de nombreuses années en Valais, notamment au Nouvelliste. Aujourd’hui à la retraite il s’est mis à l’écriture et sort un ouvrage intéressant sur les étapes principales qui ont forgé son existence et modelé son être:«Les balanciers de la vie», un pavé de 484 pages, paru aux éditions Thélès. Fils d’un père journalier agricole et d’une mère issue d’une famille de huit enfants, Marcel Nicolin a eu une enfance quelque peu chahutée, et dut affronter les placements dans les fermes dès son plus jeune âge. Il nous raconte dans son livre, ses errances, ses questionnement, ses chagrins , ses espoirs. Il nous parle également de ses parents, de leur vie dans les chalets du Jura suisse et français, puis de la guerre, de la mobilisation. L’auteur travaillera à la Vallée de Joux et en Valais dans le domaine de l’impression, passant de l’ère du plomb à la photocomposition; des tranches de vie traversées aussi de paris osés, d’aventures parfois rocambolesques, de rencontres bouleversantes.... bref une vie qui lui réservera bien des surprises, des joies et parfois des désagréments... Interview Un premier ouvrage à la septantaine. Est-ce un défi, un regard nostalgique sur un parcours de vie, l’envie de laisser une trace, comment percevez-vous ce passage à l’écriture? Plutôt envie de laisser une trace de mon parcours de vie à mes petits-enfants qui ne l’apprenaient que par bribes lors de nos discussions. Vous étiez typographe de formation, vous êtes passé en quelque sorte de l’autre côté de la barrière? C’est beaucoup dire. Il s’est plutôt agi de travailler ma mémoire puis de faire les recherches indispensables à l’écriture, voilà ce qui m’a passionné. Quelles sont les articulations de ce pavé, résumées succintement, les instants-charnière qui ont laissé une trace dans votre vie, qui vous ont marqué l’âme et le coeur? Ce sont en particulier mes années dans les chalets d’alpage avec les animaux. Les courses dans les pâturages où, enfant, mes journées filaient comme le vent. Votre existence est faite comme vous le dites de hasards et de rencontres: votre ouvrage qui au départ est une biographie, peut en fait se laire comme un roman, avec une trame narrative qui vous conduit à travers le Jura, en Valais dans des situations de vie qui vous révèlent à vous-mêmes? C’est tout à fait ça. Comment avez-vous procédé pour l’écriture de cet ouvrage? un travail quotidien, des notes, des moments de souvenirs intenses? Comme je le dis au début, c’est d’abord ce travail de mémoire, de visites dans mes souvenirs et de contacts avec les personnes retrouvées qui m’ont intéressé, puis les recherches plus sérieuses pour l’authenticité de mon récit. Désirez-vous laisser avec «Les balanciers de la vie» un message particulier? Avez-vous d’autres projets d’écriture? Au départ, j’avais simplement le besoin de raconter, puis au fur et à mesure de mes recherches je me suis rendu comte que cette péridode de ma vie est un reflet de ce qui a existé mais qui est entrain de mourir à petit feu et qui se trouve tellement dépassé aujourd’hui ; alors je me suis dit que mon témoignange apporterait une pierre à l’édifice. Quels sont vos auteurs favoris? Les auteurs du terroir, les Ramuz que je conserve précieusement, Zola, ou Saint-Exupéry qui fait encore rêver les jeunes générations.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 23:22
Le temps de braise et de cendres court le long de la forêt. Jeux de mains, jeux de corps embrasés, danses macabres, entre les bosquets de noisetiers, les prairies désertes; les verres de Murano s’allument à la nuit tombante, les vents lâchent leurs troupes intrépides, leurs rafales ciselées de courbes tranchantes. Prises dans les mailles de cette marche folle, les fuites et les errances d’une jeunesse ivre de musiques mauves et nostalgiques, les mots envolés entre les feuilles des trembles, les regards cerclés de la chouette effraie. Macération magique, fermentation de troubles emportés vers les écluses du dedans, les paroles fouaillent l’air épais de cette soirée lourde d’abeilles jaunes et noires, tournantes et ronronnantes. L’instant s’agrandit de flaches lumineuses informes, gronde, monte vers l’horizon, le jour et la raison basculent dans un vaste fracas de frissons volatiles...
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 18:57

photo 014[1]Muguets et soldanelles, valérianes et jonquilles blanches, le printemps explose dans les taillis échaudés, de par les failles terreuses des schistes vitreux.

 

 La tiédeur de l'air enveloppe les corps, réveille les lézards verts, l'esprit se distend, découpe les nappes de soie qui flottent sur les coteaux, ces mondes intermédiaires où volent les esprits de nos chers disparus.

 

 Les champs d'abricotiers prolongent l'infini, autant d'incandescences et de vagues de pétales veloutés, d'ongles nacrés qui se posent sur la vastitude du ciel, et puis l'air léger des forsythias, la respiration lente des amandiers, le Valais et la Provence, et le Tibet, et l'Espagne, ses espaces de chaleur, ses extensions magnétiques qui agitent nos pensées, ses polarisations lumineuses, ses houles marines d'anémones et de déflagrations venteuses.

 

Le vagabondage sur les routes, à moto, dans les inflexions des routes qui lèchent les vallées latérales, l'errance ambulatoire, les pérégrinations aventureuses, la paranoïa du mouvement et de la vitesse sans frontières, aux limites des territoires inconnus, rouler, battre le ruban de bitume, avec les paysages qui s'emboîtent, se chevauchent et défilent, sans interruption, passer d'un décor à l'autre, le théâtre ne s'arrête jamais, le livre est toujours à écrire, sans autres rimes que le vent sur le visage, et les yeux qui pleurent dans l'humidité des revers de vallée, et puis la musique du moteur, le sifflement des pistons dans les cylindres, comme des flûtes puissantes qui soulignent la fuite en avant, dans l'intemporalité de l'instant parfait, le corps, l'esprit, le paysage, le mouvement, la mémoire en adéquation, sur le fil d'un voyage intérieur, en extension dans l'espace-temps.

 

 Parcourir plaines et montagnes, s'étendre et se retrouver, naître et mourir, et puis s'envoler, pour un instant, pour toujours.

 

Légende photo: balade au Grimsel, entre ciel, terre et bitume.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 23:03
Chaque printemps le Bénin devient le centre mondial de la poésie francophone, accueillant les créateurs de toute origine qui s’exprime en langue française. Récitals, conférences, spectacles, autant de manifestations pour permettre un meilleur rayonnement culturel des peuples francophones. Nous avons rencontré le promoteur et directeur de production de ce rassemblement annuel hors du commun, M. Amine Laourou. A signaler que pour lla dernière édition la Suisse était représentée par le poète valaisan Jacques Tornay. Interview. Amine Laourou vous êtes le représentant et directeur de IMAFA-AFRIC qui organise chaque année la rencontre des poètes francophones au Bénin depuis quelques années; comment est née cette manifestation et quelle est votre vision de ce rassemblement culturel significatif d’une volonté de rayonnement de la poésie francophone? Une histoire bien simple et naturelle en fait. IMA-AFRIVC représente une association internationale de diffusion des arts et de la culture africaine et a pour missionle développement socio-cuturel. Elle met sur pied plusieurs manifestations socioculturelles dont le Salon international des Poètes francophones qui se tient au mois de mars à Cotonou. Avec cette rencontre annuelle nous contribuons au retour de la poésie dans l’espace public et désirons l’inscrire dans une action au long cours pour apporter un influx durable à la création et diffusion de la poésie. Informer, conseiller, former , accompagner des projets, promouvoir le travail des auteurs vivants, des éditeurs, des artistes, telles sont les tâches auxquelles nous nous attelons. Il faut savoir que la création contemporaine est riche d’une extraordinaire diversité et elle est le lieu où la langue est maintenue au plus haut lieu d’intensité et , en cela, elle incarne une objection forte aux démagogies régnantes. Quelle est la place de l’Afrique dans concert culturel et politique international? Grande malgré parfois son manque d’organisation et de structuration des sociétés littéraires aux niveaux nationaux. . La Salon International des Poètes Francophone est un catalyseur de la fête des poètes de la famille francophone. Aujourd’hui à l’heure de la mondialisation dans tous les domaines, économique, social, culturel, environnemental , le dialogue entre les cultures devient essentiel. Dans ce dialogue l’Afrique reste pourtant le continent le plus isolé et le plus oublié malgré la dynamique créatice existante. La Poésie, art vivant par excellence, un art oral des traditions africaines est un des genres les plus prisés, en particulier par la jeunesse africaine. L’essentiel des choses de la vie se traduit, se dit en poésie. Elle permet le voyage, la découverte de l’inconnu et du nouveau, favorise le le rêve par la quête d’absolu et du primordial. Quel sont les rôles de Poésie pour vous? De quoi est-elle le vecteur, le support, la substance de la Vie? En ces temps de rupture, de pertes de repères, de navigation à vue la Poésie permet à l’homme de se retrouver, elle apaise les coeurs, apporte la joie, dynamise la paix et permet d’aller à la rencontre de l’Autre. La poésie est un domaine de la création littéraire qui, plus que d’autres, est fait pour être dit, voire chanté. Elle éduque et permet de connaître sa propre culture et celle des autres. En un mot, la Poésie est la Parole qui humanise le monde. Mais comment apporter un écho viable à la création poétique? Il n’existe aujourd’hui en Afrique aucun espace qui permette aux poètes de se produire devant un large public. Le Salon internantional du Bénin a été créé pour combler ce vide et occasionner l’organisation de conférences, expositions de livres, lectures de poésie, ateliers d’écriture... Ce Salon se veut un carrefour d’échanges entre poètes, éditeurs, public... favorisant les synergies nécessaires entre ces différents opérateurs, les mettant en contact avec les autres créateurs du monde francophone. Quels sont les point forts du Salon 2009 au Bénin, ses centres d’intérêt? La 3ème édition se tient du 2 au 7 mars 2009 à Cotonou dans les locaux du Centre Culturel Français et de la Maison de la Francophonie au Bénin, et elle pour thème «En rires». Comme l’avait dit Alphonse Allais «Les gens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux», c’est mal connaître la poésie que de la cantonner à une gravité sourcilleuse, austérité, spleen et mélancolie. Si elle s’attache certes aux grandes questions et aux grands enjeux de l’existence, le poète ne s’interdit pour le faire nul moyen. Depuis les fatrasies médiévales jusqu’aux actuels chahuteurs de langue, en passant par les pataphysiciens ou les dadaistes, la poésie n’a cessé de recourir au burlesque, à l’humour, à la satire. Oui, tous les rires sont dans la poésie, sauf le vulgaire et le mesquin, car même s’il rit , le poète reste poète: questionneur, rebelle et éveilleur de conscience. Cette édition 2009 est l’occasion d’un éclairage particulier sur les chantres de la Négritude, les écrivains poètes, hommes politiques et défenseurs de la langue française qui nous ont quittés tels que le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, le Martiniquais Aimé Césaire et le Guyannais Léon-Gontran Damas. Ce seront les écrivains poètes le Professeuer Amadou Lamine Sall du Sénégal, le Professeur Nicole Cage-Florentiny de la Martinique et le Professeur Bruno Doucey de la France qui sont les invités d’honneur. Le SIPoeF réunit les poètes francophones d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe. Cette rencontre est un grand hommage à la diversité culturelle et à la création littéraire. Y-a-t-il des actions particulières pour promouvoir la poésie, stimuler la création, faciliter la diffusion? Cinq Prix seront lancés pour tous les âges. Le Grand Prix de la poésie francophone en fait partie pour promouvoir l’excellence dans la création poétique de l’espace francophone. Ce Salon se caractérise par un travail important de sensibilisation à la poésie accompli par les créateurs dans les écoles. En effet les poètes investissent l’école une matinée et engagent des discussions avec les élèves et leurs professeurs, lisent des poèmes, et écoutent les poèmes des élèves. Ces échanges sont une façon de démythifier la poésie et de démontrer qu’il s’agit d’un art bien vivant. C En 2009 des ateliers d’écriture seront ainsi ouverts à Cotonou, Porto Nuovo, Abomey-cavali, Lokossa, Parakou, , Natitingou; les formateurs auront pour mission à la fin des ateliers d’évaluer le niveau des jeunes à travers un concours de slam. Ces ateliers seont animés par les poètes -phares du Salon, avec notamment des stages de mise en scène de spectacle poétique avec des comédiens ayant une grande expérience dans ce domaine. Un travail éducatif avec en parallèle des incursions dans le cinéma, les arts contemporains, la musique, des récitals, des moments de fête populaire, des témoignages, des tables ronde de critiques littéraires... Bref, il s’agit aussi de permettre une meilleure visibilité de l’écriture poétique francophone de l’Afrique et de renforce l’intégration culturelle entre les pays membres de l’espace francophone.
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