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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 23:06

Le vent froid souffle sur la lande

les vols des passereaux
comme des éclairs entre les peupliers
construisent des conques aériennes
le long du fleuve
les processions des bouleaux orangés
enveloppent nos prières
d'ondes magiques
mains tendues
fragiles paupières
les feuilles mortes jonchent le sol
paysage de cendres et de sang
les morts sont sortis de terre
ils marchent lans le jour novembrien
comme des pèlerins d'éternité
qui nous attendent
entre les doigts la sciure des jours emportés
chants oraisons mousses argentées
je me couche dans l'humus fertile
des temps futurs
papillon insignifiant

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 16:04

021498je-1-.JPGArtiste valaisan ayant une renommée nationale, Pierre Loye vit au Trétien depuis plus de 30 ans.
 Là-haut, caché entre la forêt, les bocages et les prairies herbeuses, tout près de la montagne, il mène une vie toute de sérénité et de recherche, de passion pour la chose artistique et le questionnement philosophique.
 Debout chaque jour aux aurores il passe plusieurs heures quotidiennement face au chevalet, à la planche à dessiner ou alors il taille dans la pierre, le bois, des formes inédites et remarquables qui disent le monde actuel, ses impasses, son emportement, ses flux vitaux.
 Un mode de vie alpestre, entre ruralité, modernité et recherche picturale, un homme qui descend chaque jour en lui-même pour tenter de répondre aux questions essentielles sur l’existence, l’amour, la mort, le bonheur... Interview.

Plus de 45 ans de peinture, la foi est-elle toujours présente, vivante, motivante, lorsque vous vous levez et vous mettez face à la toile vierge?

Ma réponse sera une question : après 45 ans passés à respirer, la respiration vous semble-t-elle encore nécessaire, captivante, motivée ? Oui, la fonction crée l’organe qui, à force de fonctionner, meurt, non sans installer, dans l’entre-deux, une logique de fonctionnement. Pierre Loye et le Trétien, une histoire d’amour, une symbiose entre une personnalité et un lieu?

On sait que la vie loin des villes est peut-être sous certains aspects plus sereine, calme, tranquille mais ne vous sentez-vous pas parfois un peu coupés du monde actuel?

 Une histoire d’amour, certes, dont il me faut cependant parler au passé car je suis déjà ailleurs, requis autrement. Le Trétien m’a permis une relation profonde avec le monde alpin, a autorisé, en quelque sorte, l’exercice de ma langue maternelle, mais ce qui compte se trouve au-delà de l’exercice de cette langue, au-delà de ce lieu. Paradoxalement, l’exigence de continuité que nos vies, pour se réaliser, appellent, me demande de dépasser ces moyens. Il y a des fins à peaufiner.
Comme tous ceux m’ayant précédé sur cette terre, je puise dans ce monde, que vous appelez actuel, les nourritures me permettant ce peaufinement.
L’assiette est garnie, je dois choisir et y vais à l’instinct plus qu’à la raison raisonnante.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce lieu hors du temps, suspendu dans une sorte d’éternité et d’absolu?

 J’aime l’abrupt, le plus que raide du Trétien où s’impose l’obligation de trouver des prises pour assumer notre verticalité. Sur ces pentes, en cet endroit, la résistance que la création m’offre est un cadeau. De la forme donnée à l’effort fait pour surmonter les difficultés rencontrées dans mon milieu vital naît le sens de mon existence.

Vous avez, au fil des années développé un vocabulaire pictural qui vous est propre, tout de fraîcheur, de poésie et d’inventivité, comment cela s’est-il inscrit dans votre démarche et s’est -il développé au fil du temps?

Discerner puis apporter à la table commune ce que je crois être de possibles nourritures offertes, ici et maintenant, par notre jardin planétaire, fait partie du chemin de chacun, chacune. Ferveur et patience engendrent des fruits. Dire oui plutôt que décider, accepter d’être démarché et non faire une démarche, voilà qui me requiert .

Vous êtes un des rares peintres-plasticiens valaisans à vivre de son art, n’est-ce pas de plus en plus difficile de devenir peintre professionnel, à plein temps aujourd’hui?

 Vous savez, dans nos montagnes nous ne sommes pas accoutumés au facile et la communauté dans laquelle je suis né excellait à nous communiquer le goût de l’effort. Le difficile me fascine, je le crois ami de long terme. Pourtant, même en avouant un net penchant pour les coups de collier et leurs joies, saisir ce que signifie vivre m’est malaisé ; comprendre l’expression « vivre de son art » passe loin de mes préoccupations. Comptes faits, je préfère mourir ma vie à marche forcée, à plein feu s’il le faut, que la gagner. Nous avons, mon épouse Elisabeth et moi, fait ce choix qu’aucun élément ne nous pousse, pour l’instant, à modifier. Art de vivre nous est plus attrayant que vivre de son art, et toute activité devrait tendre à être exercée avec art. Nos existences, celles de chacun, chacune, sont des sentiers de crête, un fil du rasoir se faisant chemin de vie supportant mal les recettes. Vers mes vingt ans, j’ai souhaité être peintre professionnel, ensuite, être un humain est devenu la priorité qui m’anime encore. Il y a à faire, nous sommes à étages multiples, et rien que l’entretien de mes escaliers intérieurs, c’est du boulot. Ceci dit, une société et chacun d’entre nous ne veille jamais assez à préserver la possibilité de vivre avec art par de modestes moyens quels que soient les revenus disponibles. En œuvrant plus dans cette direction, nous pourrions réduire considérablement notre pression sur l’environnement et sur nous-mêmes. Nous y gagnerions, c’est le cas de le dire, sur tous les tableaux : ce serait, en langage consumériste, pour le moins, une action trois pour deux.

 L’art contemporain n’est-il pas en train de se «marchandiser» et de devenir un vaste «business» soumettant les artistes à des courants, des modes, des «trend» qui peuvent intervenir sur leur travail ou leurs sources d’inspiration?


L’art reflète la société dans laquelle il se développe ; comme elle, il n’est pas monolithique, fait uniquement du discours dominant. Traversé, pluriel, il vit bien souvent au travers de ses manifestations les plus discrètes. Aussi sûrement que nos vies ne sont pas des pages de tabloïdes, la culture existe par la stabilité et la continuité qu’elle peut apporter, non par la valeur marchande que nous lui attribuons. Les formes que les arts empruntent, pour se dire, sécrètent leurs propres anticorps, permettent une résistance. Sans doute notre société a bon appétit. Nous recherchons ce qui descend vite et bien, mais il ne faut pas perdre de vue que presque tout ce qui touche au vivant s’élabore dans une profusion confinant au gaspillage. Le jeu qui se déroule pourrait se percevoir rigolo si le dos des plus faibles d’entre nos frères ne servait à paver le terrain sur lequel se joue la partie. L’espoir, cependant, demeure. Si une part de nos vies, réifiée, se consume, je crois ses cendres capables d’humus. Beaucoup de belles et bonnes choses se font ; mieux les regarder, en parler plus fait croître le bon, le beau. Nos regards peuvent changer le monde.
 
Quelle est, selon vous, l’importance de l’art dans notre société contemporaine toujours plus agressive, violente, emportée dans ses défis souvent purement commerciaux, avec un oubli total des valeurs humanistes?

L’art et ses effets sur la société ne doivent pas être idéalisés. Une part non négligeable des œuvres produites renforce les courants établis. Ce n’est pas nouveau. Les pouvoirs soudoient. Beaucoup, dans les arts, est vénal. Il nous appartient de choisir.

Elisabeth votre femme, Alexandre votre fils, pratiquent également la peinture; existe-t-il dans votre famille une sorte de «communauté artistique» qui vous porte, vous soutient, vous stimule dans votre travail?

Bien sûr, et cette communauté dépasse et le cadre artistique, et le cadre familial. Je la tiens pour très précieuse. Parallèlement à votre travail vous couchez sur papier vos idées, vos questionnements, vos pérégrinations philosophiques: un livre en en projet? Ce me semble naturel : les images, mères, ont accouché l’écriture. Aujourd’hui les mots façonnent dans une bonne mesure les images. Pour qui s’intéresse à elles, vouer de l’attention aux mots n’est pas un luxe.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:59
«Les paysages de l’âme», un titre évocateur pour un nouveau recueil de la poétesse André Pfefferlé qui est sorti en 2010, une auteure  dont nous connaissons la sensibilité, l’ouverture au monde et la présence à un quotidien parfois construit de souffrance et de douleur.
Andrée Pfefferlé sent les choses de manière charnelle, sa poésie est faite d’une certaine matérialité mêlée à une spiritualité légère, une transparence qui apporte aux choses et aux êtres un poids, une épaisseur et une texture bien élaborée. Une poésie du lieu et de la présence, de l'Intériorité et du concret à la manière d'un Jaccottet ou d'un Bonnefoy.
La nature touche la poétesse, comme les rythmes des saisons, les souffles qui traversent nos journées, les lumières qui habitent nos non-dits et les absences qui nous entourent parfois.
 Avec l’âge l’univers a tendance à se rétrécir, les gens à disparaître autour de soi, l’autonomie n’est plus là, tout devient plus compliqué; mais l’écriture est heureusement toujours vivante en elle, qui défriche de nouvelles terres, bâtit de nouveaux horizons, qui rend notre quotidien plus solide et structuré à la manière d’une peinture de Cézanne; le temps se fixe alors dans une immobilité qui rassure, qui entoure notre être lui donnant une assise forte dans la fuite des jours qui parfois nous emporte.
 Andrée Pfefferlé se montre toujours d’un esprit vif, curieux, dynamique, battant: l’âge ne l’atteint pas ou très peu; l’écriture la porte comme une nécessité intérieure, cette lueur vitale qui jamais ne s’éteint. Les poèmes ponctuent les jours, les paysages défilent, l’âme et le coeur s’unissent pour dire le meilleur de soi et d’autrui. La musique baigne le texte d’une langueur verlainienne... jmt «Les paysages de l'âme» d'Andrée Pfefferlé aux éditions A La Carte  paru en janvier 2010
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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 20:39

Le chat tigré se frotte contre la futaine de mon pantalon/
dans la cheminée le crépitement du sapin et des cerisiers débités en petites bûches/
sur le fourneau la suie tombée de la cheminée/
la bouilloire qui siffle et chuinte/
 et le vent lui qui se faufile entre les madriers ajourés/
 l'été indien a encore peint de ses eaux roses les heures tièdes du crépuscule/
 les criquets ont déserté la muraille à l'entrée du chalet/
le chant de l'été s'est éteint /
avec la solitude vierge de l'automne/
grandit la mauve nostalgie.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 21:39
On connaît Eric Felley journaliste, politicien indépendant, écrivain, musicien, mais l’on connaît peut-être moins le peintre.
 Pour la première fois les œuvres d’Eric Felley ont étté exposées «officiellement» et ceci à la Galerie 7 de Jean-Michel Gard à Martigny: une belle occasion de découvrir un artiste imaginatif, créatif, exigeant mais également éclectique.
Une vingtaine de tableaux nous offrent un parcours pictural parsemé de fraîcheur et de couleurs vives, gaies, touchantes, avec des titres non dénués d’humour (La loi de la jungle, Le pendulaire...) qui apportent un second degré de lecture, avec l’esprit caustique, satirique, pince-sans-rire de Eric Felley.
«L’amour de la peinture» présente des œuvres des quinze dernières années avec des influences diverses qui vont de Matisse, Bram van Velde en passant par Wilfredo Lam ou Paul Klee.
 Un parcours «hétéroclite, unique» mais qui s’est fait avec une touche personnelle déjà reconnaissable, une maîtrise technique évidente et une sorte de joie de vivre et de distanciation toujours bienvenue par rapport au quotidien.
 Un univers parfois pointilliste, parfois plus géométrique ou graphique, mais toujours traversé de force et de présence. L’artiste saxonnin n’a en tout cas pas fini de nous étonner et surprendre agréablement.
En compagnie de Eric Felley le visiteur de la Galerie 7 peut également découvrir les textures de branches, feuilles et trames de Rock Raymond Ligué, qui s’est formé à l’Institut national des arts d’Abidjan et à l’école d’Art de Lausanne. L’artiste qui affectionne les monochromes avec parfois quelques nuances colorées travaille beaucoup sur l’épaisseur de la matière avec ses ondulations et ses reliefs, un univers en soi, avec des reflets, des brillances, des échos que renvoient le tableau. Membre de Visarte Vausd Rock Raymond Ligué a gagné le prix Anker en 1993; il travaille actuellement à Lausanne.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 21:36
Françoise Allet, une peintre de la couleur vécue comme énergie de vie et présence au monde, a exposé ses œuvres au château de Venthône en septembre 09: un ensemble de poèmes qui disent le quotidien et l’être humain mais dans une sorte d’abstraction émotive.
Françoise Allet est une grande voyageuse qui ouvre son regard en permanence sur l’univers et les personnes qui l’entourent; elle sait saisir les vibrations, les battements de cœur de la nature ou d’une mégalopole en proie aux mille et une pulsations, les senteurs d’un marché ou les grande solitudes des montagnes tibétaines.
La peintre de Sierre a ainsi parcouru les Indes, le Tibet, les pays nordiques et bien d’autres régions avant de s’établir à Savièse.
 Françoise Allet travaille la couleur avec dévotion, ferveur, dans une concentration qui confinent à la méditation et à la contemplation, celles qui permettent de nous approcher d’instants d’éternité si rares dans notre monde.
Comme le dit Françoise de Preux qui a présenté l’artiste lors du vernissage: «La couleur est, en effet, l'origine et la finalité de son travail. C'est par elle – et non par le dessin – qu'il débute. Et c'est par elle que se réalise sa peinture dont l'harmonie résulte des tensions. Les couleurs primaires jaune, rouge, bleu, sont souvent le point de départ.
Elles appellent parfois les complémentaires.
Ou bien se développent en variations dans la tonalité, en majeur avec des gradations d'intensité, en mineur comme ce jaune qui s'ombre d'une touche de bleu et de vert.»
Les lumières et les couleurs visitées par Françoise Allet peuvent être solaires, nocturnes, lunaires, voisinant et respirant en des transparences magiques, celles qui ouvrent les chemins du voyage intérieur, stellaire et onirique.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 22:03

08042d7j-1-.JPGL’écrivain Georges Haldas a  fêté en 2007 ses 90 ans.  Nous l'avions rencontré à l'époque. Né à Genève de père grec et de mère suisse il a publié plus d’une soixantaine d’ouvrages: poésie, essayiste, traducteur il a été le récipiendaire de nombreux prix dont le Prix Schiller en 1971 et 1977, le Prix Taormina en 1970. La philosophie, la religion, la poésie trois thèmes essentielss de son travail depuis plus de septante ans. Georges Haldas vit actuellement au Mont-sur-Lausanne avec sa compagne Catherine de Perrot, qui aide l’écrivain dans son travail, Georges Haldas ayant eu des problèmes de rétine et perdu la vue il y a quelques mois.
---------------------------------------------------------------------------------------- Interview.

 M. Haldas, l’«état de poésie» que l’on vous a connu tout au long de votre carrière littéraire et de votre questionnement philosophique est-il toujours aussi vivant, présent dans votre quotidien?

J’ai consacré ma vie au fait d’écrire et pour moi ce qui compte c’est de témoigner du mystère de la vie, de la beauté des hommes. Ecrire est ainsi un moyen et non une fin, je ne fais pas oeuvre mais témoigne de la Vie telle que la vivent des milliers de gens. Il y a chez moi avant tout un souci de vérité, de fidélité à la vérité de ce que l’on sent. Je ne suis pas écrivain, je suis un homme qui écrit; les écrivains véritables s’appellent Tolstoï, Virgile, Homère.... dont les livres sont des lieux de rendez-vous avec les gens pendant des décennies des siècles. Pour mes ouvrages personne ne peut dire maintenant ce qu’il en adviendra.

- Vous êtes toujours à l’écoute du monde qui vous entoure, malgré son brouhaha et son vacarme assourdissants. Quel rôle la poésie et l’écriture peuvent-elle encore jouer dans univers explosé qui ne prête attention qu’à l’immédiat, à l’apparat, au transitoire?

La primauté actuelle est donnée à l’économique, au social. La hantise et la folie de l’argent ont pris le dessus et ainsi le quotidien atténue les questions fondamentales, métaphysiques, philosophiques; actuellement l’hypertechnologie et la finance cheminent ensemble. L’époque est représentée avant tout par le souci de la puissance qui est une menace terrible au service de l’utilitaire. Les Etats-Unis par exemple réunissent les puissances financière, technologique, militaire et sont ainsi devenus une puissance extraordinaire au service du meurtre, de la domination d’autrui, de l’écrasement et de l’aliénation de l’individu. Jésus-Christ lors de ses 40 jours dans le désert a su dire non à l’inféodation à Satan, il a choisi la pauvreté, l’anti-meurtre, le respect d’autrui , il est devenu un modèle indispensable pour les croyants et les non-croyants.

Septante ans d’écriture, un itinéraire qui vous a permis de poser les questions primordiales sur la présence au monde, sur la construction de son identité d’homme, sur l’essence et l’existence: au fond quelle préoccupation vous fait encore aujourd’hui écrire au quotidien?

- L’expérience de l’écriture est liée au vécu et à la réflexion; il existe une continuité du travail et il s’agit d’un processus de longue haleine avec une maturation constante. Aujourd’hui je poursuis ma réflexion. Dans ma vie il y a eu trois foyers de préoccupations principales :1) l’Antiquité grecque, avec Homère, Socrate, les Pré-socratiques qui m’ont permis de créer les éléments fondamentaux propres à l’Etat de poésie, 2) mes positions contre le fascisme, l’hitlérisme, le communisme, même si au début les visées du communisme pour une société plus juste, équitable, pour la paix planétaire, la suppression des guerres m’ont attiré. 3) Le modèle Christique enfin qui m’a complètement passionné et habité. La religion, le Christ ont occupé une place fondamentale ans mon écriture et continuent à y être présents.-

Les petites gens ont toujours beaucoup compté pour vous; quels sont ces liens qui vous attachent si fort à eux?

Chez les petites gens l’ordinaire devient extraordinaire, et le mystère de la vie apparaît dans toute sa grandeur et sa majesté. On peut certes s’émerveiller devant l’Acropole, mais pour ma part un vieux vélo au fond d’une cour, avec des herbes rares, une lessive à l’étendage et les rumeurs e la vile peuvent apporter tout autant d’émotion et dégager une grande poésie. Ainsi j’ai autant de souvenirs concernant des petites gens que j’ai rencontrés au Boulevard des Philosophes à Genève que de l’entretien d’une heure que j’ai eu par exemple avec le président Mitterand...

 Que pensez-vous de la littérature romande d’aujourd’hui, une littérature à qui l’on a souvent reproché d’être trop introspective, retournée sur l’intériorité, sur soi-même?

Ce repli sur soi pourrait s’expliquer comme le disait Ramuz par le fait que la Suisse n’a pas vécu de d’évènement historique redoutable, n’a pas traversé de grandes guerres ou de secousses révolutionnaire, est restée en marge des grandes épreuves, d’où cette intériorité que l’on retrouve souvent dans cette littérature romande. Quant à moi je ne fréquente pratiquement pas les milieux littéraires tout en ayant ce pendant des liens avec certains écrivains comme Maurice Chappaz par exemple que j’ai bien connu et avec qui j’ai eu des rencontres.

Quelle place existe-t-il encore pour la littérature dans notre société et pensez-vous qu’il y a encore un engagement politique possible dans le travail de l’écrivain?

L’écrivain est tenu de soccuper de politique lorsque les valeurs humaines sont touchées. Aujourd’hui la politique a perdu du terrain et s’efface devant les priorités économiques du rendement et de la rentabilité. Il existe en certains endroits une sorte de mafia légalisée et la politique s’occupe désormais de gestion, de PIB, de salaire... d’où le retrait de l’engagement politique de l’écrivain qui s’occupe souvent maintenant de fiction et de création formelle.

Quelle place la mort occupe-t-elle dans votre vie?

 La Mort et la Vie sont connexes. La Mort donne sens à la Vie. Le Royaume des Cieux, une graine d’éternité qui échappent à l’espace-temps sont en nous et cela est essentiel. La mémoire dans cet état de fait est importante: elle transcende le temps rend présent en nous ce qui est au-dehors passé, et nous permet de rejoindre le Créateur du monde, et le principe de Résurrection.

Pouvez-vous me donner quatre dates significatives dans votre vie, avec quelques mots d’explication pour chacune d’entre elles....-



 1920-1935: L’enfance , les conversations paternelles portant sur les grandes questions philosophiques avec mon père à Céphalonie, le langage simple, la vie élémentaire confrontée aussi à la souffrance avec ma mère. Ma famille m’a beaucoup apporté et forgé en moi des convictions essentielles.-
 1940-1960: La confrontation avec les grandes idéologies, fascisme, hitlérisme, communisme et mes prises de position et réflexions contre toute forme de dictature
 1945: Amitié avec Jean d’Amrouche, au moment de la guerre d’Algérie, un journaliste qui recevait dans ses émissions Mauriac, Gide , Claudel... qui a vécu notamment les accords de vichy.
1960_2008: ma complicité avec Vladimir Dimitrievic, des éditions l’Age d’Homme, qui ma fait totalement confiance, et pour qui j’ai quitté les éditions Denoël à Paris chez qui j’avais publié plusieurs ouvrages.--------------------------

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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:34
Le loriot sur la branche nue du cerisier, le geai bavard qui traverse l’espace, les prés en fauche, le cœur battant du val dans la brume, il vente des paroles simples, dépouillées, des fragments d’éternité.
Tout près du chemin, le taillis d’herbes brûlées, l’églantier qui a résisté à l’orage du soir d’avant, les pousses de sorbier qui étendent leur territoire, et les cadavres de grillons abandonnés par la chaleur.
Regards tremblants, le paysage devient une grande boulange de mie blanche et de croûtes dorées par des soleils imaginaires...

Le rouge de l'aubépine rejoint mon sang vitreux, le vert de la fougère apaise ma respiration, je traverse le sentier comme le jour simple, par la porte du chalet l'haleine des étreintes invisibles.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 20:13

Asters, linaires blancs , leur laine flottant dans la brise du matin, sur le revers des herbes des couteaux aux lames luisantes, regards d’acanthe rivés sur le levant, les flancs d’obscurité de la montagne sortent de leur lit, entre deux becquets une tige de vive incandescence.


La nuit fut longue, noyant les masses4801042_2811780123.jpg calcaires dans une substance informe et enveloppante.
Le silence s’était niché sous les roches, dans les sentiers désertés, dans l’écorce des derniers arolles.


 Le brisier s’était lui aussi éteint, les lichens avaient étouffé leur luminesence.


Dans les trous de marmotte une présence encore évanouie, entre deux graviers une araignée esseulée.


Les rêves étaient encore lourds, lestés d’anciennes vies mouillées et sablonneuses, le sommeil léger, presque aérien quand il venait.

Voyage au centre de la nuit noire, naissance au matin plus clair, le mouvement entraine âme et corps dans son orbite profonde.

 

Se laisser glisser, se laisser couler, sans réfléchir, comme l’eau buissonnante du torrent blanc.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 23:23
Le tarin des aulnes /
son plumage duveté /
sa trace fragile dans le ciel crayeux /
La lumière légère de l'automne sur tes paupières /
L'eau calme du Rhône /
Le bec rouge des choquards près du refuge /
Les images affluent /
Le temps décroît dans la procession des heures tièdesd'octobre /
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