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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:35
La brillance cristalline de la neige près du Bleusy, j'aperçois, lentement, des lotus silencieux, des nénuphars dérivant comme des barques fragiles dans l'espace blanc, descendant de la forêt noire et lustrée, je regarde avec émotion les empreintes poudreuses et légères d'un lièvre qui devait lutter pour sa survie dans ce désert hivernal.
 Les flocons enveloppent les prés et la forêt solitaire, les sapins e les mélèzes aux branches nues et jaunes vibrent dans des jeux de lumière argentée.
 Au détour de la combe qui bascule dans le soleil les mayens et les prés sont comme engoncés dans leur chandail feutré de neige vaporeuse, vision d'un dimanche magique sans heure, comme une coque de noix sur l'eau tranquille de cette saison tendre et sauvage.
 La splendeur de cette broderie de vernes et de biolles m'entrouve les mystères de ce paysage qui se défait et se déplie devant moi, comme nu, laissant apparaître les veines bleutées sous sa peau, la neige, des ailes d'abeilles, des libellules sur un étang mémoriel endormi, et puis le vent, les poudreries dans la tête, comme au jour de l'envol... 25 janvier 09
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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 15:22
La Galerie La Tine à Troistorrents nous a offert en 09 une  très belle exposition pour ses quinze ans avec les œuvres de trente artistes qui ont accroché leurs tableaux au fil du temps, certains plusieurs fois comme Géraldine Es-Borrat. Nous avons rencontré Gérald Lange, galeriste et antiquaire (photo) passionné, créateur de La Tine qu’il anime avec une ferveur, une sensibilité et une connaissance de l’art très pointue.

Gérald Lange comment et dans quelle circonstance est née votre galerie la Tine à Troistorrents?
L’idée a germé lorsque j’ai ouvert mon magasin d’antiquités dans les années nonante; passionné par l’art j’ai décidé lors de l’inauguration d’organiser une grande expo intitulée «Val d’Illiez vu par les peintres» et j’ai proposé des œuvres de de Edouard Vallet, Goss, Bocion..., des tableaux plus anciens et des contemporains. L’exposition a eu un beau succès avec 2000 visiteurs et cela m’a donné l’énergie de poursuivre l’expérience en organisant trois expos par année. Puis sont venus Giani Grosso, Bernadette Olsommer, David Ciana, les Roussopoulos, Walser... et en quinze ans une trentaine d’artistes.

Aviez-vous ciblé un public particulier?
La qualité des œuvres proposées compose en fait la recette de base qui fidélise un public et celui-ci connaît maintenant la galerie. Le public qui vient ici a souvent des résidences secondaires à Champéry, Villars, Verbier, Torgon, Leysin, la Riviera, des allées et venues qui dynamisent le lieu, créent des synergies entre les régions et les gens que je rencontre.

 Comment choisissez-vous vos artistes?
En fait c’est la qualité du travail et mon «œil» qui décident, l’artiste est souvent en corrélation avec l’œuvre et le relationnel joue également un rôle important. En principe ce sont quasiment tous des artistes professionnels et il y a eu aussi un ou deux autodidactes mais qui font preuve d’une grande maîtrise. Une question piège, sur quels artistes avez-vous particulièrement «flashé» en quinze ans? Ce sont tous des coups de cœur, mais disons que des Géraldine Es-Borrat, Michel Kozuk, ou Jean-Pierre Coutaz m’ont particulièrement touché. Certains d’entre eux ont été exposés plusieurs fois. Pour les peintres «anciens» la valeur artistique et la qualité d’exécution doivent toujours être au rendez-vous, ensuite, il faut parfois restaurer les tableaux, les réencadrer, toute une démarche qui prend du temps.

Avez-vous des projets à moyen terme?
 Comme le rythme et les thèmes, les artistes que j’ai choisis semblent plaire au public, je vais continuer sur cette lancée. Peut-être vais-je aussi mettre de nouveau sur pied des performances à l’extérieur de la galerie comme celle réalisée avec Michel Kozuk qui a connu un grand succès.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 20:31
Un vrai montagnard, un enseignant mais aussi et surtout un guide, un homme entier, près des êtres et de la nature, «voué à sa vocation, un beau visage humain, chahuté par le destin, mais qui toujours a su se relever pour marcher ans détour vers son idéal, celui des horizons gagnés...» le livre «Guy Genoud -itinéraire d’un guide de haute montagne» vient de sortir aux éditions Portes-Plumes.
Dans sa préface Jean-Claude Pont, professeur mais aussi guide de haute-montagne, nous parle du réseau dense de relations solides qui formait ce monde des alpinistes du Val d’Anniviers: «notre parcours initiatique s’accomplissait dans une sorte de douleur , mais aussi dans la joie... dans cet ouvrage notre ami aborde les grands thèmes de la vie alpine par des exemples vécus et choisis, les thèmes qui ont magnifié et mythifié la montagne, lui conférant une aura , sans pareil. On y apprend que l’alpinisme bien plus qu’un sport, est une philosophie, une activité qui engage l’individu dans la totalité de son être. On y trouve les frissons de la voie vierge et de l’aventure pionnière comme dans l’histoire de la première du pilier de l’Aiguille de Biselx dans les Dorées...les angoisesses de la chute et de l’éternité, comme dans l’épisode de la face nord de la Pointe de Zinal»
 L’auteur nous parle de la montagne qui représente une «augmentation, expansion, extension de soi» mais aussi de la montagne meurtrière, celle qui prend régulièrement son tribut dans des avalanches, des dévissages, des chutes tragiques dans les parois vertigineuses.
«Orage au Cervin», «Mon premier Weisshorn», «Histoires de brouillard»«Bivouac», la traversée inachevée, autant de récits, denses et limpides, fluides et dramatiques parfois, purs et rythmés qui nous conduisent dans les décors féériques d’une montagne magique, grandiose , mais également exigeante, voire même intransigeante. Guy Genoud nous livre là un ouvrage entraînant, passionnant, traversé d’émotions et de sensations inédites. JMT « Guy Genoud-un itinéraire de guide de haute montagne» aux édtions Porte-Plumes-Val D’Anniviers
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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 20:45
Jean-Charles Lossier est un poète tout de finesse, de sensibilité exacerbée et de maîtrise de soi.
Son œuvre tend à une unité perdue, à une transparence, à une pureté.
Alice Rivaz elle écrit des romans avec une imagination débordante, une force intérieure remarquable et un souffle toujours renouvelé
. Les éditions Zoé ont sorti un ouvrage original concernant ces deux auteurs, une correspondance intitulée «Pourquoi serions-nous heureux?» et qui couvre des échanges épistolaires intervenus entre 1945 et 1982.
Un dialogue à distance, des rencontres esthétiques, poétiques, littéraires qui alternent temps forts et temps faibles, rythmes soutenus ou déroulement temporel plus lâche.
L’échange épistolaire permet à la fois de respecter une certaine distance tout en travaillant et écrivant en complicité, de manière authentique, pure, développant une proximité d’esprit et de cœur et une amitié certaine.
«Point n’est besoin d’une grande distance géographique pour que naisse une correspondance: un poète et une romancière habitent le même quartier, une même sensibilité et une admiration réciproque les rapprochent, et voici l’échange d’une longue amitié.»

Vive complicité.

 Alice Rivaz et Jean-George Lossier écrivaient tous les deux tout en ayant une profession parallèlement à leur activité llittéraire. Lossier a œuvré durant de longues années pour le CICR
. Les deux créateurs commencent à échanger leurs lettres à la fin de la guerre, alors que les problèmes matériels touchent tout un chacun.
Les deux écrivains parlent dans leurs missives outre de leurs élans, désirs, emportements littéraires, de la vie au quotidien avec des détails concrets et circonstanciés; ils évoquent le temps, l’espace, les rapports qui lient le matériel au spirituel, les questions existentielles et les interrogations fondamentales de l’être au-monde.
 Le tout sur un mode tantôt plus léger, tantôt plus grave, comme pour mieux coller au rythme de vie quotidien: «Chaque jour je vois des paysages d’indicible beauté. La neige sur les monts scintille comme de l’argent. Et j’ai revu, l’autre matin, au lever du jour, les anneaux brisés incandescents du fleuve.»
 Et d’évoquer Yvette Zgraggen, Rilke, Bergson, Baudelaire ou d’autres écrivains en qui ils se reconnaissent peu ou prou, de laisser parler leurs vibrations d’âme et de cœur, de naviguer dans les méandres des interrogations et de la création littéraire: et comme le dit Lossier: «J’ai franchi mon automne ivre d’écume/Vêtu d’une aube lointaine». Une faim de dépouillement s’affirme, pressante. Le consentement à la mort se confond avec la soif de Dieu. Alice Rivaz-Jean-Georges Lossier «Pourquoi serions-nous heureux?» Zoé.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 20:31

254408690_9e826df9b9.jpgDans la neige perlée de l'aurore des mots oubliés, la cendre de jours en-allés, les trajets de temps à venir, d'espérances à mûrir.


Et puis le plastron braisé du rouge-gorge, ses pattes fines et fragiles entre les arbres à papillons, les tiges nues et noires du lilas qui accueillent les silhouettes généreuses des corneilles, des corbeaux, des moineaux.


Dans les champs à l'herbe couchée et vitrifiée par le givre, des tournesols à la tête penchée, des lampadaires dans la lumière blême de l'hiver, des épis de de maïs jonchent le sol.


Les jardins défilent, près du Rhône, entre Bramois et le fleuve lent qui souligne la route filant vers le Bietschorn, plaqué sur le ciel océan, des promenades sereines, détachées d'une opacité trop terrestre.

 

Ivresse létale, corps et esprit mêlés, air froid qui pénètre la gorge, les poumons, la tête... chants de navigateurs diurnes qui prennent le large en regardant les vergers perdus dans la blancheur de la saison fauve.


Voyages intérieurs sur le revers du jour, entre plain-chant et contre-jour. 2.1.09

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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 19:31

10137y35-1-.JPGSur la colline soufflée par la bise blanche une croix de bois.
L'horizontalité de la terre, la verticalité de mon corps qui avance doucement et péniblement dans la haute neige.
Le passage furtif d'un casse-noix qui sort des branchages d'arolles, les plumes feutrées d'un geai qui semble glisser sur la pente, et le vent, simple, fluide sur la peau battue par le soleil.
La trace est fraîche dans la poudreuse, un lièvre variable a cherché de la nourriture en grattant le lichen près du tronc orangé, silence, l'heure se courbe entre présence et absence, comme dans un rayon de clarté sur le bloc de granit moucheté.
Et puis, la forêt ajourée, les fagots bleutés de lumière entre les pives et les aiguilles d'épicéas, le chemin comme un couloir, au centre de cet instant si vif.

 

Légende photo: un lièvre brun dans la prairie.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 17:45

«Rejoindre l’horizon», le livre de l’écrivain valaisan Jean Romain nous révèle un voyage intérieur impressionnant, une quête de soi, de son identité, de son être-au-monde, de ses liens au cosmos, qui nous conduit loin en nous-mêmes et dans le vaste monde spatial et temporel qui nous entoure.
L’écrivain valaisan Jean Romain est très connu pour ses prises de position philosophiques, avec la «dérive émotionnelle» «Le temps de la déraison» et aussi pour ses engagements pour une école de qualité, qui doit aussi s’éloigner parfois des pédagogistes qui mettent l’«élève au centre», l’élève autour duquel tout devrait tourner.
Il tient des chroniques dans plusieurs journaux romands dont le Nouvelliste et le Matin Dimanche, qui lui permettent d’évoquer régulièrement, sous l’œil du philosophe, des sujets d’actualité brûlante.

Un univers poignant

 Dans «Rejoindre l’horizon» l’écrivain valaisan nous offre un univers différent, autre, une approche particulièrement sensible de la maladie, avec un héros, qui comme l’auteur rêvait de renouer avec une de ses grandes passions de jeunesse , les virées à moto, qui permettent de «rejoindre l’horizon», tout au moins de s’en rapprocher; parcourir vallées, plaines et montagnes sur son «cheval d’acier», arpenter, cadastrer, envelopper l’espace, les paysages, pour mieux les connaître, les faire siens, vivre dans une sorte de symbiose et d’osmose.
Les rêves du héros sont sans limites, presque, lorsque soudain, comme dans une brisure abrupte, le quotidien retrouve d’autres dimensions.
Le héros-narrateur apprend qu’il souffre d’un cancer.
Alors évidemment se déclenche, s’immiscent en lui un séisme, un choc mais qui ne provoquent pas la peur ou la panique; un «ennemi intime» s’est infiltré dans son être et désormais il faudra le combattre.
Son être se trouve partagé, scindé en deux parties, en quelque sorte, l’âme et le corps séparés dans le sens que les limites explosent, que l’avenir n’est plus aussi serein qu’avant, il devient aléatoire, soudainement fugitif, transitoire.
Le rythme du quotidien trouve une autre scansion dans les liens avec les êtres et les choses; à l’hôpital le héros découvre le monde des «horizontaux», malades , avec leur propres pulsions, et celui des «verticaux», les bien-portants, les hommes et les femmes en blanc....
Des textes vrais, forts, vibrants d’authenticité, tout comme lorsque l’auteur revit ses années d’études au collège à Saint-Maurice avec des professeurs passionnés qui lui ont inculqué le goût de la lecture et de la littérature.

 Une lumière essentielle et vivante

Mais dans ce chamboulement intérieur qu’a provoqué la maladie, cette remise en question de certains repères et d’une certaine réalité dans laquelle tout paraît possible une lueur apparaît, fragile, tremblante et indéfectible à la fois, celle qui permet d’entrevoir, d’envisager, d’espérer, de croire en une guérison, celle qui permet d’aller de l’avant, de dépasser aussi son horizon personnel que la maladie a pu réduire par moments à une peau de chagrin.
Et puis «Rejoindre l’horizon» nous offre aussi, au-delà de la description d’un vécu très puissant lors de l’intrusion de la maladie une «gerbe de lumière» avec un Centaure, mi-homme, mi-cheval qui enfourche sa moto, pour fuir la maladie, va parcourir l’espace et le temps, prenant en amazone Coronis, une jeune fille avec qui le Centaure va redécouvrir ses origines , vers la Méditerranée. «Rejoindre l’horizon» de Jean Romain aux éditions de l’Age d’Homme
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 22:20
«Tan Py Vâ!Tan Pye bâ!», c’est le titre de la dernière pièce en patois de Albert Lathion qui a été jouée en 2007 à Nendaz.
Une grande expérience L’auteur nendard n’en est pas à son coup d’essai et a déjà plusieurs cordes et pièces théâtrales à son actif.
 Notamment avec Narcisse Praz ces deux auteurs contribuent activement à la sauvegarde du franco-provençal, une langue patoisanne qui se meurt petit à petit au fil des générations, et que seuls maintenant quelques jeunes maîtrisent encore.
Que ce soit au Val d’Hérens, à Conthey, en Anniviers, dans de nombreuses vallées latérales il existe encore de valeureux défenseurs du patois qui le font vivre de différentes manières, par la publication de dictionnaires, de livres, la mise en scène de pièces théâtrales, l’organisation de soirées thématiques...
Les universités populaires dispensent également des cours de patois mais il est vrai que la génération des cinquante-soixante ans est peut-être la dernière à parler encore couramment ce dialecte. Une tragi-comédie savoureuse La pièce mise écrite et msie en scène cette année par Albert Lathion donne la parole à une quinzaine d’acteurs dynamiques, motivés, performants aussi, qui mettent tout leur cœur dans cette aventure; une histoire de passion, de caramaderie et de culture aussi, car cette pièce tragi-comique en trois actes et un épilogue nous parle d’un temps en-allé qui comportait certains us et coutumes aujourd’hui quelque peu oubliés.
«On y retrouve un modus vivendi, une atmosphère, une ambiance du XIXème siècle: l’histoire se déroule à Basse-Nendaz en 1846 et met en scène le tsatéan Ferdinan Manolir qui règne en maître sur le village. Sa famille, Judith sa femme fille unique, ses filles Marie la coquine et Fostine la pieuse, le fils Prun qui vagabonde passablement et surtout sa belle-mère Madeyyna qui tient les cordons de la bourse, c’est elle qui possède les terres. L’histoire tourne autour de cette famille, des velléités politiques de Ferdinan, des dérives amoureuses d’une des filles, des ambitions de chacun qui parfois ne correspondent pas aux traditions locales.... Bref une histoire tragi-comique qui finira très mal pour certains, mais le tout sur un ton badin et avec de nombreuses touches d’humour et d’ironie... » nous dit Albert Lathion.
Des situations qui pourraient en tout cas pleinement se retrouver dans nos temps contemporains.
A relever que pour cette pièce patoisaneune innovation de taille avec la diffusion sur un écran de la traduction simultanée en français pour toutes les personnes ne comprenant pas le dialecte nendard, toujours chantant, rythmé, agréable à l’oreille, qui peut séduire même ceux qui ne connaissent pas parfaitement. La pièce a été présentée à Basse-Nendaz .
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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 22:14
«La part du vide» un premier livre de David Charles paru aux éditions de l’Age d’Homme et qui raconte l’histoire d’un jeune Romand exilé à Zurich.
L’auteur, né en 1970 à Martigny, travaille depuis dix-sept ans sur le lieu de l’action à Zurich.
 Un «voyage» du Valais en Suisse alémanique qui va le conduire dans un monde chahuté, en mouvement perpétuel, en appels constants, en sollicitations permanentes, qui va amener l’auteur à se remettre en question: ses repères s’effritent, son identité vacille.
 Ce dernier se retrouve ainsi dans une sorte de solitude et de face-à-face avec lui-même qui va lui permettre d’analyser son «je», de poser des questions fondamentales sur son identité, de creuser en avant dans les replis de l’âme. Comme le dit David Charles, «La part du vide», un roman ou une auto-fiction?
 Un roman évidemment nous dit l’auteur puisque le récit qui se passe à Zurich est en fait presque hors de l’espace et du temps, tels qu’on les considère habituellement, comme des repères concrets, ponctuels, objectifs.
 «Il s’agit avant tout d’une recherche d’absolu, traduite par une politique d’élagage précise, par laquelle le narrateur tente d’atteindre, aux confins de l’être, quelque chose qui ressemblait à une âme. Enquêteur à peine inquiet, il choisit de se mettre en retrait, en marge, comme on recule pour mieux sauter. Quelle est cette énigme, quel est cet organisme qui, au fil du récit, ressortent comme une force établie, indécelable en même temps qu’inébranlable, et qui semble dirigier d’une main sure la destinée des êtres? A chacun d’y répondre.»
Le livre nous donne à découvrir un homme qui se trouve en même temps en adéquation avec de nombreux éléments de notre quotidien et qui parfois s’y trouve oppressé, confiné, écrasé, dans un univers d’apparences, d’éclats, de brillances et d’évanescences, notamment par rapport à sa famille, aux jeunes filles...
Se mettre à distance, en retrait, à l’écart parfois pour mieux saisir l’essentiel, dépouiller la masse magmatique du quotidien de ses scories, en retirer les structures originelles, pour en saisir les respirations vitales.
 Mais également prendre en compte l’ombre derrière la lumière, le vide derrière le plein, l’absence par-delà la présence: «Le narrateur, soutenu par l’illusion, créée à cet effet, d’un amour intemporel, prend le chemin d’un vide dont certains firent une philosophie, un jour, en essayant d’en apercevoir les répercussions sur nos existences matérielles et ancrées dans le temps.
Il s’agit, n’est-ce pas, de savoir ce vide, d’en ancrer l’idée en nos consciences, qui ne cessent de vouloir la fuir. Le paradis est là, à portée de rétine, il devient temps de n’être plus hypermétrope...», nous dit David Charles.
Laissons-nous emporter par ce flux qui embrasse le monde dans une envie d’harmonie et de complétude. «La part du vide», Editions l’Age d’Homme, 2008, 154 p.
).
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jean-marc theytaz - dans littérature
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 20:20
La poésie comme cartographie, comme espace mental, comme cadastre géographique et sentimental qui entre en relation avec le sujet écrivant, de manière fusionnelle et vitale, voilà une manière de présenter l’écriture de Andrée Pfefferlé qui publie ici un nouveau recueil.
A un rythme régulier, la poétesse sédunoise nous offre sa «production» qui s’avère être toujours aussi dense, prenante et passionnante aussi, dans le sens d’une contiguité profonde avec le cœur et l’âme de l’artiste.
Andrée Pfefferlé a un goût prononcé pour la nature, pour les énergies qui la traversent et l’habitent, pour les nuances qui s’y cachent, pour la pluralité de ses visages, de ses «traits» si touchants et envoûtants: ses poèmes mettent en scène et «en espace» les liens qu’elle cultive avec les oiseaux fuyants, les arbres aériens, l’air transparent d’automne. Le lecteur trouve dans ses descriptions et ses évocations une place qu’il peut faire sienne, qu’il peut habiter avec complicité.
La poétesse nous fait découvrir ainsi un univers qui est particulier, construit de couches de réalité superposées, qui nous entrainent dans une musique toute de douceur et de sérénité.
Mais la nostalgie d’un âge en-allé, du temps qui s’enfuit, de la mort et des «petites-morts» quotidiennes, n’y sont pas absentes.
Andrée Pfefferlé écrit avec récurrence, patiemment, depuis de nombreuses années, captant les instants qui lui semblent plus précieux ou plus lourds de signification, elle nous apprend à vivre en paix avec notre quotidien, parfois si lourd à porter.
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