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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:27
Le vent dans les feuilles de vigne craquelantes, les ceps dénudés sur le ciel moiré, le livre des absences à l'automne venu, le jour tourne sur ses gonds, silence.
L'angelus au loin enveloppe l'arpès-midi de ses tintements esseulés, les passants déambulent dans les chemins quadrillés, l'air est doux, moelleux, presque de miel et de paille, il fait bon se laisser porter par les embruns de la nostalgie novembrienne.
Au loin des bans saumonés portent l'horizon au-delà de demain, vibrations lumineuses, les taches solaires embrasent mes espérances.   novembre 08
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jean-marc theytaz - dans nendaz
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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 00:38
Prose poétique au quotidien
Publication Un nouveau recueil de J-M Theytaz
 
 
"Paroles de vent",  voici le titre du dernier recueil de prose poétique de Jean-Marc Theytaz, publié aux éditions Monographic à Sierre, fondées par Roger Salamin et reprises actuellement par Benoît Schoechli.
Il s'agit là du douzième ouvrage publié par le poète nendard qui, à ses débuts, avait commencé par écrire des nouvelles comme Discussion ou Pierre de Planchouet  pour s'adonner par la suite exclusivement à la poésie.  
Aujourd'hui Jean-Marc Theytaz nous propose un recueil de prose poétique, des textes qui saisissent le quotidien dans sa luminosité, dans sa banalité, dans ses habitudes, dans ses enthousiasmes, dans ses émerveillements.
Comme le dit Henri Maître dans sa préface"La poésie de l'artiste nendard est un terreau littéraire fertile, où il révèle ses sentiments, ses émotions et ses pensées secrètes; liens entre l'homme et la nature, entre le poète et les reflets du monde; Pierrette Micheloud parle d'une osmose de "sang et d'esprit"....C'est la vie  et l'environnement paysager portés en poésie, en correspondances littéraires à la fois fortes et mystérieuses; et c'est aussi un chemin pour combler "l'abîme qui baîlle entre les choses", comme l'esprit de Pierre Reverdi, un creuset de la communication poétique, au coeur même de la souffrance intérieure parfois..."...
"Nommer pour devenir complice, confident, ami, nommer pour "vivre avec" et se retrouver, nommer pour respirer toujours plus fort, dans ce monde qui nous interpelle et nous éclate, minuscule goutte d'eau au revers d'une rosée novembrienne..." le texte avance comme une respiration, lente ou hachée, haletante ou sensuelle, pour mieux faire corps avec une réalité parfois éclatante, parfois sombre et mystique.
L'auteur nendard pratique également la gouache et l'aquarelle où l'on y retrouve ce goût sensoriel des couleurs, des transparences, des profondeurs d'une vie qui nous échappe parfois dans ses méandres tortueux.
"Paroles de vent" paraît dans la collection Racines du Rhône des éditions Monographic, une collection qui réunit des auteurs qui parlent souvent du Valais ou qui ont des attaches profondes avec notre canton: Jean-Marc Theytaz publie son cinquième au ouvrage aux éditions Monographic, le premier étant paru en 1991.
"Le vent sculpte la vallée, fougères de lumière par-dessus la ligne de crête, les colchiques sont comme des poignets à la peau blanche, liés par les fils de ton regard. Entre les cils du jour les miettes d'amour qu'il me reste au fond du coeur, les mots légers qui parlent de la naissance et de la mort, de mes enfants, de la forêt calcinée par les chaleurs intenses du soleil blanc. Je te prends par la taille, le jour s'étend aux confins de l'infinie mélancolie."  CP
 
L'ouvrage peut-être commandé, au prix de 21 francs, aux Editions Monographic , Technopôle 2, Sous Géronde-3960 Sierre, editions@monographic.ch
Jean-Marc Theytaz, route de Bramois 41b, 1967 Bramois, j.theytaz@bluewin.ch
 
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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 17:36
Derborence, ses lumières rousses dans les architectures aériennes du vallon, l'haleine lourde du chamois qui grimpe la pente rocheuse, semblant fuir une mort toute proche, le lac et ses vitraux de feuilles transparentes, et puis les pans de la falaise comme des miroirs argentés dans l'humidité de l'aurore, je sens monter en moi les embruns de jours d'ébène, qui dérivent dans les larges allées de l'arrière-saison. Respirations légères..., tisser ces instants comme de fragiles broderies sur le silence d'une totale présence au paysage, dans l'apesanteur du sommeil.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:59
Toussaint, jour des morts Chrysanthèmes, pensées colorées, fleurs de la Toussait, sur les tombes froides des prières chuchotées, psaumes murmurés au bord des lèvres, émotions, nostalgie, regards intérieurs, poignées de mains et trois mots, comme un souvenir, comme un éclat de temps apparu soudainement sur l'écorce du jour; la montée au cimetière, le curé qui dit les noms des personnes décédées durant l'année écoulée, les monuments de marbre et de granit, le gravier crissant sous les chaussures, et des larmes, ça et là , larmes mouillées, larmes retenues, des bouquets de bruyère mauve, comme les franges d'un orage d'été, des images qui embrument les yeux, moment de vie, moment d'absence et de présence palpable, comme l'épaisseur d'une réalité qui nous étrangle parfois, avec la dureté de la roche, la perméabilité de la nuit qui nous enveloppe parfois...
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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 15:55
Le Musée suisse de l’appareil photographique nous a proposé il y a quelques années un voyage de grande qualité dans l’univers du créateur valaisan Alain de Kalbermatten.
«Territoires infimes...» nous offre un itinéraire singulier dans un monde secret, celui de l’artiste qui sait nous faire vivre en symbiose avec des lieux, des objets abandonnés qui nous parlent d’humanité «par absence, en silence, au travers de traces, comme si tout était encore habité.»
Alain de Kalbermatten a su saisir des paysages, des objets comme en pointillé, dans une sorte d’évocation et de suggestion qui peuvent rejoindre celles des symbolistes, dans un travail d’épuration, de finesse, de dépouillement aussi.
Le photographe valaisan qui est également musicien et qui fut médecin durant l’hiver durant de longues années à Thyon, utilise des procédés photographiques de grande stabilité comme le Cibachrome, puis Ilchrome produit par Ilford sur son site de Marly à Fribourg.
Alain de Kalbermatten photgraphie et expose depuis plus de vingt ans, avec passion, avec une grande patience et beaucoup de sensiblité.
Et durant toutes ces années il a visité des lieux, rencontré des gens, composé une musique de douceur et de tendresse avec ses clichés explorant de multiples territoires... «territoires lointains et infinis, territoires intimes et infimes...», des espaces de vie dans lesquels l’intérieur et l’extérieur se rejoignent dans une complicité, une vivacité, une intensité qui nous font découvrir mille et un secrets de la quotidienneté.
«Comme chacun, j’ai vécu un temps et émietté quelques réalités, respiré un peu de l’air précaire et contemporain, et j’en ai retenu la trace de témoins qui me parlent de leur mémoire ou de la mienne, jalons émotionnels, couleurs comme des phares. La réalité est un mensonge, la photo en est la preuve… D’aucuns cherchent l’être, je cherche l’absence, le silence. Dans l’objet se trouvent les êtres qui l’ont façonné, habité, mais aussi une réalité parallèle, démontable, un puzzle déboussolé dont je détache les pièces pour en faire ces images, sur lesquelles il est permis de jeter l’œil que l’on voudra, même un œil intérieur.
 Reportage objectuel, investir l’objet de son imaginaire, pour jouer avec la substance, couleur, forme, plaisir, suggestion, émotion.» Alain de Kalbermatten
Bio express
Né en 1944 à Sion en Suisse, Alain de Kalbermatten s’initie à la photographie durant ses études de médecine à Genève, avec François Bonnet, écrivain et photographe.
 Sa rencontre ensuite avec Fernand Bergeron, graveur québécois, en séjour à Genève, l’éloignera du photo reportage et du portrait pour se consacrer à des thèmes photographiques «objectuels» uniquement. À travers un certain esthétisme pictural, il tentera de cerner l’absence ou la trace de l’humain au travers de l’objet créé ou abandonné. Il tiendra ainsi son atelier au Centre de gravure contemporaine de 1974 à 1978 à Genève, puis émigrera dans ses montagnes natales. 
Il affinera pendant plus de 20 ans les images de 8 expositions thématiques assemblées au cours de nombreux voyages en Europe, Turquie, Pakistan et Canada, mais aussi lors de voyages intimes dans les lieux chers à son souvenir, comme l’hôtel abandonné de la «Rosablanche» , à deux pas de sa maison valaisanne.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 21:36
Robert Walser est désormais internationalement connu pour ses «microgrammes» qui ont fait le tour du monde littéraire; parallèlement à cela il a également beaucoup produit, créé, écrit des poèmes qui sont d’une fraîcheur et d’un souffle remarquables.
 La nature, les sentiments humains, la façon d’être au monde, les aspirations et les questionnements existentiels... autant de thématiques que l’on peut retrouver dans ses textes et ses écrits très nombreux.
 Robert Walser, comme beaucoup d’écrivains a commencé à écrire des poèmes alors qu’il était très jeune et en a publié dans les revues les plus prestigieuses de son temps, apportant tout de suite un esprit neuf , innovateur, créatif à la littérature de son temps.
 Ses années bernoises ont également été prolifiques. Les éditions Zoé ont publié un ouvrage réunissant une cinquantaine de poèmes, textes choisis et traduits par Marion Graf avec une postface d Jochen Greven, une édition bilingue qui va certainement connaître un grand succès.
Des poèmes frais, authentiques, spontanés si travaillés et comme le de dit Jochen Greven: «A lire ces premiers poèmes aujourd’hui, on hésitera à mettre en avant les notions de naiveté et de naturel. Bien sûr, il y a ici un «je» lyrique juvénile qui exprime ses émotions intenses de façon très directe.
 Tantôt euphorique, il embrasse le monde entier dans l’ivresse de son bonheur, tantôt, bien plus fréquemment, il déplore avec mélancolie sa solitude, son errance sans attaches, l’assujettissement à une subjectivité toujours renvoyée à elle-même.
Le paysage, les impressions de la nature jouent un grand rôle, mais, exception faite de l’expérience répétée de la chute de neige, ils restent extérieurs, semblables à un décor. ...
Le sujet, qui se perçoit comme enfermé derrière les barreaux de ses émotions, de ses perceptions et de ses représenations, explore les libertés de l’introspection et de son expression poétique....» Jochen Greven nous apporte dans une postface très étoffée un point de vue élargi sur la production poétique de Walser, sa chronologie, ses péripéties, ses mystères, son évolution, une étude riche et traversée de multiples informations.
Les textes de Walser ont une musique intérieure, un rythme, des rimes, des assonances, des allitérations, des métaphores, qui nous dévoilent un homme sensible, ouvert, éveilleur de conscience dans les souffrances qui parfois le tenaillent. Il dissèque l’univers, le fait sien, le transforme et l’interroge, tout un parcours littéraire, jalonné de bonheurs et de malheurs... «Poèmes de Robert Walser» aux éditions Zoé, Genève, avec une traduction de Marion Graf et une postface deJochen Greven.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 20:44
Je me promène dans la clairière vaste , libre, comme élaguée, gorgée de blonde lumière, les feuilles, les branchages s’allument, les mots deviennent des miroirs, des analogies, l’identité se fond en altérité renouvelée, musique plurielle, le moi se poétise, se dilate et s’écoule dans les mille fibres végétales qui m’entourent.
Nommer pour devenir complice, confident, ami, nommer pour vivre avec et se retrouver, nommer pour respirer toujours plus fort, dans ce monde qui nous interpelle et nous éclate, minuscule goutte d’eau au revers d’une rosée novembrienne.
Encore des vies qui s’enchaînent et s’entrelacent, traversée de voix blanches, le temps métamorphose, instaure et....détruit, inexorablement. Et puis le lichen vert sur le dos de tes mains, tu sembles sortir de l’aube, de la fournée des derniers nés, riche de cette vie nouvelle qui renaît au détour de chaque souffle, de chaque involution nocturne.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 23:11
Brise coupante, marais d'eau saumâtre stagnant dans les heures de veille, le jour se lève, enfariné et gluant, au sortir de songes d'une tiédeur vive.
Je défais les fils de l'histoire teintée de mélèze et de tilleul, ceux de l'enfance, prise dans les filets de la noire nostalgie. Bribes d'images et de couleurs délavées, de sueur et de sang séché, de syllabes et de mots désarticulés, les rêves glissent entre silence et musique douce, avec quelques poussées de fièvre, celles des peurs d'adolescences , des solitudes mal soignées et des tempêtes étouffées.
Les paupières lourdes dissèquent le soleil levant, sortir de la nuit. sortir de soi, pour renaître au jour d'voire et de vapeurs sourdes. 08
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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 15:15
La forêt comme une fourrure dorée qui ondule dans les dunes automnales, les mélèzes et leur résine mielleuse qui embaume le flanc de la montagne, les andains de lumière rousse sur les alpages mourants, le coeur qui se remplit de nostalgie, le fleuve dans la plaine qui emporte nos pleurs, le pierrier et ses lichens mordorés, et près du mayen le merisier, une habitation pour jaseur boréal, rouge.gorge ou geai criard, un sorbier pourpre, une maison vers le paradis, octobre 2008
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jean-marc theytaz - dans littérature
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 22:56
Entassements de rochers, fourmillières grouillantes au pied du mélèze, étoffe de mousse humide sur le bord du bisse, potentilles disséminées sur le talus pentu, l'espace se cadastre lentement, entre enracinements et envols, dans le regard de l'homme qui s'arrête pour respirer et se laisser emporter par le flux du temps. Graver sur l'écorce des arbres le souffle qui s'active dans ta poitrine, les battements du sang qui font mouvoir ton coeur, ton corps. Je ressens l'ivresse processionnaire du vent qui tape rugueusemnent contre les parois de mon âme solitaire.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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