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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 17:58

Les grappes de givre sur la branche du poirier
/ Des libellules d'hiver dans la soie du silence blanc
/ Ton regard derrière les rideaux de neige
/ Entre mes mains
/ Un peu de lin
/ Une écriture fine
/ A l'heure ouverte
/ Des doigts agiles
/ Qui tissent des habits de solitude/

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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 18:50

L'étang argenté, ses roseaux égarés et solitaires pris dans le givre de février,
la corneille sur la branche noire et nue,
je marche lentement,
dans les sentiers désertés proches de la réserve de Pouta Fontana près de Granges,
le ciel est bas,
des fagots de branches lumineuses retiennent les assauts d'un soleil qui s'est fait rare, 
un canal vert émeraude souligne la géométrie et le mouvement des broussailes dans la brise.
Chapelet de prières dans les branches qui s'égouttent,
 traces de colverts qui semblent s'être perdus,
 l'instant se découpe en fragments minces et fragiles,
il faut s'arrêter de respirer.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 20:48
«Le noir de ciel» est le premier ouvrage de Mary-Laure Zoos: enseignante dans le canton de Vaud, née en 1955, cet ouvrage paraît aux éditions Empreintes qui représentent un gage de qualité, d’authenticité et d’engagement littéraire. La poésie de Mary-Laure Zoos qui a déjà publié des textes dans différentes revues romandes fait penser à un réseau de correspondances qui mettrait en relation la matérialité horizontale de la terre, sa pesanteur, sa concrétude, sa texture organique, avec une certaine forme de verticalité et de recherche aérienne, un mouvement tendu vers la spiritualité et la métaphysique.
 Le quotidien est lourd, la terre boueuse, songieuse, parfois mortifère, engloutissant les pas des hommes qui cherchent une lumière dans le ciel noir, livré à l’informel et au chaos: «au coeur de la nuit on coule à pic, agrippant le fond du temps, et presque pas de mots...»
 Pourtant une espérance, une étincelle.
Intérieur et extérieur se confondent, le paysage peut devenir cette page en papier vergé sur lequel s’inscrivent les respirations sourdes du poète qui cherche, inlassablement, toujours en quête d’une parole vivante, qui porte le monde, l’inscrit dans le temps, le sauve d’un basculement dans l’abîme.
Jaccottet, Roud, Bonnefoy, des pèlerins et des pêcheurs d’étoiles, ont été évoqués ( Pierre Lépori) pour parler de la poésie de Mary-Laure Zoos, une constellation d’auteurs qui établissent des ponts entre le concret et le spirituel, l’obscurité et la lumière blanche des pétales de cerisiers. Une ouverture vers par les hauteurs. La poésie forte mais parfois sombre et lourde de Mary-Laure Zoos a obtenu le Prix Ramuz de Poésie 2007. «Le Noir du ciel»., Prix Ramuz de poésie 2007, éditions Empreintes.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 20:55
Un questionnement sur le nazisme et sa propagation Janine Massard nous offre là un ouvrage «L’Héritage allemand» tout de force, de densité et d’intensité.
 Le livre d’une écrivaine pour qui l’humain est au centre de ses recherches et de son travail quotidien, de son engagement et de ses passions.
Nombreux prix.
Janine Massard est née à Rolle où elle agrandi.
Elle exrcera divers métiers avant d’attaquer des études de lettres à Lausanne, qu’elle interrompra pour s’adonner totalement à l’écriture.
Les romans et les récits composent l’essentiel de son oeuvre, des récits concernant son vécu avec toute cette charge d’émotion et de poids existentiel que cela peut comporter.
Les petites gens sont fréquemment au centre de ses préoccuaptions, avec leurs joies, leurs angoisses, leur questionnement, leur descente aux enfers, leurs réactions face à un quotidien souvent difficile à traverser ou à surmonter. Janine Massard reçoit en 1986 le Prix Schiller pour «La petite monnaie des jours» alors que «Trois mariages » lui vaut les Prix des écrivains vaudois en 1993. Elle sera encore lautérate du Prix de la Bibliothèque pour tous avec «Ce qui reste de Katharina» et d’autres prix dont le Edouard Rod en 2002 pour «Comme si je n’avais pas traversé l’été»
 Janine Massard a de nombreuses occupations qui la lient au réseau social qui l’entoure, elle exerce notamment la fonction de présidente de l’Association Films Plan-Fixes depuis 2003. Elle réside actuellement à Pully. Au-delà des apparences.
Dans son dernier ouvrage elle aborde avec sensibilité et franchise, sincérité et puissance le problème du nazisme, de ses origines, de ses composantes déconcertantes, de ses manières de se propager et de transmettre peut-être de génération en génération. Des questions lourdes de sens et de responsabilité, à une période où des mouvements d’extrême-droite refont surface ça et là, comme en Allemagne en France, avec la profanation de cimetières juifs, l’émergence d’un humour anti-sémite latent comme les dernières provocations de Dieudonné. La péridode de crise et de délitement ds valeurs que nous vivons favorise cette apparitions d’individus hors normes, qui se raccrochent à des appuis vacillants ou complètement aléatoires générés par les extrémistes et les fascistes de tout bord. «Et si , par des voies occultes, les crimes nazis retombaient sur la descendance? C’est la question que finit par se poser Heide, dont le frère a fait la guerre sous l’uniforme SS, en constatant q’une étrange multiplication de malheures les atteint, lui comme elle, dans la chair de leur chair. Alors, hasar, ou syndrome du châtiment?» «L’Héritage allemand» Janine Massard, éditions Bernard Campiche
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jean-marc theytaz - dans littérature
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 20:30
Le long du fleuve de résine et de miel un chapelet de saules,des biolles grisées, les traces dans la neige de chevaux qui ont trotté jusqu'à épuisement, la plume de la pie qui s'est posée sur la branche, la bise qui a mouluré le bord du taillis, les doigts nus des bosquets joints pour la prière.
Il fait doux, plus loin vers Bramoisle soleil de l'après-midi dégèle les frises de glace du canal, il fait tard dans le coeur de nos errances solitaires
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jean-marc theytaz - dans littérature
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 20:23
Maintenant, partout...
Laurence Bender ,artiste installée à Martigny, expose depuis de nombreuses années en Valais et aussi à l'extérieur du canton.
 Son art est abouti, dépouillé, dense, mêlant austérité et pureté, suggestion et évocation, vivacité et intériorité.
Elle nous parle d’écritures posées sur la toile, de traces, de rythmes, de musiques qui viennent de ce chemin de Vie qu’elle met en forme et en peinture.
Retenue et économie de moyens pour dire le temps qui passe, l’empreinte de l’existentiel lorsqu’il rencontre l’essentiel, le trait nu sur la surface de la toile si vaste, et puis ces espaces rendus à leur puissance intérieure, tendus comme un arcs sur un monde de lumières et d’ombres mariées
. Les bruns, les ocres, les blancs cassés, les nuances , les variations pour dire la présence et l’asbsence:«Une construction de plein, de vide, horizontal, vertical...une globalité.
Un milieu enre rien et tout. D’un geste, un trait d’un instant unique naît. Partout...Maintenant.»
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jean-marc theytaz - dans littérature
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 21:35
La brillance cristalline de la neige près du Bleusy, j'aperçois, lentement, des lotus silencieux, des nénuphars dérivant comme des barques fragiles dans l'espace blanc, descendant de la forêt noire et lustrée, je regarde avec émotion les empreintes poudreuses et légères d'un lièvre qui devait lutter pour sa survie dans ce désert hivernal.
 Les flocons enveloppent les prés et la forêt solitaire, les sapins e les mélèzes aux branches nues et jaunes vibrent dans des jeux de lumière argentée.
 Au détour de la combe qui bascule dans le soleil les mayens et les prés sont comme engoncés dans leur chandail feutré de neige vaporeuse, vision d'un dimanche magique sans heure, comme une coque de noix sur l'eau tranquille de cette saison tendre et sauvage.
 La splendeur de cette broderie de vernes et de biolles m'entrouve les mystères de ce paysage qui se défait et se déplie devant moi, comme nu, laissant apparaître les veines bleutées sous sa peau, la neige, des ailes d'abeilles, des libellules sur un étang mémoriel endormi, et puis le vent, les poudreries dans la tête, comme au jour de l'envol... 25 janvier 09
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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 15:22
La Galerie La Tine à Troistorrents nous a offert en 09 une  très belle exposition pour ses quinze ans avec les œuvres de trente artistes qui ont accroché leurs tableaux au fil du temps, certains plusieurs fois comme Géraldine Es-Borrat. Nous avons rencontré Gérald Lange, galeriste et antiquaire (photo) passionné, créateur de La Tine qu’il anime avec une ferveur, une sensibilité et une connaissance de l’art très pointue.

Gérald Lange comment et dans quelle circonstance est née votre galerie la Tine à Troistorrents?
L’idée a germé lorsque j’ai ouvert mon magasin d’antiquités dans les années nonante; passionné par l’art j’ai décidé lors de l’inauguration d’organiser une grande expo intitulée «Val d’Illiez vu par les peintres» et j’ai proposé des œuvres de de Edouard Vallet, Goss, Bocion..., des tableaux plus anciens et des contemporains. L’exposition a eu un beau succès avec 2000 visiteurs et cela m’a donné l’énergie de poursuivre l’expérience en organisant trois expos par année. Puis sont venus Giani Grosso, Bernadette Olsommer, David Ciana, les Roussopoulos, Walser... et en quinze ans une trentaine d’artistes.

Aviez-vous ciblé un public particulier?
La qualité des œuvres proposées compose en fait la recette de base qui fidélise un public et celui-ci connaît maintenant la galerie. Le public qui vient ici a souvent des résidences secondaires à Champéry, Villars, Verbier, Torgon, Leysin, la Riviera, des allées et venues qui dynamisent le lieu, créent des synergies entre les régions et les gens que je rencontre.

 Comment choisissez-vous vos artistes?
En fait c’est la qualité du travail et mon «œil» qui décident, l’artiste est souvent en corrélation avec l’œuvre et le relationnel joue également un rôle important. En principe ce sont quasiment tous des artistes professionnels et il y a eu aussi un ou deux autodidactes mais qui font preuve d’une grande maîtrise. Une question piège, sur quels artistes avez-vous particulièrement «flashé» en quinze ans? Ce sont tous des coups de cœur, mais disons que des Géraldine Es-Borrat, Michel Kozuk, ou Jean-Pierre Coutaz m’ont particulièrement touché. Certains d’entre eux ont été exposés plusieurs fois. Pour les peintres «anciens» la valeur artistique et la qualité d’exécution doivent toujours être au rendez-vous, ensuite, il faut parfois restaurer les tableaux, les réencadrer, toute une démarche qui prend du temps.

Avez-vous des projets à moyen terme?
 Comme le rythme et les thèmes, les artistes que j’ai choisis semblent plaire au public, je vais continuer sur cette lancée. Peut-être vais-je aussi mettre de nouveau sur pied des performances à l’extérieur de la galerie comme celle réalisée avec Michel Kozuk qui a connu un grand succès.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 20:31
Un vrai montagnard, un enseignant mais aussi et surtout un guide, un homme entier, près des êtres et de la nature, «voué à sa vocation, un beau visage humain, chahuté par le destin, mais qui toujours a su se relever pour marcher ans détour vers son idéal, celui des horizons gagnés...» le livre «Guy Genoud -itinéraire d’un guide de haute montagne» vient de sortir aux éditions Portes-Plumes.
Dans sa préface Jean-Claude Pont, professeur mais aussi guide de haute-montagne, nous parle du réseau dense de relations solides qui formait ce monde des alpinistes du Val d’Anniviers: «notre parcours initiatique s’accomplissait dans une sorte de douleur , mais aussi dans la joie... dans cet ouvrage notre ami aborde les grands thèmes de la vie alpine par des exemples vécus et choisis, les thèmes qui ont magnifié et mythifié la montagne, lui conférant une aura , sans pareil. On y apprend que l’alpinisme bien plus qu’un sport, est une philosophie, une activité qui engage l’individu dans la totalité de son être. On y trouve les frissons de la voie vierge et de l’aventure pionnière comme dans l’histoire de la première du pilier de l’Aiguille de Biselx dans les Dorées...les angoisesses de la chute et de l’éternité, comme dans l’épisode de la face nord de la Pointe de Zinal»
 L’auteur nous parle de la montagne qui représente une «augmentation, expansion, extension de soi» mais aussi de la montagne meurtrière, celle qui prend régulièrement son tribut dans des avalanches, des dévissages, des chutes tragiques dans les parois vertigineuses.
«Orage au Cervin», «Mon premier Weisshorn», «Histoires de brouillard»«Bivouac», la traversée inachevée, autant de récits, denses et limpides, fluides et dramatiques parfois, purs et rythmés qui nous conduisent dans les décors féériques d’une montagne magique, grandiose , mais également exigeante, voire même intransigeante. Guy Genoud nous livre là un ouvrage entraînant, passionnant, traversé d’émotions et de sensations inédites. JMT « Guy Genoud-un itinéraire de guide de haute montagne» aux édtions Porte-Plumes-Val D’Anniviers
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 20:45
Jean-Charles Lossier est un poète tout de finesse, de sensibilité exacerbée et de maîtrise de soi.
Son œuvre tend à une unité perdue, à une transparence, à une pureté.
Alice Rivaz elle écrit des romans avec une imagination débordante, une force intérieure remarquable et un souffle toujours renouvelé
. Les éditions Zoé ont sorti un ouvrage original concernant ces deux auteurs, une correspondance intitulée «Pourquoi serions-nous heureux?» et qui couvre des échanges épistolaires intervenus entre 1945 et 1982.
Un dialogue à distance, des rencontres esthétiques, poétiques, littéraires qui alternent temps forts et temps faibles, rythmes soutenus ou déroulement temporel plus lâche.
L’échange épistolaire permet à la fois de respecter une certaine distance tout en travaillant et écrivant en complicité, de manière authentique, pure, développant une proximité d’esprit et de cœur et une amitié certaine.
«Point n’est besoin d’une grande distance géographique pour que naisse une correspondance: un poète et une romancière habitent le même quartier, une même sensibilité et une admiration réciproque les rapprochent, et voici l’échange d’une longue amitié.»

Vive complicité.

 Alice Rivaz et Jean-George Lossier écrivaient tous les deux tout en ayant une profession parallèlement à leur activité llittéraire. Lossier a œuvré durant de longues années pour le CICR
. Les deux créateurs commencent à échanger leurs lettres à la fin de la guerre, alors que les problèmes matériels touchent tout un chacun.
Les deux écrivains parlent dans leurs missives outre de leurs élans, désirs, emportements littéraires, de la vie au quotidien avec des détails concrets et circonstanciés; ils évoquent le temps, l’espace, les rapports qui lient le matériel au spirituel, les questions existentielles et les interrogations fondamentales de l’être au-monde.
 Le tout sur un mode tantôt plus léger, tantôt plus grave, comme pour mieux coller au rythme de vie quotidien: «Chaque jour je vois des paysages d’indicible beauté. La neige sur les monts scintille comme de l’argent. Et j’ai revu, l’autre matin, au lever du jour, les anneaux brisés incandescents du fleuve.»
 Et d’évoquer Yvette Zgraggen, Rilke, Bergson, Baudelaire ou d’autres écrivains en qui ils se reconnaissent peu ou prou, de laisser parler leurs vibrations d’âme et de cœur, de naviguer dans les méandres des interrogations et de la création littéraire: et comme le dit Lossier: «J’ai franchi mon automne ivre d’écume/Vêtu d’une aube lointaine». Une faim de dépouillement s’affirme, pressante. Le consentement à la mort se confond avec la soif de Dieu. Alice Rivaz-Jean-Georges Lossier «Pourquoi serions-nous heureux?» Zoé.
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