Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 21:16
Le vent qui siffle dans les madriers, les architectures du ciel qui s'émiettent en une neige légère, des écharpes de brume qui enveloppent les merisiers, les églantiers, les sorbiers, les fourmis dans les doigts, les traces du lièvre dans le chemin battu par les raquettes des promeneurs, la «rua» qui file vers l'aval, comme une sauvageonne, la mésange charbonnière perdue dans l'hiver d'avril et qui semble étourdie, la «crête aux mélèzes», elle, qui plonge ses mains dans l'horizon ouaté, le silence longe la courbe de la combe déserte, le tableau s'est refermé après une brève éclaircie. mars 09
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 22:02
Les peupliers frémissants s'élargissent, lecture vibrante de mon corps qui avance à petits pas, sentiers d'humus et de branchages humides.
Le casse-noix et l'hirondelle, dans l'embrasure du ciel, les nuages labiles qui filent des tabliers de lin, les respirations sont lentes et ténues, l'horizon ferme ses grimoires dans l'espace nacré, je regarde s'envoler dans la verticalité des monts les bleus vitraux de ton absence, et recueille dans mes mains ta chevelure d'ange.
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 22:50
«L’homme de paille» de Jacques Hermann, le dernier recueil de poèmes de l’auteur helvetico-belge nous emmène sur les chemins de traverse d’un homme qui peut avoir mille identités, des doubles de lui-même, qui peut changer de rives, de pays, d’existence.
Un voyage imaginaire , un voyage de couleurs et de vaticinations philosophiques et poétiques.
Jacques Hermann, s’il est de nationalité suisse est né à Tirlemeont en Belgique.
Professeur de français et d’histoire il a de nombreuses publications scientifiques à son actif mais pratique également la poésie: il a en effet proposé a public romand sept recueils dont l’un a d’ailleurs été couronné l’année dernière par le prix valaisan des Ecrivains, puisque l’auteur fait également partie de l’AVE.
 Une réalité plurielle.
Dans ses textes Jacques Herman nous fait découvrir les mille et une facettes du quotidien mais également les dédales d’une réalité polymorphe, pleine d’imprévus, de distorsions, d’épisodes avec lesquels l’on n’avait pas forcément rendez-vous.
L’homme se construit dans le temps et dans l’espace, avec un conglomérat de sensations, d’images, d’énergies qui le traversent, le marquent, le font réagir.
 Il avance dans son existence à coup de désirs et d’engagements, de joies et de tristesse, de réussites et d’échecs.
Le bonheur mais aussi la déception ou la maladie peuvent l’emmener au-delà de lui-même, lui ouvrir de nouveaux horizons, malgré les ruptures qui jalonnent son parcours.
Le poète nous montre ici la pluralité qui nous habite tous, nous qui pouvons changer au gré des circonstances, qui pouvons devenir autres, suivant notre état d’esprit.
La mémoire peut parfois jouer un grand rôle mais aussi la manière d’appréhender la réalité, avec curiosité, détachement parfois, volonté d’adhérer à un monde qui n’est pas toujours le sien, tel que souhaité.
Le temps passe, les choses et les gens changent, métamorphose et instauration de nouveaux univers, le poète avance et ressent, décrypte et construit...: «Ò ma vie /Je te donne congé /Vas-t-en donc explorer/ Les terres lointaines/ Dans les quelles les rêves/ Du monde sont ancrés...» Jacques Herman «L’homme de paille», éditions du Madrier.
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 22:30
Les tableaux qui ont été exposés par Salvina Del Graci Bavarel à la galerie Stella Helvetica de Saillon ont la fraîcheur de la poésie, la spontanéité des amoureux, la simplicité et la naïveté des choses vraies, authentiques, ils sont très colorés, ont un accent qui leur est propre et vivent dans une lumière qui leur appartient.
«Je suis établie depuis 25 ans en Valais, à Nemiaz, et j’adore ce pays: mes origines remontent à la Sicile mais j’ai vécu toute mon enfance dans les corons, en France, près de Saint-Etienne.
Une période qui m’a fortement marquée, un univers particulier, dur mais vrai et fort. Il s’agissait aussi d’une époque chahutée pendant et après la guerre: mes frères ont d’alleurs été prisonniers de guerre, j’en ai conservé des souvenirs très marqués. Nous y vivions simplement, souvent dehors, les rapports humains étaient parfois tendus mais toujours francs.»
 Puis elle enchaîne avec ses passions artistiques: «Toute jeune j’ai commencé à dessiner et aussi à écrire. J’ai ainsi rempli des quantités de cahiers, avec des poèmes, des aphorismes, des textes plus philosophiques, souvent en parallèle avec des gouaches. Toute ma vie durant, quand je me sens disponible, que mon esprit est libre, je prends la plume et laisse mon cœur et mon esprit s’exprimer de manière très souple et fluide. A 11 ans j’ai même gagné un prix de poésie qui m’a fait monter à Paris durant qelques jours, une véritable fête dont j’ai gardé un souvenir lumineux avec notamment la visite du Musée du Louvre une vraie découverte de l’univers lumineux des grands maîtres... Ici à Saillon c’est la première fois que je montre mon travail en compagnie de mon invitée Aline Kottmann, sculptrice, qui a travaillé sur des blocs de pierre ollaire. Un très beau résultat avec des pièces suggestives, un style fin et sobre, expressif aussi parfois....»
Une belle rencontre
L’exposition est ouverte depuis une semaine environ et Mme Del Graci y vient faire le gardiennage: «Ma famille était présente pour le vernissage, une rencontre internationale en quelque sorte puisque mes enfants habitent en Russie, Angola, France... Une réunion chaleureuse et cordiale de gens du monde entier; mes petits-enfants repartent souvent de chez moi avec un tableau sous le bras. Ici à Nemiaz, en dessus de Chamoson, la vie est calme, sereine, parfois solitaire mais j’apprécie beaucoup. On peut méditer, se livrer sans contraintes à des activités de création comme la peinture à l’huile, la gouache, l’écriture. Les contacts avec les Valaisans ne sont par contre pas toujours faciles. Ils restent un peu sur leur réserve, enfermés dans un monde qui est le leur et éprouvent quelque peine à s’ouvrir à celui qui vient d’ailleurs. C’est pourquoi je pense d’ailleurs que la culture est très importante pour le brassage des mentalités, des sensibilités, pour le partage et l’échange de points de vue, pour avancer.... tout simplement.»
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 22:10
La neige croûtée, prise par le gel nocturne, avec ses cupules, ses écorchures, ses ongles déchirés, la forêt traversée d'une brise de vallée, celle qui descend de Chervex, juste avant l'arrivée du soleil qui se glisse entre mélèzes et sapins verts, le bruit des skis, des bâtons plantés.

Sous une racine, blottie et cachée au moindre murmure de nos voix, une perdrix des neiges, sauvage, innocente, anxieuse; plus loin le sentier qui déroule ses lacets sur la petite moraine, et puis la forêt qui s'éclairicit et laisse place à l'alpage, mais la neige est très dure, les peaux glissent sur le dévers, il faut monter à la force des bras, le souffle devient plus court, haletant, manquant.

Couper la pente en diagonale pour rejoindre le vallon des Troutzes, en parallèle de la montée au Métailler, se hisser jusqu'au bisse de Chervex.
Sur la gauche des skieurs, des raquetteurs qui arrivent du télésiège de Combatzeline, rejoindre maintenant la trace qui monte lentement vers les dolines et les combes qui s'arrondissent en fond de vallée.

Avancer régulièrement, tranquillement, sereinement, le regard vagabond dans le scintillement des flancs incandescents, et toujours les pensées qui brassent l'esprit, les envies, les élans, les souvenirs, les espérances.... qui changent de couleurs avec le paysage, les images mentales , qui, après s'être immobilisées, s'aèrent, se rétrécissent, se dilatent, s'évaporent , s'envolent... et le ciel incandescent, profond, infini, immense, éternel... qui m'attire, m'entraîne et m'absorbe. mars 09
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 20:31

La tiédeur des taillis printaniers, les bourgeons des saules et les amandiers qui s'impatientent, le lézard dans les veines et les failles de la roche schisteuse, je tends mes mains dans l'air, libre et ouvert, comme la brise qui lèche la vallée, sans mémoire, ni mort, à l'horizon des ondulations océanes.
La coronelle va bientôt retrouver le chaud brisier, un goût d'absinthe enivre déjà nos pérégrinations intérieures.
Les fumées des facines emplissent le coteau, l'ivresse est totale.
La plaine respire profondément, enfourne nos regards bleus.
A  l'horizon la silhouette de l'infini.

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 23:33

La nuit mauve, tenture magique sur la vallée escarpée, la forêt d'épicéas et leurs voilures agitées dans la brise, le murmure continu de la rivière au fond de la gorge calcaire, l'absence de clarté lunaire, l'encre de tes songes, dans l'air juste un souffle, celui de pétales d'abricotiers et de pêchers qui de leur lopin de vigne embaument toutes ces parcelles d'obscurité.....
La campagne semble retenrir sa respiration, au dedans de sa poitrine les poussières cendrées des morts qui habitent la terre profonde, leur terreau existentiel qui emplit terre et ciel, souvenirs passés et à venir, et puis cette douleur dans la main, qui ne permet plus d'essuyer le visage, de se frotter les yeux, qui retient la lumière au-dedans de nos errances, comme une sève étouffée qui ne permettra pas au bourgeon de voir le soleil d'ivoire du pays blanc.

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:53
La prédication, un sujet pour le moins original et spécifique mais qui peut toucher tout un chacun, d’abord pour mieux comprendre ce que l’on veut nous dire, dans une homélie, dans un discours, dans une cérémonie officielle, pour mieux le sentir, pour mieux le «palper» dans les méandres de notre conscient et de notre inconscient: pour cela le 3e volume de la collection «Perspectives pastorales» vient de sortir aux Editions Saint-Augustin à Saint-Maurice, intitulé «Un langage qui sonne juste» signé François-Xavier Amherdt.
/ Le langage de la prédication, un sujet qui pourrait paraître au premier abord rébarbatif mais qui en fait contient quantité d’éléments concrets passionnants.
Comme le dit l’abbé François-Xavier Amherdt: «Que vous prêchiez vous-même, ou que vous soyez auditeur de prédications lors de célébrations à l’église (messes dominicales, baptêmes, mariages, funérailles…), qu’est-ce qui fait qu’une parole vous touche? Qu’elle rende accessibles pour vous les textes bibliques? Qu’elle nourrisse votre vie spirituelle et vous pousse à l’action dans le monde, au nom de votre foi?»
Voilà tout un éventail de questions auxquelles cet ouvrage pourra apporter des réponses. En effet la poésie et l’homélie ont des points communs: un ensemble de vibrations que le langage peut livrer, une musique intérieure qu’il peut faire passer, un univers ultrasensible, émotionnel qu’il peut révéler…
«A bien des égards, la poésie ressemble à l’homélie en Eglise. La poétesse allemande Hilde Domin a élaboré une réflexion théorique passionnante sur la langue du poème, dont les fruits s’avèrent extrêmement bénéfiques pour l’homilétique (l’art de la prédication). Selon elle en effet, le langage apparaît comme le lieu de perception en profondeur de la réalité. La langue poétique a une puissance de révélation analogue à celle des Ecritures, ce que les 17 thèses finales de l’ouvrage s’efforcent d’expliciter.»/
Un guide.
Ce livre est un instrument pratique et utile pour tous les prédicateurs (prêtres, diacres et laïcs) «en recherche d’un langage qui rejoigne leurs auditeurs, et apporte pour tous une contribution au dialogue entre la littérature, la théologie et la proposition de la foi».
 Par ailleurs des critères théoriques, des exemples concrets y sont développés, de quoi se forger une vraie approche théorique et concrète. «PRÉDICATION: un langage qui sonne juste», Franziska Loretan-Saladin et François-Xavier Amherdt (coll. «Perspectives pastorales», n. 3), Editions Saint-Augustin, Saint-Maurice
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:41

Le vent sec sur l'arête
/ le vent froid qui saisit les membres
/ la neige qui poudroie en haut de la corniche fouettée par le soleil orangé
/ l'écorce de l'arolle qui retient la lumière rosée du soir
/ la terre labourée par les sabots du chevreuil
/ la forêt traversée de présences immobiles
/ la peur, la crainte, discrètes derrière les branchages
/ et puis le crépuscule qui prend possession des sous-bois
/ la nuit
/la faim
/peut-être la mort
/ l'hiver trop long
/ l'hiver trop froid....

Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article
5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 22:34
Une histoire banale, une histoire quotidienne, une histoire touchante, celle d’un pasteur qui meurt subitement d’un infarctus et laisse derrière lui une veuve de cinquante-trois ans, une fille de vingt-quatre et... une maîtresse de trente-huit ans.
Tout un petit monde qui soudainement se trouve confronté à la mort prématurée, inattendue, dévastatrice, qui fait basculer les habitudes, les apparences, qui vient chahuter le rythme de vie de chacun, qui met au grand jour ce que tous les paroissiens savaient déjà, bref une mort qui intervient comme un orage, bruyant, mouvementé, charriant dans ses courants forces et énergies négatives, de celles qui peuvent parfois se transformer en eaux purifiantes...
 Anne Rivier, l’auteure, est originaire de Bienne elle a passé quatre ans en Iran, travaillant dans un projet de développement notamment structuré et managé par son mari. En Suisse elle vit dans plusieurs villes de Romandie et nous raconte dans son ouvrage avec finesse, sensibilité et beaucoup de nuances un pan de vie d’une petite communauté de chez nous.
Ton ironique et acerbe.
Là, dans cet ouvrage enlevé, sur une centaine de pages au Regretté, au mal Eteint, au trop Silencieux, à Monsieur l’Increvable, l’Inextinguible... nombre de paroissiens en prennent pour leur grade, la maîtresse comprise, la femme du pasteur soumise à mille et une obligations, déformations, habitudes destructrices....
 Et l’Amour, floué, trompé, écrasé, l’amour solaire, mais aussi l’amour des clandestins, des pauvres, des réfugiés, des chômeurs, l’amour donné à certains, enlevé aux autres, l’amour unique, mais aussi l’amour des femmes, au pluriel. Suffisance naïve.
Et puis on y parle aussi du «ronron existentiel» des paysans, des villageois, de leur suffisance et de leur confiance en eux-mêmes qui atteint parfois la naïveté et la candeur, des existences «réussies» qui n’en sont pas, des mensonges, des masques, des apparences, des hypocrisies en flux continu....
Bref un ouvrage décapant, qui en dit beaucoup sur ce que peut être une petite communauté, avec ses personnages ambigus, ses prophètes d’un soir, ses personnages inspirés, ses pièges permanents.
Un récit rythmé, qui tient en haleine le lecteur avec un suspense bien mesuré et coloré.
 Anne Rivier n’en est pas là à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs livres, dont des nouvelles sur des faits quotidiens, anodins parfois, mais qui offrent toujours un pesant de vie et de «relationnel». 
Anne Rivier «Ecrivain d’Amour» aux Editions de l’Aire.
Repost 0
jean-marc theytaz - dans littérature
commenter cet article