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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 16:30

Société valaisanne des écrivains

Quelques souvenirs et considérations subjectives…

 

 

La Société des écrivains valaisans fête cette année ses cinquante ans. Un long voyage au fil du temps avec ses flux et ses reflux, ses méandres, ses emportements, ses eaux parfois aussi un peu stagnantes et ses brillances, souvent. La Société a vu défiler un nombre de pionniers et  de grands écrivains à sa tête, parmi lesquels Jean Follonier, Maurice Zermatten, Germain Clavien, Jacques Tornay….

 

Une image large et traditionnelle

 

Depuis le début la SEV s’est attachée à donner une image plurielle et très complète de ce qui se faisait en Valais au point de vue littérature. Avec Jean Follonier, Maurice Zermatten, Pierre Courthion… le public et les lecteurs ont appris à travers des conférences à découvrir un pays attaché à ses racines sociétales profondes, avec une imprégnation solide et authentique des paradigmes religieux et traditionnels. Contes, légendes, histoires à connotation existentielle et patrimoniale, autant de voies sur lesquelles les écrivains du XXe siècle se sont penchées en Valais. Certes il n’y avait pas beaucoup d’auteurs à vivre de leurs plumes à part peut-être Maurice Métral ou Zermatten, mais qui étaient également professeurs ; aujourd’hui d’ailleurs, le problème est demeuré le même et il est difficile de survivre financièrement si l’on n’est pas enseignant ou journaliste, ou libraire, ou encore imprimeur.

 

Une nouvelle vague

 

Vers les années 80 sont venus sur le devant de la scène des écrivains d’une autre génération qui ont adhéré peu ou prou à la Société des écrivains. Les thématiques qu’ils ont abordé collaient à une évolution de la société, de ses mœurs, de son modus vivendi, de ses enjeux économiques et philosophiques aussi : l’on vit ainsi apparaître Jean-Marc Lovay, un véritable ovni dans les lettres valaisannes, avec des réseaux narratifs parfois incompréhensibles ou en tout cas touffus et baroques pour le commun des lecteurs, un écrivain qui a bouleversé les codes, les repères syntaxiques, la composition narrative, avec des accumulations de phrases , parfois sans fin, et qui paraissent nous conduire dans des univers insondables : les cycles temporels et spatiaux y sont chamboulés, les objets parlent, le situations s’imbriquent et se défont, les dimensions explosent, une vraie et inédite manière d’appréhender la littérature. Certains critiques voient même en lui, l’un des écrivains majeurs de la francophonie de son époque. Et ceci malgré le nombre restreint de ses lecteurs, sa prose poétique, étant difficile d’accès : il faut en effet se laisser emporter par le flot des images, des respirations, des rythmes, des couleurs, des ondulations poétiques qui nous portent dans une sorte de musique lancinante. Jean-Marc Lovay, un écrivain « hors des clous » qui fait figure d’artiste hors normes et très prisé par les critiques.

Germain Clavien, dans un style plus classique, avec une narration et une temporalité plus linéaires, a lui aussi marqué la SEV et la littérature valaisanne. Son œuvre littéraire a démarré avec « Les moineaux de l’Arvèche » et aussi avec de la poésie « Montagne et mer » saluée à l’époque par Marcel Raymond et Philippe Jaccottet. Puis Germain Clavien s’est attelé à une longue série intitulée « Lettre à l’imaginaire » avec plus de vingt volumes parus au fil du temps, relatant les faits quotidiens qui se passaient dans sa région, le Valais, avec des romans à clefs qui reprenaient plus ou moins des faits réels : des quantités de surnoms furent ainsi inventés et l’on pouvait reconnaître les personnes réelles derrières les noms fictifs, avec bien sûr un style personnel dans la narration et l’appréciation des péripéties racontées. Les gens pouvaient ou essayaient de se reconnaître dans les romans de Clavien, et cela a parfois donné lieu à des polémiques locales, notamment avec les politiciens et les journalistes locaux.

Dans cette nouvelle génération d’écrivains arrivés après les trois Maurice, Chappaz, Métral, Zermatten… on peut aussi citer Adrien Pasquali. Ce dernier n’a eu que peu de relations avec la SEV car il travaillait à l’Université de Genève : un être avec une sensibilité à fleur de peau, déchiré, avec une grande faille intérieure, et qui doutait un peu de lui-même malgré un grand talent d’écrivain. Il a d’ailleurs commis de multiples écrits sur Charles-Ferdinand Ramuz. Originaire de Fully il avait fait ses études à l’Université de Fribourg, notamment avec le professeur émérite Jean Roudaut, une éminence en littérature française.

 

Un président entreprenant

 

Germain Clavien fut pendant une trentaine d’années  président de la SEV : son souci fut de mettre sur pied chaque année, des lectures publiques, des récitals, des concours pour les jeunes écrivains de notre canton : plusieurs jeunes écrivains en herbe qui ont été lauréats aux Prix de la SEV ont d’ailleurs « fait carrière » ou ont tout au moins poursuivi leur démarche littéraire. Parmi eux nous pouvons citer Bastien Fournier, Arnaud Maret, Virgile Pitteloud, Philippe Lamon…. Et bien d’autres. Parallèlement des prix de la Loterie romande furent distribués chaque année, couronnant des œuvres de parution récente ; on a ainsi distingué par exemple, Alexandre Jollien, Andrée Pfefferlé, Alain Bagnoud, Vital Bender, Ronald Fornerod, Philippe Favre… Des brochettes d’écrivains qui, grâce à une forme de reconnaissance publique et une aide financière ont pu avancer dans leur travail littéraire. Avec les aides aux publications mises sur pied par Clavien et son comité, de nombreuses publications ont également pu voir le jour. Les éditions Monographic ont ainsi publié des ouvrages de plusieurs poètes valaisans, comme Jacques Tornay, JMT, Roselyne König, Roland Delattre, Vital Bender…

 

 

Les conférenciers

 

Une autre initiative importante de l’activité de la SEV initiée par Germain Clavien fut les conférences organisées annuellement. Les amateurs de lettres valaisans virent ainsi défiler dans des séances de lecture et de rencontres Anne Perrier, Maurice Chappaz, Maurice Zermatten, Georges Borgeaud, Agota Kristov, les philosophe Jeanne Hersch, Jean Romain… Des instants de partage, d’émotion, de rencontre entre les écrivains et les lecteurs, des moments privilégiés et que l’on a peu ou passez souvent l’occasion de connaître.

On se souvient de la douceur de Georges Borgeaud, de son amabilité, de son entregent, de sa culture sans limites, lui qui vécut à Paris, mais de façon discrète et réservée. Sa venue à Sion avait ému le public venu nombreux pour rencontre un homme pour qui l’écriture comptait tant, habitait toute sa vie. L’écrivain nous a ainsi parlé de Saint-Mauricequi a inspiré « Le préau » de « La vaiselle des évêques » et de nombre de ses livres si humains et fluides.

Maurice Chappaz, nous l’avons reçu à Sierre et avons eu l’honneur de souper avec lui après la causerie que l’AVE avait organisée. Maurice Chappaz s’est montré très ouvert et nous avons partagé des moments forts : il nous a notamment entretenu de ses expériences à la Grande-Dixence comme aide-géomètre, une époque de découverte et de complicité avec les travailleurs, mineurs, ingénieurs venus d’Italie et d’ailleurs. L’écrivain du Châble nous a également parlé  des inscriptions des élèves du collège de Saint-Maurice qui avaient causé une grosse polémique dans le journal Le Nouvelliste, avec la parution des « Maquereaux des cimes blanches »… Le livre de Chappaz avait réveillé les esprits qui se battaient contre un bétonnage des Alpes et un progrès qui dévorait le paysage…

Maurice Zermatten nous a pour sa part remémoré le fil de sa carrière et ses démêlés avec la Société suisse des écrivains dans les années 60  dont il a avait été le président. Il avait en effet traduit un petit livre sur l’esprit civique et les devoirs du citoyen. Maurice Zermatten, écrivain catholique, accordait une grande admiration pour Paul Claudel , François Mauriac, Maurice Barrès… des attachements qui lui ont parfois causé des problèmes avec d’autres écrivains suisses.

Agota Kristof, une grande écrivaine, avait elle aussi donnée une causerie pour l’AVE, à Sierre plus précisément. Si son œuvre est émouvante et forte, sa venue dans la cité du Soleil avait un peu déçu car il ne s’était pas créé de lien fort entre elle et le public présent. LA cause, une certaine réserve et froideur apparente, que l’on eût pu prendre pour de la distance…. Une impression seulement, peut-être…

Anne Perrier fut également invitée par l’AVE : une soirée particulièrement émouvante avec une auteure tout de douceur, tendresse et délicatesse. Anne Perrier qui est décédée cette année à Saxon nous avait en effet offert une  causerie, ou plutôt une rencontre faite de complicité et de partage avec le public. Son univers poétique est en effet très profond et simple à la fois, et l’écrivaine a su nous communiquer sa sensibilité à la nature et à l’importance de la vie intérieure : une foi en la Vie, en un Dieu de bienveillance, de grandeur et de générosité.

 

 

Voilà quelques moments privilégiés qui me sont revenus en pensant à cette longue trajectoire au sein du comité de la Société Valaisanne des Ecrivains, une association qui s’ouvre maintenant vers de nouveaux horizons.

 

Jean-Marc Theytaz

Journaliste et poète

(Membre du comité de la SEV)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain Bagnoud Jacques Tornay et Germain Clavien,lors d'une séance de la SEV

Alain Bagnoud Jacques Tornay et Germain Clavien,lors d'une séance de la SEV

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 14:30
Horizons abstraits, géométries verticales, jets de couleurs qui se superposent, s’enchâssent, se complètent, se répondent, lignes fuyantes, Jean Siegenthaler expose actuellement à la galerie Grande-Fontaine de Sion.
 
«Je ne peins que lorsque mon esprit et mon corps se sentent libres...» voilà une phrase qui nous parle lorsque l’on scrute les tableaux de Siegenthaler.
L’artiste, né à Aarau, dessine depuis son plus jeune âge au quotidien, «pour échapper au quotidien, imaginer et vivre son propre monde». L’élève est doué et ses professeurs l’encourageront à suivre l’Ecole des Beaux-Arts mais son père l’orientera vers une formation professionnelle d’architecte, un «vrai métier» en quelque sorte pour lui.
A dix-huit ans il s’établit en Suisse romande, change de langue et de vie, et pratique le desine et la peinture en autodidacte, avec des œuvres à l’encre de Chine et à la gouache sur papier. Un apprentissage du toucher, de la délicatesse, du doigté. La peinture devient un lieu d’expression, un espace de liberté , une envie réalisée.
Puis à 26 ans nouveau virage, il décide de ne plus peindre et et attend une sorte de maturité intérieure, pratiquant maintenant le graphisme professionnel. En 2000 il se sent désormais prêt à peindre et se met à plein temps dans sa nouvelle expérience puisqu’en fait dans sa tête il n’a jamais cessé de peindre.
 
 Le relief l’intéresse et il mélange la couleur acrylique à différents sables dans ses réalisations. Puis il utilise l’éponge pour modeler des reliefs, le rouleau, la spatule pour faire danser les couleurs primaires, noir, blanc, couleurs terre. Ce sera la galerie Grande-Fontaine qui l’accueillera en 2005 pour sa première exposition personnelle. En 2011 l’artiste s’installe en Valais et se donne pleinement à son travail:«mes travaux naissent de gestes spontanés. J’observe ce qui se passe et m’en inspire au fur et à mesure que j’avance...». Des sortes de lacérations, frottage, essuyage, s’écrivent sur ses tableaux, des écritures magiques qui nous emportent dans un univers de clair-obscur envoûtant.
Galerie Grande-Fontaine Sion jusqu'au 21 septembrej02nuy0.jpg
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 17:53
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François Pont, un grand écart entre le Valais et Londres où il travaille depuis de nombreuses années, un engagement absolu dans sa recherche artistique, un itinéraire de graveur hors pair, voilà en quelques mots le profil de l’artiste que le Château de Venthône accueille dans sa galerie pour la rentrée 2013. François Pont nous propose ainsi des dessins grand format, fusain- acryl, et des gravures, pointe-sèche et rehauts de couleur.
 
«Je ne cherche pas à donner un sens précis à mes signes. Mes symboles sont ouverts, ils sont le réceptacle d’une énergie. Ils m’aident à structurer mon travail.», François Pont parle ainsi de son langage plastique.
A ses débuts François Pont a travaillé sur toile à l’acrylique: on y trouvait dans ses réalisations des autoportraits, «une peinture gestuelle sur les thèmes de la germination et du lieu primordial» notamment, qui reviendront avec récurrence lors de son parcours. Par la suite il va s’orienter vers la gravure et le papier, un univers aux horizons larges et multiples.
 
Souffle intérieur
L’artiste va s’exprimer dans des dimensions diverses, aussi dans les grands formats de 120 sur 150 cm, une respiration soutenue et sauvage qui lui permettront de traduire les flux d’énergie qui l’habitent, les fluides qui le mettent en réseau avec l’univers souterrain et cosmique dans lesquels il évolue.
Brisures, griffures, lacérations, sillons multidirectionnels.., François Pont inscrit des chemins , des points de rencontre avec les vibrations d’un monde en constante mutation et en changement perpétuel: on peut y découvrir un langage d’ouverture, des traces, des failles dans lesquelles s’engouffrer pour trouver un univers riche de nuances et de symboles, celui des colonnes thermiques qui montent de la terre jusqu’au ciel, emportant dans leur tourbillon feuilles sèches, brins de foin coupé, sauterelles voltigeantes ou papillons légers. On peut y trouver également des lignes de barques naviguant dans un ciel myosotis ou des envols gestuels venant du tréfonds de l’être.
François Pont utilise pour traduire ses soubresauts intérieurs et oniriques des traces plus denses réalisées par des coups de pinceau appuyés, des lignes plus fines et légères qui font le pendant et l’équilibre de ses équations magiques.
Fusain, nuances flottantes et rehauts d’acryl, lavis qui créent une atmosphère céleste, François Pont nous offre des mondes étranges, traversés de lumières et d’ondes plurielles.
 
L’aspect artisanal de la gravure
 
Pour ce qui est de la gravure François Pont « travaille avec des outils comme un sculpteur.» Il a opté pour la technique de la pointe-sèche (qui attaque le métal sans recours à l’utilisation d’acide comme pour l’eau-forte). «Tracer une ligne, c’est comme ouvrir un sillon dans un champ. En creusant le métal la pointe lève des barbes qui vont retenir l’encre lors du passage sous la presse et donner au noir la profondeur, à la ligne le velouté.»
Comme le souligne Françoise de Preux, de la Commission culturelle de du Château de Venthône, l’artiste porte une attention particulière au côté artisanal de cette technique, au savoir-faire qui s’y rattache; par ailleurs, il fait également part de son goût pour le côté intuitif et spontané des moments créatifs qui leui permettent de découvrir de nouvelles formes. A découvrir.
 
 
Dessins et gravures de François Pont au Château de Venthône, jusqu’au 8 septembre.
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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 15:20
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De New York aux Alpes, en passant par le Vallon de Réchy ou Nendaz, Pierre-Gérard Crettaz nous fait visiter à la galerie Minuscule des paysages pluriels allant de la grande mégalopole du XXe siècle aux paysages alpins, rustiques, silencieux, sauvages de nos vallées latérales valaisannes.
Crettaz avait déjà réalisé une exposition sur New York après deux voyages effectués aux Etats-Unis. Ainsi vous pourrez découvrir à Vercorin, en rappel de la première exposition, deux huiles, «Central Park et ses moutons» et «N.Y. et les Alpes» sur le thème des fenêtres.
Vous pourrez ensuite voir également 24 images à l’huile, issues de dessins de New York du début du XXe siècle, dessins inversés, agrandis, pressées au rouleau et devenus monotypes.
Vous pourrez également savourer un hommage à Edouard Vallet, une sculpture, sans parler du CD réalisé suite aux voyages.
 
«Lors de mon exposition «New York et les Alpes» présentée à la galerie du Mont-Calme à Nendaz en 2008, après deux voyages dans la Grande Pomme, la galerie Minuscule me proposa ses locaux à Vercorin. Ma première réaction fut négative au vu du grand format de mes tableaux. Plus tard, je me ravisai et la galerie accepta. Car il y avait aussi ce CD, qu’en collaboration avec Sébastien Bourban, nous avions produit. Le CD de «New York et les Alpes», 79 minutes, est l’aboutissement d’un subtil mixage parfaitement monté, fabriqué d’une part avec des œuvres de musiciens ayant vécu à N.Y. et, d’autre part, avec des bruits recherchés et enregistrés par nos soins dans les Alpes, des rumeurs de cascades, des chants d’oiseaux, les sonnailles de chèvres et de vaches, le brame nocturne, des bruits de train...un pannel de sons subtilement agencés, la musique de la nature et celle des musiciens..."

Des compositions en lien avec Armstrong, Stravinsky,Prokofiev,Chostakovitch, Honegger et son mouvement symphonique « Pacific 231», cette locomotive pathétique de 300 tonnes lancée à 120 à l’heure en pleine nuit assemblée avec ce long train de marchandises, Dvorak et sa symphonie du Nouveau Monde, Béla Bartók.

Pierre-Gérard Crettaz, architecte de formation pratique la peinture depuis les années 80; il a travaillé notamment avec Albert Chavaz et Antonie Burger. En 2009 il a inauguré un atelier de gravure à Haute-Nendaz où il vit depuis 1990. Sa technique, très affirmée nous fait découvrir des compositions charpentées et structurées, on y retrouve un peu l’architecte, avec un sens des couleurs très nuancé et musical. Que ce soient les vues urbaines ou les paysages alpins, partout cette sensibilité et cette finesse par rapport aux lignes essentielles qui construisent notre environnement.
Exposition de Pierre-Gérard Crettaz à la Galerie Minuscule, Vercorin, jusqu’au 22 septembre
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 15:32

Ciel d'un été oublié3992469177_c7053077ff.jpg

ailes couleur d'abeille

tourbillon de sauterelles

de fourmis rouges

de foin paillé

nuages déchirés

pirogues perdues dans le jour bleu

 

La vie s'inscrit

sur  l'écorce sculptée

des arolles

 

Le temps fait halte

dans l'outre-mer des bruyères

 

Le carrousel des jours

emporte nos langueurs

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 18:50

Le vent vif et tendu

sur l'écorce rugeuse de l'arolle

les pommes de pins qui  tombent sur la litière

le rapace qui découpe l'espace camaieu

de ses voltes saccadées

le levreau qui traverse

le sentier d'aiguilles jaunies

à toute allure

les troncs rouges

les entrailles à l'air

arrachés par les avalanches de printemps

la lisière de la forêt traversée

de puits de lumière

le jour prend forme

sous notre regard aigu

il va monter jusqu'au mont

dans les niches du vertige

qui court vers l'abîme blanc4906419541_c1e02df205.jpg

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 18:47

Les éditions d’En Bas  ont republié «La petite monnaie des jours» de Janine Massard, un livre précieux et riche de mille observations et réflexions sur notre quoditien existentiel. Cet ouvrage avait obtenu le Prix Schiller en 1986 et avait connu un grand succès à l’époque. La demande constante a engendré une réédition actuellement.

La nouvelle publication de ce récit est suivi d’un mémoire d’Eugène Kaupert, «Exécution de Jacob Lausselet à Rolle le 9 septembre 1846» un court récit que prolongent quelques réflexions sur la peine de mort.

Un parcours atypique

Janine Massard est née à Rolle en 1939. Polyvalente, s’intégrant et s’adaptant facilement aux différentes situations que nous réserve notre parcours de vie, elle sera tout à tour éducatrice, vendeuse, téléphoniste, secrétaire, maîtresse d’école. Un cursus semé de surprises, d’embûches, mais également d’heureuses rencontres qui l’ont conduite à se consacrer essentiellement à l’écriture depuis de nombreuses années.

Elle a écrit dans plusieurs genres, romans, nouvelles, récits; elle a publié en 2010 «Childéric et Cathy sont dans un bateau» et son récit «Terre noire d’usine» va être republié prochainement chez Bernard Campiche.

«La petite monnaie des jours» aborde les thèmes du travail, de la dureté de la vie pour les petites gens, la thématique de l’injustice sociale, de la solitude des laissés-pour-compte...

 

«Janine voit clair, frappe juste: les pauvres, les dominés bénissent la servitude tant qu’un Spartacus ne les éveille point. HA, madame Massard n’a pas la bosse du respect et ne pratique pas souvent le culte des idoles! Elle ne s’abuse pas sur sa classe d’origine: elle n’en fait pas une cohorte d’archanges à cul rose. Sa situation privilégiée lui interdit le mensonge. Sa vision n’est point brouillée par la démagogie et sa clairvoyance la défend du délire populiste...» nous dit l’écrivain Gaston Cherpillod dans sa préface, un Cherpillod toujours vif, vindicatif et franc dans ses propos.

Un ouvrage qui nous fait découvrir l’ambiance, d’une époque, ses traditions, ses atmosphères parfois lourdes, ses espérances ...

«La petite monnaie des jours» de Janine Massard aux éditions d’En Bas.,

«Milieu des années cinquante en Suisse : les classes laborieuses commencent à voir se concrétiser le progrès. Le confort, la voiture ne sont plus des irréalités pour nantis. L’électro-ménager s’introduit dans les familles et transforme le rôle de la femme : de productrice, elle devienne consommatrice.»

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 20:32
Des lignes qui filent sur la toile, simples, épurées, précises, un style dépouillé, pur, avec des compositions géométriques abouties, des couleurs paille, miel, terre de Sienne, une construction qui vise à un accord entre les masses et les formes, Claudine de Montmollin expose actuellement ses tableaux à la galerie Minuscule de Vercorin.
Cette exposition qui au premier abord paraît apporter une touche de classicisme et de conventionnel nous emporte en fait dans un univers très solide qui nous ramène aux fondamentaux, avec un climat de sérénité et de quiétude très apaisant et intéressant.
Claudine de Montmollin aime peindre sur des bois antiques, noyer, merisier, récoltés sur de vieux meubles, des bois qui ont une histoire, un parcours «existentiel», avec des veines, des creux, des fentes, des ajourements qui parlent d’ hier et des déroulements temporels qui nous ont accompagnés. Comme le dit Catherine Saez «Son atelier sent le bois et le vernis. Sur l’établi, une pièce prête à être poncée attend son heure tandis que plus loin, des citrons sont arrangés sur un fond noir, modèles pour l’œuvre ébauchée, sur laquelle les fruits semblent apparaître comme par magie. De grandes fenêtres vitrées donnent sur un jardin d’oiseaux rempli de fleurs. C’est l’univers de Claudine de Montmollin....»
«Le bois est ancien, il a déjà travaillé et sa veine est beaucoup plus mouvementée que sur les bois récents dont la croissance surveillée donne des veines banales... le bois, c’est vivant, chaque morceau a sa personnalité, son histoire» nous dit l’artiste. Claudine de Montmollin a déjà exposé à à Paris, en Suisse, en Belgique, en Allemagne, à Londres ou au Japon , elle qui avait commencé des études en biologie avant de choisir la peinture et un itinéraire artistique.
Elle affectionne particulièrement la peinture sur bois et fera des expériences de collages, patchwork et peinture sur bois.
Son talent se dévoile et pendant quelques années, elle peindra des fresques florales sur des meubles. «Ce que j’ai à exprimer n’a pas besoin d’un grand espace, c’est la présence des objets qui m’importe, leur dialogue silencieux, et aussi renouveler notre regard sur les cadeaux de la nature tout en redonnant vie aux bois anciens» raconte-t-elle. Elle établit ainsi des équations entre les objets, les fruits, les graminées, les florales qu’elle peint tout au long de son travail très précis et vivant. Une approche réaliste pour cette artiste qui cultive les harmonies spontanées, simples, évidentes qui sont parfois si difficiles à trouver.
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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 18:59

Le lac Noir

entre ciel et neige

vibrance et sommeil

eaux turquoises

l'arc-en-ciel vient se réchauffer

vers les pierres chaudes de la berge

miroitement et dédoubleme242339188_b0f178d483.jpgnt

image de Narcisse

entre roches et glaciers

l'été est "en retard"

le vent souffle sur les crêtes

cherche une issue dans le pierrier

musiques minérales

les flûtes et les ossements

des bouquetins sont un cimetière vivant

ouvert aux quatre saisons

l'après-midi se meurt

cachée endormie

rêvant

sous le silence de la montagne

il est des voyages

qui ne finissent jamais

et nous emportent

dans leurs bris de lumière

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 22:13

6167361493_424e229bdb.jpgTon âme comme un souffle léger

sur le lac immobile

les pentes ombragées

où tu cours te réfugier

la montagne et ses sentiers

de terre d'herbe roussie

et de rocaille soufrée

la vie s'épèle en continu

dans le déferlement du soleil

sur les vagues océanes

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