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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 14:07

Sur la berge

sous les arcades des biolles et des saules

naissent lumières et silences

au matin plein

prairies en friche

regards perdus

le vent défait tes cheveux

il fait clair

dans la marge des jours

Il fait clair
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jean-marc theytaz
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:47
Pascal Rebetez des éditions d'autre part   photo augustin rebetez

Pascal Rebetez des éditions d'autre part photo augustin rebetez

~Une anthologie pour un anniversaire: un geste significatif, fort et marquant des Editions d’Autre Part qui recensent plusieurs dizaines d’écrivains qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire littéraire de notre canton depuis 1548, et des auteurs contemporains aussi, évidemment....l'ouvrage est paru en novembre 2014 mais sera verni officiellement en 2015 lors des multiples commémorations cantonales qui seront organisées par les autorités.

Cette anthologie a pu être réalisé avec la participation de la Société valaisanne des écrivains présidée actuellement par Jacques Tornay qui a lancé l’idée de ce grand chantier, une entreprise mise en œuvre par Pascal Rebetez, journaliste à la TSR, domicilié en Valais et directeur des éditions d’Autre Part. Un travail de longue haleine, qui a exigé perspicacité, soin, patience, connaissances profondes de la littérature valaisanne et envie d’offrir aux lecteurs un ouvrage innovant, frais, avec également des connotations scientifiques de l’histoire littéraire de notre canton.

Nous avons rencontré Pascal Rebetez, cheville ouvrière de cette anthologie

. Le 200ème de l’entrée du Valais dans la Confédération, un anniversaire significatif, une anthologie pour retrouver les sources?

Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de rameuter la famille, de revoir de vieux cousins oubliés et de souffler des bougies pour apercevoir et bénéficier d’un souffle nouveau. C’est surtout la possibilité d’envisager , dans le domaine littéraire, ce que les écrivains d’ici ont apporté au canton, comment ils l’ont décrit, chanté beaucoup et critiqué parfois, peut-être trop rarement.

Comment avez-vous choisi les écrivains qui font partie de votre ouvrage, quels ont été les critères de sélection?

Il a fallu réunir des textes les plus représentatifs et qui devaient répondre aux critères objectifs suivants : être Valaisan d’origine, ou être né ou vivant ou ayant vécu un bon bout de temps en Valais, et avoir été publié au moins une fois à compte d’éditeur. Ensuite, on est passé par un tamis plus subjectif, car il fallait établir un choix d’édition : être de qualité suffisante pour enrichir l’ouvrage, en tentant de n’être pas répétitif dans les thèmes abordés.

Y-a-t-il eu beaucoup d’hésitation pour certains d’entre eux?

Les bons textes finissent toujours par s’imposer, surtout en regard des autres. Un comité de lecture l’a décidé en toute liberté et transparence. Parfois, on s’est retrouvés avec deux textes quasi identiques et la décision a été alors de favoriser l’intérêt global de l’anthologie qui peut être lue comme un long récit choral.

A quoi, à qui, sert une anthologie?

Une anthologie, c’est comme un antipasto, un apéritif, quelque chose qui donne le goût et ouvre au vrai repas qui est la découverte des livres et des écrivains. C’est aussi un livre de cuisine, une incitation à aller plus loin dans la découverte d’une œuvre et des auteurs.

Est-ce un ouvrage grand-public?

Il n’y a pas de public, il n’y a que des individus qui lisent, petits et grands. Oui, c’est à lire par tout le monde. On retrouve dans cet ouvrage beaucoup du Valais des monts, des bisses et des travaux de la montagne. Un Valais rustique, proche du terrain, parfois très moraliste dans ces fables et ses récits.

De quand date la dernière anthologie?

À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’anthologie complète d’écrivains valaisans. On peut citer celle de Sabine Leyat où ne figuraient que les écrivains du dernier quart du XXe siècle. La nôtre a l’avantage d’être plus générale et de présenter pour la première fois les traductions de dix auteurs de langue allemande sur les soixante-sept que comptent l’ouvrage.

Y avait-il ce que l’on peut appeler une littérature valaisanne au 19me? Quels furent les premiers soubresauts littéraires dans notre canton?

Le premier écrivain valaisan, c’est Thomas Platter, né en 1499, et qui entame l’histoire de sa vie pour ses septante ans, ça date! Après, le Valais a un gros vide de publications, à part quelques chanoines lettrés qui écrivent des textes d’édification religieuse, il faut attendre le XIXème siècle pour voir surgir une femme écrivain, Marie Trolliet, qui d’ailleurs signe du pseudonyme Mario des écrits en bois brut. Le XXe a connu un véritable développement économique et culturel fantastique._

Quel rôle ont joué les écrivains dans cette explosion sociétale?

Le XXe siècle, qui représente les trois-quarts de l’anthologie, est pour l’heure le grand siècle de la littérature valaisanne. Il est clair que des écrivains comme par exemple les deux Maurice, Zermatten et Chappaz, ont eu une influence certaine sur certains aspects de la société. Mais soyons justes, on peut dire qu’ils ont accompagné, ou parfois freiné le mouvement, mais pas été aux avant-postes. Entre un poème et du béton, c’est malheureusement souvent le béton qui gagne!

Au point de vue genres littéraires, est-ce le roman, la poésie, la nouvelle, le théâtre.... qui ont connu le plus de jours fastes en Valais?

Je dirais que la nouvelle est peut-être un genre valaisan privilégié. Ici, véritablement, on a le sens des petites histoires, des fables et des récits taquins. Nous avons d’ailleurs privilégié cet aspect-là de la production littéraire, tant il est vrai qu’il est plus difficile de lire de simples extraits de romans ou de pièces de théâtre.

Entre le XXe et XXIe y a-t-il des changements essentiels dans la littérature valaisanne?

Les jeunes écrivains ont des sites internet, une vue plus globale sur le monde. Ils sont davantage des écrivains que des écrivains valaisans. Ils sont aussi davantage, et c’est heureux, tournés vers le concret et le réel. Et là, il y a un domaine gigantesque encore à exploiter dans le champ littéraire valaisan : celui des télécabines, des vestiaires de football, de l’autoroute et des usines chimiques. Le Valais, c’est aussi ça!

Propos recueillis par Jean-Marc Theytaz «Ecrits du Valais, 1548-2014», novembre 2014 aux éditions d’autre part. 312 pages, 35 francs.

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jean-marc theytaz
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 20:18
Goms dans le Haut-Valais  OT

Goms dans le Haut-Valais OT

Les arches vertes

les sapins silencieux

les allées de paroles oubliées

l'hiver a figé le temps léger

le soleil a raccourci sa courbe

mes pas dans la neige

abandonnent une présence éphémère

il faut déjà partir

à l'aube d'un carrousel de jours

et de lumières transparentes

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jean-marc theytaz
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 18:19
Lac Léman photo françois mamin

Lac Léman photo françois mamin

Quand vient la brise

le lac murmure vibre et crépite

les berges et leurs rochers noirs

parlent plus fort

le promeneur

rentre ses épaules

la nostalgie

se fait bruyante

au cœur de janvier

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jean-marc theytaz
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 17:37

Grésil au soir venant

la forêt sur les hauts de la vallée

revêt sa toge blanche

les embruns de l'hiver

balaient le coteau

je regarde au loin

vibrer les peupliers
la plaine s'endort doucement

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jean-marc theytaz
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 15:56

Sur la corniche soufflée

des ailes de colombe

sur ta bouche fermée

les paroles oubliées

dans le pli du vallon

nos étreintes

l'éternité d'un instant

une fumée de cristal

Fumée de cristal
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jean-marc theytaz
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 16:41

Les voilures dorées

des grands mélèzes

le fuselage aiguisé

des corniches dans le ciel

le vent est tombé

le silence est entré

dans l'espace cendré

du crépuscule

je suis à genoux

près d'un autel

de paroles à naître

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jean-marc theytaz
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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 16:12

~Josep Baqué, un artiste très inventif qui a exposé au Musée de l’Art brut de Lausanne et qui nous présente un bestiaire multiforme, traversé de monstres et d’êtres hétéroclites aux corps polymorphes. Josep Baqué est originaire de Barcelone où il est né en en 1895. Déjà tout jeune il montrait un caractère rebelle, remuant, un peu hors des normes et des schémas sociétaux habituels. Alors que son père travaille dans une fabrique de carreaux de céramique il découvre avec son oncle les arts décoratifs et l’imagerie populaire au travers d’estampages de textiles. L’imprimerie, les arts graphiques l’intéressent très tôt et il aime à feuilleter les magazines parsemés de photos et de couleurs. A 17 ans il part pour l’Allemagne, la France, devient manutentionnaire, tailleur de pierre... Il revient ensuite en Espagne après 1914 pour remplir ses obligations militaires et devient gardien de la paix, profession qu’il exercera durant de nombreuses années jusqu’à son décès en 1967. D’un caractère discret, réservé, sur la retenue , il créera un univers riche de personnages et d’animaux fantastiques: sa production réunit 454 planches groupant 1500 dessins classés en 9 catégories dont les animaux et les fauves, les hommes primitifs, les chauve-souris et les insectes, les araignées géantes, les poulpes, seiches et crustacés, les animaux à plumes... L’exposition de Lausanne présente une cinquantaine de planches provenant de la Collection de l’Art brut et d’une collection privée.

Univers fantastique

Sur les planches de ses débuts on trouve des animaux, loup, cerf, singe, bouc, éléphant... interprétés de façon plutôt naïve. Mais peu à peu les formes de ses réalisations deviennent plus élaborées, sophistiquées , et les assemblages de couleurs plus riches. Ce qui marque particulièrement son œuvre est le souffle inventif de Baqué qui crée des êtres de toute pièce, sortis du néant en quelque sorte et qui sont uniques. «Cependant, s’il refuse l’uniformité, il reprend les mêmes détails élémentaires qu’il combine et réorganise, variant les formes et les couleurs au gré de son imagination, nourrissant ainsi la dimension obsessionnelle de son œuvre.» Un univers fantastique mêlant humains, animaux, êtres hybrides, un conte où chacun peut découvrir des dimensions nouvelles à son monde onirique.

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jean-marc theytaz
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 17:33

Vevey accueillait l'été 2014 Markus Raetz (1941), l’un des artistes suisses les plus riches et les plus fascinants de sa génération. L’exposition nous proposait plus de 150œuvres toutes périodes confondues, où l’on pouvait découvrir tout le souffle imaginatif, poétique, inventif de l’artiste bernois. À l’occasion de cette première rétrospective dans le Canton de Vaud, le Musée Jenisch Vevey, siège du Cabinet cantonal des estampes, a mis l’accent sur la passion de Markus Raetz pour la gravure et sur son intarissable curiosité pour toutes les techniques d’impression.

Les arts graphiques le subjuquent et il s’intéresse à tout ce qui concerne l’impression. Démultiplication du motif et inversion , dès l’enfance il se met à réaliser des estampes: une même image en recèle d’autres, se transforme ou se révèle, selon la manière que l’on a de la regarder. Dans un jeu de résonances entre gravure, sculpture et dessin, l’exposition soulignait les passages d’un médium à l’autre, pour montrer comment ces glissements – du carnet de dessins à l’estampe ou à la sculpture – viennent renforcer la portée sémantique de l’œuvre. Organisée en partenariat avec le Kunstmuseum de Berne, la manifestation s’accompagnait de l’édition augmentée du catalogue raisonné de l’œuvre gravé de l’artiste, réalisé sous la direction de Rainer Michael Mason.

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jean-marc theytaz
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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 17:27

~La peinture américaine du XIXe siècle, un thème original et inédit qu’a choisi la Fondation l’Hermitage pour fêter son 30e anniversaire cete année. Il s’agit d’une période artistique très féconde durant laquelle les artistes se sont peu à peu détachés de la tutelle européenne en s’affirmant dans un art novateur, soulignant une nouvelle identité nationale qui célèbre la démocratie et la liberté. Au début les artistes se sont intéressés à la peinture de paysage , genre dans lequel ils ont acquis leurs lettres de noblesse. C’est vers 1830 que la Hudson River School, a produit ses œuvres les plus significatives avec des peintres comme Thomas Cole, Frederic E. Church: ils ont peint une certaine forme d’osmose avec une nature grandiose, exaltant la force et la grandeur des éléments. Plus tard ce seront les luministes comme Fitz H. Lane et John F. Kensett, qui se lancent dans ce domaine paysager avec des couleurs chatoyantes et des paysages plus paisibles. Fait plus spécifique, la peinture de genre traitant de la politique américaine avec Woodville alors que Thomas Eakins se lance lui dans les portraits de la classe moyenne, des scènes d’intérieur et de plein air. John F. Peto et John Haberle se sont consacrés pour leur part à la nature morte en réalisant des trompe l’œil très fins et ingénieux. Parallèlement à la peinture la photographie, en vogue lors des campagnes d’exploration des années 1860 nous offre de découvrir des vues d’Alaska, de Yosemite Valley, et des portraits d’Indiens provenant du Musée de l’Elysée à Lausanne. On peut y découvrir des chefs de tribus photographiés par William H. Jackson et Alexander Gardner qui se répondent avec des portraits peints par George Catlin. Une exposition innovatrice qui nous donne à découvrir un pan de l’Histoire de l’Art encore méconnu.

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jean-marc theytaz
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