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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 16:10

Les pêchers fleurissent

chauffés près des murs de pierres sèches

il y a aussi les figuiers

leurs feuilles lustrées

les géométries de leurs branches

et puis la vigne les rosiers

la tiédeur de l'après-midi

le vent déposé sur le coteau

une offrande

à cette Présence invisible

qui habite le paysage

~~Fragile existence

Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes huilées des alpages qui traversent le silence de de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique fragile du soleil blanc, les ailes transparentes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d'où se jettent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles quadrillés, la berge déserte d'une écriture toujours recommencée, la vie s'accumule dans les parois d'une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d'une groseille matinale.

Procession à Chardonney

Sentier pascal , bordé de myosotis et de perce-neige, oraison primale dans l'incandescence des champs d'abricotiers, les cendres de nos pérégrinations s'envolent dans les paroles rares qui bordent nos silences, l'eau du ciel et ses résines d'améthyste guident nos regards, la brise murmure d'étranges prières, les processions ont abandonné des brassées de lys et de sapins vert foncé près des oratoires de Chardonney, recueillement et mains jointes, les gens du village célèbrent la Passion, la Résurrection à venir, celle des cœurs et de l'âme, au printemps naissant, dans la flamboyance des aubes fraîches. L'air est transparent, chargé d'ondes invisibles, ailes et mots bleutés qui rejoignent les arêtes effilées des Crêtes de Thyon, le jour est clair, nos corps et notre esprit le traversent comme une eau blanche, mêlée de pétales nacrés, la source glaciaire qui apaise la brûlure de nos souffrances

Nostalgie d’octobre

Au centre du jour

sur les vagues glaciaires et la montagne bleue

les soubresauts de la saison

les lanières du vent dans tes cheveux défaits

les errances des heures tièdes

les coups de boutoir du foehn endiablé

les promenades d'octobre sur les tapis de feuilles jaunies

et le souvenir dans les longues allés violacées de la nostalgie •

Heure tournante •

• Vent du soir •

clairière allumée

• fuyantes libellules •

l'étang se marbre •

d'étoiles vibrantes •

le cadran de ses eaux

• dessine notre temps terrestre •

entrouvre des portes d'albâtre •

fige la nuit bleue •

au plus près de notre corps

• passage à gué

• la mort nous prend par la main

Alpe esseulée •

Le ruisseau et ses éclats de ciel brisé

• emportent nos mains jointes

• la forêt tremble de tous ses membres

• la tempête a fondu sur les hauts de la vallée

• fêlures du temps dans les craquements de mélèze

• les voix perdues sous les mousses •

chantent des airs oubliés •

enfance chevillée au corps et à l'âme •

dans les prairies de l'alpe esseulée •

courent les esprits de nos défunts

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:43

~ Suzanne Bolli nous a offert il y a quelques mois, «Nouvelle Généra-tion III», une collective des œuvres de trois jeunes artistes qui ont obtenu un master à l’ECAV: Yann Amstutz, Matthieu Barbezat et Camille Villetard.

«Passing through» réunit trois volets d’un ensemble cohérent exécuté par l’artiste Yann Amstutz: les travaux présentés sont tirés de trois séries qui nous parlent de la pratique chamanique. Trois chapitres intitulés «Entrance» avec des photographies de nature, «Paysages canalisés» qui sont des dessins performatifs réalisés en état de conscience modifiée et «Animaux de pouvoirs» des portraits gravés et rehaussés au crayon de couleur.

Le chaman dans la tradition amérindienne parle de médecine spirituelle et utilise pour régler des problèmes concrets, soigner des maladies... des rituels sacrés. Le battement d’un tambour vient modifier l’état de conscience durant lequel les rituels seront exécutés.

Et puis il y a les portes naturelles, l’entrée d’une grotte, la surface opaque d’un étang, une anfractuosité dans un tronc qui constituent des portes qui permettent d’entrer en contact avec un «animal de pouvoirs», à la fois guide et transmetteur des enseignements, soins ou messages. «Tout n’est pas donné à voir dans le travail de Yann Amstutz. Le monde ne se résume pas à des surfaces. Faussement simple, chacune de ses œuvres présente une vision, comme la superposition de plusieurs couches de réalités. ...» explique Romain Froquet.

Matthieu Barbezat et Camille Villetard exposent également à la Grande-Fontaine. Ils vivent et travaillent entre Berne, Sierre et Paris. Ils ont participé à plusieurs expositions collectives et ont proposé en solo «Across» au Château de Réchy. A la Grande-Fontaine ils ont intitulé leur travail «Réfractions»: des sérigraphies sur verre, et sur papier avec des découpages par-dessus à la main: un long travail de patience et de précision. «Il s’agissait de présenter une création pour cet espace spécifique et nous présentons une dizaine de pièces.

Les deux artistes varient souvent de medium, dans un enjeu d’adéquation avec l’espace. Une sorte d’envie en quelque sorte d’explorer de nouvelles dimensions.

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:37

~Nicolas Bouvier représente avec Ella Maillart, Lorenzo Pestelli, Aude Seigne récemment.... les écrivains voyageurs de Suisse romande.

Nicolas Bouvier nous a offert des chefs- d’œuvre comme «Poisson-Scorpion», un ouvrage qui a mis en évidence un parcours intérieur éloquent et qui a su toucher le grand public.

Aujourd’hui les éditions Payot nous offrent un nouveau livre de voyages inédits avec «Il faudra repartir», des textes non encore publiés et qui nous font découvrir un Bouvier curieux de tout, à la plume alerte, sensible, qui nous emmène vers la profondeur des êtres, des paysages et de l’existence.

Il s’agit en fait de textes inédits de Nicolas Bouvier (1929-1998) rédigés en des pays sur lesquels il n’a rien publié de son vivant. Des textes poétiques et colorés qui ont été trouvés parmi les archives de l’écrivain sur près d’un demi-siècle.

Le tour de monde Ainsi en 1948, le jeune homme de dix-huit ans effectue un voyage entre Genève et Copenhague et écrira ses premiers récits, des illusions qu’il veut «rendre réelles».. En 1957 et 58 ce sera au tour de la France et de l’Afrique du nord, des contrées relativement proches de Genève mais qui réservent des surprises et des nouveautés toujours saisissantes, intéressantes. Puis les voyages s’enchaînent, l’Indonésie en 1970, la Chine en 1986 et le Canada en 1991: des endroits, des gens, des relations au quotidien, le poids existentiel des êtres et des situations, «autant de voyages initiatiques aux divers âges de la vie».

Plus tard en 1992, Nicolas Bouvier battra le pavé des routes néo-zélandaises, dans un esprit d’émerveillement, d’enthousiasme et de découverte hors du commun, avec une envie en quelque sorte d’appréhender le réel, et de le rendre plus vivant, plus modulé encore.

Nicolas Bouvier, un observateur hors pair, un arpenteur, un «géomètre» de l’âme, de ses territoires intérieurs, qui est disponible, attentif, ouvert au monde, un portraitiste particulier, avec la brièveté des notations, des feuilles de route, dans toute leur spontanéité et leur fraîcheur, leur aspect brut et vital, une vraie découverte. S’y ajoutent les aspects ethnographiques, historiques, photographiques et poétiques. Un ouvrage qui vous fait voyager, réfléchir et qui vous met en contact avec vous-même en phase aussi avec le monde extérieur

«Il faudra repartir» de Nicolas Bouvier, chez Payot , textes réunis et présentés par François Laut, en collaboration avec Mario Pasa.

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:25

Philippe Barraud, journaliste, a publié «Un pas de plus-Marcel Rémy» aux éditions Cabedita.

Une rencontre inédite avec un homme et un destin hors du commun, un alpiniste qui a donné le goût de la montagne à des générations de jeunes envoûtés par cet univers particulier, qui a vécu à une époque encore dure pour les habitants des hautes vallées.

Philippe Barraud est un journaliste et écrivain vaudois qui a travaillé pour la «Gazette de Lausanne», l’ «Hebdo», «Le Temps» et des publications économiques et scientifiques spécialisées.

Il a publié une dizaine de livres, romans et essais, le dernier en date étant «Les Sphères silencieuses», un roman à l’Aire en 2011.

Comment avez-vous rencontré Marcel Rémy, dans quelles circonstances particulières ?

J’ai souvent croisé Marcel Rémy par le passé à l’occasion de courses en montagne, comme au Miroir de l’Argentine, et au mur d’escalade de Saint-Légier, où il s’entraîne régulièrement. Je connais bien ses fils, Claude et Yves, avec qui j’ai grimpé dès les années 70, et sur lesquels j’ai écrit plusieurs articles.

Qu’est-ce qui vous a amené à entreprendre d’écrire un livre sur lui?

C’est sous l’impulsion d’un de ses amis, Léopold d’Arenberg, qui grimpe avec lui depuis une trentaine d’années, que j’ai entrepris ce travail. Il estimait, à juste titre, que Marcel Rémy avait un vécu, autant humain que montagnard, exceptionnel à bien des titres, et qu’il devait en rester une trace pour les générations futures. Cet homme, c’est toute une époque: la Suisse et la Gruyère depuis les années 20-30, un monde dur et agricole devenu une terre prospère dominée par les loisirs! Son enfance, «à la redresse», ses jeunes années à l’alpage, constituent un témoignage irremplaçable à cet égard, car tout a changé.

Le témoignage était la meilleure formule ou auriez-vous pu le faire vivre comme personnage de roman?

La vie de Marcel Rémy est si riche que la forme du témoignage s’imposait tout naturellement. En soi, c’est un roman! Elle s’imposait d’autant plus que l’homme raconte admirablement les épisodes de son existence, avec son accent terrien, et sa façon de mimer les événements. Et surtout, il y a son incroyable mémoire. A 91 ans, il peut faire pâlir d’envie bien des personnes plus jeunes!

4Marcel Rémy n’est pas un conquérant comme Ehrart Lorétan ou André Georges. Qu’est-ce qui vous a attiré en lui? 

Marcel Rémy est un passeur. Il a le talent de transmettre à la fois une passion, et une sorte de «mode d’emploi» de la montagne, un univers magnifique mais qui ne pardonne pas les fautes ou l’improvisation. En ce sens, il s’est montré souvent sévère avec ceux qui l’accompagnaient, intransigeant avec la sécurité. Mais je crois que typiquement, les gens qui ne connaissent pas la montagne souhaitent être conduits par quelqu’un d’un peu autoritaire, qui connaît son sujet et prend leur sécurité au sérieux. Il a accompagné et formé de nombreux jeunes, à commencer par ses fils, dès leur plus jeune âge. Mais il était ouvert à toutes les générations, et il a initié aussi des gens bien plus âgés. L’essentiel était la passion, et la volonté de faire découvrir ce qui était finalement le monde de son enfance. Tout cela fonctionnait par le bouche à oreilles; lorsqu’il a mis sur pied un cours annuel de sauvetage en crevasses à Plan-Névé, ils n’étaient que deux au début ! Mais bien vite ils ont été de plus en plus nombreux, parce que l’information avait circulé. Encore plus qu’un «exemple pour la jeunesse», selon l’expression consacrée, Marcel Rémy est un modèle pour les hommes et les femmes qui abordent la deuxième partie de leur vie, lorsqu’ils réalisent que le temps qui reste est plus court que le temps qui a passé... Ce moment, certes un peu déprimant, est trop souvent celui de tous les abandons. Marcel Rémy, c’est un homme qui a banni de son vocabulaire l’expression mortifère «ce n’est plus de mon âge». Et chacun devrait faire de même: ne pas réfléchir en termes d’années, ni de conventions sociales (ces choses qu’on ne saurait plus faire passé un certain cap...), mais seulement en termes d’envies et de rêves encore à réaliser.Croyez-vous que Marcel Rémy s’est demandé si c’était encore de son âge, lorsqu’il a appris la planche à roulettes à 85 ans passés?

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué chez lui ? son empathie?

Ce qui m’a le plus marqué, c’est sa force de caractère. Ce genre de personne est rare. On sent chez lui une capacité de résistance inouïe, une volonté de granit. C’est un personnage qui n’est pas toujours très commode - mais c’est un personnage. Ce caractère, ce sont les événements qui l’ont formé et durci. Il y a d’abord eu son enfance, avec un père dur et brutal; puis l’avalanche, qui emporta sa mère, sa sœur et toute la maison; ensuite, des accidents professionnels et des problèmes de santé lourds. On ne sort pas indemne de telles épreuves sans une résilience extrême. Lui, il en est sorti renforcé.

Est-ce le représentant d’une époque en train de disparaître, d’un genre d’homme qui se fait plus rare?

C’est probable, en effet. Dans un monde où l’argent prend trop de place, ce genre de personne tend à disparaître. Il n’a jamais demandé de rétribution, et a même souvent refusé l’argent qu’on voulait lui donner, bien qu’il ait été sérieusement démuni toute sa vie. Mais c’est aussi, et c’est l’importance de son témoignage, le représentant d’un monde qui aura bientôt disparu à jamais, cette vieille société de la montagne, de l’élevage, des alpages, avec ses traditions fortes, sa foi, sa simplicité rugueuse, son patois, ses mets étranges, comme le «fricasson» qu’il m’a fait goûter. C’était la Gruyère, mais d’où qu’il soit, le monde de la montagne partage les mêmes valeurs, aux quatre coins des Alpes. Essayons d’en sauver quelques-unes, comme des repères dans un monde qui va trop vite.. «Un pas de plus-Marcel Rémy» de Philippe Barraud, aux éditions Cabedita

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 17:20

~Les photographies de Luc Chessex ont été exposées au Musée de l’Elysée à Lausanne en 2014 avec comme thèmes: «Castro», «Coca», «Che», «Cherchez la femme».

Luc Chessex vécut de 1961 à 1975 à Cuba. Membre de l’agence Prensa Latina, éditeur photo à la revue Cuba internacional, il a été un témoin engagé de la révolution.

Le Musée de l’Elysée a présenté quatre séries de photographies de son séjour: «Cherchez la Femme», «Le Visage de la Révolution», «Che et Coca».

L’exposition a été réalisée à partir de nombreux tirages originaux, de publications, d’articles de presse et d’un livre inédit sur la femme cubaine. «Cherchez la Femme», présenté à La Havane en 1966, est un travail sur la femme cubaine, au-delà du discours politique. C’est également une réflexion sur la photographie, présentée à La Havane sous le titre de «photo- mentir», à l’encontre des idées reçues de la photographie comme «miroir du monde».

Le «Visage de la Révolution» a été publié en 1969 par l’éditeur suisse Hans-Rudolph Lutz. Il s’agit d’un essai sur la représentation de Fidel Castro sur les murs, sur les affiches et dans l’iconographie populaire. Luc Chessex évite toute propagande en accompagnant son travail d’«anti-légendes», laissant le public interpréter librement ses images. Ce qui permet une lecture très contemporaine de son travail. Les séries «Che» et «Coca» font partie du projet «Quand il n’y a plus d’Eldorado», une rétrospective du photographe publiée en 1982. La première suit les traces boliviennes du «Che», la seconde porte sur l’image iconographique de «Coca-Cola». Ces deux figures se partageaient symboliquement l’espace public, le mythe le disputant à la publicité dans une confrontation ironique. «Quand il n’y a plus d’Eldorado», un film de Claude Champion (1980), avec des textes de Jacques Pilet et réalisé à partir des photographies de Chessex, sera présenté en continu durant l’exposition.

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 16:50

L’exposition «Joseph Vitta: passion de collection» a lieu récemment au Palais des Lumières à Evian. Il s’agit là d’ un collectionneur important de la fin du 19e, quoique son nom soit bien oublié de nos jours, y compris des spécialistes de l’histoire des collections. L’exposition présentait au Palais Lumière, des objets aussi divers que des bustes antiques, quelques tableaux italiens du 18e siècle, plusieurs dessins de Delacroix et de Ingres, un bronze, des vases et des dessins de Rodin, des pastels et gouaches de Chéret, des œuvres de Braquemond et de Besnard. Des peintures japonaises de Hokusaï, des peintures chinoises et un rouleau de soie de 16m de long du peintre Xu Yang représentant une visite d’inspection en Chine du Sud vers 1750 de l’empereur Quien-Long seront aussi présentées. L’exposition a été aussi l’occasion de découvrir la Villa de la famille «La Sapinière» qui se trouve au bord du lac Léman. De nombreux artistes sont intervenus dans la décoration intérieure et extérieure: Felix Braquemond, Jules Chéret, Alexandre Charpentier, Albert Besnard, Auguste Rodin et Alexandre Falguière.

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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 15:44

~La peinture de Géraldine Es-Borrat est fragile et sauvage, légère et essentielle. Son exposition à Venthône il y a quelques mois laissait transparaître une sensibilité et une finesse d'exécution hors du commun. Souffle intérieur amplifié par sa passion pour la nature, par son attachement à ce qui est original , originel. Voyage intérieur qui passe par une rencontre avec nous-même en m^mem temps qu'avaaec une nature pure et libre.

Damiers de motifs végétaux, de feuilles lumineuses et transparentes, géométries arachnéennes qui captent le temps et les vibrations colorées de l’atmosphère, Géraldine Es-Borrat présente dans ses tableaux quantité de secrets.

Ses œuvres sont une véritable floraison, un jardin vivant, qui met en appétit l’œil du visiteur et l’attire vers des contrées magiques. «Depuis l’enfance, le végétal m’accompagne, m’inspire... Ces journées entières passées en forêt, les cueillettes aussi, autant de souvenirs constellés d’éclats qui tissent, une à une,leurs feuilles. A leurs cascades, leurs entrelacs, j’aime y inventer une poésie. Toucher au merveilleux. aux chants aussi.... Présences jubilatoires, concentrées et dépouillées, elles exultent. L’ultime raison, le déploiement magistral de la couleur.»

Géraldine Es-Borrat vit et travaille à Val d’Illiez, la nature est son temple et sa respiration; en effet après l’Ecole des Beaux-Arts elle a vécu une année dans une maison isolée en forêt, recueillant impressions, sensations, perceptions , les mémorisant, les exaltant, les transformant, leur redonnant une nouvelle vie en quelque sorte. «Un jardin du paradis» auquel elle imprime forme, poids et relief dans ses tableaux . Elle aime à travailler la couleur à l’huile sur toile, avec toutes ses nuances, ses vibrations, ses scintillations.

Le format carré lui convient parfaitement bien et permet des constructions, des compositions, des architectures solides et légères à la fois «Elle crée une dynamique de lignes orthogonales, de surfaces juxtaposées de tailles diverses et de plans qui se coupent et se superposent....» Les tableaux deviennent pas instants des vitraux qui s’allument et mettent en fusion les pourpre, les rouge vermillon, les bleu cobalt, les verts amande... ou les vert sapin.

Géraldine Es-Borrat a composé son propre univers, la lumière y est omniprésente, le temps immobile et figé, comme dans une touche d’éternité que seule une petite brise pourrait venir faire trembler dans un halo de silence.

La nature selon la peintre Géraldine EsBorrat
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jean-marc theytaz
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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 15:30

Les allées de bois vert

les steppes oubliées

de mes errances

la mémoire devient basalte et argile

poreuse et matricielle

Dans les fleurissements magiques

des givres printaniers

l'eau pure de ton corps

le vent de l'enfance envolée

**********

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jean-marc theytaz
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 17:16

~Force et délicatesse d'une artiste très sensible

Des marionnettes grandeur nature, des masques, des personnages de bois, habillés de cuir, de laine, de matériaux les plus hétéroclites, les éditions de la Matze viennent de consacrer un ouvrage de grande qualité à l’artiste de Vérossaz, Christine Aymon.

Cette dernière a une aura nationale, voir internationale et s’adonne à son art depuis de décennies, autant pour des expositions que pour le théâtre. Christine Aymon , une grande dame des arts plastiques valaisans est une véritable source de jouvence: «Elle respire la joie et la passion de vivre, les yeux aussi pétillants que des bulles et le rire fusant comme un bouchon de champagne!»

Christine Aymon a pris racine à Vérossaz, un lieu hors du monde et du temps, au-dessus de Saint-Maurice , un lieu où les gens sont encore très attachés à leur village, à leurs racines, à leurs traditions, un lieu où «des visages parfois étranges aux regards profonds nous fixent au détour d’une table, d’un escalier, d’un atelier, et semblent vouloir nous chuchoter une parole perdue.» Pour Jacques Poget Christine Aymon est «le démiurge modeste d’une des œuvres les plus puissantes et originales en Suisse aujourd’hui....»

Une artiste toute de fraîcheur et de vigueur, d’authenticité et de simplicité, d’élan et de grandeur. Robert Battard apporte sa plume à la réalisation de ce livre alors que Robert Rausis a mis ses talents de graphiste au service de la composition. L’ouvrage est également «sublimé» par les excellentes photos de Claude Bornand; un ouvrage magnifique qui est un hymne à une créatrice de valaisanne de haut niveau qui laisse chanter dans ses œuvres force et délicatesse, poésie et musique, ivresse et raison.

Christine Aymon,  une artiste polyvalente et inspirée
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jean-marc theytaz
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 17:01

~L’œil brillant au fond duquel resplendit une lueur toute de braise et de sérénité aussi, la démarche tranquillle de l’homme qui sait où il se dirige, le verbe toujours porteur d’une parole pure et simple, Vincent Fournier a exposé l'année dernière à la galerie de la Fondation Moret ,à Martigny.

De lui beaucoup encore gardent le souvenir du footballeur des années 80 qui a remporté deux fois la coupe de Suisse, du joueur généreux, toujours très présent sur le terrain, qui savait partager et construire des actions décisives.

Mais depuis ce temps-là les années ont passé et l’homme qui se donnait à fond dans sa passion a choisi un chemin totalement différent mais qui était déjà un itinéraire intérieur bien vivant à l’époque..

Vincent a suivi les Beaux Arts à Lausanne et s’est lancé dans une carrière artistique avec toujours ce même élan, cette même force intérieure qui caractérise ce peintre que la foi chrétienne habite profondément. «Mes travaux, qu’ils soient figuratifs, symboliques ou abstraits puisent leur source dans la vie avec le Christ. Ils ont à mes yeux même valeur et même importance. Ainsi un petit dessin très pauvre à la mine de plomb vient du cœur et va vers les cœurs autant qu’un sous-verre, qu’une icône, qu’un monument ou une installation.»

Mon chemin, la Foi

L’artiste sédunois nous propose une visite guidée et s’arrête sur une grande aquarelle de 1,5 m sur un m. intitulée «Kénose»: «cette œuvre aborde le thème du Dieu qui se fait homme, le Christ descendant sur terre. Il s’agit pour moi d’un thème, d’une dualité récurrente qui m’inspire et m’anime. Deux traits, le Christ s’incarne en descendant sur terre.».

Vincent Fournier nous explique que pour lui la foi est essentielle et traverse tout son travail d’artiste au quotidien. On retrouve ainsi dans ses œuvres Saint-Jean-de-la-Croix, Thérèse d’Avila, l’Immaculée Conception, des sources inspirantes qui disent et prêchent l’humilité, la pauvreté, le détachement, toujours dans des formes dépouillées, sobres, épurées.

«Je ne fais pas fi de la tradition; les icônes par exemple sont des modèles donnés, des canons mais on peut s’en inspirer pour en tirer de nouvelles formes. Je suis fidèle et innovateur en même temps.» Arrêt sur une autre œuvre «La Trinité», une icône, lin, albâtre, enduit, qui a été revisitée par l’artiste. «pierre, feuille de papier, carton, images saintes....tout peut être investi d’une présence jusqu’à ce que je retrouve la source première, divine; je ne me satisfais pas d’un travail tant qu’il ne m’a pas surpris, parlé, qu’il soit devenu vivant.» Pour Vincent Fournier il faut regarder ce qui est donné à voir. «le langage visuel propose des formes et des couleurs qui s’entrechoquent; même derrière un trait, une figure géométrique basique il y a quelque chose à découvrir, un sens à formuler.»

Sainte Claire, Saint François, «le brun pour la couleur de la terre, un trait bleu pour ciel, le ciel et la terre se rejoignent, le tableau devient une offrande». Les haltes se poursuivent devant ces tableaux faits de simplicité, de pureté, d’offrande...les mêmes valeurs que l’artiste Vincent Fournier tirent de la foi et de ses convictions.

Vincent Fournier, un artiste croyant
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jean-marc theytaz
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