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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:41

~Le monde de l’art évolue à la vitesse grand V: les techniques et les supports sont nombreux, pluriels, diversifiés, imaginatifs. Souvent dans les expositions d’art contemporain nos référents se touvent bousculés, nos repères battus en brèche. Les installations, les interventions artistiques, deviennent souvent des interpellations qui modifient nos codes de compréhension et d’interprétation. De simples objets du quotidien sont détournés de leur sens premier et deviennent des objets d’art. La réalité devient au détour d’une mise en condition spécifique objet d’art. Un cas par exemple dans le monde d’aujourd’hui est la phototgraphie: avec nos appareils numériques, les iphone, tout le monde peut faire des milliers de photos, à toute occasion, les travailler avec phototoshop, les retoucher, les modifier.... presque chacun peut devenir un artiste, si la démarche du photographe que nous sommes comprend des composantes de création, d’invention, d’imagination, de mise en scène, de volonté d’aller au-delà des apparences. Si l’intuition et l’instinct jouent leurs rôles il faut qu’il y ait également cet élément de réflexion qui fait que le réel peut être interprété, transfiguré, exalté, théâtralisé, magnifié, copié, reconstruit... bref chacun a en soi une âme d’artiste encore faut-il la mettre en valeur et la concrétiser, pas toujours facile...

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:31

~«Il s’agit d’une fiction mais il y a également dans ce récit des traits qui me ressemblent. A trente ans on est complètement entré dans l’âge adulte et l’on se pose nécessairement des questions...» nous dit Julien Sansonnens.

«Jours adverses» c’est , le titre du premier roman de cet auteur qui est né à Neuchâtel en 1979. Il est actuellement chercheur en santé publique à Sion et vit entre Lausanne et le Valais. Il pratique l’écriture depuis plusieurs années et est notamment critique littéraire à l’hebdomadaire «Gauchehebdo».

Une passion donc pour la littérature qui l’a amené à se jeter à l’eau. «J’ai voulu faire un état des lieux de ces personnes qui ont tout claqué pour un jour changer complètement d’orientation. Parfois, même fréquemment, ces retours aux sources sont magnifiés, idéalisés. Pour le personnage principal de mon roman, Sam, j’ai laissé une porte ouverte: Sam fait en quelque sorte un parcours circulaire et revient à cette sorte de désenchantement qui l’habite.» Julien Sansonnens nous explique que son personnage, contrairement aux récits initiatiques, comme «L’Alchimiste» de Paulo Coelho ne progresse pas , il est en fait un spécialiste de l’autodestruction.

Sam oscille entre une forme de désespérance, carriériste désenchanté, et une ouverture vers un avenir plus positif, mais à la fin il se retrouve pratiquement à son point de départ. «Désabusé» Sam personnifie le malaise de toute une génération, un peu marginal, cherchant un équilibre... Pour Julien Sansonnens, «le cadre suisse romand, Lausanne, Neuchâtel est important. Lausanne a un côté étouffant, alors que Crêt-Meuron est un lieu plein de souvenirs. Je décris un peu la fin des utopies en adoptant un cynisme qui colle à ce côté désabusé qui habite le roman.» La volonté de changer le monde a disparu, aujourd’hui nous avons à faire à une génération dépolitisée, centrée sur elle-même, basée sur le plaisir. Internet occupe aussi une grande place dans cette mutation et l’auteur a d’ailleurs un blog sur lequel il écrit régulièrement des critiques littéraires. «Mes projets? je suis occupé sur un nouveau roman, mais il s’agit d’un livre moins introspectif, une sorte de polar.»

«Jours adverses» de Julien Sansonnens, aux éditions Mon Village

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:17

«La pierre d’amour» , le recueil de Danielle Berrut est sorti de presse aux éditions Xénia.

Un recueil de nouvelles, un genre qui permet sur quelques pages de raconter et de condenser des moments forts de l’existence, avec leurs tensions, leurs énergies, leurs émotions.

«J’aime raviver des croyances populaires ou des traditions orales qui se réfèrent à des mythes oubliés, encore vivants cependant chez certains peuples primitifs.» nous dit Danielle Berrut. «Cette survivance discrète dans notre société est d’autant plus émouvante qu’elle démontre la profonde parenté qui réunit tous les hommes, ceux d’aujourd’hui et ceux d’hier, ceux d’ici et ceux d’autres continents. En outre, j’éprouve un certain besoin de lézarder nos certitudes, de rappeler la densité du mystère qui entoure notre existence et le recours au « fantastique » permet cela» .

L’ouvrage de Danielle Berrut, qui a travaillé longtemps dans l’enseignement, et qui pratique aujourd’hui qu’elle est à la retraite l’écriture de façon pleine et passionnante, rassemble dix nouvelles: «elles incarnent dans toutes leurs nuances une époque révolue, mais encore si présente, des croyances méconnues et pourtant familières, un monde hors de l’espace et du temps aux contours oniriques.»

L’auteure qui en est à son deuxième livre a reçu pour son premier recueil «A fleur de nuage» (Xenia 2013) le Prix du Village du livre de Saint-Pierre-de-Clages.

Envie de partage

Que souhaitez-vous transmettre et partager avec vos lecteurs? «Il faut avouer qu’il y a un côté un peu égoïste dans l’écriture et je pourrais reprendre les mots d’Erri De Luca: « J’écris d’abord pour me tenir compagnie». Et aussi «pour retourner là où ce que tu aimes ne meurt pas. »

C’est peut-être cette nostalgie d’un monde qui passe que j’aimerais d’abord partager. Mais aussi j’ai l’espoir de trouver un écho chez l’autre. Ma vision du monde, mon angoisse existentielle, mon désir de «sublimer» le quotidien, peut-être les éprouve-t-il, lui aussi, et ce serait là une forme de solidarité qui rend plus fort»

Les nouvelles de Danielle Berrut respirent l’étrange, le mystérieux, l’onirique, se rapprochent des contes par les vecteurs fantastiques et magiques qui interviennent dans le fil narratif. La nature y est très présente, avec sa luxuriance, ses aspects parfois baroques, touffus, complexes ou par son dépouillement, sa pureté, ses forces intérieures venues de l’on ne sait où et qui véhiculent des lumières multiples sur les événements qui touchent ses personnages.

Dans «La Pierre d’amour», Nuno, Nina, ont parfois des comportements secrets, les personnages ruminent leurs pensées comme des nourritures dont la date de péremption est échue et qui vont gâcher leur vie, retournant dans leur tête leurs préoccupations, leur solitude , leurs craintes, leurs regrets. «Le chapeau de feutre» nous emmène avec Marion dans un autre monde, celui du temps qui passe, liquide et transparent, celui des souvenirs, des images qui restent gravées dans la mémoire, de saisons qui rythment l’existence comme un métronome avec ses repères et ses jalons, ses inclinations et ses ruptures.

Au fil des nouvelles les situations humaines, les sentiments, les psychologies des personnages nous ouvrent des portes sur l’inconscient, aussi sur l’irrationnel, sur l’inconnu, autant de voyages intérieurs fascinants et dépaysants. Une écriture fluide et poétique rythme ces nouvelles qui emporte le lecteur dans des voyages parfois étranges, toujours passionnants. ..... Si l’écriture n’occupe pas tout mon temps - il y a d’autres tâches qui n’attendent pas et il est bon de respirer- elle occupe mes pensées. Il y a tant d’êtres, de situations, de paysages qui stimulent mon imagination et dont je m’empare pour les faire entrer dans le monde virtuel des livres. Ce monde virtuel est d’ailleurs parfois si réel qu’il m’arrive d’avoir «la tête dans les nuages» et de m’y sentir bien.

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jean-marc theytaz
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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:53

~Gottfried Tritten, un peintre de renom international, une figure emblématique des arts valaisans et suisses a marqué els arts de notre canton d'une empreinte indélébile.

. Il a longtemps vécu et travaillé en Valais, dans sa maison-atelier de Grimisuat . Un peintre de talent pour qui la Montagne a beaucoup compté dans son œuvre, lui qui vivait en symbiose avec la nature et la peinture, dans une sorte de respiration essentielle et vitale.

«La montagne est en moi depuis ma jeunesse,. Elle m’entourait, elle se dressait devant moi, elle me menaçait de sa grandeur, elle m’ensorcelait par ses noms. Je me souviens de Wildstruebel qui veut dire la chevelure sauvage, déjà la magie m’en voûtait...» disait l’artiste de Grimisuat.

Dans l’Oberland Né à la Lenk (BE), il a passé sa jeunesse dans le Simmental. Après sa maturité, il a suivi l’Ecole des Beaux-Arts de Bâle puis a complété sa formation par des études d’histoire de l’art, de philosophie et de psychologie à Bâle et Berne. IGottfried Tritten a séjourné dans divers pays et fait la connaissance de Picasso en 1949 à Antibes.

Il a acquis au fil des ans un rayonnement international.Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries et musées du monde entier.

Un rayonnement international

L’artiste de Grimisuat était d’une grande curiosité et il a également beaucoup voyagé: c’est ainsi qu’on le retrouve au Maroc,en 1951 et 1952, où il s’adonne notamment au dessin, la peinture et au collage. En 1953 il se rend en Espagne puis il fait connaissance des écrivains Hermann Hesse et Friedrich Dürrenmatt. Le peintre s’établit par la suite à Oberhofen au bord du lac de Thoune en face du Niesen qui deviendra plus tard pour lui «l’incarnation même de la montagne». Troisième séjour au Maroc en 1957. Expositions en Suisse et en Allemagne (Frankfort, Hanovre, Brême). Premier séjour en Grèce où il rencontre le poète Odysseus Eltys. Son vocabulaire artistique s’épure et se dépouille au fil des années ;entre 1958 et 1967 il est très influencé et marqué par les travaux de l’action painting américaine et «son geste pictural se libère».

Les monochromes et les oppositions contrastée noir/blanc font partie de sa palette et il expose un peu partout, Paris, Brest, Francfort, Brême... Il se rend aussi en Grèce et rencontre le poète Odysseus Eltys.... C’est en 1969 qu’il se construit un atelier en Valais et s’établit à Grimisuat en 1977. Gottfried Tritten donna également beaucoup à l’enseignement notamment à l’Université de Berne; il réalisera de nombreuses commandes publiques et parcourera la planète, Japon, Canada, Etats-unis... Tapisseries, vitraux et mosaïques complètent son œuvre et il excellera comme verrier.

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jean-marc theytaz
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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:49

~Vahé Godel, un poète d’origine armémienne qui vit aussi à Genève, nous apporte depuis des décennies des ouvrages d’un homme en quête d’identité, partagé entre deux cultures et œuvrant en même temps comme un passeur de langues, de sensibilités, de traditions. Il nous propose aujourd’hui «Chut» et «Rouages» aux éditions Empreintes. Un livre à déguster avec lenteur, avec retenue, avec patience, tant il faut parfois pour laisser se décanter en soi les mots, les vers énigmatiques et profonds que nous propose Vahé Godel. «La question identitatire..., mais aussi l’hybridité des formes et le jeu avec (la) les langues, sont les signes particuliers de cette écriture fragmentaire, en perpétuelle interrogation, traversée dès l’origine par l’obsession de la mort et du vide.» nous dit Sylviane Dupuis. On peut retrouver dans ce recueil des poèmes de jeunesse et aussi des inédits récents, qui mêlent la multiplicité des formes, avec des nuances, des blancs, des silences, des respirations légères;il y a une similarité des inspirations avec Corinna Bille quand on pense à l’intérêt des deux écrivains pour le monde souterrain.. Cette quête d’identité fait passer l’homme errant par une thématique d’existence de sources souterraines, avec ses tunnels, ses galeries, ses veines métamorphiques,comme un mineur qui avance dans les roches et les passages telluriques qui lui révéleront peut-être des illuminations fulgurantes. Et puis il y a la lumière végétale, le grand air, l’espace, les cols, qui permettent de respirer: «A travers le frêne-pleureur/peu à peu je retrouve/tout ce que j’ai perdu/tous ces visages disparus/ toutes ces voix qui se sont tues/ces rires ces regards complices/ je fais du vide ma demeure/ je vois surgir les hirondelles.» Des vers où l’imagination s’allie à réalité concrète et matérielle des jours, avec son poids, ses vibrations, ses scintillations, des détails cultivés au fil du chemin, comme un orpailleur qui «cueille» limon, sable et pépites. Jacques Chessex a écrit de lui: «Ses livres ne ressemblent à plus rien de ce qui s’écrit aujourd’hui. Une sorte de coulée lumineuse, parfois hallucinée, où jouent le génie multiple du mot, la stupeur d’être, la merveille des formes et des corps, la rhétorique encore, le rêve, la mort… Il faut sans doute aller chez les peintres, du côté de Pollock ou de Mark Tobey, pour trouver une analogie à cette interjection extatique et parfaitement matérielle.»

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jean-marc theytaz
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:37
 Andrée Fauchère: «Celui qui sait» éditions Slatkine

~Editions Slatkine «Celui qui sait» Andrée Fauchère»

Andrée Fauchère a déjà publié plusieurs ouvrages, notamment sur la montagne qu’elle connaît particulièrement bien puisque son mari était guide. Elle nous a proposé récemment «Celui qui sait» un ouvrage paru chez Slatkine et qui nous parle d’un monde spirituel. Pour elle «Le Marcheur de l’âme» symbolise cette âme divine que nous croison sur le chemin de la vie. «Celui sait» est l’Esprit qui se matérialise lorsque la personnalité et l’âme sont enfin réunies. Dans nos existences nous sommes soumis à mille émotions, bonnes ou mauvaises, qui nous réjouissent ou nous transpercent le cœur. Parfois, nous devons prend re le temps de nous arrêter, de regarder en nous pour convoquer toutes ces ressources qui nous manquent si nous n’avons confiance, et conscience de ce souffle intérieur qui nous habite. «L’être humain a la capacité de se soigner et de se guérir, car il a tous les pouvoirs mais il l’ignore. Comme sur un ordinateur, il lui suffit de cliquer sur la touche conscience pour que tout se réalise...» Un livre qui parle de chacun d’entre nous et de nos questionnements profonds.

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jean-marc theytaz
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:23
Mosquée et cathédrale de Cordoue

Dans les rues cerclées d'hibiscus

des notes de chaleur

qui s'élèvent et vibrent dans le ciel

puis au centre de l'espace

des colonnes des pilastres des frontons

qui disent les temps anciens

des pierres rongées par le vent et la pluie

la mosquée et la cathédrale

leurs motifs végétaux et leurs arabesques

les zones d'ombre

dans la vaste salle piquée d'étoiles

la lumière en enfilades

les arches et les chapelles

avec les ex-voto et des scènes bibliques

qui scandent le temps imbibé de sang

le silence est habité

une énergie ascensionnelle

emporte nos cœurs et nos âmes

vers le haut des rotondes

oraison et quiétude

instant qui s'étend

aux confins de la vastitude céleste

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jean-marc theytaz
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 15:08

Les œuvres de CC Olsommer sont fréquemment rattachées au symbolisme, à l’imaginaire, au mysticisme: un style austère et dépouillé, fin et expressif dans a retenue. L’essentiel de son art repose dans cette quête infinie et cette recherche spirituelle. Comme le dit Nane Olsommer «ses convictions personnelles ont guidé ses choix. L’âme humaine, la nature, le temps l’amour, la mort le monde intérieur sont ses thèmes favoris». Il travaille dans une forme de silence, de respiration lente, de magie et l’on retrouve dans ses œuvres des symboles significatifs comme des croix, des hiboux, des crânes... La vie, la mort la fluidité du temps, les êtres et les choses qui passent, qui sont transitoires, éphémères, passagères, même dans leur unicité, autant de de questionnements et d’interrogations qu’Olsommer a mis en avant dans sa peinture. L’artiste qui a un grand sens de l’observation a utilisé diverses techniques dont le crayon, la plume, la sanguine,, le fusain, l’huile, le pastel, le brou de noix... Neuchâtelois d’origine, Valaisan d’adoption, d’ascendance scandinave Charles Clos Olsommer a également voyagé à Venise, Rome, Florence... et exposé dans de nombreuses galeries européennes. Harmonie, équilibre, intutition, sensibilité, la profondeur du regard, la poésie mystique, autant de termes pour définir cette œuvre si large et si substantielle. Un travail effectué avec minutie, attention et conviction, dans une grande ferveur.

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jean-marc theytaz
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 17:54

Le vent fouette les peupliers

âme vagabonde

le chat traverse la route

lentement

je cours sur les rives magiques

du fleuve

les pétales de poiriers

s'envolent

l'après-midi

se déplie comme un accordéon

les nuages se déchirent

sur le haut des arêtes granitiques

Après-midi d'avril
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jean-marc theytaz - dans poései
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:16

Les cordages des mélèzes

dans le ciel laiteux

n'en finissent pas de siffler au vent tournant

la mâture de ces voiliers d'azur

gémissent dans l'ombre bleue

du soir venant

architectures de verre

et flûtes d'argent

le crépuscule

vient manger

les derniers cris des casse-noix

en haut de la forêt

En haut de la forêt
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jean-marc theytaz
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