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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 18:02
Bonjour, voici quelques textes écrits après l'attaque cérébrale qui a foudroyé mon père à la fin de l'automne dernier et qui l'a rendu aphasique et hémipégique.
Après trois mois d'hôpital il vit maintenant dans un home, dans son village natal, à Nendaz...
Ces textes parlent de la maladie, des émotions qu'elle engendre, des peurs qu'elle déveoppe, des errances et aussi, parfois, des espérances qu'elle laisse entrevoir... juillet 2008

Attaque cérébrale-prison finale

La pluie diffuse, la minéralité des hauteurs esseulées, l'érosion de nos prières sur l'infinitude du temps, et la peine, comme un fil tendu d'étoile à étoile, de sapin à mélèze, de rive en rive, le vent gonfle nos errances, la douleur devant la maladie, la souffrance d'un être cher, qui courent sur notre quotidien et y enfonce les clous de la crucifixion et de l'impuissance.
La gorge s'emplit d'immobilité et de silence, d'intériorité et de vide, de vastitude délaissée, la mort court le long des instants seuls, ivre, titubante, vorace et injuste, comme la tempête qui se délite sur le dos des sombres océans.
Mal de ventre, nouaison perfide, attente paralysante, parole emportée à jamais, le sang s'épaissit dans les artères pétrifiées.
Le Verbe à fleur de bouche, emporté dans les limbes, et qui grandit dans son incapacité à s'exprimer et à se donner.
 Et puis l'attente qui devient patience, les jours sans fin, les heures et leurs portes ouvertes, qui débouchent sur d'autres nuits et journées interminables, en déséquilibre près de l'abîme.
Dormir pour être absent, oublier, et pourtant «l'être-là» qui empêche de s'évader de ce corps emprisonnant, de ce corps-cage aux barreaux infranchissables, qui laissent à peine transparaître des lueurs de liberté, qui confinent la conscience au seuil de la mort, elle, toujours, elle, encore éveillée, qui guette à tout instant.

Essai de communication après l'attaque-hôpital de Martigny

Le Centre de la parole et le centre de la compréhension n'ont plus été irrigués dans le cerveau durant plusieurs heures, ne fonctionnent plus.
La sanction tombe, elle est terrible, horrible, irrévocable, la prison se referme, inviolable ou presque.
 La solitude prend toute la place, investit l'espace et le temps, mon père reste seul avec lui-même, lui qui aimait tant participer à son entourage et à son environnement,un besoin viscéral, la parole lui défaut, tout à coup les mots semblent s'être envolés, il ne reste que que des syllabes tronquées, des bribes de mots , et encore, quand le corps, la respiration, le souffle le permettent.
Un univers inconnu, étrange, angoissant, étouffant, certainement, surement.
Un monde parallèle dans lequel nous ne parvenons à pénétrer, un monde à lui, que nous ne connaîtrons jamais vraiment, que nous pouvons essayer d'imaginer mais avec tellement peu de moyens et de possibilités de nous mettre à sa place.
Un monde qui nous échappe, dans lequel le silence et le chaos doivent régner en maître, en tout cas au moins par instants, qui ne laisse sa place qu'aux sensations, peut-être à certains souvenirs émotionnels, à certaines odeurs, à certains gestes réflexes, à certaines habitudes mécaniques.
 Mon père semble reconnaître les visages, c'est en tout cas notre impression et l'avis de la doctoresse G.; donc lorsque nous venons lui rendre visite il doit sentir notre présence, quelque relation, si ténue soit-elle, visuelle, tactile, peut prendre vie l'espace d'une heure, le temps d'être ensemble, d'être avec, sans partager vraiment, comme dans la vie normale, celle des autres.
Mon père semble comprendre certains gestes, certains signes, certaines attitudes, parfois il paraît nous accompagner dans notre monologue en faisant des hochements de tête, ou des moues de réprobation.
 Devine-t-il dans notre manière de dire les choses, de mouvoir notre corps, la réponse que nous attendons à notre question, en tout cas souvent, j'ai l'impression que ses réponses en oui et non sont correctes et correspondent bien à ce que je lui ai demandé.
Alors une lueur d'espoir, une espérance, peut-être me comprend-t-il, est-il momentanément avec moi, là, cloué sur son lit depuis des semaines, moi, assis à ses côtés, souhaitant, croyant encore au miracle, une phrase pourrait peut-être soudain sortir de sa bouche.
 Et puis il y a les visites du voisin, tout un petit monde qui s'active autour de nous, qui ne comprend pas la profondeur de l'abîme, qui compatit pourtant, qui est content de ne pas être à sa place, le soulagement d'avoir échappé au malheur, à la tragédie, à l'indicible, à l'inacceptable.
 Moi je parle, essaie de parler sans trop m'arrêter, des enfants, du quotidien, de la météo, de la neige qui est déjà là en novembre, des stations qui ont ouvert leurs pistes, du mayen à Sofleu où l'on a enlevé l'eau, de peur qu'elle ne gèle, des détails qui l'intéressaient avant, avant la «petite mort».
 Candide se trouve dans une nuit totale et pourtant il s'accroche, l'instinct de vie semble le plus fort, il mange correctement, son bras gauche, le valide, a encore beaucoup de force lorsqu'il tente de descendre la barrière d'acier qui l'empêche de tomber de son lit. Il aime encore le chocolat, les jus de fruits, autant de signes de vie, de survie. Etrange et encourageant. Ai demandé au médecin de lui administrer des médics genre benzodiazépine pour calmer ses angoisses qui doivent ^tre atroces par moments d'après ce qu'a dit la doctoresse, peut-être qu'avec ça l'étreinte se relachera un peu, qu'il se laissera glisser dans une sorte de léthargie pouvant le libérer du drame qu'il est en train de vivre....
Avec les seresta peut-être sera-til soulagé, toujours ces petites phrases pour essayer d'alléger la douleur, la souffrance que son visage dégage.
 Aujourd'ui suis descendu à la cafeteria avec Candide installé sur le fauteil: essayer pour lui de regarder l'environnement en posture assise, de voir quelques visages nouveaux, de sentir la vie d'autres malades, parfois guère mieux lotis, qui se déplacent aussi en chaise roulante. Là il semble quand même un peu curieux de ce qui se passe autour de lui, ses yeux croisent les visages de personnes assises à d'autres tables, il semble s'intéresser à son environnement, enfin j'espère que cela soit vrai, qu'il puisse sortir de son étau.
Faire quelque chose pour lui, en tout cas essayer, par moments la simple vue de son regard fermé me prend à la gorge et me serre la poitrine.

 Incompréhension

Mon frère et ma femme sont allés le voir cete après-midi. Les propos de la DR G. concernant son état de santé semblent difficiles à admettre, tant il semble présent par instants
. Peut-être communique-t-il par le regard uniquement et arrive-t-il mieux à cerner les mouvements oculaires de personnes qui le connaissent depuis longtemps.
Il faut en tout cas essayer de passer tous les jours, pour être là, ,même s'il dort, une présence, une silhouette familière, prendre la main, des gestes simples, essentiels, quotidiens, qui te mettent en contact avec le monde de facon sensorielle et tactile. Une autre personne de Nendaz est presque son voisin. Plus jeune de quelques années mais également en mauvaise santé; celui-ci est aussi habité par cette impression d'être à là comme dans une des dernières étapes de sa vie
. Une salle d'attente, une dernière halte avant le grand départ.
Les murs des longs corridors transpirent la maladie et aussi la mort malgré quelques arrangements design ou quelques affiches de la Fondation Gianadda.
Des flèches colorées sur le carrelage, pour éviter de se perdre dans ce labyrinthe aseptisé, le brouhaha des visiteurs, la rumeur qui sort de la cafeteria, les fauteuils roulants.... l'ambiance n'est pas toujours gaie.
Heureusement il y a la proximité des jardins, de la nature et du soleil qui font irruption par les baies vitrées, un lien charnel en quelque sorte encore avec la vie du dehors, la vraie vie, celle qui vaut la peine d'être vécue diront certains. Et à chaque visite ces rythmes imprimés dans l'après-midi ou la soirée, des itinéraires fléchés en quelque sorte, un rendez-vous pris avec la maladie, le silence, le monologue, la peur, la compassion, la souffrance, la colère, la révolte, les regrets, l'envie de s'arrêter avec lui, là, pourquoi pas...
 Une portion de vie qui semble irréelle ou trop réelle, qui vous poursuit toute la journée, qui vous harcèle, qui vous attache à elle, vous en devenez un acteur essentiel. Peut-être que vous pouvez par là apporter quelque chose de bon, de bien, de positif, peut-être, rien n'est sûr, enfin si, quand même...

Jour blanc

 Aujourd'hui jour de relâche, pas pour lui. Mon frère doit descendre ce soir.
 Pour mon père les jours , les heures, les minutes ne doivent plus avoir beaucoup d'identité,de plénitude, sauf celle de la souffrance. Il y a l'heure des soins, du sommeil, du réveil, des repas qui doit être le seul îlot dans la journée, les seuls instants de tranquillité.
Lorsqu'il se trouve sur le fauteuil, d'après ce que m'a dit un infirmier, il paraît retrouver une certaine sérénité, cela peut durer de 14à 17 heures, les bons jours.
Là les visites le mènent à la cafeteria, ses frères et soeurs viennent régulièrement le trouver. Voir d'autres visages, un petit voyage en quelque sorte, d'un étage à l'autre, d'un univers à l'autre, et puis le fait d'être accompagné doit le rassurer, car il rechigne à rester seul dans une table, par exemple, le temps que nous allions chercher un café, un jus de fruits, par timidité, par pudeur.
 Le fait de ne plus être autonome doit le toucher profondément, le blesser dans son être intérieur, une douleur de plus, ajoutée à l'hémiplégie, à l'aphasie, aux angoisses d'être enfermé, confiné dans son for intérieur, par-delà le langage, la parole, la mobilité physique.

Attaque de panique

Ce lundi visite difficile car après une heure à la cafeteria, sans problème, à regarder tomber la pluie, à parler de l'assemblée de télénendaz, de la meteo grise et cafardeuse avec de la neige et de la pluie jusqu'à 2000 mètres, le retour en chambre fut difficile. Vers les quatre heures je dois m'en aller car je tavaille à cinq heures. Là c'est une sorte d'attaque de panique qui l'attend. Tout à coup il semble pris de tremblements,d'agitation subite, avec des yeux affolés il me tient la main, après m'envoie dehors avec des signes de la main très significatifs. Il se met à secouer son fauteuil avec la main et la jambe gauches, c'est certainement comme cela qu'il est tombé samedi dernier, se faisant mal à sa main.
Le médecin Coutaz a par ailleurs précisé lors de notre entrevue que la main paralysée devait certainement être douloureuse,avec des picotements, crampes, tiraillements... d'où ces rictus de souffrance lorsqu'il bouge la partie droite de son corps. Ce n'est pas la première fois qu'il se montre énervé à la fin d'une visite, ce qui laisse évidemment un creux à l'estomac lorsque l'on quitte l'hôpital.
Son voisin G. va bientôt ce qui le choquera vraisemblablement encore plus, voyant les autres sortir de l'hôpital. Refus, révolte, macérations et ruminations de pensées négatives, cela doit être dur pour lui, habitué à bouger sans cesse, à parler avec rythme, à se dépenser physiquement....une situation de contrainte et de confinement très douloureuse et abrutissante. Un rien de sérénité...
Aujourd'hui je n'ai pu descendre à la cafet car il n'était pas dans son fauteuil. On m'a expliqué que le week-end le manque de personnel empêchait de le mettre deux fois dans le fauteuil. Son visage était plus détendu, traversé d'une certaine sérénité, d'un calme bienvenu et réconfortant: il a émis des des signes d'étonnement et de désappointement lorsque je lui ai parlé de quelques personnes de Nendaz qui étaient aussi malades gravement, qui se trouvaient dans une situation aussi lourde et pénible que la sienne.
Là il s'est rendu compte, je pense, qu'il avait atteint quand même un bel âge et que ce qui lui arrivait était très dur à supporter mais qu'il l'acceptait , en tout cas en partie,
C'est ce que j'ai ressenti aujourd'hui, comme une espèce de résignation mais sans révolte, sans colère, sans rancoeur, c'est en tout cas l'impression qu'il m'a donnée. Une journée plus tranquille, heureusement qu'il y en a encore. lorsque je lui ai demandé s'il souffrait, s'il avait mal à sa hanche et à son bras paralysé il m'a fait signe que cela était supportable.
C'est cas ce que j'ai compris. Son voisin G. est rentré chez lui et son nouveau collègue de chambre souffre de problèmes respiratoires. Les journées doivent sans fin, monocordes, monocolores, teintées de silence, de solitude, un peu comme les couloirs de l'hôpital.... heureusement le personnel soignant se montre compréhensif et dévoué, en tout cas les infirmières avec qui j'ai discuté. Une certaine routine s'est maintenant installée dans ces visites, cela fait mainteant la septième semaine qu'il se trouve à Martigny. J'ai évoqué une fois ou l'autre le home, mais je ne sais pas s'il a réellement compris: peut-être le jour de la crise de panique est-ce ça qui a déclenché l'angoisse et la révolte. Lui-même paraît s'être un peu habitué maintenant à son état, en tout cas certains jours. L'atmosphère en chambre est lourde car souvent il n'y même pas la lumière, l'on se croirait dans une chambre à attendre je ne sais quoi, la paix, la mort, la délivrance, l'espérance, le grand saut.... je pense que souvent il doit être un peu dans son monde, hors de la réalité, et c'est tant mieux pour lui car sinon ces jours qui s'enfilent les uns a près les autres comme les perles d'un collier d'étoiles seraient pratiquement devenus insupportables. mais peut-être.... enfin personne ne sait ce qui se passe exactement dans sa tête...

Douleur

 Sur l'ivoire de la mer étale, le vol des goélands tendu vers l'horizon, les mots qui ne sont jamais sortis du coeur, les lèvres demeurées fermées, le silence blanc des arrière-saisons et puis le vent filé, la lumière laineuse, le bout de tes doigts qui dansent dans le contre-jour. Et puis la douleur du père terrassé par la maladie, son immobilité dans le cercueil de son corps, son aphasie comme un confinement mortel, et la peur dans es mèches violacées de l'obscurité totale, bientôt finale...
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25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 22:24

Il fait clair dans la nuit mauve, les lilas dansent derrière tes paupières fragiles.

 

Songes en état de veille, retours dans des prairies entrevues, descentes sur le lit de la rivière mouvante, la Printze s'agite dans tes veines, pleine des micas glaciaires.

 

Les mains sont tièdes, qui lissent les tapisseries forestières enfouies dans tes rêves, clairières magiques, lueurs de chandelles et de bougies orangées, je me laise couler dans les soies duveteuses des mousses qui bordent les rives.

 

Torrent de lumières, d'éclats d'argent, de limailles chantournées, la Printze saute par-dessus les rochers, glisse dans les herbes langoureuses, susurre des prières délicates au creux de ton oreille.

 

 Je la regarde, y vois ton visage, y décèle des langueurs et des élans patinés de verdure, désirs chatoyants qui me portent et me prolongent.

 

La Printze du matin blanc, celle des tiédeurs estivales, des crépuscules braisés, la Printze dont je me nourris quand le temps s'épèle à contre- jour de nos regards fourbis... juillet 08

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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 18:04
Le sentier grimpe vers les espaces dégagés du Plan du Fou, un autel végétal à même le ciel d'hosties immaculées, sur les hauts de Siviez. L'ancolie fragile, la renoncule au bleu délicat, les linaires blanches couvrent la prairie embaumée, l'orchis vanillé enveloppe mon corps et mon âme, le vent du Nord prend d'assaut l'arête herbeuse. Les tétras-lyres fouettent l'air, dérangés par nos présences soudaines, une écriture d'ailes noires dans l'air vif. Vibrations légères, à Plan du Fou d'étranges silhouettes dansent, perdues dans les les paumes de mains invisibles, portées par une musique blanche. Peut-être de graciles jeunes filles, non loin du paradis, peut-être l'âme de revenants égarés entre passé et présent, dans les allées de souvenirs et de souffrances aériennes... Et puis, une averse de papillons et de lucioles, la brise d'un voyage dans cette contrée étrange, pour assister à la naissance de paysages improbables. juillet 08
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 16:53
Laisser les fenêtres ouvertes Souplesse des roseaux dans la brise jaune du soir, guillemots habiles sur la falaise fouettée par les embruns, niches troglodytes où viennent loger les sternes,le regard court, fuit, s'embrase, s'emballe. La mer griffée lisse l'horizon d'argent, tes rêves de matelots arrimés à son port de fortune construisent des îles lointaines. Murmures et chuchotements des herbes, des grains de sable tourbillonnaires nous font fermer les yeux, la chanson respire dans mon coeur, celle des voyages lointains, dans les pays exotiques et les ruelles du passé. Dans les chambres étroites de ma mémoire, des rencontres inattendues, des rendez-vous trébuchants, des absences soudaines... ouvrir large les fenêtres, laisser entrer des gerbes de soleil, les pentes rases des alpages, les ruisseaux argentins que crachent les montagnes et les dolines sauvages de nos mayens... Laisser ouverts nos coeurs dans l'embrasement des souvenirs qui renaissent parmi la fumée violette des talus brûlés. juillet 08
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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 16:24

4333983637_a8d04c46a4.jpgLa nuit s’est faufilée dans le velours de la neige; le vent court sur le fil des eaux sombres de la berge.
L’âme s’endort, prise par un mouvement ouateux, aux confins des buissons d’étoiles qui murmurent, à voix jaune, mouillées de pénombre.
Souvenir laqué, oeil de perdrix dans la paroi des jours, je regarde passer les bouquets de pollen au-dessus des monts boisés et des forêts de châtaigniers.
Le fleuve charrie sa vase, tu es absente et pourtant là, à la jointure des lèvres nocturnes, comme une pensée obsédante, qui envahit de ses souffles chauds les rives délaissées.
La nuit s’avance, légère et profonde, tu es partout, sous les souches es hêtres et des ormes, dans le matelas d’humus qui flotte sous mes pieds, au centre de mon corps liquide, entre les galets érodés par les orages méditerranéens.
Nos corps se sont désunis et retrouvés, comme les eaux glaciaires au bas des moraines et des crevasses étouffées dans le silence noir.
Les torrents d’herbes folles nous enlacent, il fait vert sur le diamant de l’instant printanier.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 18:26

Vents embrouillés de poussière et d'azur, cônes forestiers dans l'après-midi fauve, cire d'abeille du soleil défunt, l'orage court déjà sur les les lames aiguisées des corniches alpestres.
 Odeurs sauvages des taillis  couverts d'églantiers et de sorbiers, de buissons d'aubépine et d'orties veloutées, les mots affleurent  et se bousculent à mes lèvres.
 Les souvenirs teintés de laines végétales, les rivières de résine et de poix verte coulent sur l'heure arrêtée, comme un fluide et une vapeur légères qui embaumeraient des instants appelés à l'éternité. 
Ta silhouette et ton ombre à mes côtés, comme un prolongement de mon âme,  accompagnent mes souvenances et mes impatiences.
Regards intérieurs, gorge étranglée par des pulsions lointaines, les nuages roulent leurs outres et leurs fagots de pierres noires et bleutées.
Les grillons et les sauterelles découpent l les airs  de leurs crissements minéraux, puis le silence....
Les premières gouttes, lourdes et tièdes, fondent sur la peau, l'orage envahit l'espace couleur d'ardoise, il parle de mondes à renaître. 22 juillet 08

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jean-marc theytaz - dans littérature
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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 17:51

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jean-marc theytaz
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