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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 15:57

Torrent Be au Toit de Tortin
La vie, écumante,s'essouffle dans les chahuts et les bouillonnements du torrent Be.
Les mousses fuyantes et humectées, sur les bords des rives, captent le soleil dans leurs chevelures, et puis, les lisères argentées de l'eau bondissante sur les pierres vertes et noires, les architectures du jour montant à petits pas dans la forêt de mélèzes, sur les fûts des arolles, entre les îlots chantants.
 Silence, l'estomac se creuse, une incomplétude dans le ciel voilé, peut-être la faim d'un Au-delà tant souhaité. aout 08

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jean-marc theytaz - dans littérature
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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 14:56

La vallée ouverte sereine transparente .

Le vol de la mésange et de l'hirondelle comme une calligraphie céleste.

Le souffle du mont comme une eau venteuse.

Les pommes de pin qui roulent sur la pente.

Les écureuils dans les trapèzes branchus des sapins.

La mousse et le lichen en dentelles entre granit écorces troncs ébranchés.

Le bourdonnement des tronconneuses au loin et l'odeur prenante des corps rouges de mélèzes abattus.

5460281323_cb6a87771c.jpgLa résine verdâtre ou bleutée qui coule après la blessure de l'arbre.

Les cris d'enfants qui résonnent dans la tête.

Je vais à pas de loup dans la pénombre des forêts de mon enfance.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 16:29

Le soleil grimpe sur l’arête étriquée, le val sort de l’obscurité la tête reposée dans ses bras enlacés, le corps frêle du ruisseau scintille dans les premiers rayons.

Du bout des doigts toucher la dune mouvante, les liens d’amour qui m’attachent au quotidien, regarder en son dedans comme dans les détours d’une sente rocailleuse aux mille anses d’argile et de sable.

Je serre les poings, y passent l’air bleu, le ciel de pervenche, l’étoffe des grandes étendues imaginaires qui ondulent dans ma tête.

Songe magique, je me serre contre mes souvenirs, avide de chaleur, de tiédeur, de tendresse ouatée.

 

 Se retrouver au centre de cette phrase, des mots, qui portent mon corps et mon âme, dans les flux d’un souffle qui serait éternel comme le soleil...

La lune soudain enveloppe la plaine, les champs de maïs agitent leurs chevelures sauvages, je vais me fondre dans le mitan de cette clarté de cire. La Dent comme une calanque qui monte dans le ciel de nos émois...

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 21:23

Le vent creuse la vallée, fougères de lumières par-dessus la ligne de crête, les colchiques sont comme des poignets à la peau blanche, liés par les fils de ton regard.
Entre5023708836_6a5d99442b.jpg les cils du jour fragile les miettes d'amour qu'il me reste au fond du coeur, les mots légers qui parlent de la naissance et de la mort, de mes enfants, de la forêt calcinée par les chaleurs intenses du soleil blanc.

Je te prends par la taille, le jour s'étend aux confins de l'infinie mélancolie, tout près de l'automne.

Dans les gouttes de rosée le prisme de ton regard, la vibration de l'eau verte près du galet, le temps s'épaissit comme une poix de sapin traversée de saveurs forestières, je le mastique, je le savoure, je le fais bouquet d'instants aussi fragiles que les anémones dans un vase d'argile posé sur le rebord de la fenêtre...

L'heure tourne sur elle-même, mouvement cosmique qui m'emporte et me déconstruit, dans le défilement des saisons, sur le pas de la porte d'arolle, celle de cette chotte d'alpage  qui me sert de berceau et de cercueil, une barque boisée pour le dernier voyage....

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 15:20
Ta voix, sur les étagements de la vallée, des vergers de la plaine aux prairies herbeuses, ta voix comme un vol de perdrix et de tourterelles, ta voix douce parfois comme une libellule sur l'étang, toujours fine et flutée, ta voix dans les antichambres du jour et de l'éternité, ta voix comme une construction aérienne qui m'enveloppe et m'emporte.... et puis le soleil, tendu et violent sur les colllines de nos amours chahutées.... juillet 08
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jean-marc theytaz - dans littérature
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 19:36
Sur la jetée, des cendres et des poignées de souvenirs à même le sol, des allées de marbre battu par par des milliers de pas, des enclaves d'images colorées, et toi, ton regard, ta douceur, ta tendresse, par-delà les vents et les tempêtes, sur les sinuosités du paysage. Rester immobile, entre sable et soleil, sur la tranche des plages esseulées, comme une mouette argentée perdue dans les luisances de l'aurore... Respiration discrète, pour mieux entendre le vent descendre en soi...
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 15:30
Sur la plaine, la poussière levée par les chevaux, dans ses rideaux les visages des monts alentours, au centre du jour les pensées qui fleurissent en continu dans mes errances, au loin le fleuve qui emporte nos étreintes secrètes, l'heure a tourné, le ciel s'est ouvert à nos oraisons.
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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 20:36
La forêt noire, ses sentiers de mousse et de lichen tigré, ses silences habillés d'humus, le pas du pèlerin assoiffé fatigue..., il regarde avec patience les touffes de fougères dans les taillis de zones humides, l'écureuil et ses gestes aériens. Le crépuscule étend ses bras, voilà l'obscurité sauvage, elle fond sur les fourrures de branchages épineux comme un chat sur la mésange égarée dans le soir...
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 18:34
Neige de pollen dans la prairie rieuse, herbes folles et mèches vertes dans les reins de la bise, la mélodie court dans ma tête, les mots s'allument comme braises et pétales blancs. Je passe ma main dans tes cheveux, odeur de peau et rives désertes, la Borgne coule lentement, ivres de transparences lumineuses. Les flux paysagers dansent dans le ciel, enivrent mon oeil, je me sens fuyant comme un arc enciel entre deux eaux. Les chevaux ont piétiné le sable, leurs pas forment des tombes fragiles où viennent mourir ombres et lumières argentées. J'avance doucement, mon corps laisse passer le silence entre ses membres, la vie respire, en d'infimes murmures discrets...
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jean-marc theytaz - dans littérature
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 17:15
Doigts croisés, les noisetiers jettent dans la campagne, autour du village, des allées végétales, les prières apparaissent comme des lanières de glace bleue dans tes yeux, tu avances, à petits pas, discrète et fluide comme les étamines parmi les airs déchirés de la clairière. Transparence des heures, les lumignons, dans les guirlandes accrochées aux poteaux télégraphiques, prolongent la fête, jusque tard dans la nuit, les passants semblent légers, ils nagent dans cette clarté et cette musique villageoise comme dans un antichambre de non-temps, à l'orée de cette éternité tant appelée. La cantine laisse échapper des souffles de chaleur moite, mélanges de fumée, d'odeurs âcres de saucisses ou de fromage fondu, de vins renversés, les fanfares ont laissé la place à l'orchestre de bal, les jeunes filles et jeunes gens tournent et virevoltent sur le plancher de bois brut, tout l'univers semble suivre leur rythme, presque happés d'une apesanteur qui ressemble peut-être au bonheur. Au bar des silhouettes cassées ou tordues, avinées, déambulant dans les rives du petit matin, un monde en complète reconstruction sort de leurs bouches qui laissent couler une parole abondante et parfois claudicante. Les rêves, les songes, les déambulations mentales semblent se mêler à la réalité rugeuse et douce à la fois de cette nuit d'été, une légère brise caresse leurs tempes, les affabulateurs deviennent l'espace d'une aube défraichie des prophètes des temps nouveaux... La cantine s'est vidée peu à peu, les guitares, clavier, batterie se sont tues, il faut songer à rentrer maintenant, la fête du village touche à sa fin, lentement le sommeil parfumé de juillet embaume nos esprits, la campagne et le village avec son clocher et son cimetière. juillet 2008
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