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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 21:24

Le chemin recouvert de gravier se craquelle , la guérite est là, isolée , entre prés et framboisières, le vieux chêne jette son ombre sur la luzerne, et dans la terre retournée de la plantation des éclats de couleur anthracite en contre-jour. Derrière le clocher déchirant le ciel le soleil roule sa robe sur la ligne de la vallée, près de Veysonnaz; près du vieux raccard dont les madriers sont démantelés, les arbres à sureau, et leur odeur suave qui flotte dans l'après-midi. Souvenirs gaufrés qui craquent et fondent comme une lumière bien mûre, un voyage plein de fragrances pousse sous ma peau.
 La terre respire, en moi, à côté de moi, je suis debout entre ciel et lumière blanche, il fait clair dans ma mémoire.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 16:10
La douleur serre les muscles et le coeur, la souffrance prend possession de l'espace du jour, de ses marges, de ses plain-chants, l'étendue de la nuit n'a plus de fin elle court jusqu'à l'infini, jusqu'à l'éternité, sur le fil tranchant d'une blessure née de l'injustice, serrer dans la paume des mains la peur et la solitude, l'irréversible amène l'incompréhension, l'interrogation, le doute, la colère, la révolte. Marcher sur les braises , s'y arrêter sans vouloir, s'y brûler le corps, assécher les veines, crier devant le précipice et l'abîme, le temps qui se clive, l'espace qui se restreint, la nuque qui se tend, et les tensions nées à la racine des yeux qui baillonnent la parole. Essayer de se tenir debout, appuyé contre la pâleur du jour, au milieu des vents et des cascades pulvérisantes, comme atomisé, émietté, grain de sable dans les reins du foehn. Les larmes coulent, à l'intérieur de soi, comme crachin dans le matin blême.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 16:07
La campagne s'habille d'ondes rocailleuses, il souffle des consonnes tristes et dures, noires comme ces gouilles d'ombres sous les arbres, non encore réveillées de la nuit profonde. Hurlements de schiste et d'anthracite au fond de la vallée ou tu habites...
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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 20:25
Demain il fera clair dans la vallée, le soleil montera plus haut dans le ciel, les voyelles deviendront plus légères, le merle et le moineau chanteront dans les noisetiers, la fauvette lissera l'espace de son vol fluide, sa mélodie atteindra les hauteurs infranchissables des pics isolés, je deviendrai souffle , éclat de lumière dans la fièvre qui m'emportera au-delà de la mort qui m'aura donné la main.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 20:48
Réalité étouffante Pénétration, immersion, invasion du réel dans tous les membres, toutes les cellules du corps, surcroît de présence jusqu'à l'écoeurement, au vertige, au vomissement, l'individu disparaît derrière ces poussées de réalité qui prennent toute la place. Les codages, formats, systèmes de symbolisation disparaissent tout à coup, le coeur s'emporte, la mise à distance entre le je et le monde s'est envolée, tout s'effondre, lentement... Ne reste que l'espérance qui peut encore tout réallumer, comme par le miracle d'une aube inattendue....
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 20:23
Un Valais d’atmosphère chaude et conviviale, rustique et paysanne, des paysages de campagne rivées à la ruralité de notre canton ou ceux de montagnes lumineuses, accrochées à leur verticalité, les tableaux de Dominique Lugon sont un peu de tout cela. Ils disent un pays, expriment une façon de voir et de sentir les êtres et les choses, parlent d’une musique intérieure qui habite tout un canton. L’artiste de Maragnène, près de Sion, qui est également guide de montagne et paysan à ses heures, vit de manière profonde le Valais; un souffle ample qui vient de l’intérieur, de dessous terre et qui s’envole vers les hauteurs de pâturages estivaux. La palette de Dominique est attachée à une forme d’expression du cubisme, avec des angles aigus, des géométries et des compositions cohérentes, des rythmes et des volumes harmonieusement agencés: il sent le Valais et le dit avec sincérité et authenticité, violence et tendresse. Une écriture et une peinture qui saisissent le modelé de l’existence, ses contours et ses reliefs accidentés, les compressions et les creux d’un chemin suivi au quotidien avec émotion. Dominuqe Lugon n'expose pas souvent, ce qui fait de chacune de ses apparitions un moment précieux.
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 20:18
La nuit d'ébène, couchée sur les voûtes montagneuses de la Montau, les étoiles et leurs coutures d'or comme de fines dentelles dans le ciel soufflé, les paysages respirent lentement dans la pénombre et leur roulis de mosaïques... et manteaux de velours... Le regard, derrière la fenêtre de bois et ses croisillons mouluré, invente des présences dans l'alpe esseulée, des esprits vaporeux qui habitent les longues soirées passées au mayen, dans le coeur d'un cosmos traversé de vibrations ligneuses. aout 08
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 23:59

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Monter à pas réguliers, dans le vallon de la Sionne, entre les flancs qui se tendent au soleil comme peau de tambour, laisser son regard courir sur les touffes de genêts qui ponctuent le chemin, s'ouvrir au paysage minéral et à ses musiques qui  grimpent par degrés jusqu'au col de la Selle, l'après-midi oscille entre soleil et ciel d'ardoise.


Fleurs d'éperviers, bouquets de graminées volatiles, mayens nichés entre les couloirs et les dévaloirs rocheux, le promeneur découvre dans le rythme de  sa marche les énergies de la Combe d'Arbaz, qui développe des espaces confinés et larges à la fois, proches et lointains, virtuels et accomplis, diurnes et ombrageux...


Etagements floraux, minéraux, langagiers, évidement du corps qui s'allège et se sublime, la parole se dénude, le silence prend forme et nous port.

 

Gravissement aérien, vapeurs poussiéreuses, le vent et ses chemins improbables nous emmènent à la rencontre des anges, comme le gypaète qui longe les falaises nous rejoignons des territoires inconnus et envoûtants.

 

 

Un vallon qui vous mène plus du ciel, dans un accomplissement gradué, simple, évident...

 

 

 

 

14 août 08

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 16:38
Baillement du val au soleil montant, clairières et lisières bordées de fines dentelles lumineuses, la Printze roule ses flots de de blancs rideaux, elle les enveloppe et les emmène jusqu'au Rhône silencieux. Voyage d'ondées intérieures, de celles que vous traînez à la sortie des bars, au coeur de la nuit froide, par temps de crachin sentimental, le fleuve se fait pèlerin aux mains de soie, qui emmène dans ses bagages, mes chagrins et mes espérances, jusqu'au coeur de la mer immense... aout 08
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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 19:40

8nomjg0.jpg«Besoin de grandeur» un récit de Ramuz réédité par l’Association des amis de l’auteur vaudois .
 Une ode à cette nature et ce pays chéris par l’auteur, qui contient dans ses fibres et ses respirations tant de grandeur, de noblesse, de ferveur aussi, des valeurs que Charles-Ferdinand Ramuz reconnaissait dans des paysages extraordinaires de Suisse romande entre montagnes majestueuses, fleuve lent et serein, lumières divines.


Atteindre au grand Tout


Comme le dit Jacques Chessex dans sa préface «Ramuz aime le mot grandeur.
C’est qu’il a besoin de dimensions vastes, d’espaces vastes, pour y construire son oeuvre.
Une œuvre qu’il veut à la mesure et à la démesure de la grandeur qu’il contemple, qu’il imagine, qu’il exige pour sa propre vie, pour son œuvre, l’une et l’autre confondues dans cette vocation haute et large....»
Et de relever aussi cette complicité avec certains tableaux de Hodler

«...Hodler est un magnifique exemple. Il nous montre que, dans ce tout petit pays qui est le nôtre, on n’en peut pas moins, avec des moyens pris sur place, atteindre au grand...»
 Et Ramuz de saisir dans son ouvrage un lieu, une société quelque peu repliée sur elle-même, introvertie, avec des personnages qui ont quelquefois l’esprit étriqué de fonctionnaires, avec toutes les petitesses qui peuvent naître dans les années 1937-40, dans ce pays neutre qu’est la Suisse, attachée à ses valeurs, à son indépendance, parfois réductrice, à sa neutralité «essentielle».
Une société rivée aussi à ses peurs , à ses hantises, à ses certitudes, à ses interrogations...

 

Témoignages et chants


Des instants de témoignage d’une époque, de satire, de causticité, mais également un chant aux saisons, au temps qui passe, une adhésion à l’existence dans une intimité avec la nature et les hommes, avec la vie qui renaît à chaque printemps... l’écrivain rapproche dans son texte l’humain à la nature, l’humain à l’absolu par quoi il peut trouver une harmonie: «Mais peut-être n’y-a-t-il pas de vraie grandeur sans plénitude? Il n’y aurait donc point de vraie grandeur sans participation à un absolu...Nous sommes une petite collectivité et même plusieurs petites collectivités rattachées les unes aux autres par une destinée: et il nous faudra périr ensemble ou ensemble rentrer dans la vie...»


Et l’on trouve aussi dans ce récit de Ramuz les notions de progrès, d’humanité si chères au cœur de l’écrivain: «L’homme trouvera sa plénitude dans le sacrifice complet de sa personne au progrès de l’humanité, ne progressant qu’en elle, et à travers elle; ses propres grains ne figurant dans l’addition qu’en vue de l’augmentation du total...»
 Une associaition active L’Association «Les Amis de Ramuz» a vu le jour en 1980. Elle réédite les œuvres inédites de l’écrivain ou les livres devenus introuvables. Elle recueille également tout document , concernant la vie et l’œuvre de Ramuz , elle aide les chercheurs en soutenant la publication d’une revue d’audience internationale «La Revue des Lettres Modernes». Elle poursuit par ailleurs la Bibligraphie de Bringolf et Verdan avec les Carnets bibliographiques de cette revue Ramuz.

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