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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 20:48
Réalité étouffante Pénétration, immersion, invasion du réel dans tous les membres, toutes les cellules du corps, surcroît de présence jusqu'à l'écoeurement, au vertige, au vomissement, l'individu disparaît derrière ces poussées de réalité qui prennent toute la place. Les codages, formats, systèmes de symbolisation disparaissent tout à coup, le coeur s'emporte, la mise à distance entre le je et le monde s'est envolée, tout s'effondre, lentement... Ne reste que l'espérance qui peut encore tout réallumer, comme par le miracle d'une aube inattendue....
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 20:23
Un Valais d’atmosphère chaude et conviviale, rustique et paysanne, des paysages de campagne rivées à la ruralité de notre canton ou ceux de montagnes lumineuses, accrochées à leur verticalité, les tableaux de Dominique Lugon sont un peu de tout cela. Ils disent un pays, expriment une façon de voir et de sentir les êtres et les choses, parlent d’une musique intérieure qui habite tout un canton. L’artiste de Maragnène, près de Sion, qui est également guide de montagne et paysan à ses heures, vit de manière profonde le Valais; un souffle ample qui vient de l’intérieur, de dessous terre et qui s’envole vers les hauteurs de pâturages estivaux. La palette de Dominique est attachée à une forme d’expression du cubisme, avec des angles aigus, des géométries et des compositions cohérentes, des rythmes et des volumes harmonieusement agencés: il sent le Valais et le dit avec sincérité et authenticité, violence et tendresse. Une écriture et une peinture qui saisissent le modelé de l’existence, ses contours et ses reliefs accidentés, les compressions et les creux d’un chemin suivi au quotidien avec émotion. Dominuqe Lugon n'expose pas souvent, ce qui fait de chacune de ses apparitions un moment précieux.
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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 20:18
La nuit d'ébène, couchée sur les voûtes montagneuses de la Montau, les étoiles et leurs coutures d'or comme de fines dentelles dans le ciel soufflé, les paysages respirent lentement dans la pénombre et leur roulis de mosaïques... et manteaux de velours... Le regard, derrière la fenêtre de bois et ses croisillons mouluré, invente des présences dans l'alpe esseulée, des esprits vaporeux qui habitent les longues soirées passées au mayen, dans le coeur d'un cosmos traversé de vibrations ligneuses. aout 08
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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 23:59

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Monter à pas réguliers, dans le vallon de la Sionne, entre les flancs qui se tendent au soleil comme peau de tambour, laisser son regard courir sur les touffes de genêts qui ponctuent le chemin, s'ouvrir au paysage minéral et à ses musiques qui  grimpent par degrés jusqu'au col de la Selle, l'après-midi oscille entre soleil et ciel d'ardoise.


Fleurs d'éperviers, bouquets de graminées volatiles, mayens nichés entre les couloirs et les dévaloirs rocheux, le promeneur découvre dans le rythme de  sa marche les énergies de la Combe d'Arbaz, qui développe des espaces confinés et larges à la fois, proches et lointains, virtuels et accomplis, diurnes et ombrageux...


Etagements floraux, minéraux, langagiers, évidement du corps qui s'allège et se sublime, la parole se dénude, le silence prend forme et nous port.

 

Gravissement aérien, vapeurs poussiéreuses, le vent et ses chemins improbables nous emmènent à la rencontre des anges, comme le gypaète qui longe les falaises nous rejoignons des territoires inconnus et envoûtants.

 

 

Un vallon qui vous mène plus du ciel, dans un accomplissement gradué, simple, évident...

 

 

 

 

14 août 08

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 16:38
Baillement du val au soleil montant, clairières et lisières bordées de fines dentelles lumineuses, la Printze roule ses flots de de blancs rideaux, elle les enveloppe et les emmène jusqu'au Rhône silencieux. Voyage d'ondées intérieures, de celles que vous traînez à la sortie des bars, au coeur de la nuit froide, par temps de crachin sentimental, le fleuve se fait pèlerin aux mains de soie, qui emmène dans ses bagages, mes chagrins et mes espérances, jusqu'au coeur de la mer immense... aout 08
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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 19:40

8nomjg0.jpg«Besoin de grandeur» un récit de Ramuz réédité par l’Association des amis de l’auteur vaudois .
 Une ode à cette nature et ce pays chéris par l’auteur, qui contient dans ses fibres et ses respirations tant de grandeur, de noblesse, de ferveur aussi, des valeurs que Charles-Ferdinand Ramuz reconnaissait dans des paysages extraordinaires de Suisse romande entre montagnes majestueuses, fleuve lent et serein, lumières divines.


Atteindre au grand Tout


Comme le dit Jacques Chessex dans sa préface «Ramuz aime le mot grandeur.
C’est qu’il a besoin de dimensions vastes, d’espaces vastes, pour y construire son oeuvre.
Une œuvre qu’il veut à la mesure et à la démesure de la grandeur qu’il contemple, qu’il imagine, qu’il exige pour sa propre vie, pour son œuvre, l’une et l’autre confondues dans cette vocation haute et large....»
Et de relever aussi cette complicité avec certains tableaux de Hodler

«...Hodler est un magnifique exemple. Il nous montre que, dans ce tout petit pays qui est le nôtre, on n’en peut pas moins, avec des moyens pris sur place, atteindre au grand...»
 Et Ramuz de saisir dans son ouvrage un lieu, une société quelque peu repliée sur elle-même, introvertie, avec des personnages qui ont quelquefois l’esprit étriqué de fonctionnaires, avec toutes les petitesses qui peuvent naître dans les années 1937-40, dans ce pays neutre qu’est la Suisse, attachée à ses valeurs, à son indépendance, parfois réductrice, à sa neutralité «essentielle».
Une société rivée aussi à ses peurs , à ses hantises, à ses certitudes, à ses interrogations...

 

Témoignages et chants


Des instants de témoignage d’une époque, de satire, de causticité, mais également un chant aux saisons, au temps qui passe, une adhésion à l’existence dans une intimité avec la nature et les hommes, avec la vie qui renaît à chaque printemps... l’écrivain rapproche dans son texte l’humain à la nature, l’humain à l’absolu par quoi il peut trouver une harmonie: «Mais peut-être n’y-a-t-il pas de vraie grandeur sans plénitude? Il n’y aurait donc point de vraie grandeur sans participation à un absolu...Nous sommes une petite collectivité et même plusieurs petites collectivités rattachées les unes aux autres par une destinée: et il nous faudra périr ensemble ou ensemble rentrer dans la vie...»


Et l’on trouve aussi dans ce récit de Ramuz les notions de progrès, d’humanité si chères au cœur de l’écrivain: «L’homme trouvera sa plénitude dans le sacrifice complet de sa personne au progrès de l’humanité, ne progressant qu’en elle, et à travers elle; ses propres grains ne figurant dans l’addition qu’en vue de l’augmentation du total...»
 Une associaition active L’Association «Les Amis de Ramuz» a vu le jour en 1980. Elle réédite les œuvres inédites de l’écrivain ou les livres devenus introuvables. Elle recueille également tout document , concernant la vie et l’œuvre de Ramuz , elle aide les chercheurs en soutenant la publication d’une revue d’audience internationale «La Revue des Lettres Modernes». Elle poursuit par ailleurs la Bibligraphie de Bringolf et Verdan avec les Carnets bibliographiques de cette revue Ramuz.

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 15:57

Torrent Be au Toit de Tortin
La vie, écumante,s'essouffle dans les chahuts et les bouillonnements du torrent Be.
Les mousses fuyantes et humectées, sur les bords des rives, captent le soleil dans leurs chevelures, et puis, les lisères argentées de l'eau bondissante sur les pierres vertes et noires, les architectures du jour montant à petits pas dans la forêt de mélèzes, sur les fûts des arolles, entre les îlots chantants.
 Silence, l'estomac se creuse, une incomplétude dans le ciel voilé, peut-être la faim d'un Au-delà tant souhaité. aout 08

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 14:56

La vallée ouverte sereine transparente .

Le vol de la mésange et de l'hirondelle comme une calligraphie céleste.

Le souffle du mont comme une eau venteuse.

Les pommes de pin qui roulent sur la pente.

Les écureuils dans les trapèzes branchus des sapins.

La mousse et le lichen en dentelles entre granit écorces troncs ébranchés.

Le bourdonnement des tronconneuses au loin et l'odeur prenante des corps rouges de mélèzes abattus.

5460281323_cb6a87771c.jpgLa résine verdâtre ou bleutée qui coule après la blessure de l'arbre.

Les cris d'enfants qui résonnent dans la tête.

Je vais à pas de loup dans la pénombre des forêts de mon enfance.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 16:29

Le soleil grimpe sur l’arête étriquée, le val sort de l’obscurité la tête reposée dans ses bras enlacés, le corps frêle du ruisseau scintille dans les premiers rayons.

Du bout des doigts toucher la dune mouvante, les liens d’amour qui m’attachent au quotidien, regarder en son dedans comme dans les détours d’une sente rocailleuse aux mille anses d’argile et de sable.

Je serre les poings, y passent l’air bleu, le ciel de pervenche, l’étoffe des grandes étendues imaginaires qui ondulent dans ma tête.

Songe magique, je me serre contre mes souvenirs, avide de chaleur, de tiédeur, de tendresse ouatée.

 

 Se retrouver au centre de cette phrase, des mots, qui portent mon corps et mon âme, dans les flux d’un souffle qui serait éternel comme le soleil...

La lune soudain enveloppe la plaine, les champs de maïs agitent leurs chevelures sauvages, je vais me fondre dans le mitan de cette clarté de cire. La Dent comme une calanque qui monte dans le ciel de nos émois...

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 21:23

Le vent creuse la vallée, fougères de lumières par-dessus la ligne de crête, les colchiques sont comme des poignets à la peau blanche, liés par les fils de ton regard.
Entre5023708836_6a5d99442b.jpg les cils du jour fragile les miettes d'amour qu'il me reste au fond du coeur, les mots légers qui parlent de la naissance et de la mort, de mes enfants, de la forêt calcinée par les chaleurs intenses du soleil blanc.

Je te prends par la taille, le jour s'étend aux confins de l'infinie mélancolie, tout près de l'automne.

Dans les gouttes de rosée le prisme de ton regard, la vibration de l'eau verte près du galet, le temps s'épaissit comme une poix de sapin traversée de saveurs forestières, je le mastique, je le savoure, je le fais bouquet d'instants aussi fragiles que les anémones dans un vase d'argile posé sur le rebord de la fenêtre...

L'heure tourne sur elle-même, mouvement cosmique qui m'emporte et me déconstruit, dans le défilement des saisons, sur le pas de la porte d'arolle, celle de cette chotte d'alpage  qui me sert de berceau et de cercueil, une barque boisée pour le dernier voyage....

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