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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 20:44
Je me promène dans la clairière vaste , libre, comme élaguée, gorgée de blonde lumière, les feuilles, les branchages s’allument, les mots deviennent des miroirs, des analogies, l’identité se fond en altérité renouvelée, musique plurielle, le moi se poétise, se dilate et s’écoule dans les mille fibres végétales qui m’entourent.
Nommer pour devenir complice, confident, ami, nommer pour vivre avec et se retrouver, nommer pour respirer toujours plus fort, dans ce monde qui nous interpelle et nous éclate, minuscule goutte d’eau au revers d’une rosée novembrienne.
Encore des vies qui s’enchaînent et s’entrelacent, traversée de voix blanches, le temps métamorphose, instaure et....détruit, inexorablement. Et puis le lichen vert sur le dos de tes mains, tu sembles sortir de l’aube, de la fournée des derniers nés, riche de cette vie nouvelle qui renaît au détour de chaque souffle, de chaque involution nocturne.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 23:11
Brise coupante, marais d'eau saumâtre stagnant dans les heures de veille, le jour se lève, enfariné et gluant, au sortir de songes d'une tiédeur vive.
Je défais les fils de l'histoire teintée de mélèze et de tilleul, ceux de l'enfance, prise dans les filets de la noire nostalgie. Bribes d'images et de couleurs délavées, de sueur et de sang séché, de syllabes et de mots désarticulés, les rêves glissent entre silence et musique douce, avec quelques poussées de fièvre, celles des peurs d'adolescences , des solitudes mal soignées et des tempêtes étouffées.
Les paupières lourdes dissèquent le soleil levant, sortir de la nuit. sortir de soi, pour renaître au jour d'voire et de vapeurs sourdes. 08
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jean-marc theytaz - dans littérature
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 15:15
La forêt comme une fourrure dorée qui ondule dans les dunes automnales, les mélèzes et leur résine mielleuse qui embaume le flanc de la montagne, les andains de lumière rousse sur les alpages mourants, le coeur qui se remplit de nostalgie, le fleuve dans la plaine qui emporte nos pleurs, le pierrier et ses lichens mordorés, et près du mayen le merisier, une habitation pour jaseur boréal, rouge.gorge ou geai criard, un sorbier pourpre, une maison vers le paradis, octobre 2008
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jean-marc theytaz - dans littérature
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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 22:56
Entassements de rochers, fourmillières grouillantes au pied du mélèze, étoffe de mousse humide sur le bord du bisse, potentilles disséminées sur le talus pentu, l'espace se cadastre lentement, entre enracinements et envols, dans le regard de l'homme qui s'arrête pour respirer et se laisser emporter par le flux du temps. Graver sur l'écorce des arbres le souffle qui s'active dans ta poitrine, les battements du sang qui font mouvoir ton coeur, ton corps. Je ressens l'ivresse processionnaire du vent qui tape rugueusemnent contre les parois de mon âme solitaire.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 22:55
Cristina Leitao-Werlen, un univers onirique avec des personnages «figuratifs», une atmosphère de mystère, de magie, de découverte imaginative, l’artiste sédunoise a  exposé à Sion une cinquantaine de tableaux dans lesquels les formes et la couleur nous jouent une musique inédite.
Cette exposition à la Galerie Grande Fontaine à Sion est particulière puis qu’elle célèbre les vingt ans de peinture de l’artiste, un itinéraire linéaire, avec dès le départ une certaine maturité dans la technique et une puissance dans les forces créatives. Ses thèmes couvrent un large spectre de genres, avec des huiles nous offrant des paysages très bien composés, avec des perspectives géométriques bien charpentées, avec des personnages de roman, de cirque, des jeunes filles vêtues de l’innocence de l’enfance ou de l’adolescence...
Pureté, précision, retenue, patience et recherche intérieures s’unissent pour créer une ambiance de sérénité et d’évidence, comme une présence sur laquelle il n’y a pas besoin de gloser, qui dit tout par ses équilibres et ses secrètes harmonies.
 Des chats qui déambulent dans leur indépendance et leur noblesse féline, des natures mortes qui nous apparaissent comme des compositions abstraites, des lieux de chez nous avec leur identité, leur profondeur, leur respiration intérieure, leur «être-là» , tout un ensemble d’élément qui marient une présence au monde et une intériorité très travaillée, qui nous amène vers une écriture artistique très fine.
 Crtistina Leitao-Werlen nous invite dans ses rythmes lents et posés, ses huiles nous enveloppent dans une lumière parfois sourde mais toujours très dense.
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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 20:18
Le vent nocturne sur l'avenue déserte, les lampadaires et leur îlots orangés, les vitrines scintillantes qui découpent l'obscurité, et puis les paroles retenues, les secrets cachés, les amours attendues, rivées au silence, les allées contigues et leurs ombres immobiles, la rentrée chez soi comme , dans un long enterrement d'une journée en-allée, et puis le sommeil, une petite mort réconciliante... octobre 08
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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 19:53

10328305-1-.JPGLe val de Bagnes, la vallée de Nendaz, le col de Louvie à 2975 mètres, un névé de couleur cendrée, parsemé de grains de sable rosés du Sahara, qui s’étend au soleil, près du sentier, voici le col de Louvie, le point culminant qui sépare deux grandes communes valaisannes qui font partie de l’un des plus grands domaines skiables d’Europe, Les Quatre Vallées.
Le col de Louvie est très fréquenté et jouit d’une renommée cantonale, voir nationale: l’un de ses atouts majeurs, hormis sa grande beauté esthétique, réside dans le fait qu’il est au centre d’une grande réserve de bouquetins.
Ainsi en montant au col de Louvie depuis Fionnay le randonneur est quasiment garanti de rencontrer des troupeaux de bouquetins, déambulant dans les vires rocheuses, franchissant les arêtes granitiques, ou simplement profitant de la tiédeur de l’après-midi, couchés dans les hautes herbes, après avoir brouté durant des heures sur les hauts de Louvie.

 Une belle randonnée

 La montée au col de Louvie n’est pas une mince affaire puisqu’elle nécessite près de cinq heures de marche, en terrain diversifié, accidenté parfois, herbeux, caillouteux, avec quelques «fenêtres» plus aériennes qui ne décourageront cependant pas les personnes sujettes au vertige.
Au départ, côté Fionnay , le sentier traverse d’abord quelque terrain buissonneux, rythmé par l’un ou l’autre ruisseau argenté.
Puis la vraie montée s’engage dans un enchainement de virages serpentés sur une pente relativement raide, qui va nous conduire à la cabane de Louvie , une étape essentielle vers la montée au col.
Pour arriver à la cabane près de deux heures de marche sont nécessaires, avec un pas dynamique et régulier mais sans faire exploser le «compte-tours».
Sur cette première étape on s’élève rapidement question dénivelé, prenant vite de la hauteur avec une vue imprenable sur le village de Fionnay et son lac de rétention.
En face depuis la cabane de Louvie ont peut voir se dessiner sur un rythme métronome le tracé qui conduit à la cabane de Panossière un itinéraire également très couru et qu’empruntent de nombreux touristes.
Un bijou de lac Un petit lac aux reflets d’émeraude, de malachite ou d’un noir profond souligne le plateau de la cabane de Louvie et nous le longeons tranquillement, poursuivant notre randonnée vers le col.
Soudain, des bâtisses de pierres aux contours fermes et solides viennent aiguiser notre curiosité, nous voilà face à un hameau de haute montagne, datant de deux siècles, qui abritait les bergers et les vaches, les moutons, les chèvres qui passaient l’été sur les hauts de Fionnay.
Une architecture rurale qui accorde une place prépondérante au minéral, avec des murs en voûte et des toits de pierres, des proportions équilibrées et harmonieuse et une unité de construction qui apporte à cet ensemble une identité et une authenticité alpestres époustouflantes, le tout noyé dans un environnement végétal très reposant.
Puis le sentier se poursuit dans les alpages, avec une bifurcation vers le col de Termin, qui permet lui de rejoindre la cabane du Mont-Fort.
Un itinéraire également fréquenté par les touristes qui viennent de la station bagnarde de Verbier.
Le chemin vers le col est maintenant régulier, suivant les sinuosités du relief, avec le spectacle d’une flore riche, des orchis vanillés très odorants, des ancolies délicates, des renoncules au bleu velouté, des rhododendrons par centaines ... un tapis floral qui enchante l’oeil en formant des géométries magnifiques sur le flanc de nos montagnes.

Un animal symbolique

Après deux autres heures de marche nous voilà arrivé vers le col: là, c’est l’enchantement avec des dizaines de bouquetins, de tous âges, disséminés dans les rochers, ou dormant sur l’herbe grasse cette année après les nombreuses précipitations que nous avons connues. Un spectacle impressionnant avec ces bêtes au corps musclé, «charpentés» comme de vrais alpinistes, avec un air détaché et serein, le «climat tranquille» d’une réserve faisant son effet.
Un «théâtre alpestre» renversant Le col se situe à près de 3000 mètres, avec une vue en enfilade du col de Momin et de la Rosablanche, l’un des passages mythiques de la Patrouille des Glaciers... un décor de haute montagne donc avec ses espaces infinis, sa solitude et ses silences étincelants.
Si vous poursuivez sur Nendaz, vous plongerez d’abord vers le lac de Saint-Laurent (Grand Désert), au fond du glacier de la Rosablanche: des plages parsemées de linaires blanc, des eaux froides et miroitantes, un cirque glaciaire envoûtant, voilà de quoi ravir le promeneur. Puis c’est la descente vers la cabane de Saint-Laurent, située à 2500 mètres, et le barrage de Cleuson, au fond du val de Nendaz, à 2300 mètres. Siviez n’est plus qu’ à un heure de marche, le car postal vous y attend pour rejoindre Haute-Nendaz ou Sion.
La journée fut longue mais éblouissante de découvertes, de quoi renouveler l’expérience. jmt

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jean-marc theytaz - dans littérature
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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 22:34
La montagne nue, dépouillée, les corridors nocturnes dans un entrelacs de cols inhabités, le silence qui mûrit sur l'onde muette, je traverse la nuit, porteur de mille présences qu'appellent les grands champs de neige transparente. Pierriers de géométries fuyantes, chemins à construire dans les amoncellements de blocs erratiques, et puis les compositions de couleurs sourdes, les tableaux de paroles inscrites sur ta peau odorante, les corps qui se frôlent sur le fil du temps solitaire.
Le souffles chauds chantent entre les flancs ouverts de la vallée, je redescends vers les forêts profondes, il fait vert cendré dans les bras de la clairière qui m'accueille, j'y creuse les berceaux de mes jours, les emportements de nos étreintes qui durent depuis des années, des voyages interminables, des sources d'eau vivante et claire comme un nénuphar au centre de la nuit qui m'attire et me hante. septembre 2008
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jean-marc theytaz - dans littérature
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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 19:26
Je me sens seul, perdu dans la savane africaine, sans crocs, sans griffes, sans cornes, sans muscles, juste une âme volante, papillonnante, le plus souvent blottie dans les flaques d'ombres encore vierges, en quête de nourriture, en recherche de sommeil.
Aux tripes la peur de la bête sauvage, du congénère, de la tribu voisine.... un javelot, un épieu pour traverser le jour sauvage et la nuit très longue, et puis déjà, la peur du lendemain.
 Un primate descendu des arbres, dont le cerveau s'est développé, mais qui aujourd'hui se bat avec ses propres peurs, celle née des choses qu'il ne maîtrise pas, de son environnement, de ses voisins, de la mort, de la vie éternelle. Et puis ces missiles, ces armes bactériologiques, chimiques qui servent à s'entre tuer, à se déchirer, à se détruire, une arche prise dans une houle déstabilisante, qui me fait tanguer jour et nuit....
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jean-marc theytaz - dans littérature
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 19:33

Bourrasques de bise sur les sommets blanchis.
Arêtes fouettées d'air mauve, profond comme l'anémone, le ciel s'enfonce dans le cristal de l'horizon.
Sur les forêts d'épicéas des fourrures oblongues qui ondulent, la respiration du val qui sort des limbes.
Et puis les gorges d'Anniviers étroites et secrètes, vives et sauvages, de paille et d'humus, de granit et de schistes marbrés, qui conduisent mes humeurs jusqu'à la mer...
Du fleuve à la couronne impériale la chaleur du corps, le souffle des glaciers, l'envol prématuré, tout près du Weisshorn. septembre08

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