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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 16:46

~David Brülhart est passionné de gravure: il a exposé notamment à la galerie Grande-Fontaine de Sion. Des personnages, des silhouettes fantasmagoriques, des paysages aux ombres appuyées, ou des étendues neigeuses, des montagnes désertiques où plane un air de solitude, ses gravures nous emmènent dans un rythme et une musique intérieure particulière. «Dans les noirs charbonneux et romantiques, le travail de David Brülhart raconte, par le biais du dessin, de l’estampe ou du roman graphique, des scènes de vie, dont les protagonistes aux corps morcelés par le cadre de l’image peuvent s’apparenter à des spectres. Une tension entre l’image et l’emploi de la matière industrielle se noue, évoquant une forme d’utopie défunte.» précise Marie Gyger, historienne d’art. David Brülhart travaille la gravure depuis plusieurs années. Il utilise fréquemment le plexiglas comme support et en tire des créations surprenantes et inédites.. Son parcours professionnel se conjugue à la fois sur le plan de l’image narrative au niveau de l’édition où ses livres «Corps Carbone» (2012), «La vie sauvage» (2016) se développent sur le principe de l’hypergraphic, où poésie, images muettes, art séquentiel construisent ou déconstruisent la narration.

David Brülhart touche également au monde de l’art contemporain avec des expositions qui présentent des «narrations sous forme d’installation». Il a ainsi déjà présenté ses œuvres au Manoir de Martigny, au Kunsthaus de Grenchen ou encore à la galerie Hofstetter à Fribourg. Il a également reçu plusieurs résidences ( Venise, Paris ou encore l’atelier GE grave à Genève) ou bourses (fondation Bédikian, Bourse Jean Tinguely)

Etranges objets

Les objets de Flavanio Salzani proposent eux des créatures de terre cuite au sexe incertain, homme et femme en même temps, qui ont des expressions bien à elles avec des mimiques séduisantes et fantaisistes, avec le rire ou plutôt le sourire accroché sur le visage. Des créations que l’artiste peut aussi façonner à partir d’objets provenant de lieux insolites comme des déchetteries. «C’est mon magasin préféré, ma bibliothèque» souligne-t-il. « Au milieu de l’abandon accumulé, il trouve les symboles d’une vie qui lui échappe, des traces de cet humain qu’il ne se lasse d’approcher avant de s’en éloigner. De quatre planches, il crée une image tendre et dérisoire, quelques graffitis plus tard. Une batterie devient un train, une planche à fromage, un astre.»

David Brülhart , Flavanio Salzani: créateurs originaux
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jean-marc theytaz
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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 15:54

~~Aparin un artiste de talent expose dès aujourd’hui à la galerie de Montreux: une dimension universelle et rayonnante pour ce¨ peintre que l’on pourrait également considérer comme un philosophe.

Slobodan Despot a rédigé un essai sur cet artiste qui pose des questions, offre un regard, multiplie les lectures de son environnement.

L’univers de Sergej Aparin n’est pas inconnu du public suisse romand. «Il était, voici une vingtaine d’années, l’un des astres les plus brillants de la constellation réunie par le regretté Étienne Chatton dans son Musée d’art fantastique logé au château de Gruyères. Le lieu était magique en soi, la fraternité d’Étienne l’avait élevé vers une quatrième dimension, celle qu’on ne vit que dans les rêves éveillés. L’enthousiaste conservateur imposait à ses hôtes des sujets qu’ils illustraient avec bonheur — le plus fréquent étant le château lui-même. Ainsi avons-nous vu ses pierres médiévales se refléter dans les visions sidérantes d’un Patrick Woodroffe, d’un Iouri Siomash, d’une Isabelle Planté, et j’en passe» nous dit Slobodan Despot..

L'homme visionnaire a su maintenir des ponts, relier les cultures de l’Est et l’Ouest du continent, ce qui n’est pas une sinécure en ces périodes de troubles permanents. La montée à Gruyères était un pèlerinage à la découverte de ces poèmes visuels « ces bains de jouvence de l’imagination dont les créatures de H. R. Giger, telles des sentinelles de cauchemar, gardaient le portail. Au bout de ce sentier pavé, derrière le Bouclier de Mars et le Bouclier de Vénus de Woodroffe, parmi la poutraison massive des combles, un cercle d’initiés célébrait un culte transtemporel où les visions antiques se mêlaient aux diodes et aux rouages de l’ère spatiale.»

Sergej Aparin c’est une patine personnalisée, une atmosphère spécifique...et puis il y a également la nostalgie , «fleuve du temps», une dimension particulièrement présente dans l’œuvre d’Aparin, le «temps qui dissout l’espace et réconcilie les contraires» «Son diptyque La femme et l’homme du château de Gruyères (1997), hommage hybride et non voilé aux portraits flamands de Van der Weyden, de Van Eyck ou de Robert Campin, me semble résumer au mieux la cosmogonie aparinienne de cette époque-là. Hémisphère gauche : la femme, avec des oreilles devenant des arbres et une vache au sommet du crâne. Hémisphère droit: l’homme, grave, tenant entre ses doigts un rouage et sur le front un château de Gruyères transformé en horloge. A gauche, Mère Nature, le donné, l’inné, l’indolent. A droite, l’Homme, soucieux, hiératique, technicien et maître du temps.»

Purification lémanique

Et puis on peut également parler de la série de Lavaux avec le symbolisme qui vient prendre la place du fantastique Le symbolisme, omniprésent dans la série Gruyères, est pour ainsi dire absent de la série Lavaux Le grand soleil provençal du Léman, les architectures, les géométries du Lavaux . Aparin s’est-il laissé prendre par la beauté éblouissante du Lac ? Il n’aurait pas été le premier à y succomber. Paul Morand, qui habita la région une grande partie de sa vie, mais qui avait beaucoup voyagé, comparait le paysage de Lavaux aux «créations les plus exaltantes du génie humain, tel le Taj Mahal.» Byron et Shelley ont également vécu cette beauté lémanique au plus profond de leur âme et de leur cœur, «fixant l’esthétisme du romantisme».. Ramuz, voyait dans le Lavaux une intégration raisonnable de l’humain dans son environnement De Bocion, Calame, Hodler, Diday autant d’artistes qui se sont comme Aparin laissés hypnotisés par les vibrations lumineuses d’un lac et de ses vignobles.

Le peintre Sergei Aparin à Montreux, galerie Plexus
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jean-marc theytaz
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 17:38

~"J’utilise différents supports selon la technique choisie, le papier pour l’encre de chine, l’aquarelle ou le monotype, la toile pour la peinture acrylique, c’est ma façon d’approcher le thème du paysage,avec une plus grande possibilité d’expressions propres à chaque technique.»

Marie Escher-Lude nous a offert à la Galerie Grande-Fontaine, à plusieurs reprises, des tableaux émouvants, des espaces déserts enfouis sous la neige, passages du vent qui fouette, balaie, nourrit... silhouettes de granges à la lisière des forêts, de fermes, de maisons confrontées au silence hivernal, montagnes inscrites dans la vastitude, seules, fortes de leur présence optique qui définit une place dans l’espace-temps qui nous entoure, les œuvres de Marie Escher-Lude nous emportent dans un univers sobre et dépouillé.

Des toiles acryliques, des huiles, des aquarelles, des monotypes.

«Pour moi les blancs sont une respiration, l’espace infini et le silence de la neige, douceur des formes, la neige me fascine et j’essaie de le partager dans ma peinture.» nous dit l’artiste.

Une diversité de techniques qui ont une cohérence, une unité esthétique indéniable, celle d’une économie de moyens et d’une retenue qui apportent une force et un souffle à l’ensemble des tableaux. Les atmosphères et les ambiances qui se dégagent de ses tableaux sont prégnantes , elles génèrent une forme de spiritualité due entre autres à la sérénité des compositions, à une forme d’architecture qui pose les paysages, les objets, les situations, l’être humain, comme dans une équation faite d’équilibre, de mesure, de pondération finale..

. La particularité de la dernière exposition est que l’on y voit aussi la présence des noirs: «Ma peinture explore les noirs, le mystère, les profondeurs, la possibilité de grands contrastes, une attirance pour le non-visible, la place pour la suggestion...» mais il y a aussi le printemps, l’été: « les verts sont le résultat de l’émotion ressentie avec la découverte d’une magnifique nature sauvage en Albanie, les montagnes, les fleuves et leurs méandres, et d’un été généreux en pluies qui m’a fait découvrir la beauté et la multitude de verts de nos paysages.»

Comme le dit Henri Maître: «Les œuvres de Marie Escher-Lude sont construites parfois en tonalités affirmées, pleines de volumes et d’espaces délimités, comme pour y célébrer un certain mystère; d’autres fois en plages horizontales ou obliques, ouvertes vers des horizons non définis, comme pour inviter à l’évasion. Marie Escher-Lude utilise des techniques différentes pour adapter son travail au sujet inspirateur et à l’exploration artistique qu’elle entreprend dans son atelier; pour cette exploration intervient souvent une volonté d’expérimentation qui est source de créativité.» L’artiste sierroise a suivi une formation artistique Ecole des Beaux-Arts, à Sion, puis une • formation pédagogique (diplôme d’enseignement primaire 1978) et brevet d’enseignement dessin et peinture à l’Université de Berne (1981). Elle a enseigné le dessin et la peinture dans différents établissements (école primaire, enseignement spécialisé, cycle d’orientation, collège, cours de peinture pour chômeurs) • anime des cours de peinture / dessin pour adultes dans son atelier • différents mandats artistiques d’importance comme: ◦conception du cortège du centenaire de la station de Crans/Montana, 1997 ◦prise en charge de la peinture des décors du spectacle Carmen à Vercorin avec des chômeurs dans le cadre du CEPEQ, 2003 ◦création de scènes sur le thème du Petit Prince de St. Exupéry pour la décoration du village de St.Luc (20 ans de la société d’astronomie)...

Escher-Lude, peintre de la lumière
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jean-marc theytaz
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 11:21

Une anthologie pour un anniversaire: un geste significatif, fort et marquant des Editions d’Autre Part qui recensent plusieurs dizaines d’écrivains qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire littéraire de notre canton depuis 1548, et des auteurs contemporains aussi, évidemment, qui tracent régulièrement et avec détermination leur sillon.

L’ouvrage de près de 300 pages sortira de presse cet automne déjà mais sera verni officiellement en 2015 lors des multiples commémorations cantonales qui seront organisées par les autorités.

Cette anthologie a pu être réalisé avec la participation de la Société valaisanne des écrivains présidée actuellement par Jacques Tornay qui a lancé l’idée de ce grand chantier, une entreprise mise en œuvre par Pascal Rebetez, journaliste à la TSR, domicilié en Valais et directeur des éditions d’Autre Part.

Un travail de longue haleine, qui a exigé perspicacité, soin, patience, connaissances profondes de la littérature valaisanne et envie d’offrir aux lecteurs un ouvrage innovant, frais, avec également des connotations scientifiques de l’histoire littéraire de notre canton. Nous avons rencontré Pascal Rebetez, cheville ouvrière de cette anthologie.

Le 200ème de l’entrée du Valais dans la Confédération, un anniversaire significatif, une anthologie pour retrouver les sources?

Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de rameuter la famille, de revoir de vieux cousins oubliés et de souffler des bougies pour apercevoir et bénéficier d’un souffle nouveau. C’est surtout la possibilité d’envisager , dans le domaine littéraire, ce que les écrivains d’ici ont apporté au canton, comment ils l’ont décrit, chanté beaucoup et critiqué parfois, peut-être trop rarement. Comment avez-vous choisi les écrivains qui font partie de votre ouvrage, quels ont été les critères de sélection? Il a fallu réunir des textes les plus représentatifs et qui devaient répondre aux critères objectifs suivants : être Valaisan d’origine, ou être né ou vivant ou ayant vécu un bon bout de temps en Valais, et avoir été publié au moins une fois à compte d’éditeur. Ensuite, on est passé par un tamis plus subjectif, car il fallait établir un choix d’édition : être de qualité suffisante pour enrichir l’ouvrage, en tentant de n’être pas répétitif dans les thèmes abordés.

Y-a-t-il eu beaucoup d’hésitation pour certains d’entre eux?

Les bons textes finissent toujours par s’imposer, surtout en regard des autres. Un comité de lecture l’a décidé en toute liberté et transparence. Parfois, on s’est retrouvés avec deux textes quasi identiques et la décision a été alors de favoriser l’intérêt global de l’anthologie qui peut être lue comme un long récit choral. A quoi, à qui, sert une anthologie? Une anthologie, c’est comme un antipasto, un apéritif, quelque chose qui donne le goût et ouvre au vrai repas qui est la découverte des livres et des écrivains. C’est aussi un livre de cuisine, une incitation à aller plus loin dans la découverte d’une œuvre et des auteurs

. Est-ce un ouvrage grand-public?

Il n’y a pas de public, il n’y a que des individus qui lisent, petits et grands. Oui, c’est à lire par tout le monde. On retrouve dans cet ouvrage beaucoup du Valais des monts, des bisses et des travaux de la montagne. Un Valais rustique, proche du terrain, parfois très moraliste dans ces fables et ses récits. De quand date la dernière anthologie? À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’anthologie complète d’écrivains valaisans. On peut citer celle de Sabine Leyat où ne figuraient que les écrivains du dernier quart du XXe siècle. La nôtre a l’avantage d’être plus générale et de présenter pour la première fois les traductions de dix auteurs de langue allemande sur les soixante-sept que comptent l’ouvrage.

Y avait-il ce que l’on peut appeler une littérature valaisanne au 19me? Quels furent les premiers soubresauts littéraires dans notre canton?

Le premier écrivain valaisan, c’est Thomas Platter, né en 1499, et qui entame l’histoire de sa vie pour ses septante ans, ça date! Après, le Valais a un gros vide de publications, à part quelques chanoines lettrés qui écrivent des textes d’édification religieuse, il faut attendre le XIXème siècle pour voir surgir une femme écrivain, Marie Trolliet, qui d’ailleurs signe du pseudonyme Mario des écrits en bois brut. Le XXe a connu un véritable développement économique et culturel fantastique._

Quel rôle ont joué les écrivains dans cette explosion sociétale?

Le XXe siècle, qui représente les trois-quarts de l’anthologie, est pour l’heure le grand siècle de la littérature valaisanne. Il est clair que des écrivains comme par exemple les deux Maurice, Zermatten et Chappaz, ont eu une influence certaine sur certains aspects de la société. Mais soyons justes, on peut dire qu’ils ont accompagné, ou parfois freiné le mouvement, mais pas été aux avant-postes. Entre un poème et du béton, c’est malheureusement souvent le béton qui gagne!

Au point de vue genres littéraires, est-ce le roman, la poésie, la nouvelle, le théâtre.... qui ont connu le plus de jours fastes en Valais?

Je dirais que la nouvelle est peut-être un genre valaisan privilégié. Ici, véritablement, on a le sens des petites histoires, des fables et des récits taquins. Nous avons d’ailleurs privilégié cet aspect-là de la production littéraire, tant il est vrai qu’il est plus difficile de lire de simples extraits de romans ou de pièces de théâtre.

Entre le XXe et XXIe y a-t-il des changements essentiels dans la littérature valaisanne?

Les jeunes écrivains ont des sites internet, une vue plus globale sur le monde. Ils sont davantage des écrivains que des écrivains valaisans. Ils sont aussi davantage, et c’est heureux, tournés vers le concret et le réel. Et là, il y a un domaine gigantesque encore à exploiter dans le champ littéraire valaisan : celui des télécabines, des vestiaires de football, de l’autoroute et des usines chimiques. Le Valais, c’est aussi ça

«Ecrits du Valais, 1548-2014»,

2014 aux éditions d’autre part. 312 pages, 35 francs.

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:47

~Carnaval, le temps des masques, des rires, des cortèges, de la «déconnade», le temps des pas de danse à contre-temps, des gags à quatre sous, des dérapages plus ou moins incontrôlés, carnaval une tradition qui reste bien ancrée en Suisse, en Valais, à Bâle, Lucerne... Les couleurs y sont reines, la musique se joue sur tous les modes, toute est permis ou presque. C’est un temps d’arrêt dans le calendrier, l’occasion de débrancher, de se déconnecteur du quotidien, de vivre sur un autre rythme. Nombre de gens vivent pendant quelques jours dans la peau d’autres personnages, jouent un rôle, peut-être le leur, leur vrai et authentique personnage, en tout cas celui d’une partie d’eux-mêmes que souvent ils doivent occulter. A Evolène les «empaillés» créent la terreur dans les rues du village, ces monstres sortis de l’histoire et de la tradition qui perpétuent d’anciennes croyances aux démons, aux esprits malins, à ce qui est irrationnel et imprévisible. Dans le Lötschental les masques figurent également des visages torturés, d’une belle laideur, qui font sortir de leurs cavernes les hommes des premiers temps avec leurs religions reliées à nature et aux éléments. Carnaval véhicule des forces étranges, des histoires plus ou moins vraies, raille, ironise, ment, dit la vérité... c’est selon, suivant l’humeur du jour.

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:44

~Les plus de 50 ans ont souvent la vie dure par les temps économiques difficiles et tempétueux que nous vivons. D’après des chiffres récents, ils sont relativement nombreux à tomber au chômage puis à l’aide sociale dans notre pays. L’Office fédéral de la statistique nous dit que la proportion des quinquagénaires et sexagénaires au bénéfice de l’aide sociale en Suisse a augmenté de près de 20% entre 2005 et 2010 et Caritas de préciser que pour les autres tranches d’âge on ne constate pas d’augmentation. Caritas demande ainsi de nouvelles mesures d’insertion pour les quinquagénaires et sexagénaires qui, fréquemment, pour des raisons de santé et de difficultés aigues dans le marché de l’emploi ne retrouvent pas de travail. Et puis si l’on analyse le statut social de ces personnes l’on retrouve souvent des hommes divorcés vivant seuls, qui perdent leurs repères sociaux, s’isolent et se marginalisent, l’aide sociale devenant alors une rente sociale. Caritas a proposé ainsi de créer des places de travail dans des entreprises sociales pour essayer de leur apporter dignité, sécurité, identité sociale. Une initiative louable qui met l’être humain au centre des préoccupations de la société, qui lui offre une place stable, et lui permet de se reconstruire, un défi et un pari sur l’avenir.

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:41

~Le monde de l’art évolue à la vitesse grand V: les techniques et les supports sont nombreux, pluriels, diversifiés, imaginatifs. Souvent dans les expositions d’art contemporain nos référents se touvent bousculés, nos repères battus en brèche. Les installations, les interventions artistiques, deviennent souvent des interpellations qui modifient nos codes de compréhension et d’interprétation. De simples objets du quotidien sont détournés de leur sens premier et deviennent des objets d’art. La réalité devient au détour d’une mise en condition spécifique objet d’art. Un cas par exemple dans le monde d’aujourd’hui est la phototgraphie: avec nos appareils numériques, les iphone, tout le monde peut faire des milliers de photos, à toute occasion, les travailler avec phototoshop, les retoucher, les modifier.... presque chacun peut devenir un artiste, si la démarche du photographe que nous sommes comprend des composantes de création, d’invention, d’imagination, de mise en scène, de volonté d’aller au-delà des apparences. Si l’intuition et l’instinct jouent leurs rôles il faut qu’il y ait également cet élément de réflexion qui fait que le réel peut être interprété, transfiguré, exalté, théâtralisé, magnifié, copié, reconstruit... bref chacun a en soi une âme d’artiste encore faut-il la mettre en valeur et la concrétiser, pas toujours facile...

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:31

~«Il s’agit d’une fiction mais il y a également dans ce récit des traits qui me ressemblent. A trente ans on est complètement entré dans l’âge adulte et l’on se pose nécessairement des questions...» nous dit Julien Sansonnens.

«Jours adverses» c’est , le titre du premier roman de cet auteur qui est né à Neuchâtel en 1979. Il est actuellement chercheur en santé publique à Sion et vit entre Lausanne et le Valais. Il pratique l’écriture depuis plusieurs années et est notamment critique littéraire à l’hebdomadaire «Gauchehebdo».

Une passion donc pour la littérature qui l’a amené à se jeter à l’eau. «J’ai voulu faire un état des lieux de ces personnes qui ont tout claqué pour un jour changer complètement d’orientation. Parfois, même fréquemment, ces retours aux sources sont magnifiés, idéalisés. Pour le personnage principal de mon roman, Sam, j’ai laissé une porte ouverte: Sam fait en quelque sorte un parcours circulaire et revient à cette sorte de désenchantement qui l’habite.» Julien Sansonnens nous explique que son personnage, contrairement aux récits initiatiques, comme «L’Alchimiste» de Paulo Coelho ne progresse pas , il est en fait un spécialiste de l’autodestruction.

Sam oscille entre une forme de désespérance, carriériste désenchanté, et une ouverture vers un avenir plus positif, mais à la fin il se retrouve pratiquement à son point de départ. «Désabusé» Sam personnifie le malaise de toute une génération, un peu marginal, cherchant un équilibre... Pour Julien Sansonnens, «le cadre suisse romand, Lausanne, Neuchâtel est important. Lausanne a un côté étouffant, alors que Crêt-Meuron est un lieu plein de souvenirs. Je décris un peu la fin des utopies en adoptant un cynisme qui colle à ce côté désabusé qui habite le roman.» La volonté de changer le monde a disparu, aujourd’hui nous avons à faire à une génération dépolitisée, centrée sur elle-même, basée sur le plaisir. Internet occupe aussi une grande place dans cette mutation et l’auteur a d’ailleurs un blog sur lequel il écrit régulièrement des critiques littéraires. «Mes projets? je suis occupé sur un nouveau roman, mais il s’agit d’un livre moins introspectif, une sorte de polar.»

«Jours adverses» de Julien Sansonnens, aux éditions Mon Village

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jean-marc theytaz
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 16:17

«La pierre d’amour» , le recueil de Danielle Berrut est sorti de presse aux éditions Xénia.

Un recueil de nouvelles, un genre qui permet sur quelques pages de raconter et de condenser des moments forts de l’existence, avec leurs tensions, leurs énergies, leurs émotions.

«J’aime raviver des croyances populaires ou des traditions orales qui se réfèrent à des mythes oubliés, encore vivants cependant chez certains peuples primitifs.» nous dit Danielle Berrut. «Cette survivance discrète dans notre société est d’autant plus émouvante qu’elle démontre la profonde parenté qui réunit tous les hommes, ceux d’aujourd’hui et ceux d’hier, ceux d’ici et ceux d’autres continents. En outre, j’éprouve un certain besoin de lézarder nos certitudes, de rappeler la densité du mystère qui entoure notre existence et le recours au « fantastique » permet cela» .

L’ouvrage de Danielle Berrut, qui a travaillé longtemps dans l’enseignement, et qui pratique aujourd’hui qu’elle est à la retraite l’écriture de façon pleine et passionnante, rassemble dix nouvelles: «elles incarnent dans toutes leurs nuances une époque révolue, mais encore si présente, des croyances méconnues et pourtant familières, un monde hors de l’espace et du temps aux contours oniriques.»

L’auteure qui en est à son deuxième livre a reçu pour son premier recueil «A fleur de nuage» (Xenia 2013) le Prix du Village du livre de Saint-Pierre-de-Clages.

Envie de partage

Que souhaitez-vous transmettre et partager avec vos lecteurs? «Il faut avouer qu’il y a un côté un peu égoïste dans l’écriture et je pourrais reprendre les mots d’Erri De Luca: « J’écris d’abord pour me tenir compagnie». Et aussi «pour retourner là où ce que tu aimes ne meurt pas. »

C’est peut-être cette nostalgie d’un monde qui passe que j’aimerais d’abord partager. Mais aussi j’ai l’espoir de trouver un écho chez l’autre. Ma vision du monde, mon angoisse existentielle, mon désir de «sublimer» le quotidien, peut-être les éprouve-t-il, lui aussi, et ce serait là une forme de solidarité qui rend plus fort»

Les nouvelles de Danielle Berrut respirent l’étrange, le mystérieux, l’onirique, se rapprochent des contes par les vecteurs fantastiques et magiques qui interviennent dans le fil narratif. La nature y est très présente, avec sa luxuriance, ses aspects parfois baroques, touffus, complexes ou par son dépouillement, sa pureté, ses forces intérieures venues de l’on ne sait où et qui véhiculent des lumières multiples sur les événements qui touchent ses personnages.

Dans «La Pierre d’amour», Nuno, Nina, ont parfois des comportements secrets, les personnages ruminent leurs pensées comme des nourritures dont la date de péremption est échue et qui vont gâcher leur vie, retournant dans leur tête leurs préoccupations, leur solitude , leurs craintes, leurs regrets. «Le chapeau de feutre» nous emmène avec Marion dans un autre monde, celui du temps qui passe, liquide et transparent, celui des souvenirs, des images qui restent gravées dans la mémoire, de saisons qui rythment l’existence comme un métronome avec ses repères et ses jalons, ses inclinations et ses ruptures.

Au fil des nouvelles les situations humaines, les sentiments, les psychologies des personnages nous ouvrent des portes sur l’inconscient, aussi sur l’irrationnel, sur l’inconnu, autant de voyages intérieurs fascinants et dépaysants. Une écriture fluide et poétique rythme ces nouvelles qui emporte le lecteur dans des voyages parfois étranges, toujours passionnants. ..... Si l’écriture n’occupe pas tout mon temps - il y a d’autres tâches qui n’attendent pas et il est bon de respirer- elle occupe mes pensées. Il y a tant d’êtres, de situations, de paysages qui stimulent mon imagination et dont je m’empare pour les faire entrer dans le monde virtuel des livres. Ce monde virtuel est d’ailleurs parfois si réel qu’il m’arrive d’avoir «la tête dans les nuages» et de m’y sentir bien.

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jean-marc theytaz
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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:53

~Gottfried Tritten, un peintre de renom international, une figure emblématique des arts valaisans et suisses a marqué els arts de notre canton d'une empreinte indélébile.

. Il a longtemps vécu et travaillé en Valais, dans sa maison-atelier de Grimisuat . Un peintre de talent pour qui la Montagne a beaucoup compté dans son œuvre, lui qui vivait en symbiose avec la nature et la peinture, dans une sorte de respiration essentielle et vitale.

«La montagne est en moi depuis ma jeunesse,. Elle m’entourait, elle se dressait devant moi, elle me menaçait de sa grandeur, elle m’ensorcelait par ses noms. Je me souviens de Wildstruebel qui veut dire la chevelure sauvage, déjà la magie m’en voûtait...» disait l’artiste de Grimisuat.

Dans l’Oberland Né à la Lenk (BE), il a passé sa jeunesse dans le Simmental. Après sa maturité, il a suivi l’Ecole des Beaux-Arts de Bâle puis a complété sa formation par des études d’histoire de l’art, de philosophie et de psychologie à Bâle et Berne. IGottfried Tritten a séjourné dans divers pays et fait la connaissance de Picasso en 1949 à Antibes.

Il a acquis au fil des ans un rayonnement international.Ses œuvres ont été exposées dans de nombreuses galeries et musées du monde entier.

Un rayonnement international

L’artiste de Grimisuat était d’une grande curiosité et il a également beaucoup voyagé: c’est ainsi qu’on le retrouve au Maroc,en 1951 et 1952, où il s’adonne notamment au dessin, la peinture et au collage. En 1953 il se rend en Espagne puis il fait connaissance des écrivains Hermann Hesse et Friedrich Dürrenmatt. Le peintre s’établit par la suite à Oberhofen au bord du lac de Thoune en face du Niesen qui deviendra plus tard pour lui «l’incarnation même de la montagne». Troisième séjour au Maroc en 1957. Expositions en Suisse et en Allemagne (Frankfort, Hanovre, Brême). Premier séjour en Grèce où il rencontre le poète Odysseus Eltys. Son vocabulaire artistique s’épure et se dépouille au fil des années ;entre 1958 et 1967 il est très influencé et marqué par les travaux de l’action painting américaine et «son geste pictural se libère».

Les monochromes et les oppositions contrastée noir/blanc font partie de sa palette et il expose un peu partout, Paris, Brest, Francfort, Brême... Il se rend aussi en Grèce et rencontre le poète Odysseus Eltys.... C’est en 1969 qu’il se construit un atelier en Valais et s’établit à Grimisuat en 1977. Gottfried Tritten donna également beaucoup à l’enseignement notamment à l’Université de Berne; il réalisera de nombreuses commandes publiques et parcourera la planète, Japon, Canada, Etats-unis... Tapisseries, vitraux et mosaïques complètent son œuvre et il excellera comme verrier.

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jean-marc theytaz
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