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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:36

Un pavé de plusieurs centaines de pages avec des lettres qui décrivent l’univers relationnel intense qui a réuni Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, le peintre, voilà une des dernières parutions majeures des éditions Zoé àGenève.

Cet ouvrage nous propose en cinq parties l’ensemble des lettres que se sont écrites Nicolas Bouvier et Thierry Vernet dès l’âge de 16 et 18 ans jusqu’à la parution de «L’usage du monde» chez Julliard en 1964.

Des dialogues, des questionnements, des mises en doute, des révélations, des interrogations, des incises, des interpellations, des textes plus aboutis et affinés...bref un monde d’écriture, de sentiments, de présence au monde qui nous éblouit et nous met en perpétuel mouvement.

«Viendras-tu aux Indes avec moi?», «Des chemins différents», «Est-ce toi ou moi qui suis loin?», «Un petit peu de courant dans ce fil qui nous lie», «Comme un conte le livre du monde» soulignent cinq temps de l’échange, du partage, de la complémentarité, depuis les années de jeunesse du collège de Genève jusqu’à la publication de l’œuvre commune à Paris.

Un voyage géographique, temporel, sentimental par moments, tant les deux hommes peuvent partager les mêmes émotions. «Les connaisseurs de l’œuvre de Bouvier reconnaîtront dans ses écrits l’humour, la finesset et l’élégance qui le caractérisent» nous dit Caroline Coutau.

Bouvier le voyageur, le découvreur, l’aventurier aussi et Vernet la passion du mouvement perpétuel, du départ , de l’envol, de nouvelles naissances qui se conjuguent et se multiplient et se croisent à l’infini dans une pérégrination continuelle.

Un livre qui retrace une amité profonde, créatrice mais aussi les sentiers artistiques d’hommes sensibles, ouverts aux personnes, aux choses, aux formes, aux couleurs,. aux architectures... Un monde du visible qui se prolonge dans l’invisible, dans lequel concret et spirituel se complètent..BAux éditions Zoé, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet,

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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:04

Avec Venise comme décor Etienne Barilier a publié récemment un nouvel ouvrage intitulé «Un Véronèse» aux éditions Zoé à Genève.

 

L’écrivain, né à Payerne, vit aujourd’hui à Pully; il s’agit d’un romancier romand d’envergure, qui a un riche parcours, comme romancier mais aussi comme essayiste, même philosophe. Parmi ses nombreux romans nous pouvons citer «Le Dixième ciel» où il met en scène le fameux Pic de la Mirandole, une personnalité hors du commun, un penseur qui a marqué son époque de manière indélébile; parmi les essais un ouvrage significatif aussi, «Ils liront mon âme. Les écrivains face à Dreyfus.».

 

Etienne Barilier est par ailleurs également traducteur, et on peut relever parmi ses travaux des textes de Friedrich Dürrenmatt, Ludwig Hohl, Frank Wedeking... il a par ailleurs officié comme professeur associé à la section de français de la Faculté des lettres de l'Université de Lausanne (UNIL).

 

Dans son dernier roman «Un Véronèse», Barilier nous donne à découvrir un jeune homme qui tombe amoureux de deux femmes, qui représentent en quelque sorte le Vice et la Vertu. Résumé: «Dans un hôtel du Lido, près de Venise, le narrateur (orphelin) échoué là avec son grand-père qu'il appelle Père, tombe follement amoureux. Un amour éperdu et double. Pour Anne, pensionnaire dans son hôtel, et pour Anna, hôte d'un palace proche. L'une de son âge, l'autre pourrait être sa mère. Ce décor n'est pas loin d'un film de Claude Chabro...l».

 

Anne et Anna personnifient la tentation, le désir, la promesse de bonheur, mais aussi la souffrance, la douleur , la peur. Le décor est planté à Venise, une ville riche de symboles dont celui de l’amour, des masques, de la séduction. Une histoire qui raconte les liens qui rapprochent et éloignent ces trois personnages, dans lesquels on peut aussi retrouver la mère et la courtisane, l’amante et la confidente, le tout avec des propos intéressants sur la peinture, sur Véronèse, ses coloris nuancés, ses compositions équilibrées, ses atmoshères envoûtantes. Un voyage amoureux dépaysant, une narration très rythmée et douce à la fois, le dernier roman de Etienne Barilier nous transporte hors de notre quotidien, avec délectation. «Un Véronèse» de Etienne Barilier, aux éditons Zoé, Genève.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:00

«L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey.

«L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey, un ouvrage très intéressant de photographie et de poésie, qui mêle des formes d’art complémentaires, vivantes et dynamiques, traversées de retenue et d’imaginaire: «Livre d’artistes, dans les correspondances magiques de la lumière, de la couleur, du sens et du graphisme des mots, qui font de chaque page une oeuvre singulière» nous dit Marie-Claire Dewarrat dans sa préface.

 

 Un vrai jeu de d’échanges et de dialogues, de reflets et d’attentes, d’échos et de souvenirs, d’évocations et de suggestions, de présence et d’absence.

Comme le dit Monique Rey «le duo s’y affiche en miroir pour une des plus belles alliances. Photographie et poésie se séduisent, s’attirent, se libèrent, se dépassent...»

L’on peut parler ici de fusion à une certaine forme de réalité intérieure, de recherche de soi et de la réalité dans les architectures cosmiques du monde qui nous entoure et nous englobe. Poésie et image battent à l’unisson ou en des prolongements inattendus, respirent dans un souffle commun. Le travail graphique occupe également une grande place dans ce livre.

 

 «Pénétré, soulevé, par la parole poétique, l’artiste photographe, porte cette dernière à sa plus extrême incandescence, par la force de sa vision appliquée à l’art de la mise en page, distribuant dans la page, le texte si proche d’un autre lui-même, comme une double signature.» Dans «L’Obole du silence» les mots deviennent très précieux, rares, proches de la lumière et du silence.

Les mots comme des lucioles dans la nuit, des galets polis par l’eau et les éclats du soleil. Et la photo elle, est peinture, lavis, composition géométrique, jeux de couleurs qui se dilatent , se compressent et s’ouvrent à la fraîcheur de l’aurore. «L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey, aux éditions d’art Le Cassetin. Livre d’art.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 10:33

03135369[1]Publication Germain Clavien vient de sortir un nouvel ouvrage intitulé«Notre vie» aux éditions de l’Age d’homme. L’écrivain valaisan nous offre cet automne un véritable bain de jouvence avec un livre de poésie frais, dense, profond, qui prend le quotidien à bout de bras.

 

Dans une langue fluide, avec une musique douce et lancinante, Germain Clavien nous dit le monde dans son âpreté, sa vigueur, sa tendresse et ses chemins intérieurs.

Une préface de Pierre Fournier fait référence à Verlaine, Apollinaire, des poètes qui ont su allier le chant de la langue avec les remous et les houles de notre monde. Interview.

 

 Un vrai retour à la poésie après des décennies sur la «Lettre à l'imaginaire» pourquoi avez-vous choisi de revenir à ce genre littéraire que vous avez un peu délaissé depuis quelques années?

 

≠ Je n’ai pas choisi de revenir à la poésie, c’est elle qui s’est rappelée à moi. Cela s’est imposé du dedans, je sentais le besoin de revenir à l’essentiel, de m’attacher à ce qui demeure et de l’approfondir. Depuis l’automne dernier jusqu’à ce printemps, je ne me suis plus exprimé qu’en poésie. L’inspiration s’est mise à couler comme l’eau de la source. Rares étaient les jours où rien ne me venait à dire et à mettre en forme. Et quelle joie quand je mettais le point final à un poème ! Jamais je ne me suis senti aussi heureux. Il ne faut pas oublier que la poésie a été ma première forme d’expression. Retour aux sources, à mes premières amours : la poésie, notre oxygène, le chant de l’âme, la fleur de notre vie… Baudelaire≠ avait raison, la poésie est la seule chose dont l’homme ne peut se passer.

 

 (T)Vos thèmes ont souvent trait à la nature avec laquelle vous vivez en osmose:Campagne, forêts, prairies, vergers, montagnes... se retrouvent dans vos textes. Des refuges, des lieux de repos, des ouvertures vers l'infini, des expressions de la divinité, quelles relations entretenez-vous avec la nature?

 

(C) Des relations profondes et très chères qui m’ont beaucoup manqué et fait souffrir au temps de l’internat, à St-Maurice, ou pendant mes treize ans à Paris. Fils de paysan, je suis né dans une ferme, à la campagne, et cela ne s’oublie pas. La nature est avant tout pour moi, aujourd’hui encore, le moyen le plus sûr de retrouver l’enfance, ce monde merveilleux des premières découvertes, des premières émotions. Ouvrir ma fenêtre au matin sur les arbres de mon verger, les voir fleurir au printemps, se couvrir de fruits à l’automne, poursuivre l’obscur travail des racines tout au long de l’hiver, les branches pleines d’oiseaux, est une joie qu’il faut la poésie pour dire.

 

 (T)Il y a aussi le temps qui passe, un peu de solitude et la musique des jours... Un humanisme quelque peu désenchanté?

 

(C) Oui, le temps, comme vous dites, le temps qui nous coule entre les doigts et qu’on aimerait retenir, plus particulièrement quand on commence à voir le bout du chemin, le chemin qui, bien compris, donne un sens à la vie. Et il n’y a pas qu’un peu de solitude, une grande solitude qui vous plonge dans l’abîme du temps les nuits d’insomnie.

 

(T)Peut-on parler de vers libres dans vos textes , qui correspondraient à une certaine philosophie faite d'ouverture au monde et de liberté d'existence?

 

(C) Philosophie faite d’ouverture au monde et de liberté, soit, mais je me demande si l’on peut jamais parler de vers libres en poésie. Ne faut-il pas suivre le rythme intérieur que l’émotion nous dicte et cela ne va pas sans attention, sans effort, sans travail. C’est ce que je cherche à faire, non sans avoir commencé par des alexandrins bien classiques, avec césure au sixième pied et rimes alternées ou embrassées, sous la houlette de maîtres comme Hilaire Michaux ou Norbert Viatte que j’aimais beaucoup.

 

 (T)Estimez-vous avoir une proximité avec Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy, Georges Perros... des poètes qui expriment une certaine réalité concrète tout en laissant place à une forme de spiritualité spécifique?

 

 (C) Avec Philippe Jaccottet, bien sûr, mais plus qu’avec Bonnefoy ou Perros, avec des poètes plus proches de la terre, espagnols ou portugais, comme Antonio Machado ou Fernando Pessoa, des poètes italiens comme Ungaretti ou Pavese, un Tchèque comme Seifert, des Russes comme Essenine ou Anna Akmatova.

 

(T)Ce livre est-il un tournant dans votre travail ou reviendrez-vous à la«Lettre à l'Imaginaire»? (C) C’est un tournant qui va en susciter d’autres, j’espère, il m’a donné tellement de joie. Mais la Lettre à l’Imaginaire, je ne pourrai certainement pas l’abandonner, les tomes 21, 22, 23, sont déjà écrits sous forme de notes ou de brouillon. La poésie a-t-elle la place qu'elle mérite dans le monde littéraire contemporain?

 

(C) Oh Non ! Ce n’est pas que les poètes manquent pourtant, mais les éditeurs se font tirer l’oreille pour publier des recueils et combien de journaux publient encore des poèmes ! Ce qui s’expose dans les vitrines des libraires, c’est le roman, la bande dessinée. Quand j’y travaillais, la Gazette littéraire publiait encore des poèmes.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:49
Dans le lit de la vallée une brise tendre et sauvage. Sous les pas envolés du promeneur des feuilles d'automne et leur craquement rauque, leurs fragments et leurs corps écrasés. Sur la colline un ciel de lait caillé, le souffle du chevreuil qui se sent traqué par les détonations des fusils de chasse. Dans les embrasures et les poutraisons du chalet, sur la véranda, le souvenir crépusculaire des vols fluides des chauves-souris. Les églantiers, au bord du chemin, abandonnent des fleurs séchées, traversées encore des émotions de l'été. Les brindilles du jour et du soleil jonchent le sol humide. Les empreintes de tes absences brûlent, en contre-champ, sur la déclive des pentes forestières, dans les couronnes enflammées des épicéas. Il est temps, il faut s'en aller. Et pourtant la lumière renaîtra, demain, dans l'argile de la terre où je reposerai.
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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 20:03

Galerie Minuscule Vercorin

 La galerie «Minuscule» à Vercorin nous propose les oeuvres de Pierluigi Alberti.

 

 Cet artiste quji s’est formé à Lugano et à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Paris a travaillé durant une décennie comme professeur d’éducation visuelle au Tessin.

 

Depuis 1980 il restaure des fresques et des peintures, des réalisations qui lui ont permis d’acquérir une grande maturité dans sa technique très bien maîtrisée .

Actuellement il travaille en collaboration avec Rheinold Messner pour le «Mountain Museum de Castel Firmian»o à Bolzano: RheinoldMessner est en effet l’un des rares alpinistes à avoir gravi tous les «8 mille« de la planète, comme le Suisse Erhard Loretan et dédie son temps à l’exprimer, la faire connaître, la faire parler..

Pour Pierluigi Alberti la montagne représente un univers à part, une cosmogonie habitée de mille forces, tensions, trajectoires qui polarisent des énergies venues d’ailleurs. «J’ai voulu donner à mes oeuvres une empreinte écologique accompagnée d’une vision critique du rapport entre l’homme et la nature. Les images qui m’ont renvoyé au thème de la montagne sont essentiellement liées à la grandeur de notre territoire qui a connu de profondes transformations avec ses sommets, autrefois lieux inaccessibles, craints et respectés par l’homme, choisis pour y vivre et ensuite abandonnnés pour être finalement réinvestis et exploités agressivement...»

 

Et l’artiste d’expliquer que l’homme a apprivoisé les eaux, les a canalisées pour en faire de l’énergie, a creusé des tunnels.

 Il a «peuplé» la montagne de pylônes, barrrages, centrales électriques, remontées mécaniques, lui a donné un nouveau visage, souvent traversé de griffures et de blessures profondes, la montagne est en quelques sorte devenue alors un paysage artificiel.

Dans ses pièces, l’artiste Alberti raconte cette montagne transformé, avec de l’or, avec du plomb, en des lignes sinueuses et sauvages qui désignent sa pureté et des rectilignes plus froides et rigides qui traduisent l’action de l’homme.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 22:06

Champs de blé d’avoine et de froment des temps anciens, accrochés à la pente de ces vallées alpestres étriquées, secoués par les bourrasques d’avant l’orage, ondulations magiques , large houle dans la prairie en folie, mon corps avance, pas à pas dans la campagne peignée de sourdes secousses.

 

Il a fait chaud, les esprits se sont endormis dans la torpeur zénithale, maintenant tout semble aller de soi, dans ces vastes ressauts qu’allument des cieux agités.

 

Moment tranchant, moment précieux, entre calme et tempête, où naviguent les pensées tactiles d’un temps effilé. L’orage se prépare, l’esprit se déleste, bientôt ils feront corps, relation fusionnelle et charnelle, éruption de volcans intérieurs, cendres dispersées par les vents des steppes valaisannes.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 20:36

Le regard tendu, la lèvre mordue et crevassée par les gercures d'une légère froidure, la gorge serrée, le vent filant entre les mèches folles des peupliers, la nuit était transparente: il voulait la traverser, la pénétrer, aller derrière le miroir, là où les roseaux plient mais ne se brisent pas .

 

Avec la douceur d'un été indien qui s'était prolongé jusque vers la fin octobre le temps s'était fait fluide et tendre, une liqueur de rose, une boisson à boire à l'aube rêvée, dans les méandres de ces territoires interdits entre chien et loup, fuite et retrouvailles.

 

 Maintenant la moto est couchée sur le bitume, l'huile noire macule le macadam, le corps est broyé de mille contusions, frappé par la puissance et la force de la vitesse, cette tension abslue entre espace et temps, là au milieu des feuilles mortes de l'automne.

Un filet de sang au bord des lèvres, un trou noir, béance du gouffre qui s'ouvre devant soi, immensité de la blessure qui serre ses machoires à l'instant où elle saisit sa proie, jeunesse et voyage au bout de la mort, cette fissure profonde, cette spirale qui fuit dans la nuit, entre ciel et enfer, comme dans une chute irréversible, interminable, incontrôlable, dans la fêlure qui taraude les esprits épris d'infini.

Poings serrés, pour un instant peut-être magique, peut-être fatal, celui qui joue sur les cordes tendues de l'existence, jusqu'au risque de la cassure, proche d'une mélodie qui vibre et coule dans les domaines des dieux.

 

 La vitesse efface le temps, amplifie la présence au monde, augmente le «soi», prend possession de l'étendue qui se déroule devant les yeux, expansion de l'«être»; avec elle s'approchent simultanément la mort, le non-temps, et la lumière, celle qui inonde, purifie, enveloppe et réchauffe...

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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:47

Le temps de braise et de cendres court le long de la forêt.

 

Jeux de mains, jeux de corps embrasés, danses macabres, entre les bosquets de noisetiers, les prairies désertes; les verres de Murano s’allument à la nuit tombante, les vents lâchent leurs troupes intrépides, leurs rafales ciselées de courbes tranchantes.

 

Prises dans les mailles de cette marche folle, les fuites et les errances d’une jeunesse ivre de musiques mauves et nostalgiques, les mots envolés entre les feuilles des trembles, les regards cerclés de la chouette effraie.

Macération magique, fermentation de troubles emportés vers les écluses du dedans, les paroles fouaillent l’air épais de cette soirée lourde d’abeilles jaunes et noires, tournantes et ronronnantes.

 

L’instant s’agrandit de flaches lumineuses informes, gronde, monte vers l’horizon, le jour et la raison basculent dans un vaste fracas de frissons volatiles...

Dans les bras de lumière opale les chants lancinants des grillons, qui cisaillent la nuit et découpent mon chagrin en fines lames transparentes, des dagues qui tranchent la gorge du temps, des ruisseaux aux écailles vivantes, qui dansent au centre du moment de cristal, dans les ardoises schisteuses et friables de nos mémoires endormies.

 

Vivre en suspension, sur la branche d'un tilleul ou dans les tresses tombantes d'un saule pleureur, se laisser glisser dans les veines des mélèzes et sur les courbes fuyantes d'un foehn roulé de papier maïs, jeunesse d'antan, vieillesse d'aujourd'hui, images fugaces, temps alternés, les eaux se mélangent à l'aube laiteuse, la brise et le crachin n'ont cesse de nous faire renaître à chaque main qui se pose sur la vastitude du ciel et la respiration de nos souvenirs, en deça du lendemain...

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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:46

A chaque saison sa moisson de livres et l’été n’en est pas en reste, loin de là.

 

 Ainsi les éditons de l’Hèbe nous offrent des lectures estivales pétillantes avec la parution de trois nouveaux ouvrages. Des découvertes, des rencontres «inattendues, fraîches , stimulantes» qui dynamisent notre quotidien, le rendent plus ludique, plus incisif et plus habitable l’espace de quelques heures. Les trois ouvrages paraissent dans la collection «Question» des éditions de l’Hèbe. «Policier gardien de la paix?» de Frédéric Maillard et Yves Patrick Delachaux nous propose des mises en scène de points de vue contradictoires entre un objecteur de conscience et un expert de police, avec en point de mire des propositions innovantes, des remises en question, des interrogations essentielles. De quoi nous inspirer quelques idées sur le sujet...

 

«Alchimie-de l’or fait maison- est-ce possible?» de Michel Cugnet nous offre lui un parcours particulier dans un univers très spécifique, une discipline «énigmatique» qui a évolué au cours du temps: l’auteur nous parle de ses acteurs légendaires avec leur goût pour les théories scientifiques, philosophique, ésotérique qui ont beaucoup évolué au cours des siècles. On apprend à y découvrir ainsi les éléments mythiques qui composent la légende de l’alchimie avec la pierre philosophale, les métaux nobles et tous les secrets, les histoires passionnantes qui les entourent.

 

Le troisième ouvrage s’intitule «Maupassant, quel genre de réalisme?» de Timothée Léchot, un véritable voyage dans les univers des écrivains du 19ème siècle qui ont cotoyé le réalisme.

L’occasion de découvrir des sensibilités différentes, des approches du réel diversifiées, des atmosphères littéraires envoûtantes. «Policier gardien de la paix?» de Frédéric Maillard et Yves Patrick Delachaux «Alchimie-de l’or fait maison-est-ce possible?» de Michel Cugnet «Maupassant, quel genre de réalisme?» de Timothée Léchot Aux éditions de l’Hèbe.

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