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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 22:49
Dans le lit de la vallée une brise tendre et sauvage. Sous les pas envolés du promeneur des feuilles d'automne et leur craquement rauque, leurs fragments et leurs corps écrasés. Sur la colline un ciel de lait caillé, le souffle du chevreuil qui se sent traqué par les détonations des fusils de chasse. Dans les embrasures et les poutraisons du chalet, sur la véranda, le souvenir crépusculaire des vols fluides des chauves-souris. Les églantiers, au bord du chemin, abandonnent des fleurs séchées, traversées encore des émotions de l'été. Les brindilles du jour et du soleil jonchent le sol humide. Les empreintes de tes absences brûlent, en contre-champ, sur la déclive des pentes forestières, dans les couronnes enflammées des épicéas. Il est temps, il faut s'en aller. Et pourtant la lumière renaîtra, demain, dans l'argile de la terre où je reposerai.
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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 20:03

Galerie Minuscule Vercorin

 La galerie «Minuscule» à Vercorin nous propose les oeuvres de Pierluigi Alberti.

 

 Cet artiste quji s’est formé à Lugano et à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Paris a travaillé durant une décennie comme professeur d’éducation visuelle au Tessin.

 

Depuis 1980 il restaure des fresques et des peintures, des réalisations qui lui ont permis d’acquérir une grande maturité dans sa technique très bien maîtrisée .

Actuellement il travaille en collaboration avec Rheinold Messner pour le «Mountain Museum de Castel Firmian»o à Bolzano: RheinoldMessner est en effet l’un des rares alpinistes à avoir gravi tous les «8 mille« de la planète, comme le Suisse Erhard Loretan et dédie son temps à l’exprimer, la faire connaître, la faire parler..

Pour Pierluigi Alberti la montagne représente un univers à part, une cosmogonie habitée de mille forces, tensions, trajectoires qui polarisent des énergies venues d’ailleurs. «J’ai voulu donner à mes oeuvres une empreinte écologique accompagnée d’une vision critique du rapport entre l’homme et la nature. Les images qui m’ont renvoyé au thème de la montagne sont essentiellement liées à la grandeur de notre territoire qui a connu de profondes transformations avec ses sommets, autrefois lieux inaccessibles, craints et respectés par l’homme, choisis pour y vivre et ensuite abandonnnés pour être finalement réinvestis et exploités agressivement...»

 

Et l’artiste d’expliquer que l’homme a apprivoisé les eaux, les a canalisées pour en faire de l’énergie, a creusé des tunnels.

 Il a «peuplé» la montagne de pylônes, barrrages, centrales électriques, remontées mécaniques, lui a donné un nouveau visage, souvent traversé de griffures et de blessures profondes, la montagne est en quelques sorte devenue alors un paysage artificiel.

Dans ses pièces, l’artiste Alberti raconte cette montagne transformé, avec de l’or, avec du plomb, en des lignes sinueuses et sauvages qui désignent sa pureté et des rectilignes plus froides et rigides qui traduisent l’action de l’homme.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 22:06

Champs de blé d’avoine et de froment des temps anciens, accrochés à la pente de ces vallées alpestres étriquées, secoués par les bourrasques d’avant l’orage, ondulations magiques , large houle dans la prairie en folie, mon corps avance, pas à pas dans la campagne peignée de sourdes secousses.

 

Il a fait chaud, les esprits se sont endormis dans la torpeur zénithale, maintenant tout semble aller de soi, dans ces vastes ressauts qu’allument des cieux agités.

 

Moment tranchant, moment précieux, entre calme et tempête, où naviguent les pensées tactiles d’un temps effilé. L’orage se prépare, l’esprit se déleste, bientôt ils feront corps, relation fusionnelle et charnelle, éruption de volcans intérieurs, cendres dispersées par les vents des steppes valaisannes.

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 20:36

Le regard tendu, la lèvre mordue et crevassée par les gercures d'une légère froidure, la gorge serrée, le vent filant entre les mèches folles des peupliers, la nuit était transparente: il voulait la traverser, la pénétrer, aller derrière le miroir, là où les roseaux plient mais ne se brisent pas .

 

Avec la douceur d'un été indien qui s'était prolongé jusque vers la fin octobre le temps s'était fait fluide et tendre, une liqueur de rose, une boisson à boire à l'aube rêvée, dans les méandres de ces territoires interdits entre chien et loup, fuite et retrouvailles.

 

 Maintenant la moto est couchée sur le bitume, l'huile noire macule le macadam, le corps est broyé de mille contusions, frappé par la puissance et la force de la vitesse, cette tension abslue entre espace et temps, là au milieu des feuilles mortes de l'automne.

Un filet de sang au bord des lèvres, un trou noir, béance du gouffre qui s'ouvre devant soi, immensité de la blessure qui serre ses machoires à l'instant où elle saisit sa proie, jeunesse et voyage au bout de la mort, cette fissure profonde, cette spirale qui fuit dans la nuit, entre ciel et enfer, comme dans une chute irréversible, interminable, incontrôlable, dans la fêlure qui taraude les esprits épris d'infini.

Poings serrés, pour un instant peut-être magique, peut-être fatal, celui qui joue sur les cordes tendues de l'existence, jusqu'au risque de la cassure, proche d'une mélodie qui vibre et coule dans les domaines des dieux.

 

 La vitesse efface le temps, amplifie la présence au monde, augmente le «soi», prend possession de l'étendue qui se déroule devant les yeux, expansion de l'«être»; avec elle s'approchent simultanément la mort, le non-temps, et la lumière, celle qui inonde, purifie, enveloppe et réchauffe...

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:47

Le temps de braise et de cendres court le long de la forêt.

 

Jeux de mains, jeux de corps embrasés, danses macabres, entre les bosquets de noisetiers, les prairies désertes; les verres de Murano s’allument à la nuit tombante, les vents lâchent leurs troupes intrépides, leurs rafales ciselées de courbes tranchantes.

 

Prises dans les mailles de cette marche folle, les fuites et les errances d’une jeunesse ivre de musiques mauves et nostalgiques, les mots envolés entre les feuilles des trembles, les regards cerclés de la chouette effraie.

Macération magique, fermentation de troubles emportés vers les écluses du dedans, les paroles fouaillent l’air épais de cette soirée lourde d’abeilles jaunes et noires, tournantes et ronronnantes.

 

L’instant s’agrandit de flaches lumineuses informes, gronde, monte vers l’horizon, le jour et la raison basculent dans un vaste fracas de frissons volatiles...

Dans les bras de lumière opale les chants lancinants des grillons, qui cisaillent la nuit et découpent mon chagrin en fines lames transparentes, des dagues qui tranchent la gorge du temps, des ruisseaux aux écailles vivantes, qui dansent au centre du moment de cristal, dans les ardoises schisteuses et friables de nos mémoires endormies.

 

Vivre en suspension, sur la branche d'un tilleul ou dans les tresses tombantes d'un saule pleureur, se laisser glisser dans les veines des mélèzes et sur les courbes fuyantes d'un foehn roulé de papier maïs, jeunesse d'antan, vieillesse d'aujourd'hui, images fugaces, temps alternés, les eaux se mélangent à l'aube laiteuse, la brise et le crachin n'ont cesse de nous faire renaître à chaque main qui se pose sur la vastitude du ciel et la respiration de nos souvenirs, en deça du lendemain...

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jean-marc theytaz - dans littérature
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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 22:46

A chaque saison sa moisson de livres et l’été n’en est pas en reste, loin de là.

 

 Ainsi les éditons de l’Hèbe nous offrent des lectures estivales pétillantes avec la parution de trois nouveaux ouvrages. Des découvertes, des rencontres «inattendues, fraîches , stimulantes» qui dynamisent notre quotidien, le rendent plus ludique, plus incisif et plus habitable l’espace de quelques heures. Les trois ouvrages paraissent dans la collection «Question» des éditions de l’Hèbe. «Policier gardien de la paix?» de Frédéric Maillard et Yves Patrick Delachaux nous propose des mises en scène de points de vue contradictoires entre un objecteur de conscience et un expert de police, avec en point de mire des propositions innovantes, des remises en question, des interrogations essentielles. De quoi nous inspirer quelques idées sur le sujet...

 

«Alchimie-de l’or fait maison- est-ce possible?» de Michel Cugnet nous offre lui un parcours particulier dans un univers très spécifique, une discipline «énigmatique» qui a évolué au cours du temps: l’auteur nous parle de ses acteurs légendaires avec leur goût pour les théories scientifiques, philosophique, ésotérique qui ont beaucoup évolué au cours des siècles. On apprend à y découvrir ainsi les éléments mythiques qui composent la légende de l’alchimie avec la pierre philosophale, les métaux nobles et tous les secrets, les histoires passionnantes qui les entourent.

 

Le troisième ouvrage s’intitule «Maupassant, quel genre de réalisme?» de Timothée Léchot, un véritable voyage dans les univers des écrivains du 19ème siècle qui ont cotoyé le réalisme.

L’occasion de découvrir des sensibilités différentes, des approches du réel diversifiées, des atmosphères littéraires envoûtantes. «Policier gardien de la paix?» de Frédéric Maillard et Yves Patrick Delachaux «Alchimie-de l’or fait maison-est-ce possible?» de Michel Cugnet «Maupassant, quel genre de réalisme?» de Timothée Léchot Aux éditions de l’Hèbe.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 20:56
Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes lustrées des alpages qui traversent les paysages silencieux de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique flutée du soleil blanc, les ailes transparntes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d'oû se jetttent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles géométriques, la berge déserte d'une écriture toujours recommencée, la vie s'accumule dans les parois d'une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d'une groseille matinale.
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 23:09

«Les fiancés du Glacier Express», une histoire pour tous «Les fiancés du Géacier Express» d’Amélie Plume, voilà un ouvrage tonique sorti récemment des presses des éditions Zoé à Genève.

 

Amélie Plume, une écrivaine qui a une carrière solide derrière elle et une de seules plumes féminines burlesques de Suisse romande.

Aujourd’hui l’auteure passe une partie de son temps à Hyères en France et vit également à Genève, s’adonnant régulièrement à l’écriture.

Ses romans ont fréquemment trait à l’autoficition et racontent de manière simple, vivante, rythmée, dynamique les mille et une péripéties qui peuvent cadencer notre existence au quotidien.

L’anecdotique, les détails, les petites gens trouvent souvent avec elle une présence lumineuse.

Dans «Les fiancés du Glacier Express» Lily Petite, journaliste chroniqueuse et féministe dans la soixantaine croise le regard de Oscar Muller qui s’est retrouvé sans travail du jour au lendemain après une belle carrière . Ils se rencontrent par hasard et tout de suite il y a comme une petite lumière qui s’allume entre eux de manière épistolaire, dans ce train qui traverse monts et vallées, franchit viaducs et ponts aériens.

 

Un train qui fait défiler dans leur coeur et leur tête des sentiments partagés, parfois amers sur l’existence dans notre société lestée de contradictions et qui se construit trop souvent sur les apparences. Des dialogues originaux mêlant français, suisse-allemand et même romanche sur fond d’humour apportent une touche hors du commun à cette histoire où les liens parentaux tissent leur toile complexe sur les banalités et aussi les menus faits du quotidien. L’amour, la solitude, la liberté, les déchirements sociaux, les liens fusionnels qui unissent parfois les êtres... autant de moments charnières qui transparaissent derrière une apparente légèreté de la vie décrite par Amélie Plume: un ouvrage à l’écriture fluide et entrainante.

 

«Les fiancés du Glacier Express» d’Amélie Plume aux éditions Zoé, Genève.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 23:02

05210hks-1-.JPG«Gare au gorille», c’est le dernier roman de Narcisse Praz, un écrivain à la verve libertaire et légendaire maintenant, qui depuis des décennies lutte pour la liberté d’expression, d’opinion, , de religion ou de non-religion....

 

En cette période troublée ou l’église catholique doit subir des attaques de toutes parts sur la question de la pédophilie, le sujet n’a pas échappé à Narcisse Praz qui dans sa jeunesse a également connu quelques épisodes scabreux dans un séminaire de Suisse romande où il aurait dû commencer des études pour devenir prêtre.

 

Disons que c’est plutôt son entourage et la pression sociale qui à l’époque l’avaient quelque peu orienté dans cette voie; il faut dire qu’au début du XXème siècle chaque famille ou presque des vallées latérales valaisannes avait l’un de ses membres qui faisait la prêtrise: soit un «régent», un curé ou un militaire ou si possible les trois à la fois, de quoi gagner le billet pour le paradis.

Un brûlot de l’écrivain nendard qui parle au sujet de son livre d’un «témoignage qui démonte le mécanisme de la «machine infernale» par lequel, dans ses séminaires, internats et juvénats l’Eglise catholique instruit ses futurs prêtres à la haine et au mépris proclamé envers la Femme pécheresse, héritière, de la divine malédiction du Jardin d’EDEN. »

 

Et Narcisse Praz de nous parler aussi de Henry de Montherlant qui exalte jusqu’au sublime l’inclinaison de l’abbé des Pradts pour l’un de ses élèves et jeune éphèbe; et Narcisse Praz de dire que l’abbé des Pradts n’a vraiment rien d’un saint homme mais tout d’un prédateur...

 

Narcisse Praz nous raconte ses années dans les internats ordonnés et régentés par des prêtres, alors qu’il était encore adolescent, et de démonter les rouages psychologiques et sociaux de toute cette machinerie qui l’a happée jeune garçon... Du Narcisse Praz, tout craché. «Gare au gorille» de Narcisse Praz, aux éditions libertaires.

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 22:45

Eternel comme le soleil

 

Le soleil grimpe sur l’arête étriquée, le val sort de l’obscurité la tête reposée dans ses bras enlacés, le corps frêle du ruisseau scintille dans les premiers rayons.

Du bout des doigts toucher la dune mouvante, les liens d’amour qui m’attachent au quotidien, regarder en son dedans comme dans les détours d’une sente rocailleuse aux mille anses d’argile et de sable.

Je serre les poings, y passent l’air bleu, le ciel de pervenche, l’étoffe des grandes étendues imaginaires qui ondulent dans ma tête.

Songe magique, je me serre contre mes souvenirs, avide de chaleur, de tiédeur, de tendresse ouatée.

 

Se retrouver au centre de cette phrase, des mots, qui portent mon corps et mon âme, dans les flux d’un souffle qui serait éternel comme le soleil...

La lune soudain enveloppe la plaine, les champs de maïs agitent leurs chevelures sauvages, je vais me fondre dans le mitan de cette clarté de cire.

 Fleuve de miel, couleur d'abeille et de rosée, tranchées de bise qui cinglent et emportent mes regards, je suis attaché aux formes ténues de tes absences qui rythment le jour et cette nuit à venir, à ces silhouettes qui glissent entre deux portes d'ombres et de lumière, entre les branchages des clairières qui s'ouvrent dans les allées du crépuscule.

 

Vivre à deux, se souvenir à deux, mourir à deux, ressusciter à deux, dans les courbures tendues d'un soleil éternel qui roule sur la mer, entre les vires rocheuses, sur le glacier incandescent.

Chevilles et poignets déliés, je suis un coquelicot dans tes bras au vent noués.

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