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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 22:50

103282zz-1-.JPGAnne Bottani-Zuber, née à Sierre, vient de publier son premier ouvrage aux éditions de l’Aire à Vevey: un roman de 252 pages, dense et rythmé, frais et riche d’émotions qui nous conduit dans l’aventure d’Aline, étouffée dans un milieu d’origine profondément catholique et moral.

Mal dans sa peau dans ce milieu aux cadres et structures rigides, avec des normes paralysantes et une sorte de confinement émotionnel et existentiel, la jeune fille va peu à peu s’émanciper, s’affranchir de cette atmosphère pesante. Sa libération intérieure va passer par sa curiosité pour les livres, le monde qui l’entoure, elle qui n’a pas fait d’études va s’ouvrir à l’Autre, rencontrer des gens, se construire petit à petit. Les problèmes sociaux, politiques, humains la touchent: elle se plonge dans l’actualité qui devient sienne se mettant également à se passionner pour différents domaines artistiques. Avec le temps elle trouve ainsi sa propre identité, développe une estime de soi et un respect pour elle-même et les autres très avancé...une manière de s’épanouir et d’adhérer à l’existence.

Enseignante pour les immigrés

Anne Bottani-Zuber vit actuellement à Lausanne: elle a durant de longues années dipensé des cours de français à des adultes immigrés: elle a par ailleurs mis au point de nouveaux outils pédagogiques et s’occupe maintenant d’enfants présentant des difficultés scolaires. Elle signe aujourd’hui avec «Aline ou les cahiers de ma mère» son premier roman; d’autres sont déjà annoncés. Interview de l’auteure mais aussi de l’enseignante aux immigrés.

Qu’est-ce qui vous a conduite sur les chemins de l’écriture: une envie de mieux appréhender le réel?

L’écriture me permet d’appréhender le réel et aussi de m’en affranchir. J’écris (en empruntant la formule à je ne sais plus qui) parce que « vivre ne suffit pas ».

Quelles sont les parts de fiction et de réalité vécues dans ce roman et que pensez-vous de l’autofiction qui a pris beaucoup de place dans le roman français contemporain ?

Je répondrai en citant Max Gallo dans «L’amour au temps des solitudes»: «Rien dans ce livre ne saurait être confondu avec des personnages ou des situations réels. Tout y est imaginaire. Et donc tout ce qui est écrit ici peut avoir eu lieu.»

Quand à l’autofiction, c’est un genre que je connais peu ; cependant j’ai beaucoup aimé «La femme gelée» d’Annie Ernaux.

Le multiculturalisme a-t-il une chance de se développer de manière harmonieuse en Suisse ?

Je n’en sais rien. Le multiculturalisme a lieu. C’est un fait de société. Mais cela ne va pas sans causer de problèmes. La réponse est politique. D’un côté il n’y a jamais eu en Suisse autant d’argent pour soutenir les actions qui promeuvent l’intégration des étrangers. Mais de l’autre, il y a l’UDC et leurs amis qui, chaque année - ou presque - lancent des initiatives anti-étrangers. Ils ont trouvé le parfait «bouc émissaire», ce qui nous évite de régler nos problèmes. Et cela marche. Pas seulement auprès de la population, mais aussi auprès de certains partis politiques qui durcissent le ton. J’ai bien peur qu’au bout du compte ce soit eux qui «mènent le bal».

Quelle est la force d’un livre, d’un témoignage, dans ce climat de racisme qui se crée parfois dans notre pays par le biais de certains partis politiques ?

Elle est importante mais ni plus ni moins que toutes les actions d’intégration qui sont menées avec les immigrés. Je pense particulièrement à l’Association Français en jeu du canton de Vaud pour laquelle j’ai eu la chance de travailler pendant plusieurs années ainsi qu’au Centre de Contact Suisses-Immigrés du Valais central. Sans ces «militants» de base (je n’aime pas trop ce mot de militant car il me fait penser à militaire, mais je n’en trouve pas d’autre), rien ne serait possible.

Simone de Beauvoir, Sartre, Ella Maillart… des intellectuels qui ont montré le chemin?

A l’époque où vivait Aline, les livres de Simone de Beauvoir et de Sartre ont été les livres de chevet de beaucoup d’intellectuels. Même si plus tard ils se sont fourvoyés en soutenant des dictatures, ils restent des incontournables.

Quand à Ella Maillart, elle a osé faire ce que beaucoup de femmes et d’hommes n’ont pas osé ou pu faire à cette époque. Cependant je ne suis pas sûr que ce soit une intellectuelle. Je pense plutôt que c’était une grande voyageuse et une mystique.

«Aline ou les cahiers de ma mère» de Anne Bottani-Zuber aux éditions de l’Aire.

 

 

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:12

La Galerie de la Tour lombarde à Conthey nous propose de découvrir jusqu’au 28 novembre les travaux de l’artiste José Luis. Autodidacte, le peintre qui vit à Sion, a déjà de nombreuses expositions à son actif, ceci depuis 2001, en Valais mais aussi en Suisse romande, à Zürich, à Prague et ailleurs.

José Luis travaille de manière physique avec des matières qui l’obligent à «être dans le présent». Ses toiles se situent elles dans l’abstrait, dans lequel la lumière occupe une place importante, jouant avec les reliefs de la matière, ses textures, ses composantes, ses vibrations, ses ondulations.

On trouve dans ses tableaux des inscriptions, qui jalonnent le temps et la mémoire, comme des repères, des limites qui servent aussi à définir des territoires, qu’ils soient temporels ou géographiques. «Ces inscriptions matérielles du temps rétablissent, restituent, créent l’identité de l’artiste avec le tout: le flux matière-temps, cette unité dont l’expression est le but et l’acte créatif même...»

José Luis est né au Portugal en 1965: son enfance l’a marqué, lui qui jouait fréquemment avec la terre qu’il façonnait à sa manière et qu’aujourd’hui il aime tavailler pour son épaisseur, sa densité, sa force, sa puissance, ses vibrations concrètes et matérielles. Ses toiles sont très variées et riches de signes, elles ouvrent des espaces et des langages nouveaux, nous livrent des messages de «couleurs et de lumières mêlées» qui défient le temps. Jean-Marc Theytaz

 

Galerie de la Tour lombarde, Conthey, peintures de José Luis, jusqu’au 28 novembre.

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jean-marc theytaz
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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 21:05

L’Association valaisanne des écrivains a couronné récemment  au Château Mercier à Sierre les lauréats de ses concours littéraires 2010.

Instants de convivialité et de fierté pour de nombreux jeunes Valaisans qui s’adonnent à l’écriture avec passion et engouement.

Une soixantaine de personnes ont également assisté à la conférence organisée à cette occasion pour l’écrivain romand, Etienne Barilier, qui a captivé son auditoire en nous parlant de «la langue française comme fondement des valeurs universelles».

Authenticité et souffle poétique

En ce qui concerne les récompenses littéraires, le Prix de la Loterie romande, doté de 2000 francs, a été attribué cette année à Mme Andrée Pfefferlé de Sion, pour son 13ème recueil de poèmes intitulé, «Les paysages de l’âme» : ....«Une écriture fluide et transparente, lumineuse et authentique, légère et musicale» comme l’a souligné le président du jury Jacques Herman. Andrée Pfefferlé a commencé à écrire tardivement mais a fait preuve d’une assiduité remarquable depuis 13 ans en publiant chaque hiver un nouveau recueil.

Le prix de l’AVE est revenu pour son édition 2010 à Germain Clavien, pour sa publication en Livre de Poche Suisse chez l’Age d’Homme d’un recueil intitulé «Notre vie»:une poésie de la nature, du temps qui passe, traversée d’un humanisme et d’une empathie bienvenues, une poésie qui nous fait penser à Verlaine ou Apollinaire, porteuse d’une musique intérieure omniprésente.

Des jeunes motivés

Pour ce qui est du concours des jeunes, l’année écoulée a été prolifique comme l’a rappelé le président de l’AVE, Jacques Tornay, avec une trentaine de manuscrits reçus.

Imagination, spontanéité, inventivité, qualité d’écriture, autant d’éléments pour définir cette gerbe de manuscrits qui contiennent déjà pour nombre d’entre eux cette étincelle essentielle qui fait que l’on peut peut-être un jour devenir écrivain comme l’a souligné Jacques Tornay.

Voici les principaux résultats: Concours des jeunes: lauréats 2010

Catégorie 13-15 ans :

1er prix ex-aequo: Maude Saraiva,Savièse pour «Le Conseiller de l’Empereur» et Nora Fellay, Evionnaz, pour «Sun-day la liberté».

Catégorie 16-18 ans:

1er prix: Simon Lovey, Orsières, pour «Pensées sauvages»

Mention pour 3 jeunes: Gaëlle Ramet, Haute-Nendaz,pour «Dring!», Ana-Sofia Domingues, Grône, pour «Une vie ne vaut rien mais rien ne vaut une vie», Lucien Zumofen, Vercorin, pour «Point de vue»

Catégorie 19-20 ans

1er prix: Eric Bonvin, Conthey, pour «Palpicorce étante».

Jacques Tornay, président de l’AVE a par ailleurs annoncé des récitals de poésie mis sur pied par par la Médiathèque de Sion en février au cours desquels, notamment les écrivains de l’AVE pourront se produire. «Une manière de multiplier les échanges entre les créateurs et le public» comme l’a précisé Mme Viaccoz représentante de la Médiathèque qui avait fait le déplacement de Sierre.

 

 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 23:06

Jean Starobinski, une figure légendaire de la critique universitaire en Suisse romande et en francophonie, qui avec Marcel Raymond, Jean Rousset, Albert Béguin, Georges Poulet et bien d’autres a marqué de son empreinte toute une époque.

Les éditions Zoé viennent d’éditer un coffret «Entretiens avec Jean Starobinski» comprenant deux CD et un livret avec des textes passionnants, un document incontournable.

Dans ces entretiens on peut entendre la voix de Starobinski de 1952 à 2006: il interroge Paul Ricoeur, Paul Eluard... ou répond aux questions de Jacques Bofford, Yvette Z’Graggen, Jean-Luc Rieder ou Isabelle Rüf.

L’homme est passionnant, attachant, simple et captivant: «le timbre est lumineux, la voix chaleuresue, le débit suit la pensée, la réflexion précise est topujours éclairante» nous dit Caroline Coutau. Les thèmes abordés sont multiples et très diversifiés: qu’il parle de Rousseau et de l’origine des langues, du clown artiste, saltimbanque génial et contradicteur dans une une société uniforme et standardisée, de la place de l’intellectuel, de la figure énigmatique de Franz Kafka, de la mélancolie de Hamlet, de la peur, l’angoisse et ses dédales chez Paul Ricoeur..., Jean Starobinski sait nous faire cheminer dans sa pensée, avec un rythme entrainant, un argumentaire convaincant, une émotion toujours présente.

Starobinski est né à Genève en 1920. Il suivra une formation classique et fera un doctorat sur Jean-Jacques Rousseau. Il enseignera à l’université de Baltimore, de Bâle, et pendant près de trente ans à l’université de Genève. Son ensiegnement apportera des «vues inédites sur de grandes œuvres du passé ou sur des parcours thématiques qui permettent de traverser les époques et d’aborder tous les arts». La poésie l’a beaucoup intéressé, notamment Pierre Jean Jouve, Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy,Ramuz, Cingria, Chappaz... un véritable univers littéraire, de force et de sensibilité.

Signalons qu’à l’occasion du 90ème anniversaire de Jean Starobinski, les Archives littéraires suisses lui consacrent deux jours de colloque, le 19 novembre à Berne et le 20 novembre à Genève. «Entretiens avec Jean Starobinski», un coffret contenant 2 CD et 1 livret, aux éditions Zoé, Genève.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 23:00

0129543e-1--copie-1.JPGOrganisée par les «Pèlerins suisses romands de Terre Sainte» une exposition de peinture nous propose à l’Hôtel de Ville de Sierre de découvrir les œuvres de l’abbé Bernard Dubuis. Ce dernier a déjà exposé en divers endroits du Valais et a notamment illustré deux receuils de poèmes de l’abbé Gilbert Zufferey. Les ventes auront lieu en faveur de L’association «Les Amis de la Crèche de Bethléem» qui aide financièrement la Crèche de Bethléem en Palestine.

Dirigée par les Filles de la Charité, cette institution accueille jusqu’à 120 enfants pauvres ou orphelins dont 50 vivent en internat.

L’équipe d’encadrement offre l’amour, la sécurité, les

soins et l’éducation à tous ces jeunes démunis: «Je sais des régions/Faites de sable assoiffé/En attente de rosée./«Les Ailes de la Nuit» de Gilbert Zufferey.

L’exposition de Bernard Dubuis nous offre une soixantaine d’aquarelles récentes: «il s’agit de jeux de couleurs de couleurs blanche, bleue, sculptée par des bruns, des bleus-marine, des gris de Pen, des ocre.... J’ai travaillé sur plusieurs triptyques de format 10/15 qui peuvent se décliner en lecture autant verticale qu’horizontale, individuellement ou par séries. Les titres des tableaux ont été tirés des vers de Gilbert Zufferey et offrent un chemin de lecture cohérent et harmonieux.» nous dit l’abbé Bernard Dubuis.

Ses aquarelles nous invitent à la méditation, à la contemplation, au silence, à laisser descendre en nous une sorte de sérénité et paix intérieure qui nous envahissent petit à petit: des déclinaisons, nuances, variétés de couleurs qui s’agencent et se structurent presque de manière musicale pourrait-on dire, avec des points forts, des crescendo, des plages plus apaisées. Les aquarelles de Bernard Dubuis ont parfois cette respiration propre aux vitraux des églises, avec la lumière qui devient souffle et substance, voyage et nourriture intérieure. Jean-Marc Theytaz

Exposition de Bernard Dubuis, Hôtel de Ville de Sierre, jusqu’au 18 novembre, en faveur des «Amis de la Crèche de Bethléem».

Jeux de lumières et de couleurs avec Bernard Dubuis.

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:38

Au centre du jour

sur les vagues glaciaires et la montagne bleue

les soubresauts de la saison

les lanières du vent dans tes cheveux défaits

les errances des  heures tièdes

les coups de boutoir du foehn endiablé

les promenades d'octobre sur les tapis

de feuilles jaunies

et le souvenir

dans les longues allés violacées de la nostalgie

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:36

Un pavé de plusieurs centaines de pages avec des lettres qui décrivent l’univers relationnel intense qui a réuni Nicolas Bouvier et Thierry Vernet, le peintre, voilà une des dernières parutions majeures des éditions Zoé àGenève.

Cet ouvrage nous propose en cinq parties l’ensemble des lettres que se sont écrites Nicolas Bouvier et Thierry Vernet dès l’âge de 16 et 18 ans jusqu’à la parution de «L’usage du monde» chez Julliard en 1964.

Des dialogues, des questionnements, des mises en doute, des révélations, des interrogations, des incises, des interpellations, des textes plus aboutis et affinés...bref un monde d’écriture, de sentiments, de présence au monde qui nous éblouit et nous met en perpétuel mouvement.

«Viendras-tu aux Indes avec moi?», «Des chemins différents», «Est-ce toi ou moi qui suis loin?», «Un petit peu de courant dans ce fil qui nous lie», «Comme un conte le livre du monde» soulignent cinq temps de l’échange, du partage, de la complémentarité, depuis les années de jeunesse du collège de Genève jusqu’à la publication de l’œuvre commune à Paris.

Un voyage géographique, temporel, sentimental par moments, tant les deux hommes peuvent partager les mêmes émotions. «Les connaisseurs de l’œuvre de Bouvier reconnaîtront dans ses écrits l’humour, la finesset et l’élégance qui le caractérisent» nous dit Caroline Coutau.

Bouvier le voyageur, le découvreur, l’aventurier aussi et Vernet la passion du mouvement perpétuel, du départ , de l’envol, de nouvelles naissances qui se conjuguent et se multiplient et se croisent à l’infini dans une pérégrination continuelle.

Un livre qui retrace une amité profonde, créatrice mais aussi les sentiers artistiques d’hommes sensibles, ouverts aux personnes, aux choses, aux formes, aux couleurs,. aux architectures... Un monde du visible qui se prolonge dans l’invisible, dans lequel concret et spirituel se complètent..BAux éditions Zoé, Nicolas Bouvier et Thierry Vernet,

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:04

Avec Venise comme décor Etienne Barilier a publié récemment un nouvel ouvrage intitulé «Un Véronèse» aux éditions Zoé à Genève.

 

L’écrivain, né à Payerne, vit aujourd’hui à Pully; il s’agit d’un romancier romand d’envergure, qui a un riche parcours, comme romancier mais aussi comme essayiste, même philosophe. Parmi ses nombreux romans nous pouvons citer «Le Dixième ciel» où il met en scène le fameux Pic de la Mirandole, une personnalité hors du commun, un penseur qui a marqué son époque de manière indélébile; parmi les essais un ouvrage significatif aussi, «Ils liront mon âme. Les écrivains face à Dreyfus.».

 

Etienne Barilier est par ailleurs également traducteur, et on peut relever parmi ses travaux des textes de Friedrich Dürrenmatt, Ludwig Hohl, Frank Wedeking... il a par ailleurs officié comme professeur associé à la section de français de la Faculté des lettres de l'Université de Lausanne (UNIL).

 

Dans son dernier roman «Un Véronèse», Barilier nous donne à découvrir un jeune homme qui tombe amoureux de deux femmes, qui représentent en quelque sorte le Vice et la Vertu. Résumé: «Dans un hôtel du Lido, près de Venise, le narrateur (orphelin) échoué là avec son grand-père qu'il appelle Père, tombe follement amoureux. Un amour éperdu et double. Pour Anne, pensionnaire dans son hôtel, et pour Anna, hôte d'un palace proche. L'une de son âge, l'autre pourrait être sa mère. Ce décor n'est pas loin d'un film de Claude Chabro...l».

 

Anne et Anna personnifient la tentation, le désir, la promesse de bonheur, mais aussi la souffrance, la douleur , la peur. Le décor est planté à Venise, une ville riche de symboles dont celui de l’amour, des masques, de la séduction. Une histoire qui raconte les liens qui rapprochent et éloignent ces trois personnages, dans lesquels on peut aussi retrouver la mère et la courtisane, l’amante et la confidente, le tout avec des propos intéressants sur la peinture, sur Véronèse, ses coloris nuancés, ses compositions équilibrées, ses atmoshères envoûtantes. Un voyage amoureux dépaysant, une narration très rythmée et douce à la fois, le dernier roman de Etienne Barilier nous transporte hors de notre quotidien, avec délectation. «Un Véronèse» de Etienne Barilier, aux éditons Zoé, Genève.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 11:00

«L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey.

«L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey, un ouvrage très intéressant de photographie et de poésie, qui mêle des formes d’art complémentaires, vivantes et dynamiques, traversées de retenue et d’imaginaire: «Livre d’artistes, dans les correspondances magiques de la lumière, de la couleur, du sens et du graphisme des mots, qui font de chaque page une oeuvre singulière» nous dit Marie-Claire Dewarrat dans sa préface.

 

 Un vrai jeu de d’échanges et de dialogues, de reflets et d’attentes, d’échos et de souvenirs, d’évocations et de suggestions, de présence et d’absence.

Comme le dit Monique Rey «le duo s’y affiche en miroir pour une des plus belles alliances. Photographie et poésie se séduisent, s’attirent, se libèrent, se dépassent...»

L’on peut parler ici de fusion à une certaine forme de réalité intérieure, de recherche de soi et de la réalité dans les architectures cosmiques du monde qui nous entoure et nous englobe. Poésie et image battent à l’unisson ou en des prolongements inattendus, respirent dans un souffle commun. Le travail graphique occupe également une grande place dans ce livre.

 

 «Pénétré, soulevé, par la parole poétique, l’artiste photographe, porte cette dernière à sa plus extrême incandescence, par la force de sa vision appliquée à l’art de la mise en page, distribuant dans la page, le texte si proche d’un autre lui-même, comme une double signature.» Dans «L’Obole du silence» les mots deviennent très précieux, rares, proches de la lumière et du silence.

Les mots comme des lucioles dans la nuit, des galets polis par l’eau et les éclats du soleil. Et la photo elle, est peinture, lavis, composition géométrique, jeux de couleurs qui se dilatent , se compressent et s’ouvrent à la fraîcheur de l’aurore. «L’Obole du silence» de René Bersier et Monique Rey, aux éditions d’art Le Cassetin. Livre d’art.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 10:33

03135369[1]Publication Germain Clavien vient de sortir un nouvel ouvrage intitulé«Notre vie» aux éditions de l’Age d’homme. L’écrivain valaisan nous offre cet automne un véritable bain de jouvence avec un livre de poésie frais, dense, profond, qui prend le quotidien à bout de bras.

 

Dans une langue fluide, avec une musique douce et lancinante, Germain Clavien nous dit le monde dans son âpreté, sa vigueur, sa tendresse et ses chemins intérieurs.

Une préface de Pierre Fournier fait référence à Verlaine, Apollinaire, des poètes qui ont su allier le chant de la langue avec les remous et les houles de notre monde. Interview.

 

 Un vrai retour à la poésie après des décennies sur la «Lettre à l'imaginaire» pourquoi avez-vous choisi de revenir à ce genre littéraire que vous avez un peu délaissé depuis quelques années?

 

≠ Je n’ai pas choisi de revenir à la poésie, c’est elle qui s’est rappelée à moi. Cela s’est imposé du dedans, je sentais le besoin de revenir à l’essentiel, de m’attacher à ce qui demeure et de l’approfondir. Depuis l’automne dernier jusqu’à ce printemps, je ne me suis plus exprimé qu’en poésie. L’inspiration s’est mise à couler comme l’eau de la source. Rares étaient les jours où rien ne me venait à dire et à mettre en forme. Et quelle joie quand je mettais le point final à un poème ! Jamais je ne me suis senti aussi heureux. Il ne faut pas oublier que la poésie a été ma première forme d’expression. Retour aux sources, à mes premières amours : la poésie, notre oxygène, le chant de l’âme, la fleur de notre vie… Baudelaire≠ avait raison, la poésie est la seule chose dont l’homme ne peut se passer.

 

 (T)Vos thèmes ont souvent trait à la nature avec laquelle vous vivez en osmose:Campagne, forêts, prairies, vergers, montagnes... se retrouvent dans vos textes. Des refuges, des lieux de repos, des ouvertures vers l'infini, des expressions de la divinité, quelles relations entretenez-vous avec la nature?

 

(C) Des relations profondes et très chères qui m’ont beaucoup manqué et fait souffrir au temps de l’internat, à St-Maurice, ou pendant mes treize ans à Paris. Fils de paysan, je suis né dans une ferme, à la campagne, et cela ne s’oublie pas. La nature est avant tout pour moi, aujourd’hui encore, le moyen le plus sûr de retrouver l’enfance, ce monde merveilleux des premières découvertes, des premières émotions. Ouvrir ma fenêtre au matin sur les arbres de mon verger, les voir fleurir au printemps, se couvrir de fruits à l’automne, poursuivre l’obscur travail des racines tout au long de l’hiver, les branches pleines d’oiseaux, est une joie qu’il faut la poésie pour dire.

 

 (T)Il y a aussi le temps qui passe, un peu de solitude et la musique des jours... Un humanisme quelque peu désenchanté?

 

(C) Oui, le temps, comme vous dites, le temps qui nous coule entre les doigts et qu’on aimerait retenir, plus particulièrement quand on commence à voir le bout du chemin, le chemin qui, bien compris, donne un sens à la vie. Et il n’y a pas qu’un peu de solitude, une grande solitude qui vous plonge dans l’abîme du temps les nuits d’insomnie.

 

(T)Peut-on parler de vers libres dans vos textes , qui correspondraient à une certaine philosophie faite d'ouverture au monde et de liberté d'existence?

 

(C) Philosophie faite d’ouverture au monde et de liberté, soit, mais je me demande si l’on peut jamais parler de vers libres en poésie. Ne faut-il pas suivre le rythme intérieur que l’émotion nous dicte et cela ne va pas sans attention, sans effort, sans travail. C’est ce que je cherche à faire, non sans avoir commencé par des alexandrins bien classiques, avec césure au sixième pied et rimes alternées ou embrassées, sous la houlette de maîtres comme Hilaire Michaux ou Norbert Viatte que j’aimais beaucoup.

 

 (T)Estimez-vous avoir une proximité avec Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy, Georges Perros... des poètes qui expriment une certaine réalité concrète tout en laissant place à une forme de spiritualité spécifique?

 

 (C) Avec Philippe Jaccottet, bien sûr, mais plus qu’avec Bonnefoy ou Perros, avec des poètes plus proches de la terre, espagnols ou portugais, comme Antonio Machado ou Fernando Pessoa, des poètes italiens comme Ungaretti ou Pavese, un Tchèque comme Seifert, des Russes comme Essenine ou Anna Akmatova.

 

(T)Ce livre est-il un tournant dans votre travail ou reviendrez-vous à la«Lettre à l'Imaginaire»? (C) C’est un tournant qui va en susciter d’autres, j’espère, il m’a donné tellement de joie. Mais la Lettre à l’Imaginaire, je ne pourrai certainement pas l’abandonner, les tomes 21, 22, 23, sont déjà écrits sous forme de notes ou de brouillon. La poésie a-t-elle la place qu'elle mérite dans le monde littéraire contemporain?

 

(C) Oh Non ! Ce n’est pas que les poètes manquent pourtant, mais les éditeurs se font tirer l’oreille pour publier des recueils et combien de journaux publient encore des poèmes ! Ce qui s’expose dans les vitrines des libraires, c’est le roman, la bande dessinée. Quand j’y travaillais, la Gazette littéraire publiait encore des poèmes.

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