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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 20:36

Le vent s'est levé sur la dune

Poussières d'étoiles

Silence de bleu et de noir intense

Il se dessine en moi

des grèves sauvages

des landes désertes

où galopent  des chevaux

Entre la mer et l'horizon vert

des minutes d'éternité

celles qui nous emportent au-delà

 de nous-mêmes

et de nos questionnements

sur les crêtes neigeuses de l'océan

Tout près du ciel 

et de ses fluides étendues  

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jean-marc theytaz - dans littérature
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 20:26

110685yn[1]Le dernier livre de Christian Michaud, écrivain valaisan établi à Verbier et en France, vient de sortir de presse. Il s’intitule «Je rampe devant ton fard comme glisse le tueur dans la pénombre» et est paru aux éditions Persée.

 

Il rassemble une série de textes poétiques qui allient sensibilité, finesse de perception, justesse d’écriture. La femme y est souvent présente et elle se retrouve avec subtilité dans les formes de certains paysages neigeux, les mots sonnent avec légèreté, fébrilité,fragilité, dessinant les dédales de formes évanescentes et érotiques qui célèbrent la féminité dans tous ses mystères et toutes ses magies. L’amour guide note quotidien ou fait que nous nous y perdons...

  

1.M. Michaud, vous avez commencé par écrire des romans. Comment en êtes-vous venu à la poésie et à la prose poétique?

En fait, si on y regarde de plus près, mon langage écrit a toujours été la prose poétique. Le seul peut-être qui y échappe, c’est «Le Roman de l’illusoire». C’est la construction la plus romanesque

de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant.

 

 

2. Vos écrits, les romans surtout, ont quelque chose de fort et une sorte «d’intériorité», qui nous parle des malaises profonds de l’être humain, de ses questionnements existentiels, de ses rapports avec la mort, par exemple dans «Nécrose». Quelles sont les thématiques qui vous préoccupent le plus? L’amour, la mort, la solitude...?

Oui, ces trois mots sont exacts. L’amour dans ce qu’il représente de difficultés relationnelles et d’impossible osmose. La mort, non forcément dans ce qu’elle a de gravité existentielle ou de doute métaphysique, mais plutôt dans ce qu’elle a de puissance suggestive au travers des mots et des mises en image par les mots. La solitude aussi que traduit la difficulté de vivre avec l’autre, mais aussi le confort contemplatif que cette solitude permet et implique. On peut y ajouter les contraintes sociales, principal sujet du «Carcan», et l’exil aussi, qui me semble être le vécu de tous les instants.

 

 

3. Quelle est la place de l’écriture dans votre quotidien depuis que vous vous y consacrez pleinement et que vous avez arrêté l’enseignement. Est-ce une respiration vitale, un mode d’être, une façon de saisir le monde et la réalité, une fenêtre sur le monde?

Oui, c’est tout cela à la fois. Toutefois, l’expression la plus juste en ce qui me concerne me semble être: respiration vitale. Ce qui m’a fait d’ailleurs le plus souffrir, c’est lorsque je me suis rendu compte que je devais impérativement mettre l’écriture de côté pour pouvoir poursuivre le plus honnêtement possible mon travail d’enseignant, les deux activités étant beaucoup trop lourdes à mener de front. L’écriture est un exutoire formidable pour moi, une toute première nécessité. C’est à mes yeux un acte grave et exceptionnel. C’est peut-être la raison pour laquelle j’écris des choses qui paraissent difficiles.

 

 Parlons édition: vous avez publié quelques ouvrages chez Zoé, puis vous avez changé d’éditeur. Avec l’arrivée du numérique et de l’internet, la multiplication des publications, est-ce plus difficile aujourd’hui de trouver un éditeur qui a pignon sur rue ou finalement est-ce secondaire tant que l’adéquation entre le projet d’écrire et la publication se fait sans trop de soucis, financiers, notamment?

C’est une question extrêmement complexe et importante. Je vais essayer d’y répondre rapidement: D’abord, il est quasiment impossible d’entrer dans une grande maison d’édition. Et les raisons données aux refus sont «insondables», quand on veut bien vous en donner. Ensuite, en tant que provincial en France ou en tant que suisse romand, on peut dire que la plaque parisienne est pratiquement imprenable. Or c’est sur cette plaque-là que tout se joue. Enfin, avec le temps et mes multiples sollicitations auprès des «grands éditeurs», j’ai obtenu la conviction que l’on n’entre pas dans ces «hauts-lieux» sans y être très intimement invité, si vous voyez ce que je veux dire. Cela dit, si un écrivain a la chance d’être suivi par un éditeur qui lui sera resté fidèle, le problème de l’édition est pour lui résolu. Cela n’a pas été mon cas. Demeure alors la question d’être lu et reconnu. Il existe différentes formes de petites éditions dites participatives très dynamiques qui permettent cette ouverture sur le monde éditorial. En ce qui me concerne, j’ai voulu augmenter cette potentialité de lecture en créant mon propre site internet.

 

 

 

4. Pensez-vous que la littérature romande ait du point de vue contemporain des spécificités propres ou bien suit-elle les grandes tendances françaises et américaines?

Je crois que la littérature romande a dépassé depuis longtemps les frontières de son propre «terroir». Elle se mondialise, en quelque sorte. Et à mes yeux, c’est un bien. On aspire de plus en plus à une sorte d’universalité de la pensée. Je ne veux pas dire que l’on ne peut plus écrire des choses importantes en s’inspirant de la «communauté retreinte», de son village, de sa rue, mais je crois que l’écriture a pour essentielle raison d’être - et cela depuis toujours - cette faculté indélébile de propagation universelle des idées et des actes.

 

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 19:22

La Printze écume

les tourbillons retiennent

la clarté du ciel dans leurs chevelures folles

les aulnes segmentent l'horizon

respiration sourde de la mousse

près du rocher humide

sur le visage de la rivière

des éclats de vitrail

mes doigts plongent

dans la lumière des frondaisons sauvages

une prière monte aux lèvres

celles des eaux primales

 qui ont travaersé la nuit

pour ouvrir nos yeux

 

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 18:28

013374ub-1-.JPG«Syllabes au vent», voici le quatorzième ouvrage de poésie de Andrée Pfefferlé qui sort aux éditions A la Carte à Sierre.

Un parcours métronome,avec chaque année un nouveau recueil de poèmes qui nous apporte lumière, délicatesse, pureté et fraîcheur.

Professeur de musique durant plusieurs décennies, Andrée Pfefferlé sait travailler avec justesse et finesse le rythme de ses vers, apportant fluidité, vitalité et transparence au poème. Comme le dit Joseph Lamon dans sa préface Andrée Pfefferlé soigne la manière. Sa vie de musicienne est bien là, sobre et sans compromis. Le mariage du mot et de la pensée compose cette symphonie du verbe qui interpelle, séduit, incite à la relecture et se conclut dans l’émotion....» Pour son quatorzième opus Andrée Pfefferlé nous fait renouer avec des thèmes qui lui sont chers comme la fuite du temps , qui nous prend, nous enveloppe et nous emporte irrémédiablement, avec la nature, les saisons, les envols et flamboiements de lumière, avec les êtres chers qui l’ont entourée, avec la parole du poète toujours en quête d’un peu de beauté et de vérité: «Un sentier occulte à travers bois/s’esquisse pour conduire les pas/de qui est en quête de déchiffrer/le grand livre ouvert du vivant/d’y saisir une parole de beauté/afin de s’arracher à la pesanteur du monde/ ce séjour étroit où passent/des ombres fugitives.../».

André Pfefferlé fait preuve d’une rigueur et d’un travail soutenu dans ses recueils, elle y met son cœur et son âme, sa sensibilité au monde qui l’entoure et son esprit d’analyse. Elle est en accord avec l’univers et parvient à y déceler des parcelles d’éternité, des instants de lumière, des lieux de partage, des êtres de grande humanité, des existences humbles, sincères et fortes. La poétesse sédunoise a commencé à écrire sur le tard mais depuis quatorze ans elle a développé un parcours poétique qui lui est propre et de valeur. Jean-Marc Theytaz

«Syllabes au vent», de Andrée Pfefferlé, aux éditions à la Carte, Sierre.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:50

Brume floconneuse

 la vallée du Rhône déroule ses parchemins vitreux

le silence donne naissance

à une douce mélodie flûtée

les mains jointes

longer le fil des heures

le regard ouvert

sur l'impatience de ne plus s'appartenir

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jean-marc theytaz - dans littérature
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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 20:43

L’Atelier Espace Couleur à Anzère nous propose jusqu’au 10 avril de découvrir les tableaux de Angèle Ruchti, une artiste née à Zurich, et qui est établie dans la station valaisanne depuis 1998.

Angèle Ruchti a suivi une formation de peinture et de pédagogie à l’école Assenza à Dornach et travaille actuellement entre Anzère et Uberlingen où elle a un second atelier; elle y dispense des cours de peinture et y rencontre et forme de nombreux artistes.

L’exposition actuellement proposée à Anzère se décline sur une thématique alliant les montagnes et le bouquetin. «Pendant tout l’hiver 2010, cinq bouquetins ont séjourné durant des mois au Chamossaire au-dessus de la piste de ski de la Combe. Tous les jours j’ai pu observer le plus grand que j’ai nommé Ary. Le 22 mars 2010 une avalanche a emporté et tué Ary.Il avait onze ans et sa mort m’a très touchée. J’ai ainsi fait plusieurs peintures pour Ary ainsi que des eaux-fortes du Chamossaire et des autres bouquetins. Au printemps, j’ai réalisé des peintures avec des couleurs vives et des tulipes qui étaient dans un vase dans mon atelier d’où je peignais mes toiles.»

La technique utilisée par Angèle Ruchti est essentiellement la tempéra à l’œuf, qui assemble les avantages à la fois de l’aquarelle et de l’huile. Il s’agit d’une peinture à l’huile soluble à l’eau, le jaune d’œuf étant une émulsion eau-huile parfaite. L’artiste travaille avec cette technique depuis six ans. Angèle Rutchi accorde une grande attention à la nature avec laquelle elle vit en symbiose: «j’essaie de vivre et de peindre le présent, l’avenir vient à ma rencontre dans le présent et la peinture m’aide à le concrétiser activement.» Angèle Ruchti, parallèlement à ses tableaux figuratifs, réalise également des compositions abstraites. Jean-Marc Theytaz

Exposition de Angèle Ruchti, Atelier Espace Couleur, Place du Village 9, Anzère, jusqu’au 10 avril.

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jean-marc theytaz
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 23:22

Le Château de Venthône offre avec sa galerie la possibilité aux artistes de notre canton de mettre en valeur leurs œuvres dans un lieu chaleureux, accueillant, lumineux. Artistes bas-valaisans et artistes haut-valaisans s’y croisent comme maintenant avec l’exposition de Andreas Henzen. Originaire de Baltschieder, Anderas Henzen a d’abord travaillé comme enseignant primaire pendant quelques années avant de suivre l’Ecole cantonale des Beaux-Arts à Sion. Depuis il peint constamment avec en annexe des travaux effectués en archéologie. Son atelier se trouve actuellement à Saint-German.

Le peintre haut.valaisan se consacre essentiellement aux «symboles, aux signes et à leur structure. Semblables aux hiéroplyphes, ceux-ci fonctionnent comme gardiens de la mémoire» nous dit Muriel Constantin, historienne d’art. Les traces, les empreintes, les écritures sont le garant quelque part de «l’existence» par l’intermédiaire d’une mémoire qui enferme le temps et l’espace, les circonscrit, leur apporte forme, relief, leur octroie un poids particulier. Trait d’union entre choses passées, absentes, entre la mort et la vie, les signes qui ont leur propre langage dilatent en quelque sorte le temps tout en le rendant plus concret. «L’événement pictural circonscrit dans le carré, le rectangle, a lieu dans la toile. Il s’impose au regard par cet air de silence monochrome, interstice entre l’environnement quotidien et la poésie d’une image mentale..» nous dit Miryam Polatti. La lecture des tableaux de Andreas Henzen peut se faire à plusieurs niveaux tant les couches se superposent et se complètent, se prolongent, comme un palimpseste ... «Il surgit une étrange géographie suggestive de territoires culturels inscrits dans notre mémoire,, au-delà des icônes fortement valorisées de notre temps». Mais l’artiste haut-valaisan laisse une large part à ses propres territoires, son univers imaginaire personnel, qui fait que son alphabet nous parle de temps oubliés, de temps à venir, de territoires à explorer.

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jean-marc theytaz
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 17:24

Le fleuve endormi

 

Le sentier d'humus le long du fleuve

rassemble mille pas évanouis

Les buissons de sureau

les bouquets de vernes

les clairièresespacées

les brassées de lumière

inondent ler regard

Sur les pierres

près  des rives

le poids du temps

le limon où sont venues les mésanges

boire à la source

Et le silence du fleuve endormi

ses litanies d'écharpes soyeuses

la douce brise

qui berce notre mélancolie

ta voix ronde

sur l'eau de marbre et de vent

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jean-marc theytaz - dans littérature
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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 16:12

L'internet est devenu incontournable, aussi bien pour le commun des mortels que pour les écrivains.

Nombre d’entre eux ont en effet des sites ou des blogs et dernièrement le Valaisan Christian Michaud a également mis en ligne un site d’écrivain attrayant, plusieurs pages pleines d’informations et d’enseignements sur son activité littéraire, avec biographie, bibliographie, inédits, projets d’écriture... Il va prochainement publier un livre de prose poétique intitulé «Je rampe devant ton fard comme glisse le tueur dans la pénombre» aux éditions Persée.

Dynamique et diversifié

Une simple visite de quelques minutes permet de se faire rapidement une idée de son trajet littéraire.

Né dans le val de Bagnes, Christian Michaud suivra des études universitaires de Lettres et de Méthodologie pour l’enseignement des langues; il sera ainsi professeur de français et d’allemand dans un cycle d’orientation durant trente ans, dispensant des cours de français et d’allemand. Entre 1982 et 1987 il publiera trois livres, notamment aux éditions Zoé un roman intitulé «Nécrose», un recueil de poésie «Les langages de la mort» et un récit nommé «Carcan». Parallèlement à ces activités il participera à des créations poétiques notamment et signera des critiques de peinture contemporaine, par exemple sur Ciana dans le Chablais. A partir de 2007 il se consacrera à plein temps à l’écriture et de cet engagement vont naître «Le roman de l’illusoire» aux éditions Persée et un ouvrage de prose poétique qui va paraître en 2011 «Je rampe devant ton fard comme glisse le tueur dans la pénombre». Par ailleurs Christian Michaud prépare la réédition de «Carcan» et a des projets de poésie et de roman. Un écrivain traversé d’énergies, et qui les redonne pleinement dans ses écrits.

Douceur et lignes subtiles pour son dernier ouvrage

Son dernier ouvrage de prose poétique mêle des accents lyriques, esthétiques avec une certaine forme d’érotisme: la nature et la femme se marient, sont en symbiose, en complémentarité, en prolongement, nous offrent des musiques intérieures rythmées d’émotions physiques et sentimentales, de corps et d’esprit: «Guettant sur la surface neigeuse les plis et replis du vallon, par-delà les lignes subtiles des dunes et des monts, il reconnaît la fragile intimité d’une source, où une tendre dépression fait songer à la secrète douceur pubienne, tandis que plus loin, le val se courbe et dessine en son centre les lignes symétriques et arrondies d’un sein. Vers le puits il s’achemine, vers ce creux de chair et d’eau il voudrait disparaître, laissant derrière lui comme une brume létale, un souffle d’inexistence...» . Christian Michaud, un auteur valaisan très dynamique, qui consacre son temps à l’écriture avec passion et ferveur, un écrivain qui pratique plusieurs genres et passe sans difficulté de la poésie au roman, à la nouvelle ou à la prose poétique.

.A découvrir: http://www.christian-michaud.fr

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jean-marc theytaz - dans littérature
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 22:57

Le corps du prunier

noir dans la  vierge prairie

 le givre matinal

l'herbe fauve

 comme un îlot silencieux

qui danse

entre hiver et printemps

un vol de moineaux

 une poignée de cris frêles

au creux de mes mains

le ciel d'anémone

les pages de soie feutrée

¨dans tes yeux et sur ta peau

tout près de moi

je passe

un souffle sur les branches de mélèze

la clairière s'illumine

un premier matin du monde

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jean-marc theytaz - dans littérature
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