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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 20:55

2506254080_d8a3c8e8d9.jpgLa pluie

douce et légère

une fleur fragile

de transparence et de lumière

elle est blanche elle est feutrée

 tombe dans tes yeux

comme larmes d'azur

qui font communier

ciel et terre

en un bouquet

de subtilsparfums

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 19:56

La forêt escarpée noie mes pensées

Falaises et soubresauts

émaillent mon chemin

Les pins chantent

comme grillons

en plein zénith

j'écoute la respiration du jour

Dans la serande

les sorbiers  s'offrent aux mésanges

leurs chants emplissent l'espace

Un bouquet de paroles

au silence blanc de ton absence

Nos pas glissent sur la litière brune

des formes abandonnées

au temps qui efface tout

des signes fragiles

sur l'ardoise d'humus perlé

Regarder toujours plus loin

avec l'espérance

comme vive lumière

avec le corps

 comme vive appartenance

 Un monde

de silhouettes évanescentes

dans lequel ton regard apparaît

une montagne magique qui prolonge

nos croyances

timides et  flageolantes

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 17:38

452335104_0e986cface.jpgIl pleut des pétales roses

les magnolias sont en fleurs

Orages de violine

les lilas remplissent l'après-midi

 de leurs embruns enivrants

Ondoiements des prairies dans l'air atone

le vent mouille les heures lentes

de ses soubresauts

Parchemin de bleuets

le ciel emporte

les voix discrètes et délicates

du printemps

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 15:11

Le fil du fleuve

l'existence en douce fluidité

les jours dans la clarté d'avril

la peur

accrochée à l'hiver

partie au vent mauvais

les yeux rieurs de la fillette

les tussilages pleins de soleil

ses mains d'enfant

qui tiennent fermement le petit bouquet

s'arrêter

caresser le chat

regarder couler le temps fleuri

celui de Lili

de son rire espiègle

de sa fraîcheur

si bienfaisante

de ses mots si précieux

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:42

Fleurs de pommiers

blancheur immaculée

pluie de merisiers

pétales incandescents

la brise glisse sur le flanc de la vallée

dans mes veines

les battements

de la vivante saison

il fera clair

derrière ce trop plein

d'incendies fous

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:58

Un objet littéraire fascinant, étonnant, improbable... voilà tel que définie par la critique l’œuvre de Paul Eluard et André Breton publiée sous le nom de «L’Immaculée Conception» aux éditions Seghers. Les deux piliers du Surréalisme y laissent se développer et s’exprimer leur talent prolifique, créatif, baroque aussi, dans ce livre à deux mains. Une quête de la Vérité, une «philosophie poétique» qui se retrouve au travers de divers styles dont l’écriture automatique, spontanée et révolutionnaire de AndréBreton qui a toujours aimé renverser les paradigmes, les normes, et la transparence, la fluidité et la subtilité de Paul Eluard.

Le recueil s’articule en quatre volets bien différents: «L ’Homme», «Les Possessions», «Les Méditations» et «Le Jugement originel». On y découvre de la naissance à la mort cette pulsion et cet élan qui font que la vie nous pousse à toujours avancer, puis les «cinq délires» que la psychiatrie a mis au jour et classifiés et qui démontre que la frontière entre certaines formes de folie et l’univers des poètes est très ténue. Vient ensuite la découverte de l’Amour et ses pays de lumière mais aussi parfois de désespoir et finalement «Le Jugement universel» qui nous offre quelques «commandements» dont celui d’éviter la tiédeur dans notre existence comme dans toute forme d’expression artistique.

Paul Eluard qui a été poète résistant, communiste et a adhéré au mouvement Dada a également été un chantre d’un certain lyrisme amoureux, de la liberté, le jeunesse, de l’aventure. Il a aussi beaucoup communiqué avec Aragon, Philippe Soupault. André Breton qui fut lui le chef de file du Surréalisme a été notamment influencé par Paul Valéry et fut aussi le compagnon de route de l’écrivain surréaliste Jacques Vaché. On lui reprocha entre autre une certaine rigidité et un dogmatisme parfois malvenu. Il publia notamment «Les champs magnétiques» avec Philippe Soupault, un autre écrivain majeur du Surréalisme. Jean-Marc Theytaz

«L’Immaculée Conception» de Paul Eluard et André Breton aux éditions Seghers.

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 19:56

Les éditions Zoé nous proposent la réédition de «En attendant la guerre», un roman paru en 1989, signé Claude Delarue: ce livre avait obtenu le Prix du Roman Européen et avait été publié par les éditions du Sueil. Un ouvrage qui nous parle avec force, puissance et un certain souffle de l’homme confronté à la mort, à la disparition, à l’absence et au deuil mais qui aborde aussi avec finesse et subtilité la thématique de la relation amoureuse. L’héroïne, Olga Grekova-Leber, se trouve sur une chaise roulante depuis l’accident qui a causé la mort de son mari. Désormais elle «attend la guerre», une guerre que son défunt mari avait prévue, lui qui avait fait bâtir une forteresse sophistiquée sur un abri antiatomique. Olga écrit et pour donner une seconde vie à ses feuillets elle a fait venir près d’elle un secrétaire qui devrait s’occuper de l’édition posthume de ses écrits. Régulièrement Olga et le secrétaire font de petites promenades qui nouent entre eux certains liens et qui développent complicité et intimité. C’est ainsi qu’une relation amoureuse va prendre naissance entre eux; le secrétaire va transformer leurs promenades en véritables randonnées en montagne, transportant Olga sur son dos jusqu’à l’épuisement. Cette histoire naît sous l’œil de Tanguy, le régisseur du domaine. La nature occupe également une place importante dans ce livre, avec ses forces invisibles, ses nuances, sa violence, sa grandeur, sa noblesse, sa majesté, sa somptuosité, ses obscurités...

Claude Delarue est l’auteur d’une trentaine de romans, d’essais et de pièces de théâtre, il est également dramaturge et essayiste. Sa formation initiale est musicale et aété suivie à l’Académie de Vienne; il vivra à Hambourg et Berlin et travaillera pour le CICR au Proche-Orient, dans la bande de Gaza. Claude Delarue vit actuellement dans la capitale française, pratiquant la critique littéraire et remplissant la fonction de conseiller éditorial. «En attendant la guerre» de Claude Delarue, aux éditions Zoé.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 21:12

 

Michel Bovisi, tout le monde le connaît dans le Valais artistique contemporain. Un langage très personnel, un esprit non dénué d’ironie et de causticité,une grande inventivité, le peintre habite et travaille à Martigny depuis de longues années.

Il expose actuellement au Manoir, de quoi se plonger dans son univers toujours surprenant et toujours intéressant.

Un itinéraire personnel

Ce qui caractérise les créations de Michel Bovisiest le fait que qu’il a su créer un univers très personnel. Un langage très élaboré et subtil, fait de lignes brisées, d’angles, de cercles, de carrés,d’arrondis, de pictogrammes qui s’imbriquent les uns dans les autres pour former un ensemble; des hiéroglyphes, un alphabet ancestral qui aurait traversé les âges, à des signes qui s’interpénètrent, s’appellent, se répondent,se prolongent, se complètent ou s’évident, un langage fait de signes magiques que l’on pourrait lire dans plusieurs sens et qui apportent à la réalité artistique un aspect polymorphe et pluridimensionnel.

Ce langage laisse apparaître derrière son apparente complexité des quantités de formes: des silhouettes contorsionnées, des visages en équilibre instable, des regards perçants, des êtres dansants, des dessins d’enfants, des sentiers non balisés, des paysages magiques, des forêts emplies de symboles et d’indices étranges, des gestuelles stylisées.... bref un monde baroque chargé de sens, mais que l’on peut également capter et vivre comme un univers de légèreté aérienne, une douce musique calligraphique et esthétique. Les tableaux jouent également avec les couleurs et nous emportent dans un flux continu de signes et de remous décapants... Le Manoir nous propose de découvrir plus de quatre-vingt tableaux.

Une légende martigneraine

Il faut rappeler que Michel Bovisi en tant que membre du Cercle des Beaux-Arts a su donner «vie et créativité» à l’espace du Manoir comme le rappelle Mads Oelsen. Bovisi est une légende à Martigny, tout le monde le connaît, soit comme peintre, soit comme animateur artistique; ses gravures, ses tableaux, ses collages ont su s’intégrer et imprégner le paysage culturel de la région. L’exposition du Manoir de Bovisi a été intitulée «Credo» et la démarche picturale du peintre martignerain se retrouve comme il le dit lui-même dans le fameux «D’où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous?» de Paul Gauguin. Pour Bovisi l’exposition du Manoir se veut une mise en scène de ces trois questions avec les balises d’un long chemin artistique. «Le Manoir, qui se prête au jeu à travers ses étages, donne un cadre et un rythme à ce dialogue entre les lignes et les idées. Le tout se propose comme une «installation», dirait-on aujourd’hui, qui s’échelonne de bas en haut, dansa cette demeure qui sait si bien être hospitalière à une peinture des états d’âme». «Les travaux présentés ici sont tous récents ou ont été revisités pour l’occasion» nous dit Michel Bovisi.

 

Un ensemble de tableaux qui sont très variés: «Traces», «La porte», «Fantaisie orientale», «Je vous écris des alpes, Catogne», «Beuys», «La part de l’ange», «Poussières d’étoiles»... autant de titres qui nous conduisent dans le cosmos et au tréfonds de nous-mêmes, des peintures très bien construites, avec un sens de la composition et de l’architecture, des rapports équilibrés entre volumes, formes, couleurs. Le langage de Bovisi est solide, bien configuré, charpenté, tout en laissant place à l’imaginaire et à l’onirique.

Exposition ds tableaux de Michel Bovisi au Manoir de Martigny, jusqu’au 23 avril.

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jean-marc theytaz
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 21:26

Un prix Interallié 2010 pour «L’amour nègre», c’est une consécration internationale pour l’écrivain romand Jean-Michel Olivier. Après Charles Lewinsky, Matthias Zschokke, Claude Alain Sulzer la Suisse francophone gagne des galons ces deux dernières années; il aura fallu attendre l’espace d’une génération pour que les exemples de Jacques Chessex, Georges Borgeaud... trouvent des héritiers dans le rayonnement la littérature romande.

 

1. Jean-Michel Olivier, on sent le temps et l’espace s’agrandir, la vie devenir plus douce lorsque l’on reçoit un tel prix, si prestigieux ?

—En même temps que l’espace s’agrandit, la vie s’accélère, on rencontre beaucoup de monde, le plus souvent très bien attentionné, d’ailleurs. Mais cette farandole, si elle est douce et légère, donne aussi le vertige ! Sans parler des attentes de l’éditeur, des lecteurs, des journalistes…

 

2.Vaud et Genève se disputent maintenant l’écrivain Jean-Michel Olivier. Êtes-vous tout simplement trans-lémanique?

— Comme vous le savez, ma mère est italienne et mon père était vaudois. Ma famille n’a cessé de bouger, avant de s’établir à Genève, où j’ai fait mes études et écrit la plupart de mes livres. Mais au contre de cette vie, il y a le lac, qui est notre «petite mer intérieure», disait Ramuz. Je ne pense pas être d’un canton plutôt que d’un autre: mais un écrivain lié au lac et aux fleuves. Comme à la mer, d’ailleurs…

 

3. On vous considère aujourd’hui comme l’un des meilleurs écrivains romands de votre génération. Le Prix que vous avez reçu est-il déjà en train de vous donner des ailes parisiennes?

— Oui, l’un des bonheurs de ce Prix, c’est d’ouvrir des portes, de faire tomber des murs, de traverser toutes sortes de frontières. Invisibles, mais bien réelles. Comme celle qui existe entre la Suisse romande et la France, par exemple. En me récompensant, les jurés de l’Interallié voulaient sortir du microcosme parisien, prendre du recul et respirer un peu l’air du large, me semble-t-il. Et ils ont aimé L’Amour nègre parce qu’il faisait le tour du monde et se jouait des frontières…

 

4. «L’amour nègre» est une satire, une comédie chez nos people modernes, qui nous fait découvrir aussi un monde de plus en plus globalisé qui tombe dans les travers humains plus archaïques. Comment vivez-vous les changements sociétaux contemporains?

—J’essaie de décrire, avec le recul de l’humour et de la satire, un monde qui part dans toutes les directions. Un monde fascinant, imprévisible, constamment en mouvement, comme les couches telluriques ou les océans! Qui aurait pu prévoir, par exemple, les soulèvements populaires dans les pays arabes? Pourquoi ont-ils lieu aujourd’hui? Et là-bas? Je crois que c’est l’un des effets (positifs) de la globalisation de l’information (Internet, Facebook). Mais aussi le résultat de cette mondialisation désastreuse qui élargit sans cesse le fossé entre les peuples, et creuse les inégalités dans chaque pays. C’est aussi cela que j’ai essayé de décrire dans mon roman.

 

5. Vous pratiquez avec bonheur la littérature mais appréciez aussi beaucoup le football, l’art musical. Qu’est-ce que ces langages artistiques et sportifs évoquent-ils chez vous?

— Ces trois arts (car le football est un art!) ont en commun, pour moi, de faire la part belle au jeu. Écrire, c’est jouer avec les mots. Comme faire de la musique, c’est jouer avec des notes. On dit d’ailleurs «jouer de la musique». Et l’essence même du foot, c’est le jeu. Avec le ballon et avec les autres. C’est pourquoi ces trois arts sont universels: on écrit chez soi, à partir de soi, mais pour les autres. On ne sait jamais pour qui l’on écrit. Mais il y a toujours un œil et une oreille pour vous lire quelque part…

 

6. Esprit d’ouverture, finesse d’écriture, gravité et légèreté, l’écrivain que vous êtes se sent bien dans ses livres...?

— À chaque livre, comme un artisan, j’essaie de faire mieux que le précédent. Mieux, cela veut dire trouver la forme adéquate à ce que je veux exprimer ou suggérer. C’est tantôt le récit, tantôt le roman, tantôt la satire ou le conte philosophique. Ce bonheur, cette adéquation, n’arrive pas à chaque fois. Mais lorsqu’elle se produit, c’est toujours un petit miracle. Et un grand bonheur. Mais il ne faut pas oublier que c’est toujours le lecteur qui a le dernier mot!

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jean-marc theytaz - dans littérature
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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 16:57

Crocus et anémones

 nudité de la verte prairie

silence et  murmure fragile

il pleut

des  instants de cristal

sur le velours du printemps naissant

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jean-marc theytaz - dans littérature
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