Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 16:31

La Fondation Arnaud a monté l'année dernière une exposition mettant en évidence la vie artistique intense qui régnait dans le village de Lens avec la présence de Ramuz, Auberjonois, muret, Stravinsky.

Un bouillonnement de culture, relativement court dans le temps, mais qui a débouché sur des résultats concrets et sur une expo qui a connu le succès avec plusieurs volets présentés.

Un village, quatre artistes, une aventure: la Fondation Arnaud a fait fort en 2015 avec « Le Diable, la plume et le pinceau. Auberjonois, Muret, Ramuz, Stravinsky ». Il s’agit d’une exposition singulière qui met en exergue ces quatre artistes qui ont séjourné à Lens. Une trilogie pour cette manifestation automnale avec une publication, une exposition et un spectacle grandiose:

«L’Histoire du Soldat» de Ramuz et Stravinsky»

L’exposition a présenté les œuvres majeures de René Auberjonois et d’Albert Muret avec un regard original de Charles-Ferdinand Ramuz. «Nous avons mis en évidence un ancrage avec les gens de Lens» relève M.Daniel Salzmann, président de la Fondation Pierre Arnaud. «Le fil rouge est Ramuz qui est passionné de peinture et qui disait lui-même «mes maîtres sont les peintres et non pas les écrivains». Il entretenait une passion pour Cézanne et a écrit des lignes admirables alors qu’il n’a pas fait de même pour Muret.» souligne M. Christophe Flubacher. L’exposition s’articulait autour d’un spectacle de danse avec orchestre ,création mise en scène par la Valaisanne Julie Beauvais et d’un livre: «Association « Les Amis de Muret ».

Un ensemble cohérent et parlant qui analyse aussi un rapport au tempse t au lieu comme le dit Noël Cordonnier, rédacteur du livre. Les deux peintres ont une approche et une vision artistique totalement opposée , un réalisme plus concret et sensoriel chez Muret alors que Auberjonois fait preuve d’un onirisme et d’une imagination débordantes avec des couleurs plus terreuses. Comme l’explique, Christophe Flubacher, directeur scientifique du Centre d’art, «le visiteur pourra découvrir «65 tableaux des deux peintres, parmi eux la célèbre «Ludivine» de Muret, portrait de la servante d’Albert Muret et «amoureuse de Ramuz»

Ces tableaux proviennent de collections privés mais aussi des musées et de la Fondation Pierre Arnaud.» Mais constatation étonnante Ramuz «fait preuve d’une étonnante cécité à l’encontre de la peinture d’Albert Muret alors qu’avec Auberjonois il parle de l’Art, de manière plus conceptuelle.» «L’Histoire du soldat» avec Julien Beauvais A l’époque où ils rédigeaient le livret de l’Histoire du soldat, Ramuz et Stravinsky ont brièvement séjourné à Lens chez Albert Muret à la fin mai 1918, deux jours«L’Histoire du soldat» raconte comment, sur le chemin du retour chez lui, un soldat en permission rencontre le Diable, qui le convainc d’échanger son violon contre un livre qui prédit l’avenir. Pour la création de l’Histoire du soldat à Lens, la Fondation Pierre Arnaud a fait appel à Julie Beauvais, qui en assure la mise en scène: «Il s’agit d’un spectacle mais également d’une installation d’art contemporain et j’ai monté un spectacle transdisiciplinaire» L’écriture de Ramuz est musicale et rythmée.

L’équipe technique joue un rôle important et les artistes , les musiciens sont d’un très haut niveau. Julie Beauvais a choisi de moderniser la forme et d’inviter le spectateur à déambuler dans un espace réinventé pour l’occasion. Après «Albert Muret, Dilettante magnifique» (2010), «Le Diable, la plume et le pinceau» constitue le deuxième volume d’importance publié par l’Association «Les Amis de Muret» (Lens). Il rend compte de la présence d’artistes d’importance dans le village de Lens au début du XXe siècle: les peintres Albert Muret et René Auberjonois, l’écrivain Charles-Ferdinand Ramuz et le musicien Igor Stravinsky. L’ouvrage se propose de commenter les hasards et circonstances des rencontres et les collaborations croisées de ces artistes, et d’éclairer un moment particulièrement crucial de l’art international et suisse dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Noël Cordonier, directeur éditorial, a fait appel à une palette de spécialistes, afin de présenter, sous une forme accessible et dans un livre richement illustré, des recherches inédites sur les liens que ces artistes ont entretenu les uns avec les autres. ***

www.fondationpierrearnaud.ch

Ramuz, Stravinsky, Auberjonois, Muret ont été célébrés à la Fodnation Arnaud
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 16:23

Il y a quelques années Janine Massard publiait un ouvrage intéressant sur les petites gens, leur vie de labeur, leurs désirs, leurs souhaits, leurs déceptions, leurs espérances.

Aujourd'hui avec l'évolution et la révolution numérique, avec le néolibéralisme et le libéralisme "sauvage" qui assaillent nos sociétés occidentales les problèmes n'ont guère changé, au contraire ils se sont complexifiés, démultipliés pour en arriver à des conditions de précarité professionnelle pour nombre de personnes. En voyant ce qu'avait écrit Janine Massard on sent bien que notre monde va plus mal encore et risque d'exploser contre un mur qui se dresse de plus en plus haut devant lui dans un proche avenir.

Les éditions d’En Bas ont republié il y a déjà un certain temps «La petite monnaie des jours» de Janine Massard, un livre précieux et riche de mille observations et réflexions sur notre quoditien existentiel. Cet ouvrage avait obtenu le Prix Schiller en 1986 et avait connu un grand succès à l’époque. La demande constante a engendré une réédition.

La nouvelle publication de ce récit est suivi d’un mémoire d’Eugène Kaupert, «Exécution de Jacob Lausselet à Rolle le 9 septembre 1846» un court récit que prolongent quelques réflexions sur la peine de mort.

Un parcours particulier et hors du commun

Janine Massard est née à Rolle en 1939. Polyvalente, s’intégrant et s’adaptant facilement aux différentes situations que nous réserve notre parcours de vie, elle sera tout à tour éducatrice, vendeuse, téléphoniste, secrétaire, maîtresse d’école. Un cursus semé de surprises, d’embûches, mais également d’heureuses rencontres qui l’ont conduite à se consacrer essentiellement à l’écriture depuis de nombreuses années. Elle a écrit dans plusieurs genres, romans, nouvelles, récits; elle a publié en 2010 «Childéric et Cathy sont dans un bateau» et son récit «Terre noire d’usine» a été republiée chez Bernard Campiche. «La petite monnaie des jours» aborde les thèmes du travail, de la dureté de la vie pour les petites gens, la thématique de l’injustice sociale, de la solitude des laissés-pour-compte...

«Janine voit clair, frappe juste: les pauvres, les dominés bénissent la servitude tant qu’un Spartacus ne les éveille point. HA, madame Massard n’a pas la bosse du respect et ne pratique pas souvent le culte des idoles! Elle ne s’abuse pas sur sa classe d’origine: elle n’en fait pas une cohorte d’archanges à cul rose. Sa situation privilégiée lui interdit le mensonge. Sa vision n’est point brouillée par la démagogie et sa clairvoyance la défend du délire populiste...» nous dit l’écrivain Gaston Cherpillod dans sa préface, un Cherpillod toujours vif, vindicatif et franc dans ses propos.

Un ouvrage qui nous fait découvrir l’ambiance, d’une époque, ses traditions, ses atmosphères parfois lourdes, ses espérances ...

«La petite monnaie des jours» de Janine Massard aux éditions d’En Bas., «Milieu des années cinquante en Suisse : les classes laborieuses commencent à voir se concrétiser le progrès. Le confort, la voiture ne sont plus des irréalités pour nantis. L’électro-ménager s’introduit dans les familles et transforme le rôle de la femme : de productrice, elle devienne consommatrice.»

Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:31

~Jacques Landron, un peintre de la simplicité et d’une certaine forme d’austérité, a exposé à la galerie Grande-Fontaine ce printemps à Sion. Parisien d’origine, l’artiste a suivi l’Ecole Supérieure d’Art Moderne de Paris et est également un spécialiste de l’art Hispano-mauresque. Sa peinture que l’on peut qualifier de figurative est «sobre, robuste et vivante». Elle ne cède rien à la facilité mais va vers l’essentiel, avec des touches poétiques, de la douceur, de la tendresse pour le monde des êtres et des objets. «Des nus sensuels et abandonnés aux touches larges valorisant les volumes.» Des natures mortes avec des compositions équilibrées, qui dégagent paix, ordre, subtilité.

Avec des déclinaisons de teintes retenues, sombres, discrètes, qui disent aussi cet esprit tourné vers la respiration profonde de la vie intérieure et de ses méandres. L’artiste est établi à Uzès et partage sa vie entre sa peinture et l’essor de l’association à but écologique qu’il a fondée, «Participe futur».

Parallèlement Jacques Landron est également engagé dans des activités architecturales et il intervient dans divers pays arabes comme spécialiste d’art islamique, tout en poursuivant son œuvre de peintre. Chez lui la lumière caresse les objets, les englobe et les habille de velours, pénétrant les paysages comme un souffle et une énergie volatile venue d’ailleurs avec ses angles de pénétration et d’intégration dans les volumes de la peinture. Comme le dit Catherine Boidevaix, «L’émotion, l’impression calme, du temps qui s’arrête ou plutôt d’un temps suspendu qui se dégage de ses toiles, nous emmène vers le plaisir...». jmt

Jacques Landron a exposé à la Grande-Fotnaine à Sion
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 16:43

La Maison de la Commune de Savièse accueille maintenant une salle forte et symbolique dédiée au peintre Albert Chavaz qui fait toujours référence lorsque l’on parle de l’Ecole de Savièse avec Ritz, Dallèves, Bieler et bien d’autres.

De plus la peinture de Chavaz est chevillée au patrimoine pictural du Valais, elle représente un repère, une sorte de mémoire et d’inconscient collectif qui rassemble nombre de jalons identitaires. Il fait partie d’une forme de patrimoine collectif qui contient les racines d’un pays qui est passé en quelques générations de la ruralité à la modernité.

La tradition est traitée chez Chavaz avec authentitcité, pureté, simplicité et profondeur. Il s'est impliqué dans sa peinture de manière totale, comme emporté par un élan artistique qui l'a fait peindre sa vie durant. Une vocation, une adhésion au monde, une fenêtre ouverte sur l'espérance, notamment dans ses vitraux et ses compositions qui touchent parfois à l'abstraction.

Un artiste qui a su dire le Valais comme un poète...

Biographie-express

Albert Chavaz naît le 6 décembre 1907 à Genève. 1915 Il passe sept ans au Collège Saint Joseph à Thonon, où il a, dit-il, «pris le goût de la liberté : quand je sortirai d’ici, je serai libre». 1922 Vers l’âge de 15 ans, il dit avoir eu sa première vision de peintre, face à «un mur blanc, un toit rouge et le ciel, j’ai vu en «peintre» et je cours toujours après cette première vision». 1927 Durant cinq ans, de 1927 à 1932, il fréquente assidûment l’Ecole des beaux-arts de Genève. Ses principaux maîtres sont Fernand Bovy, Philippe Hainard, Serge Panke, James Vibert, François-Joseph Vernay.

Il reçoit la bourse Lissignol-Chevalier. Il se lie d’amitié avec Albert Decarli, Emile Chambon, Paul Monnier et Pierre-Barthélémy Pitteloud... 1929 Il exécute avec Emilio Beretta les peintures murales de la maison Efrem Beretta à Locarno : «Les œuvres de la miséricorde».

1931 Chavaz reçoit le prix Harvey pour son portrait de Jeanne Delabays. 1931 A partir de cette date, il participe à tous les Salons de la section genevoise de la SPSAS. 1932 Le Groupe romand de la Société de Saint-Luc est créé Chavaz en fait partie.

1933 Une bourse de la Confédération lui donne la possibilité d’étudier à Paris «Académie de la Grande Chaumière à Montparnasse.»

1934 Le prix Harvey pour le portrait lui est à nouveau accordé. La même année, engagé par Edmond Bille, il participe durant six mois à la décoration de l’église de Fully en compagnie de P. Monnier et de J. Gautschi. Il ne se doute pas, à ce moment-là, que le Valais le retiendra sa vie durant.

1935 Le décorateur Louis Moret l’invite à exposer pour la première fois dans sa galerie privée . 1939 Lors d’une promenade à Savièse, il fait la connaissance de Julie Luyet. En 1940, il l’épouse et s’installe désormais à Granois, village de la commune de Savièse. Six enfants naîtront de cette union. Même si les besoins sont modestes, les temps sont difficiles. Son épouse et ses amis l’encouragent et le soutiennent. »

A chaque naissance, disait-il, une commande se présente, comme par miracle. Nous vivons de presque rien, mais nous sommes heureux.

« 1941 Un ami, directeur de banque à Sion, lui octroie en signe d’amitié et d’admiration un prêt sans garantie, relativement important pour l’époque. Au bénéfice de cette sécurité, Chavaz continue à peindre librement, avec acharnement, et entre dans sa période la plus faste.

Son talent, son sens de la vie et de la nature, lui permettent de dégager l’essentiel des singularités paysannes, sans se laisser aller au genre du folklore et du pittoresque. Il fuit les modes, recherche la vérité et n’est l’homme d’aucun système. Dès 1940 et presque jusqu’à la fin de sa vie, Chavaz réalise, dans toute la Suisse, de nombreuses peintures murales, vitraux, mosaïques et céramiques, dans les églises, les chapelles, les banques, les écoles, les institutions et chez les particuliers. Il illustre également plusieurs livres et élabore quelques affiches. Il se familiarise avec toutes les techniques et maîtrise de mieux en mieux son art. 1985 Le Conseil de la Culture du Canton du Valais lui remet le prix de consécration. 1987 La Commune de Savièse lui offre généreusement le titre de bourgeois d’honneur, ce qui lui procure une immense joie. Une grande exposition est organisée à la Maison de Commune pour fêter son 80ème anniversaire. 1990 Le 17 janvier, Chavaz décède à l’hôpital de Sion. Quelques jours avant sa mort, une amie vient lui rendre visite avec un bloc et un crayon. Malgré la maladie et les troubles de la vision, il dessine pour la dernière fois et fait d’elle un portrait fort et émouvant.

Albert Chavaz repose au coté de son épouse Julie à St-Germain, Savièse.

Albert Chavaz, une présence permanente à Savièse
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 16:30

. Alain Gielen étudie l'homme, sa solitude dans la foule, son adhésion à l'humanité depuis longtemps.

De grandes toiles sur lesquelles foisonnent des multitudes d’êtres humains, des multitudes de corps qui mettent en évidence des formes, des lignes, des couleurs, les toiles de Alain Gielen vous emportent dans leurs mouvements incessants..

L’artiste belge domicilié à Savièse depuis 1993, vit avec la peintre Francoise Allet qui partage sa fascination pour la couleur et aime défricher de nouvelles terres et découvrir des horizons inédits. Alain Gielen a d’abord débuté dans la publicité mais les contraintes commerciales le déçoivent. Il se lance ensuite dans la marine marchande avant de se former à l’Académie de Watermael Boitsfort. En 2003 son exposition à la Ferme Asile a marqué une date importante avec 12 grandes gouaches (4mx4m50) et un dessin géant au fusain (12mx4m) ainsi que des sculptures monumentales.

Les tableaux qui ont été exposés à Venthône par exemple étaient de grand format et leur chromatisme «tend vers une couleur dominante». Les bleus de Guaguin, les champs de blé jaune de Van Gogh, les à plats et la vivacité des fauves, la pureté des impressionnistes, autant de lumières et couleurs qui se sont imprégnées dans son œil... Lui le grand voyageur se souvient aussi des découvertes faites en A frique, Asie, Afrique du Sud.... où les couleurs explosent, bouillonnent, se mêlent ou se juxtaposent pour générer des foyers d’énergies, des noyaux de tensions, des élans spiralés parfois qui se retrouvent dans peinture de AlainGielen. On retrouve la mobilité ans les titres de certains tableaux dont certains s’intitulent Tourbillons»:

« cette dynamique correspond à notre époque survoltée. La personne humaine est au centre de mes préoccupations. le corps m’inspire. Dans mes toiles, il est synthétisé en lignes et en courbes.» Et l’artiste d’expliquer que le dessin est important pour lui» «:j’attaque et je cherche au crayon. C’est fondamental. Le dessin insuffle le mouvement aux formes. Il évoque la ligne baroque de Rubens. Je suis un peintre fidèle à la tradition qui veut un équilibre entre le trait et la couleur. Le corps devient la forme qui structure mon espace pictural.Et c’est la présences humaine qui donne sens au tableau...» «La Grande Révolution» composition frontale, nous donne à découvrir la foule dans sa masse et si l’on y regarde de plus près dans l’individualité de l’être humain.

La foule et l'être humain avec Alain Gielen, peintre
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 16:17

Sonia Baechler, auteure valaisanne qui commence à tracer un sillon bien défini et authentique dans l’univers des lettres romandes nous a proposé en 2013 «On dirait toi» , une immersion dans une Vallée qui pourrait être le Valais, un récit qui couvre plusieurs générations, qui nous parle d’enfermement, de société patriarcale, en vase clos, de rêves de liberté et de voyage...

Les paliers formatés des institutions, la cellule familiale ont également leurs poids existentiel et on retrouve finalement un Valais tourmenté, profond, épris d’indépendance avec des Valaisans ouverts vers un autre monde qui s’annonce à eux.

Pour l'auteure de Salins écrire «On dirait toi» a été une véritable aventure: "elle m’a menée jusqu’au cœur de moi-même. J’ai vécu avec mes personnages durant plus de deux ans. Peut-être même portais-je déjà en moi ces questions et ces histoires pendant l’écriture de «Minutes d’éternité». La vraie difficulté était ailleurs. Je pensais être maîtresse de mon rythme d’écriture, contrôler mes choix, mon sujet, mais j’ai découvert que c’était l’écriture qui me faisait danser comme bon lui semblait. J’aurais voulu écrire un deuxième livre très vite après «Minutes d’éternité» mais j’ai du me rendre à l’évidence: l’histoire se révèlerait lentement. Au début, l’impatience m’a joué des tours. Mais peu à peu, j’ai trouvé un rythme et laissé l’histoire se raconter.

Du XIX e au XXIe siècle plusieurs générations qui assistent aux transformations fondamentales d’un Valais à la fois enfermé et désireux de s’ouvrir sur le monde. Marie-Adèle et son histoire vous ont -t-elles donné des ailes?

Marie-Adèle est un personnage de fiction. Elle est née de dizaines de petites histoires, emmêlées les unes aux autres, que l’on m’a racontées, de petits bouts de vie de certains de mes ancêtres et de mon imagination qui a largement pris le dessus sur la réalité. Il y sûrement un peu de moi dans ce personnage épris de liberté, qui se cherche sur la route et qui se trouve là où il ne s’attendait pas à se trouver. Marie-Adèle trouve sa liberté à la faveur des mots, tout au fond d’elle-même. Faiseuse d’histoires elle voyage où ses sens la portent. S’ouvrir au monde c’est peut-être aussi s’ouvrir à son monde à soi…

Emprisonnement et liberté, appartenance identitaire, communautaire et mondialisation, avez-vous l’impression que vos personnages sont pris entre des tenailles parfois dévastatrices?

Mes personnages se cherchent, chacun à leur façon, à différentes étapes de leur vie. Ce qui peut être interprété comme un événement dévastateur peut aussi être vu comme une délivrance. Je laisse à chacun de mes personnages, sans jugement, le choix de cette délivrance. Il la trouve dans la bouteille, la lecture, le couvent, la mort ou la magie des mots…

La religion catholique tient un rôle important dans vos narrations, un rôle parfois castrateur mais qui peut également être saisi avec une certaine distance et un sourire parfois?

J’ai beaucoup de tendresse pour tout ce qui, en ce bas monde, est imparfait…et c’est ainsi que je perçois l’église catholique. Je la regarde avec humour et distance mais je l’interroge aussi. Je suis particulièrement touchée par les propos du pape François qui, en ce début 2014, donne un nouveau visage, plus tolérant, moins jugeant, moins obscur, au catholicisme.

Les institutions comme la justice, l’Etat, la religion, l’enseignement ont un poids parfois écrasant dans vos récits. Pensez-vous que les choses aient beaucoup changé aujourd’hui?

Les formes ont changé mais pas les «combines»… Entre tradition et globalisation où vous situez-vous? J’ai énormément de respect et d’amour pour les traditions mais je me sens libre d’aller et de venir tant dans le monde que dans mon esprit. Je garde précieusement tout ce que j’ai appris, et je me tourne avec curiosité vers tout ce que le dehors, l’inconnu, l’autre peuvent m’apporter.

«On dirait toi» de Sonia Baechler, éditions Bernard Campiche, 2013,

Sonia Baechler, une auteure valaisanne authentique qui lie mémoire et fiction
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 23:42

Jasmins et acacias

surface brisée de la mer

le ciel s'effrite

la pluie nous enferme

dans ses cages de transparence

**********************************

Alicante

Le port prolonge le jour

les mâts dansent sur la ligne d'horizon

les réverbères lancent

leurs racines lumineuses

leurs branchages de feu

le silence court

sur la surface étale de la mer

et le regard flotte

comme âme errante

dans la nuit fauve

et le désert sauvage

de ton absence

Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 23:28

Le froissement de la lumière

sous tes paupières d'argent

le foudroiement du soleil

dans les refrains du vent

la berge jonchée de bois flottés

je regarde le vol lissé des hirondelles

reconstruire l'espace vierge et fragile

tes lèvres

fraîches comme l'eau de la fontaine

faire renaître

le chant du rossignol

Repost 0
jean-marc theytaz - dans poesie
commenter cet article
5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 17:15

~«Signes et traces sur l’asphalte...» le graphiste et photographe Bernhard Lochmater en est l’auteur. Il en a fait une expo au Château de Venthône dans laquelle il a présenté des photos qui nous donnent à lire des marquages sur l’asphalte avec un vocabulaire de lignes blanches qui filent à l’infini, de fléchages qui donnent la direction, l’itinéraire, la route à emprunter et à suivre, avec des lettres et des mots, des chiffres de places de parc, zigzag d’arrêts de bus, pictogrammes, traces de frein, de pneus qui abandonnent leur adn sur le goudron tout en dessinant d’étranges figures et concrétions.Ce qui ressort de cette démarche est le cadrage serré des éléments qui les isole de leur environnemnt, du contexte dans lequel ils ont été construits, et de leur statut initialement fonctionnel. Vu de très près, l’asphalte et ses rugosités, ses grattages, ses lissages, ses empreintes, ses calligraphies deviennet œuvre d’art avec une présence picturale formelle. Un travail d'observation, de captation, d'enregistrement, de notation ...pour délimiter de nouveaux langages, ceux de notre société de consommation et de consumérisme, de mobilité, de mouvements permanents, de connexion interplanétaire. Un vocabulaire de l'image et du pictogramme , qui saisit des instants de notre mémoire moderne.

Comme l’explique Françoise de preux de commission culturelle : «A partir de milliers de clichés numérisés le photographe assemble à l’écran les éléments d’un langage graphique formé de droites et de courbes, de bribes, de signaux, pictogrammes divers qu’il organise en compositions dynamiques, dans des tonalités de gris , de blancs fatigués, de jaunes lumineux ou dégradés...» Un langage où la géométrie avec ses codes, ses angles brisés, ses enchevêtrements improbables, ses maillages et ses multiples grilles de compréhension ouvre des lieux et desunivers graphiques traversés de surprises et d’emportements.

"Signes et traces sur l'asphalte"par Bernhard Lochmatter
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article
5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 17:01

Uli Wirz est un artiste complet, inspiré par la nature, ses forces cachées, ses énergies, ses pulsions, ses flux souterrains, ,sesrespirations profondes: le pin torsadé, torturé, convulsionné, fragile et fort, libre dans le vent, étendant ses bras dans les forêts de Finges, l'artiste n’en finit pas de le dessiner, de le transcender, de l’emmener dans des contrées de lumière diffuse qui lui apporte tout sa présence.

L’artiste a ntoamment exposé t au Château de Venthône, des œuvres dépouillées et très denses dans leur texture et leur épaisseur existentielle.

«Durant de nombreuses années je me suis assis dans la nature. J’ai étudié, esquissé, dessiné cet arbre» nous dit Uli Wirz qui parle du Tääla, le pin des alpes, l’arolle. «Chaque arbre a sa propre forme, son individualité comme un être humain.»

Une poésie vivante

La sauvagerie et la puissance de la nature passionnent l’artiste qui affectionne également ses douceurs dans les méandres du Rhône à Finges, les étangs solitaires, les sentiers silencieux...

Se libérer de l'agitation

Architecte de formation uli Wirz parcourt d’abord le monde avant d’ouvrir son atelier d’architecte à Brigue qui l’emmène dans une vie trépidante. Son existence trop agitée, il la quittera en 1980 en devenant professeur d’art appliqué au Gymnase du Haut-Valais. Et parallèlement il va beaucoup créer pour lui, des dessins, des sculptures, des œuvres variées et riches. Comme le raconte Francoise de Preux, « dans l’espace lumineux de la page blanche, il le dessine à l’encre de Chine avec la minutie d’un geste maîtrisé. Non en naturaliste mais comme le poète écrivant un haïku...» Le dessin peut aussi devenir une abstraction, une métaphore, un voyage onirique, une sublimation, un détournement d’une réalité parfois destructrice...

Ses bronzes, ses bois rythmés de structures profondes, ses ferrailles retravaillées, patinées par les années parlent avec sincérité et simplicité, une mémoire d’objets qui ont traversé les ans. Mais l’artiste de s’arrête pas à des œuvres de dimension moyenne, il réalise aussi des œuvres monumentales pour les espaces publics, notamment «King X» pour la Bourgeoise de Brigue et «Il sogno volante sur la Piazza Volontari dellà Liberta» à Domodossola.

Uli Wirz, un artiste plasticien, que la nature nourrit
Repost 0
jean-marc theytaz
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de jean-marc theytaz
  • : Textes poétiques, de création- Textes critiques sur des expositions d'art, des sorties de nouveaux livres en Valais et en Suisse.
  • Contact

Recherche

Liens