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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 15:03
Un aviateur valaisan hors pair

«Tour du monde en 24000 heures» l’ouvrage qui vient de sortir aux éditions Favre nous donne à découvrir l’itinéraire fantastique d’un baroudeur hors pair, qui a un parcours de vie extraordinaire et une carrière professionnelle de pilote qui comporte des dimensions habituelles.

Du V`al d’Hérens à l’Afrique Jean-Claude Rudaz né dans le Val d’Hérens n’était de par sa formation d’oenologue diplômé pas destiné à une carrière d’aviateur: il aurait très bien pu reprendre le commerce de vin dont s’occupait sa famille. Mais rien de tel n’advint: l’homme avait un esprit trop indépendant, un caractère peut-être trop trempé aussi pour s’arrêter aux frontières du canton. Jean-Claude Rudaz, comme beaucoup de jeunes avait dans son adolescence le goût de la vitesse, et il le concrétisa rapidement en participant à de nombreuses courses de côte automobile dans les quelles il remporta d’ailleurs de nombreux succès.

 Mais en 1965 il sera victime d’un accident; s’il s’en sort sans trop de mal physiquement financièrement il sera ruiné. Départ alors pour le Congo en pleine révolution. Le Valaisan, opiniâtre et déterminé, bien que sans argent et sans boulot, arrivera à la force du poignet à devenir pilote de brousse.
 Son destin lui réservera alors bien des surprises dont une prise d’otages, le 7 juillet 1965 dans laquelle il aurait pu y laisser sa vie. Mais son heure n’était encore pas venue et il rebondit de plus belle en faisant carrière chez Air Congo.

Retour en Valais puis départ vers l’Asie

Après ses aventures de brousseil revint en Valais pour y fonder TRANSVALAIR une compagnie qui marquera l’histoire de l’aviation valaisanne durant sept ans. Son parcours passera ensuite par le CICR aux commandes d’un DC 4 puis par l’aviation d’affaires et Air Glaciers ....
Mais son cursus ne s’arrête pas là loin s’en faut il travaillera ensuite pour TEA, Asiana Air Lines où il deviendra commandant de bord d’un Boeing 747-400, le sommet de sa carrière de pilote.

Hors des normes

 Le livre nous offre l’itinéraire d’un homme tenace, volontaire, discret, qui a toujours su ce qui le passionnait et mis en œuvre tous les moyens nécessaires à la réalisation de ses rêves.
 On y trouve des extraits de journal de bord, des souvenirs, de l’humour et beaucoup d’aventures et d’aventure. Un vrai dépaysement, un ouvrage qui se lit presque comme un roman.

Question 1. Quand avez-vous attrapé le virus de l'aviation? Quel votre souvenir le plus saillant?

 Le virus de l’aviation m’a « attaqué « à Sion lorsque j’ai obtenu ma licence de pilote privé avec Hermann Geiger comme instructeur. Il s’est ensuite développé avec l’avancement de ma carrière. Le souvenir le plus saillant est certainement la première fois que j’ai comme commandant, avec 400 passagers, dirigé mon avion de la place d’embarquement vers le point de décollage. Le roulage au sol avec une telle machine demande beaucoup d’attention si l’on ne veut pas, dans un virage, mettre un train dans l’herbe.

Question 2.Avez-vous souvent frôlé la mort?

Je n’ai pas pris de risques inutiles ce qui fait que je n’ai pas eu de gros problèmes techniques. C’est lors du vol de Kisangani à Kariba avec les mercenaires que mon compteur s’est arrêté 15 minutes avant…c’était vraiment moins 15.

Question 3.Que pensez-vous de l'évolution de l'aviation depuis vos débuts?

 La profession de pilote évolue avec la technique toujours plus performante des avions modernes. L’usage des computers, des nouveaux moyens de navigation basés sur les informations GPS ont énormément simplifiés la vie des pilotes. L’automation prend le dessus, le pilote est parfois réduit au titre de cockpit manager…tant que tout va bien. Lorsqu’un problème surgit inopinément le pilote redevient pilote. Si j’avais eu le choix, j’aurais aimé faire toute ma carrière dans une grande compagnie afin de bénéficier du formidable potentiel d’entrainement mis a disposition des pilotes.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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commentaires

THEIS François 13/01/2016 23:14

Merci, Jan-Claude, ton livre est un modèle de littérature et de réussite originale de ta vie aéronautique: j'ai lu ton
récit avec passion. Et je retiens cette sentence qui semble être pour moi :"On peut être un pilote privé sur un
petit avion sans pour autant être un amateur": c'est ce que j'ai vécu avec mon Emeraude pendant 20 ans!
Amitiés : François, de Vernon (Eure)

Paul Mckenzie 29/06/2010 09:17


Je viens de finir Tour du monde en 24000 heures de Jean-Claude Rudaz.

Je profite ici de l'occasion de recomander ce livre à tout ceux qui aiment les voyages, et la belle écriture. Un pur moment de bonheur.
Il y a un peu de technique, mais comme je l'ai dit avant Jean-Claude Rudaz partage avec le lecteur une partie de sa vie bien remplie ! Un grand Merci.

Paul Mckenzie.