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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 17:08
«Trois regards au féminin», il s’agit là du titre d'une ancienne exposition au Manoir de Martigny qui a réuni les œuvres de Floriane Tissières, Colomba Amstutz et Zabu Wahlen.

Des installations, des tableaux, des œuvres de tissage, trois regards, trois sensibilités, trois approches du réel par des artistes qui ont chacune leur identité propre et leur mode d’expression très personnel.

Sur le mode ludique

Pour Floriane Tissières qui occupe les salles du bas du Manoir l’adjectif ludique pourrait fréquemment convenir à ses installations. L’artiste d’origine valaisanne qui vit dans le canton de Vaud adore en effet détourner certains objets de leur usage ou fonction première, décalant ainsi souvent leur sens vers un registre humoristique et ludique.
« L’un des thèmes exposés à Martigny tourne autour de l’image de l’Apollon du Belvédère à Rome, symbolisant les jeux de l’amour et du hasard, avec entres autres intervenants l’oracle de Delphes. J’ai utilisé pour figurer cette thématique des jeux de société, dont j’ai détourné le sens premier, mettant en évidence avec des sculptures d’Apollon les jeux de séduction de l’amour et tous les dangers qui gravitent autour de cette question; j’ai ainsi placé notamment des dés à la place des yeux ou des baguettes de mikados qui s’enfoncent dans le visage. A chacun d’y trouver un sens...»
A l’entrée d’une autre salle Floriane Tissières nous propose une fouille archéologique, avec des fragments de ce qui est exposé au Manoir, une idée originale sil en est. Puis on découvre des morceaux de miroir, comme une mosaïque installée à même les murs de la salle voûtée;«il s’agit ici pour moi de mettre en scène un jeu de fragmentations, de reflets, d’échos, qui renvoient la lumière et mettent en exergue certains éléments découpés des visiteurs qui traversent la salle...»
Le spectateur se retrouve ainsi morcelé et surpris des parties de lui-même qu’il découvre dans ces miroirs qiu traduisent aussi le mouvement des humains présents dans les lieux.

 Silhouettes et postures

Les peintures de Colomba Amstutz exposées au premier étage nous donnent à voir des sihouettes humaines en mouvement ou dans leur staticité première, dans différentes postures, comme en apesanteur parfois,
L’artiste sédunoise a ainsi réalisé de grands formats , parfois en forme de triptyque qui nous font découvrir des humains esseulés, des liserés qui pourraient être des écritures spécifiques et puis les humains confrontés à cet alphabet ou cette musique intérieure qui les habite: un travail de qualité qui accorde aussi une grande importance aux valeurs lumineuses, qui habillent ces humains qui semblent parfois à recherche d’eux-mêmes: on trouve ainsi des recherches poussées sur les rouges, sur les orangés, sur les bleux grisés, sur les ocres... de la peinture acrylique diluée qui offre des transparences très riches. Colomba Amstutz connaît bien l’art africain et on trouve dans ses tableaux ce côté pur, immédiat des personnages, mais aussi leur caractère emblématique et leurs relations directes à la nature première, cette osmose qui existe entre l’humain et les éléments premiers.

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jean-marc theytaz - dans littérature
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