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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 17:40

Fragile existence

Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes lustrées des alpages qui traversent les paysages silencieux de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique flutée du soleil blanc, les ailes transparentes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d'où se jettent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles géométriques, la berge déserte d'une écriture toujours recommencée, la vie s'accumule dans les parois d'une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d'une groseille matinale.

Procession à Chardonney

Sentier pascal , bordé de myosotis et de perce-neige, oraison primale dans l'incandescence des champs d'abricotiers, les cendres de nos pérégrinations s'envolent dans les paroles rares qui bordent nos silences, l'eau du ciel et ses résines d'améthyste guident nos regards, la brise murmure d'étranges prières, les processions ont abandonné des brassées de lys et de sapins vert foncé près des oratoires de Chardonney, recueillement et mains jointes, les gens du village célèbrent la Passion, la Résurrection à venir, celle des cœurs et de l'âme, au printemps naissant, dans la flamboyance des aubes fraîches. L'air est transparent, chargé d'ondes invisibles, ailes et mots bleutés qui rejoignent les arêtes effilées des Crêtes de Thyon, le jour est clair, nos corps et notre esprit le traversent comme une eau blanche, mêlée de pétales nacrés, la source glaciaire qui apaise la brûlure de nos souffrances

 

 

Nostalgie d’octobre

 

 

Au centre du jour

sur les vagues glaciaires et la montagne bleue

les soubresauts de la saison

les lanières du vent dans tes cheveux défaits

les errances des heures tièdes

les coups de boutoir du foehn endiablé

les promenades d'octobre sur les tapis

de feuilles jaunies

et le souvenir

dans les longues allés violacées de la nostalgie

 

 

  • Heure tournante

  •  

  • Vent du soir

  • clairière allumée

  • fuyantes libellules

  • l'étang se marbre

  • d'étoiles vibrantes

  • le cadran de ses eaux

  • dessine notre temps terrestre

  • entrouvre des portes d'albâtre

  • fige la nuit bleue

  • au plus près de notre corps

  • passage à gué

  • la mort nous prend par la main

     

    Alpe esseulée

  • Le ruisseau et ses éclats de ciel brisé

  • emportent nos mains jointes

  • la forêt tremble de tous ses membres

  • la tempête a fondu sur les hauts de la vallée

  • fêlures du temps dans les craquements de mélèze

  • les voix perdues sous les mousses

  • chantent des airs oubliés

  • enfance chevillée au corps et à l'âme

  • dans les prairies de l'alpe esseulée

  • courent les esprits de nos défunts

    Confinement

L'ombre de ton corps

jetée sur l'herbe

les heures qui tournent

sur les hauteurs du peuplier

la pierre chaude
près de la berge

le cercle se referme

je suis pris
dans les interstices

de cette après-midi sauvage

une souris dans sa cage
de fer blanc

 

Orchère en pente douce

 

 

Le soleil blanc sur l'arête de granit

Les névés comme des épées luminescentes

Les chamois blottis dans les anfractuosités herbeuses

Et le vent

doux et léger

et le pierrier

muet et pesant

et les champs de rhododendrons

leurs calices de liqueurs rosées

et le bisse qui serpente

et suit les renflements de la vallée

et le pas

souple et vivant

battements magiques

 

 

 

Zénith

 

 

L'ombre du chocard

sur la table granitique

au sommet de l'arête

la tiédeur de la roche

qui emporte mes pensées

mon regard

vers la maison du ciel

les gentianes et l'eau forte

de leur bleu profond

les fissures de la paroi immobile

dans le soleil

le temps

s'est fait

grave et transparent

comme ton regard

sur le zénith de nos existences

 

 

 

Pré de février

 

Le corps du prunier

noir dans la vierge prairie

le givre matinal

l'herbe fauve

comme un îlot silencieux

qui danse

entre hiver et printemps

un vol de moineaux

une poignée de cris frêles

au creux de mes mains

le ciel d'anémone

les pages de soie feutrée

¨dans tes yeux et sur ta peau

tout près de moi

je passe

un souffle sur les branches de mélèze

la clairière s'illumine

un premier matin du monde

 

 

Printze sauvage

 

La Printze écume

les tourbillons retiennent

la clarté du ciel dans leurs chevelures folles

les aulnes segmentent l'horizon

respiration sourde de la mousse

près du rocher humide

sur le visage de la rivière

des éclats de vitrail

mes doigts plongent

dans la lumière des frondaisons sauvages

une prière monte aux lèvres

celles des eaux primales

qui ont traversé la nuit

pour ouvrir nos yeux

 

 

 

 

 

 

 

 

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jean-marc theytaz
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