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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 16:32

Une soirée littéraire animée par Noëlle Revaz et Guy Krneta, Prix suisses de littérature 2015 au Manoir de Martigny . Des instants précieux, de descente en soi, d’exaltation, de découverte, de voyage dans le possible et l’improbable aussi, bref un temps qui s’est écoulé avec beaucoup de substance et de texture.

Un tour de Suisse

Cette halte au Manoir faisait partie de la tournée de lecture et de rencontres avec le public organisées par l’office fédéral de la culture: objectifs mieux faire connaître nos écrivains et leurs créations à l’ensemble du peuple suisse, avec un parcours itinérant traversant les barrières linguistiques. La littérature suisse reste encore trop souvent intimiste: la publication constitue la première étape, le plus souvent la plus difficile puisqu’il faut convaincre des professionnels de la valeur de son talent mais ensuite sans un rayonnement vivant et permanent les mots se meurent sur les pages, ils ont besoin d’atmosphère, de climat et de voix humaine pour prendre leur envol.

Noëlle Revaz présentait «’Infini livre» paru aux éditions Zoé, alors que Guy Krneta,auteur bernois, proposait «Unger üs» (Editions Der gesunde Menschenverstand). Le comédien Vincent David a porté les textes des deux auteurs avec beaucoup de souffle, de présence et de justesse de ton.

Une littérature dynamique

Les deux auteurs font partie du collectif «Bern ist überall» qui met en exergue une littérature sur scène en plusieurs langues et qui a débuté à Lucerne avec notamment l’écrivain Pedro Lenz. «Nous échangeons des textes, y ajoutons de la musique et développons un grand intérêt pour la langue orale, le romanche , le dialecte bernois...» rapportent Guy Krneta et Noëlle Revaz qui précise que le collectif compte 11 écrivains et 4 musiciens: « Il y a dans ce groupe une grande diversité d’idées et des tournées, des participations à des festivals sont organisées...»

Dans «L’infini livre» l’écran fait force de loi; il s’agit d’une fable satirique, ironique, d’anticipation qui nous décrit le règne de l’apparence avec un esprit décalé: «J’y parle de ma propre condition d’auteure et aboutit, en voyant la solitude d’un livre à une sorte de critique du monde actuel du livre dans lequel le livre devient un objet.» L’existence matérielle et immatérielle des choses et des objets, leur vie multiple sont mises en cause.

Guy Krneta est pour sa part plus un dramaturge, et un acteur incontournable de la vie littéraire suisse alémanique. «je mène une réflexion politique, comme si j’avais un devoir de parole , un engagement actif dans notre société... «Entre nous» dont j’ai lu ici des extraits est une histoire de famille , un roman fragmentaire, un récit de souvenirs, pour transmettre une parole.»

photo louis dasselborne: Noelle Revaz en companie de  l'écrivain Jérôme Meizoz

photo louis dasselborne: Noelle Revaz en companie de l'écrivain Jérôme Meizoz

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jean-marc theytaz
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