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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 11:21

Une anthologie pour un anniversaire: un geste significatif, fort et marquant des Editions d’Autre Part qui recensent plusieurs dizaines d’écrivains qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire littéraire de notre canton depuis 1548, et des auteurs contemporains aussi, évidemment, qui tracent régulièrement et avec détermination leur sillon.

L’ouvrage de près de 300 pages sortira de presse cet automne déjà mais sera verni officiellement en 2015 lors des multiples commémorations cantonales qui seront organisées par les autorités.

Cette anthologie a pu être réalisé avec la participation de la Société valaisanne des écrivains présidée actuellement par Jacques Tornay qui a lancé l’idée de ce grand chantier, une entreprise mise en œuvre par Pascal Rebetez, journaliste à la TSR, domicilié en Valais et directeur des éditions d’Autre Part.

Un travail de longue haleine, qui a exigé perspicacité, soin, patience, connaissances profondes de la littérature valaisanne et envie d’offrir aux lecteurs un ouvrage innovant, frais, avec également des connotations scientifiques de l’histoire littéraire de notre canton. Nous avons rencontré Pascal Rebetez, cheville ouvrière de cette anthologie.

Le 200ème de l’entrée du Valais dans la Confédération, un anniversaire significatif, une anthologie pour retrouver les sources?

Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de rameuter la famille, de revoir de vieux cousins oubliés et de souffler des bougies pour apercevoir et bénéficier d’un souffle nouveau. C’est surtout la possibilité d’envisager , dans le domaine littéraire, ce que les écrivains d’ici ont apporté au canton, comment ils l’ont décrit, chanté beaucoup et critiqué parfois, peut-être trop rarement. Comment avez-vous choisi les écrivains qui font partie de votre ouvrage, quels ont été les critères de sélection? Il a fallu réunir des textes les plus représentatifs et qui devaient répondre aux critères objectifs suivants : être Valaisan d’origine, ou être né ou vivant ou ayant vécu un bon bout de temps en Valais, et avoir été publié au moins une fois à compte d’éditeur. Ensuite, on est passé par un tamis plus subjectif, car il fallait établir un choix d’édition : être de qualité suffisante pour enrichir l’ouvrage, en tentant de n’être pas répétitif dans les thèmes abordés.

Y-a-t-il eu beaucoup d’hésitation pour certains d’entre eux?

Les bons textes finissent toujours par s’imposer, surtout en regard des autres. Un comité de lecture l’a décidé en toute liberté et transparence. Parfois, on s’est retrouvés avec deux textes quasi identiques et la décision a été alors de favoriser l’intérêt global de l’anthologie qui peut être lue comme un long récit choral. A quoi, à qui, sert une anthologie? Une anthologie, c’est comme un antipasto, un apéritif, quelque chose qui donne le goût et ouvre au vrai repas qui est la découverte des livres et des écrivains. C’est aussi un livre de cuisine, une incitation à aller plus loin dans la découverte d’une œuvre et des auteurs

. Est-ce un ouvrage grand-public?

Il n’y a pas de public, il n’y a que des individus qui lisent, petits et grands. Oui, c’est à lire par tout le monde. On retrouve dans cet ouvrage beaucoup du Valais des monts, des bisses et des travaux de la montagne. Un Valais rustique, proche du terrain, parfois très moraliste dans ces fables et ses récits. De quand date la dernière anthologie? À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’anthologie complète d’écrivains valaisans. On peut citer celle de Sabine Leyat où ne figuraient que les écrivains du dernier quart du XXe siècle. La nôtre a l’avantage d’être plus générale et de présenter pour la première fois les traductions de dix auteurs de langue allemande sur les soixante-sept que comptent l’ouvrage.

Y avait-il ce que l’on peut appeler une littérature valaisanne au 19me? Quels furent les premiers soubresauts littéraires dans notre canton?

Le premier écrivain valaisan, c’est Thomas Platter, né en 1499, et qui entame l’histoire de sa vie pour ses septante ans, ça date! Après, le Valais a un gros vide de publications, à part quelques chanoines lettrés qui écrivent des textes d’édification religieuse, il faut attendre le XIXème siècle pour voir surgir une femme écrivain, Marie Trolliet, qui d’ailleurs signe du pseudonyme Mario des écrits en bois brut. Le XXe a connu un véritable développement économique et culturel fantastique._

Quel rôle ont joué les écrivains dans cette explosion sociétale?

Le XXe siècle, qui représente les trois-quarts de l’anthologie, est pour l’heure le grand siècle de la littérature valaisanne. Il est clair que des écrivains comme par exemple les deux Maurice, Zermatten et Chappaz, ont eu une influence certaine sur certains aspects de la société. Mais soyons justes, on peut dire qu’ils ont accompagné, ou parfois freiné le mouvement, mais pas été aux avant-postes. Entre un poème et du béton, c’est malheureusement souvent le béton qui gagne!

Au point de vue genres littéraires, est-ce le roman, la poésie, la nouvelle, le théâtre.... qui ont connu le plus de jours fastes en Valais?

Je dirais que la nouvelle est peut-être un genre valaisan privilégié. Ici, véritablement, on a le sens des petites histoires, des fables et des récits taquins. Nous avons d’ailleurs privilégié cet aspect-là de la production littéraire, tant il est vrai qu’il est plus difficile de lire de simples extraits de romans ou de pièces de théâtre.

Entre le XXe et XXIe y a-t-il des changements essentiels dans la littérature valaisanne?

Les jeunes écrivains ont des sites internet, une vue plus globale sur le monde. Ils sont davantage des écrivains que des écrivains valaisans. Ils sont aussi davantage, et c’est heureux, tournés vers le concret et le réel. Et là, il y a un domaine gigantesque encore à exploiter dans le champ littéraire valaisan : celui des télécabines, des vestiaires de football, de l’autoroute et des usines chimiques. Le Valais, c’est aussi ça

«Ecrits du Valais, 1548-2014»,

2014 aux éditions d’autre part. 312 pages, 35 francs.

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jean-marc theytaz
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