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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 16:10

Les pêchers fleurissent

chauffés près des murs de pierres sèches

il y a aussi les figuiers

leurs feuilles lustrées

les géométries de leurs branches

et puis la vigne les rosiers

la tiédeur de l'après-midi

le vent déposé sur le coteau

une offrande

à cette Présence invisible

qui habite le paysage

~~Fragile existence

Le vent fou dans les cheveux verts des mélèzes, la clairière ouverte aux mille lumières, les pentes huilées des alpages qui traversent le silence de de la montagne, leurs compositions magiques, les rivières polies par les eaux claires, la musique fragile du soleil blanc, les ailes transparentes des abeilles sur la colline fauve, le chant désespéré des bergeronnettes orphelines, la peur accrochée aux lambris de la pleine journée, les falaises d'où se jettent tous les errants et les vagabonds du bonheur, les sentiers serpentant le coteau et les vignobles quadrillés, la berge déserte d'une écriture toujours recommencée, la vie s'accumule dans les parois d'une goutte de rosée, je te sens proche de moi, blottie dans la lueur d'une groseille matinale.

Procession à Chardonney

Sentier pascal , bordé de myosotis et de perce-neige, oraison primale dans l'incandescence des champs d'abricotiers, les cendres de nos pérégrinations s'envolent dans les paroles rares qui bordent nos silences, l'eau du ciel et ses résines d'améthyste guident nos regards, la brise murmure d'étranges prières, les processions ont abandonné des brassées de lys et de sapins vert foncé près des oratoires de Chardonney, recueillement et mains jointes, les gens du village célèbrent la Passion, la Résurrection à venir, celle des cœurs et de l'âme, au printemps naissant, dans la flamboyance des aubes fraîches. L'air est transparent, chargé d'ondes invisibles, ailes et mots bleutés qui rejoignent les arêtes effilées des Crêtes de Thyon, le jour est clair, nos corps et notre esprit le traversent comme une eau blanche, mêlée de pétales nacrés, la source glaciaire qui apaise la brûlure de nos souffrances

Nostalgie d’octobre

Au centre du jour

sur les vagues glaciaires et la montagne bleue

les soubresauts de la saison

les lanières du vent dans tes cheveux défaits

les errances des heures tièdes

les coups de boutoir du foehn endiablé

les promenades d'octobre sur les tapis de feuilles jaunies

et le souvenir dans les longues allés violacées de la nostalgie •

Heure tournante •

• Vent du soir •

clairière allumée

• fuyantes libellules •

l'étang se marbre •

d'étoiles vibrantes •

le cadran de ses eaux

• dessine notre temps terrestre •

entrouvre des portes d'albâtre •

fige la nuit bleue •

au plus près de notre corps

• passage à gué

• la mort nous prend par la main

Alpe esseulée •

Le ruisseau et ses éclats de ciel brisé

• emportent nos mains jointes

• la forêt tremble de tous ses membres

• la tempête a fondu sur les hauts de la vallée

• fêlures du temps dans les craquements de mélèze

• les voix perdues sous les mousses •

chantent des airs oubliés •

enfance chevillée au corps et à l'âme •

dans les prairies de l'alpe esseulée •

courent les esprits de nos défunts

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jean-marc theytaz
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